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15 avril 2016

Akira Toriyama : Jaco, the galactic patrolman

Ce que l’éditeur nous dit :
Alors qu'Akira Toriyama avait disparu des radars pendant une grosse décennie, le maître surprend ses lecteurs en 2013 en sortant de ses crayons cette nouvelle aventure complète qu'il publie dans le Shônen Jump de Shueisha.Et le public se ravit de retrouver les caractéristiques initiales du talent de Toriyama. On revient ainsi aux origines du mythe, dans le sillage de Dragon Ball bien entendu (le récit se déroule 10 ans avant le début de Dragon Ball), mais aussi de Nekomajin ou de Sandland. Jaco est ainsi placé dans The World, le monde fictif recréé par l'auteur, avec l'aventure placée au cœur du récit par le truchement de personnages croquignolets, le tout enrobé d'un humour potache et libératoire. 

Ce que j’en pense :
Les origines de Dragon Ball... si j’ai bien sûr passer une large partie de mon enfance à suivre la quête des 7 boules de cristal (merci le Club Dorothée), c’est la première fois que j’aborde les aventures Tortue Géniale (ce serait valable également pour tous ses compagnons de route) au travers du support papier. Le dessin d’Akira Toriyama m’a paru simple mais soignée, avec un forte attention apportée aux éléments du décor (je ne sais pas si cela est caractéristique de son oeuvre, ou d’une popularité permettant d’embaucher une horde d’assistants). L’histoire en soi est d’un intérêt limité, si ce n’est son ton léger qui permet de passer un bon moment, et bien sûr le plaisir de retrouver cet univers connu, de revoir ces visages typiques, de rencontrer les parents de Sangoku...

Conclusion :
Idéal pour un interlude nostalgique.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
la mécanique
les portraits robot
le carburant
les doublures



23 janvier 2016

Mamoru Hosoda : Le garçon et la bête (バケモノの子, Bakemono no ko)

Ce que le synopsis nous dit :
Shibuya, le monde des humains, et Jutengai, le monde des Bêtes... C'est l'histoire d'un garçon solitaire et d'une Bête seule, qui vivent chacun dans deux mondes séparés. Un jour, le garçon se perd dans le monde des Bêtes où il devient le disciple de la Bête Kumatetsu qui lui donne le nom de Kyuta. Cette rencontre fortuite est le début d'une aventure qui dépasse l'imaginaire...

Ce que j’en pense :
La première chose qui m’a marquée dans ce film est le mélange des styles : certains décors sont si réalistes qu’on dirait des photos retravaillées, tandis qu’à d’autres moments les aplats évoquent plutôt les dessins “à l’ancienne”, le tout étant parfois édulcoré d’une touche électrique et lumineuse dans laquelle on voit clairement l’utilisation du numérique. Étrangement cette combinaison fonctionne bien, une fois dépassée la surprise.
J’ai beaucoup aimé l’histoire, qui m’a parue pertinente et intéressante alors que je m’attendais à quelque chose de très convenu. Les personnages sont bien travaillés (j’ai en particulier apprécié les interventions du seigneur de la ville), le fond est là et les références nombreuses. Pour alléger la durée globale, il aurait peut-être fallu faire l’impasse sur certains sujets, mais au final cela ne m’a pas dérangée. Et surtout j’ai  souvent ri durant cette séance, une des raisons pour lesquelles j'en suis ressortie de bonne humeur.

Conclusion :
Une histoire, de l’humour, un conte qui se regarde avec plaisir.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les carottes
les oeufs
les cornes
les poils




26 août 2015

Takarai Rihito : Seven days (2 volumes) (セブンデイズ)

Ce que l’éditeur nous dit :
Par un lundi matin ensoleillé, Shino Yuzuru et Seryou Touji se rencontrent devant la porte de l’école. Shino demande alors à Seryou s’il accepte de sortir avec lui. Seryou très populaire, a l’étrange habitude d’accepter les rendez-vous de tous ceux qui lui font la demande. Néanmoins, au bout d’une semaine, il quitte toujours son partenaire sans ménagement! Découvrez les 7 jours de Shino et Seryou!

Ce que j’en pense :
Une courte série, deux mangas seulement, avec un début, un milieu et une fin sans surprise. Le public visé est celui de l’adolescent, à l’âge où les amours timides prennent naissance, où l’on se dit “pour toujours” en y croyant vraiment (non mais sérieux ? happy-ending d’accord, mais on a tout de même du mal à croire que tout cela suffise pour assurer 50 ans de mariage et de bonheur. Pas à 15 ans, pas crédible). Mais je m’égare. Car malgré ce manque d’originalité, Takarai Rihito nous offre tout de même un agréable interlude littéraire, qui arrive à point nommer pour une pause détente au milieu de l’été. C’est tout plein de joli sentiments, c’est mignon, c’est entreprenant et chaste à la fois. Une fois de temps en temps, pourquoi pas.

Conclusion :
Sans surprise, mais mignon tout plein.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les délais
les homonymes
la jalousie
les livreurs

26 juillet 2015

Sayo Koizumi : Chattitudes (ずーっと猫と遊ぼう! - Zutsu to neko to asobo)

Ce que l’éditeur nous dit :
Sayo Koizumi nous fait partager avec humour et un grand sens de l'observation 100 moments complices qui en disent long sur le tempérament des chats : comment ils nous disent bonjour, leurs jeux préférés, ce qu'ils expriment quand ils remuent la queue, pourquoi ils dorment tant et dans des postures incroyables... Chôjirô, le grand frère et Raku la petite soeur, sont les deux chats adorés de Sayo Koizumi, une illustratrice vivant à Tokyo. Comme tous les chats du monde, ils ont leurs habitudes, leurs petits défauts, leur langage, leurs mystères...

Ce que j’en pense :
Avec cette tendance d’images/vidéos de félins qui sont maintenant partout, et dont personne ne semble se lasser, pas étonnant de voir ce type d’ouvrage atterrir sur les étagères des libraires. Les chats. Toujours plus amusants, toujours plus arrogants, toujours plus coquins, toujours plus mignons... Raaa comment résister.
Chattitudes n’est sûrement pas le type de livre qui changera la face du monde, au vue du peu de neurones que sa lecture requiert. Mais il permet de passer un joli moment au royaume de la “cuttitude”, et mine de rien, d’en apprendre un plus sur nos chers félidés. Car oui au milieu de toutes les évidences que comporte l’essai de Sayo Koizumi j’ai tout de même appris quelques petites choses. Et c’est d’autant plus appréciable parce que l’on sent que l'ambition initiale de l’auteur est suffisamment modeste pour que le résultat soit à la hauteur. Il s’agit tout simplement de nous faire partager son affection pour les chats. Ajoutons à cela des illustrations tout aussi mignonnes, et une couche de culture japonaise pour compléter le tableau. C’est déjà pas mal.

Conclusion :
Un livre dans lequel se cachent quelques sourires

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les haricots
les expressions corporelles
l'étymologie
les personnalités


13 juin 2015

Marie Kondō : La magie du rangement (人生がときめく片づけの魔法)

Ce que l’éditeur nous dit :
Mettre de l’ordre dans votre intérieur afin d’améliorer votre quotidien et changer littéralement votre vie : voilà de quoi il s’agit ! Vous êtes dubitatif ? Laissez-vous surprendre par la méthode de Marie Kondo qui a déjà séduit plus de 2 millions de lecteurs dans le monde.
Cet essai pratique est une invitation à poser un nouveau regard sur votre vie, à vous centrer sur l’essentiel, sur ce qui vous rend heureux. Comment ? En mettant de l’ordre dans votre intérieur. Pourquoi un tel intérêt pour le rangement ? Parce que la vie commence seulement (véritablement) une fois que l'on a fait du tri.

Ce que j’en pense :
Je triche un peu avec ce livre, que je n’ai pas véritablement lu de bout en bout. Un ami m’en a parlé, puis j’ai fait de nombreuses recherches internet, avant d'obtenir le bouquin en librairie pour compléter mon étude... avant de me lancer moi-même. Il semble qu’un phénomène soit né de cet essai, alors que le web regorge d’articles et vidéos de personnes partageant leur expérience dans le “make over” de leur intérieur. On peut même trouver des séries complètes, avec un épisode par pièce. Cela permet d’apprécier les différentes manières d'interpréter la méthodologie, mais surtout de constater le résultat visuellement. Sur bien des aspects, pas de surprise, il s’agit avant tout de faire un gros tri et de se débarrasser du superflu (plus facile à dire qu’à faire). Étant une personne qui aime naturellement ranger et organiser (même si je suis trèèèèèès loin de la quasi maniaquerie de Marie Kondo), de nombreux points m’ont semblé n’être que du bon sens (ce qui ne les rend pas inutiles pour autant, il est bon de se remémorer les basiques de temps à autre). Mais j’ai eu une révélation sur deux points : le fait de ne garder que des choses qui nous procurent du plaisir (j’ai trouvé ça ridicule lorsque je l’ai lu pour la première fois, mais finalement cela facilite bien des décisions), et surtout le rangement vertical. C’est pour moi sur ce point que s’opère la véritable magie.
J’ai donc consacré quelques heures à réorganiser mon placard en fonction, et c’est vrai qu’il parait maintenant plus joli, plus aéré, plus fonctionnel, et que chaque vêtement a maintenant a place qui lui est dûe (fini les dessous de piles délaissés).
A voir comment si reste toujours aussi formidable à l’usage, mais pas question de retour arrière !

Conclusion :
Ben oui, c’est magique.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les boites
les espaces
la bonne quantité
le bien-être intérieur




3 juin 2015

Yoshio Nabeta et Shinichi Sakamoto : Ascension (17 volumes) (孤高の人, Kokō no Hito)

Ce que l’éditeur nous dit :
Buntarô Mori, lycéen ombrageux et solitaire n'a jamais cherché à s'intégrer à la société. Mais au détour d'un défi lancé par un camarade de classe fan d'escalade, il entreprend la périlleuse ascension d'un bâtiment scolaire. En atteignant le toit, il se sent réellement vivant pour la première fois de sa vie, jusqu'ici rongée par l'ennui. La découverte de l'alpinisme va ensuite lui révéler un talent inné, et lui faire découvrir une incroyable sensation de plénitude, qui agit comme une drogue...

Ce que j’en pense :
Afin d’associer deux de mes centres d’intérêts, j’ai recherché des livres consacrés à l’escalade. Quête difficile, car je trouvais soit des bouquins généraux sur les techniques de grimpe (très orientés sécurité, avec les différents types de nœuds ou de cordes, alors que j’aurais préféré des idées concrètes d’exercices), soit des romans/biographies sur le thème de l’alpinisme. Or je ne fais pas d’alpinisme et ne suis absolument pas intéressée par l’idée d’aller me perdre en haute montagne. A mon sens ce sont deux disciplines proches certes, mais distinctes. J’ai fini par tomber sur Ascension, qui semblait répondre à mes critères ! Enfin, jusqu’au 3ème volume en tout cas, car rapidement l’histoire s’oriente vers... l’alpinisme. Et zut... J’ai tout de même achevé la série.
On peut saluer le réalisme du contenu, qui ne fait aucun doute sur les recherches réalisées par le scénariste. Ce n’est qu’à l’issue du dernier tome que j’ai réalisé que cette oeuvre était inspirée de la vie d’un alpiniste ayant bel et bien existé. Cependant, je n'ai pas réussi à adhérer à la folie qui semble habiter ces grimpeurs, que je conçois (dépassement de soi, envie d’aller jusqu’au bout, etc.) mais que je ne comprend pas vraiment (pourquoi aller risquer sa vie, se mettre dans des conditions aussi pénibles, durant de si longues périodes, sans compter tous les sacrifices associés, pour si peu de moments de félicité au final). L’approche de l’auteur est très, très, métaphorique, avec beaucoup de parallèles entre la montagne et des concepts associés (par exemple une tempête en pleine mer à un moment, ou le calme d’un cosmonaute dans l’espace à un autre). Parfois TROP métaphorique. Mais j’imagine que l’idée n’était pas mauvaise, car quel autre moyen y avait-il d’illustrer ce qui se passe dans la tête d’un drogué de la montagne...

Conclusion :
Pas le contenu que j’attendais, mais pas complètement inintéressant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les bouteilles d’eau
les abris
les strates
les décoration d’intérieur





2 mars 2015

Haruki Murakami : Les amants du Spoutnik (スプートニクの恋人, Spūtoniku no koibito)

Ce que l’éditeur nous dit :
K. est amoureux de Sumire, mais dissimule ses sentiments sous une amitié sincère. La jeune fille est insaisissable, et voue un amour destructeur à une mystérieuse femme mariée. Un jour, Sumire disparaît, sans laisser de traces. K. part à sa recherche sur une île grecque, dans les rues de Tokyo, où tout le ramène à elle. " Une fable du troisième millénaire : des êtres séparés, un amour impossible, le néant spirituel, un vide implacable.

Ce que j’en pense :
Il est possible que ce soit l’absence d’effet de nouveauté, mais pour moi Les Amants de Spoutnik ne s’inscrit clairement pas parmi les meilleurs romans de Haruki Murakami. Sur la dizaine de ses oeuvres que j’ai lues, j’ai à la fois eu l’impression d’une expérience à chaque fois unique (alors que certains auteurs finissent par tourner en rond dans leur propre univers), tout en savourant le plaisir de retrouver ce style si caractéristique. C’est tout de même prodigieux. Le fait qu’il n'essaie pas de publier une nouveauté à chaque rentrée littéraire peut en partie l’expliquer. Il ne semble pas céder à la facilité des écrivains renommés, qui laissent de côté la qualité et ne prennent plus le temps de la réflexion, d’aller en profondeur et de peaufiner, avant d’inonder les librairies. Avec Les amants de Spoutnik, j’ai eu le sentiment de “rentrer à la maison”, de me glisser dans un bain chaud après une journée difficile, savourant cette écriture aussi captivante qu’agréable à lire. Quel plaisir de pouvoir naturellement suivre le flot des mots, sans devoir plonger dans la facilité d’un mauvais roman de gare. Car avec Haruki Murakami, les questions existentielles ne sont jamais loin, tandis qu’il devient logique que la plupart des questions soulevées restent sans réponse.

Conclusion :
Créer un îlot de quiétude au travers de personnages tourmentés, si ça ce n’est pas du génie...

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les grandes roues
les codes secrets
les coups de fil
la fatalité


24 janvier 2015

Hiromasa Yonebayashi : Souvenirs de Marnie (Omoide no Mānī - 思い出のマーニー)

Ce que le synopsis nous dit :
Anna, jeune fille solitaire, vit en ville avec ses parents adoptifs. Un été, elle est envoyée dans un petit village au nord d’Hokkaïdo. Dans une vieille demeure inhabitée, au coeur des marais, elle va se lier d’amitié avec l’étrange Marnie…

Ce que j’en pense :
Après le flop rencontré avec Arrietty, on ne pouvait espérer qu’un mieux de la Hiromasa Yonebayashi. Et c’est bien heureusement le cas, avec cette histoire à la fois jolie et intrigante. Le spectateur ainsi amené à découvrir les tourments de l’âme de Anna, tandis qu’elle cherche sa place en ce monde, mais également à démêler les mystères d'une situation aux apparences surnaturelles. On a envie de comprendre de quoi il retourne vraiment, qui est en réalité cette Marnie et ce qui a pu lui arriver. Cet élément contribue énormément à faire perdurer l’attention tout au long du film, qui se trouve par ailleurs assez contemplatif, avec beaucoup de plan figés (permettant d’admirer le travail de grande qualité apporté aux textures des décors et aux détails des mouvements), et des lieux d’actions finalement très limités. Enfin, félicitation au réalisateur, qui est cette fois parvenu à nous délivrer des personnages très touchants.

Conclusion :
Un film qui permet de passer un très bon moment.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
l’absence d’équilibre
la manie de dormir n’importe où
les secrets dévoilés
l’utilisation de rames




28 décembre 2014

Saki Hiwatari : Global Garden, Le dernier rêve d'Einstein (アインシュタイン睡夢奇譚 - gurōbaru gāden, ainshutain suimu kitan) - 8 tomes

Ce que l’éditeur nous dit :
Ruika est une jeune fille qui par amour pour sa mère se fait passer pour son frère Masato, mort tragiquement dans un accident d’avion et dont seule Ruika est sortie vivante. Son désir d’être Masato est tel, que peu à peu son corps se transforme. Sa rencontre avec Robin un petit garçon muet puis avec Hikaru qui la recherche depuis plus de cinq ans risque de changer sa vie car il semblerait que la jeune fille porte en elle l’avenir de la Terre... 

Ce que j’en pense :
Inspirée par ma soeur dans cette lecture, et ayant aussi plus qu’aimé Please save my earth, j’avais hâte d’entamer cette série, dont la thématique me paraissait très prometteuse. Malheureusement le plaisir escompté ne fut pas au rendez-vous. L’avantage est que cette oeuvre ne compte que 8 tomes, évitant ainsi les prolongations inutiles qui auraient pu carrément me faire renoncer avant la fin. Là au contraire les événements s’enchaînent relativement vite (presque trop, alors que je n’imaginais pas la situation mère-fille se solder aussi rapidement, par exemple). Encore une fois, faire durer aurait pu être catastrophique, mais j’ai en même temps regretté les idées bien développées (et très intéressantes) de Please save my earth (21 volumes, ndlr), dont j’ai presque eu l’impression de lire une version amoindrie. Il est normal que l’auteur conserve les mêmes sujets de prédilections au fil des ans, mais je n’ai pas eu l’impression qu’elle ait eu du nouveau à en dire. Et puis, c’est facile de faire appel à un grand nom tel que celui d’Albert Einstein, mais derrière il faut en assumer l’excellence ! Et je ferais comme si je n’avais pas remarqué les idées qui paraissent piquées à Kōsuke Fujishima...
J’ai tout de même apprécié de retrouver le trait de Saki Hiwatari (qui a progressé de manière impressionnante depuis le début de son travail), même si j’ai noté quelques bizarreries ici et là (elle a clairement plus de facilité pour les visages ou les chevelures que pour d'autres aspects de l’anatomie).

Conclusion :
Pas à la hauteur de mes attentes, mais sans regret non plus.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les pilules
les déesses
les tragédies
les floraisons

6 décembre 2014

Haruki Murakami : L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage (色彩を持たない多崎つくると、彼の巡礼の年 - Shikisai o motanai Tazaki Tsukuru to, kare no junrei no toshi)

Ce que l’éditeur nous dit :
Depuis le mois de juillet de sa deuxième année d'université jusqu'au mois de janvier de l'année suivante, Tsukuru Tazaki vécut en pensant presque exclusivement à la mort. À Nagoya, ils étaient cinq amis inséparables. L'un, Akamatsu, était surnommé Rouge ; Ômi était Bleu ; Shirane était Blanche et Kurono, Noire. Tsukuru Tazaki, lui, était sans couleur. Tsukuru est parti à Tokyo pour ses études ; les autres sont restés. Un jour, ils lui ont signifié qu'ils ne voulaient plus jamais le voir. Sans aucune explication. Lui-même n'en a pas cherché. Pendant seize ans, Tsukuru a vécu comme Jonas dans le ventre de la baleine, comme un mort qui n'aurait pas encore compris qu'il était mort. Il est devenu architecte, il dessine des gares. Et puis Sara est entrée dans sa vie. Tsukuru l'intrigue mais elle le sent hors d'atteinte, comme séparé du monde par une frontière invisible. Vivre sans amour n'est pas vivre. Alors, Tsukuru Tazaki va entamer son pèlerinage. À Nagoya. Et en Finlande. Pour confronter le passé et tenter de comprendre ce qui a brisé le cercle. Après la trilogie 1Q84, une œuvre nostalgique et grave qui fait écho aux premiers titres du maître, La Ballade de l'impossible notamment

Ce que j’en pense :
Devant le succès que ce dernier ouvrage semble connaître au sein des participants au challenge Haruki Murakami, il a bien fallu que je finisse par l’emprunter à la bibliothèque. J’ai dépassé la couverture sans conviction particulière, sans avoir une idée précise du contenu, plutôt poussée par l’idée que je n’avais qu’une semaine pour le lire avant restitution obligatoire (les nouvelles acquisitions étant très demandées) que par une impatience démentielle. Si les 70 premières pages se contentent d’installer le décor l’air de rien, il devient par la suite impossible d’interrompre sa lecture, l’empressement à connaître la suite se faisant de plus en plus fort à l’approche de l’issue finale. Si certaines questions sont posées, on ne se trouve pas non plus dans un contexte de thriller avec suspense insoutenable, c’est simplement que l’on a envie de connaître la suite. C’est la magie de Murakami, qui a toujours autant d’effet sur moi, qui à le don de distiller les détails “inutiles” de la narration pour mieux nous faire pénétrer dans le coeur de ses personnages.

Conclusion :
Un roman fascinant, à la recherche de soi, des autres.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les automobiles
les poteries
le coaching
le piano



26 novembre 2014

Haruki Murakami : La fin des temps (世界の終りとハードボイルド・ワンダーランド - Sekai no owari to Hādo-boirudo Wandārando)

Ce que l’éditeur nous dit :
Le narrateur, un informaticien de très haut niveau, qui effectue des missions spéciales, apporte un jour sa collaboration à un vieux savant dont le laboratoire se situe dans les sous-sols obscurs d'un immeuble. Dès lors, il est entraîné dans une aventure terrifiante. Parallèlement à ce Hard-boiled wonderland, interviennent en alternance les chapitres de La Fin des temps : le narrateur se trouve prisonnier d'une ville onirique, peuplée de licornes au pelage doré. Les deux intrigues se rejoindront finalement. De même que son personnage flirte avec d'anodines jeunes filles, Haruki Murakami courtise ici le mythe - ce qui nous vaut une fable d'une prenante étrangeté. Ce roman a obtenu au Japon le prix Tanizaki.

Ce que j'en pense :
Si les romans de Haruki Murakami me laissent toujours ce sentiment particulier, assez semblable d’une fois sur l’autre (bien qu’au travers d'un support très différent, Murakami étant constant dans son style sans pour autant éprouver de difficulté à se renouveler dans la forme ou les idées transmises), je dois dire que la Fin des temps m’avait un peu plus marqué que les autres. Peut-être à cause de cette construction à deux voix, peut-être à cause de ce monde imaginaire et des licornes, peut-être à cause de sa thématique sur l’inconscient, peut-être juste parce que c'est l'un des premiers romans de l'auteur qu’il m’ait été donné de découvrir. Difficile à dire. Toujours est-il que c’est le seul que j'avais envie de relire (la priorité étant donnée aux nouvelles lectures de cet écrivain si prolifique), occasion créée par le cadre du challenge lui étant dédié.
C’est avec plaisir que je me suis à nouveau laissée emporter par cet univers, qui m'a permis de découvrir ou redécouvrir maint détails fascinants. Si l’expérience m'a parue toujours très agréable, je dois dire que j'ai été un peu moins subjuguée que la première fois, sûrement par l’absence de la nouveauté.

Conclusion :
Une expérience délicieuse, même sans l'attrait de la nouveauté.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les feux de bois
les gammes
les destructions méthodiques
le rose



30 septembre 2014

Haruki Murakami : Après le tremblement de terre (神の子どもたちはみな踊る - Kami no Kodomo-tachi wa Mina Odoru)

Ce que l’éditeur nous dit :
Un mois après le tremblement de terre de Kobe en 1995, les secousses continuent dans le coeur des Japonais... Les séismes intérieurs déplacent les solitudes ordinaires, réveille les consciences endormies ou ravive le feu de la vie. A travers six variations, Murakami effleure, avec une infinie délicatesse, la faille intérieure présente en tout être.

Ce que j’en pense :
Il y a quelque chose de différent dans ce recueil de nouvelles. Peut-être parce que c’est le premier de cet auteur que je découvre autour d’un thème unique. J’ai au départ été désorientée par ces histoires auxquelles il me semblait manquer quelque chose, même en prenant en compte cette habitude de Murakami d’achever ses récit dans un flottement intangible. De plus, si les références au dit tremblement de terre étaient présentes, elles semblaient n'apparaître que furtivement, en trame de fond. Jusqu’à ce que je prenne conscience de ces autres détails qui relient les nouvelles les unes aux autres, révélant toute l’élégance de l’ensemble.

Conclusion :
En deçà du reste de l’oeuvre, mais de bonnes choses tout de même.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les ours
- les piscines
- les batraciens
- les flammes


17 juin 2014

Haruki Murakami : l’éléphant s’évapore (象の消滅, Zō no shōmetsu)

Ce que l’éditeur nous dit :
Un vieil éléphant disparaît sans laisser de traces, avec son vieux gardien dans une banlieue résidentielle de Tokyo. Un couple pris d'une fringale décide de réaliser en pleine nuit un fantasme : dévaliser une boulangerie. Un homme à l'habitude de mettre le feu à une grange tous les deux mois... C'est, en 17 nouvelles, tout l'univers insolite et hors norme de Murakami que nous offre L'éléphant s'évapore.A travers ces histoires, petits contes anodins de notre quotidien, il déploie encore son art magistral, et nous montre qu'il sait comme personne comment transfigurer la banalité de nos existences.

Ce que j’en pense :
Il y a dans le style de Haruki Murakami, une récurrence de l’absurde. Enfin non ce n’est pas tout à fait ça, car ses personnages semblent au contraire extrêmement logiques. C’est juste que cette logique prend souvent des chemins tortueux, des raisonnements qui ne tiendraient pas la route s’ils étaient présentés autrement. Et une sorte de frustration aussi au terme de ces récits qui semblent toujours s’arrêter abruptement. Si cette tendance se trouve également dans ses romans, elle paraît d’autant plus flagrante dans ces nouvelles qui décrivent des situations intrigantes, mais ne donnent pas d’explications. Au terme de chacune de ces histoires, on reste quelques secondes suspendu, à réaliser que oui le récit s’achève là, comme ça, puis quelques secondes encore pour comprendre qu’en fait cela n’a aucune importance, car ce n’était pas le but. On l’accepte, et on passe à la suivante, savourant d’avance le délice de se faire encore avoir. Parce qu’en plus on en redemande, tellement ces récits à la fois irréels et anodins (même sur des formats cours, Haruki Murakami ne manque jamais de nous décrire la préparation d’un repas de pâtes ou le choix musical effectué par ses protagonistes), sont envoûtants. Décidément je ne me lasse pas de cet auteur.

Conclusion :
Une preuve qu’il est possible d’être aussi bon en écriture de nouvelles que de romans.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la compréhension des autres
- la manière d’aborder une fille
- le téléphone
- les bavards


1 juin 2014

Jiro Taniguchi : Quartier lointain (2 volumes)

Ce que l’éditeur nous dit :
Homme mûr de 40 ans, transporté dans la peau de l'adolescent qu'il était à 14 ans, Hiroshi continue la redécouverte de son passé. Questionnant sa grand-mère, ses parents, ses amis, il réalise tout ce qui lui avait échappé lorsqu'il était jeune. Et petit à petit, l'année scolaire avançant, il voit se rapprocher la date fatidique où son père disparaîtra, pour toujours, sans aucune explication. Peut-il changer son passé ou est-il condamné à le revivre, impuissant ? Et retrouvera-t-il son existence normale, sa femme et ses enfants ?

Ce que j’en pense :
Lorsque j’ai entrepris la lecture de Quartier Lointain, j’avais l’impression de m’attaquer à un monument, pour l’avoir souvent vu cité en référence de la littérature nippone. En effet l’approche est par des aspects bien plus universelle que bien d’autres oeuvres issues de cette culture, ce qui explique en partie l’ampleur de ce succès. J’ai pour ma part beaucoup apprécié le premier tome, qui démarre avec de bonnes idées, alors qu’il est amusant de voir le personnage principal réaliser l’état de sa nouvelle situation et surtout poser son regard d’adulte sur le monde de l’enfant qu’il était (par exemple l’école qu’un adulte voit tout à fait différemment d’un enfant).
Mais je dois dire que le second volume n’est pas à la hauteur du premier. Le parti pris quant à le capacité du passé à changer est ce qu’elle est, tout comme le choix de mettre de côté toutes questions relatives à ce bon vieux continuum espace-temps (il est heureux qu’Emmet Brown ne soit pas là pour voir ça). Mais je m’attendais tout de même à ce que l’auteur approfondisse un peu plus son sujet, tandis qu’il ne nous propose qu’une fin (je parle de toute la seconde moitié du livre) tirant des conclusions hâtives. Cela aurait mérité une suite.

Conclusion :
Intéressant mais pas à la hauteur de mes attentes.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les trains
- les visites
- la course
- l’alcool


20 avril 2014

Carl Erik Rinsch : 47 Ronin

Ce que le synopsis nous dit :
Un perfide seigneur de guerre ayant tué leur maître et banni leur tribu, 47 samouraïs errants jurent de se venger et de restaurer l'honneur de leurs compatriotes. Arrachés à leurs foyers et perdus aux quatre coins des terres connues, cette poignée de rebelles se voit contrainte de recourir à l'aide de Kai - un demi sang qu'ils avaient jadis renié - lors de leur combat à travers un univers violent, peuplé de monstres mythologiques, de métamorphoses maléfiques et d'effroyables dangers. Cet exil sera l'occasion pour cet esclave rejeté de se révéler leur arme la plus redoutable, et de devenir la figure héroïque qui donnera à cette troupe d'insoumis l'énergie de marquer à jamais l’éternité.

Ce que j’en pense :
Fraîchement revenue du pays du soleil levant, je ne pouvais pas ignorer cette adaptation de l’un des plus célèbres pans de l’histoire nippone. Il aura tout de même fallu que Hollywood s’en mêle pour la diffuser sur la scène mondiale, alors que plus d’une dizaine de versions avaient déjà été portées sur les grands écrans japonais. Je reste toujours un peu sceptique à ce type de démarche, même si j’en reconnais certains intérêts (et je suis la première à conseiller Le dernier Samouraï ou Lettres d'Iwo Jima). Le réalisateur a eu la décence d’engager des acteurs originaires du pays, même s’il est très curieux de les voir s’exprimer en langue anglaise. Même le choix de Keanu Reeves, qui bénéficie de certaines origines asiatiques, se trouve justifiable. Le fait que l’acteur apparaisse en énorme sur la plupart des affiches est déjà plus difficile à saisir (mais pas autant que cet alien de "mec tête de mort", qui n'apparaît que deux minutes dans le film - cf. affiche américaine ou française). Si on sait à quoi s’attendre en assistant à 47 Ronin, on n'en passe pas moins un bon moment.

Conclusion :
Parce que la manière de penser des japonais n’a vraiment rien à voir.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- la clémence
- la confiance
- la vengeance
- les cérémonies


12 mars 2014

Hayao Miyazaki : Le vent se lève (Kaze Tachinu - 風立ちぬ)

Ce que le synopsis nous dit :
Inspiré par le fameux concepteur d’avions Giovanni Caproni, Jiro rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions. Mais sa mauvaise vue l’empêche de devenir pilote, et il se fait engager dans le département aéronautique d’une importante entreprise d’ingénierie en 1927. Son génie l’impose rapidement comme l’un des plus grands ingénieurs du monde. Le Vent se lève raconte une grande partie de sa vie et dépeint les événements historiques clés qui ont profondément influencé le cours de son existence, dont le séisme de Kanto en 1923, la Grande Dépression, l’épidémie de tuberculose et l’entrée en guerre du Japon. Jiro connaîtra l’amour avec Nahoko et l’amitié avec son collègue Honjo. Inventeur extraordinaire, il fera entrer l’aviation dans une ère nouvelle.

Ce que j’en pense :
Une approche très intéressante de l’histoire de l’aviation japonaise, qui nous rappelle que ce pays n’a pas toujours été la super puissance technologique qu’il est maintenant. C’est moche mais il faut bien avouer que les conflits constituent des périodes très prolifiques en terme de découvertes et d’avancées, tous domaines confondus. Ainsi, si le prix à payer était élevé, le Japon est sorti considérablement grandi de la seconde guerre mondiale. A noter la manière très habile dont Hayao Miyazaki aborde cette période sensible du point de vue nippon, tout en évitant les sujets fâcheux. Ici on se moque de savoir qui sont les gagnants ou les perdants, car cela a finalement peu d’importance, ce n’est pas le sujet du film. Quelques détails m’auront cependant dérangés, en particulier dans la romance décrite entre Jiro et Nahoko. Mais je suppose qu’il faut replacer cela dans le contexte de l’époque et de la culture japonaise, où le rôle de la femme est encore très strict et la dévotion à la patrie prioritaire sur tout le reste (enfin ça n’excuse tout de même pas de fumer à la figure de son épouse malade parce qu’on ne peut pas se passer de cigarette pendant une heure). Enfin je dois avouer que plus d’une fois durant la séance je me suis impatienté de voir la fin arriver, parce que oui c’est intéressant, mais c’est long quand même.

Conclusion :
Une épopée historique originale et intéressante mais qui aurait pu être plus concise.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- la pluie
- les tremblements de terre
- le soleil
- le feu



16 janvier 2014

Hirokazu Koreeda : Tel père, tel fils (Soshite Chichi ni Naru - そして父になる)

Ce que le synopsis nous dit :
Ryoata, un architecte obsédé par la réussite professionnelle, forme avec sa jeune épouse et leur fils de 6 ans une famille idéale. Tous ses repères volent en éclats quand la maternité de l'hôpital où est né leur enfant leur apprend que deux nourrissons ont été échangés à la naissance : le garçon qu’il a élevé n’est pas le sien et leur fils biologique a grandi dans un milieu plus modeste… 

Ce que j’en pense :
Ce n’est pas la première fois que le thème de l’échange des enfants est abordé, loin de là. Mais quand il s’agit d’un réalisateur japonais derrière la caméra, décrivant sa société, tout prend un autre sens. Ici la vraie question est celle de savoir ce qui définit la paternité. Etre père, qu’est ce que cela signifie ? Qu’est-ce qui compte vraiment, à quoi cela se mesure t-il ? Au temps passé ensemble, à la complicité, à des valeurs communes, à la ressemblance physique ou comportementale, aux liens du sang, un peu de tout ça, ou tout autre chose ? En tout cas la relation parents/enfants n’est jamais anodine.
Le film s’écoule lentement, au fil des saisons, prenant son temps pour nous narrer la complexité des relations qui unissent les différents protagonistes, loin d’être ennuyeux il nous plonge complètement dans le quotidien de ces deux familles plus qu’attachantes.

Conclusion :
Un film touchant.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les ampoules
- les maquettes
- les roses
- les cerfs-volants


5 janvier 2014

Shinji Aramaki : Albator, Corsaire de l'Espace (宇宙海賊キャプテンハーロック)

Ce que le synopsis nous dit :
2977. Albator, capitaine du vaisseau Arcadia, est un corsaire de l’espace. Il est condamné à mort, mais reste insaisissable. Le jeune Yama, envoyé pour l’assassiner, s’infiltre dans l’Arcadia, alors qu’Albator décide d’entrer en guerre contre la Coalition Gaia afin de défendre sa planète d’origine, la Terre.

Ce que j’en pense :
Ce qui frappe dans cette nouvelle version d’Albator est bien évidemment son image, avec une cinématique absolument époustouflante. C’est bien simple, j’ai eu l’impression de voir un Final Fantasy, ce qui n’est pas peu dire. Les scènes de téléportation dans l’espace, par exemple, m’ont subjuguées. Dans un autre registre, je dois dire qu’il est plutôt agréable de voir un film nippon (sorti d’un autre studio que celui de Ghibli) de temps à autre. Pour cela, cela vaut le déplacement.
Ce qui pêche, c’est le scénario. L’histoire est tragiquement banale, incohérente et surtout très simpliste. Les divers “retournements de situations” sont les mêmes tout du long (décidément ce personnage principal est une vraie girouette), ce qui finit par être lassant, et les protagonistes (et les relations qui les lient) caricaturaux au possible. Pour le suspense, on repassera aussi, car impossible de frémir pour des héros paraissant invincibles en toutes circonstances. Ajoutons à cela plus d’une scène parfaitement inutile (celle de la douche est certainement la pire). Partir d'une œuvre d’une telle ampleur pour en faire ça, quel sacrilège.

Conclusion :
Heureusement qu’on en prend plein les mirettes, c’est ce qui nous sauve de l’ennui.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- l’escalade (niveau 9a je dirais)
- les animaux de compagnie
- les siestes
- les fleurs


16 août 2013

Haruki Murakami : Le passage de la nuit (アフターダーク - After dark)

Ce que l’éditeur nous dit :
Pour une nuit, Haruki Murakami nous entraîne dans un Tokyo sombre, onirique, hypnotique. Un éblouissant roman d'atmosphère à la poésie singulière, aux frontières de la réalité et du fantasme, où chaque détail, rétrospectivement, fait sens.
Dans un bar, Mari est plongée dans un livre. Elle boit du thé, fume cigarette sur cigarette. Un musicien surgit, qui la reconnaît.
Au même moment, dans une chambre, Eri, la soeur de Mari, dort à poings fermés. Elle ne sait pas que quelqu'un l'observe.
Autour des deux soeurs vont défiler des personnages insolites : une prostituée blessée, une gérante d'hôtel vengeresse, un informaticien désabusé, une femme de chambre en fuite. Des événements bizarres vont survenir : une télévision qui se met brusquement en marche, un miroir qui garde les reflets.
À Tokyo, le temps d'une nuit, va se nouer un drame étrange.


Ce que j’en pense :
Comme toujours, Murakami nous installe confortablement dans une ambiance envoutante. En apparence tout est normal, mais soudain le fantastique vient subrepticement s'immiscer. C’est l’un des points forts de l’auteur. Pourtant dans After Dark, je n’ai pas compris l’utilité de cet élément, très présent mais très inexpliqué. L’auteur n’est pourtant pas du genre à écrire quelque chose sans raison, mais je n’ai pas dû comprendre la métaphore qui s’y cachait.
Par contre, l’utilisation d’un narrateur chez Murakami est une expérience nouvelle pour moi. Il en joue à merveille, en faisant un personnage invisible et immatériel qui tiendrait la caméra nous permettant de suivre les différents personnages, alternant zoom et plans larges. Le procédé est délicieux et participe grandement à nous intriguer.
Pour ce qui est de l’histoire, on pourrait résumer en disant que le thème principal est l’amour : l’amour entre deux personnes du sexe opposé, l’amour fraternel, l’amour marital ou encore l’amour pour soi même. Tout se joue en l’espace d’une nuit (à noter que je n’ai pas été très convaincu par le découpage du temps qui est proposé), au terme de laquelle nous laissons les protagonistes continuer leur chemin sans nous. Il y a une certaine magie dans cet éphémère.

Conclusion :
Envoutant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :

- les briques de lait
- les cafés
- les lits
- les projets professionnels



25 mars 2013

J.P. Nishi : A nous deux Paris

Ce que l’éditeur nous dit :
Quand un jeune Japonais découvre dans ses pérégrinations humoristiques et ironiques les travers de la vie parisienne. Il scrute et déchiffre en images notre quotidien dans ses moindres détails, comme le ferait un Florent Chavouet à Tokyo, et apprend à ses risques et périls les charmes de la France que nous découvrons dans ce livre comme dans un miroir.

Ce que j’en pense :
Il est toujours très drôle de voir la façon dont on est perçu par les autres. Ici il s’agit des Parisiens vus à travers les yeux d’un Japonais. Souvent JP Nishi cerne très justement nos comportements, d’autres fois il passe compléments à côté du pourquoi du comment. Oui il est vrai que les us et coutumes liées à la manière de se dire bonjour (nombre de bises et autres gestuelles) sont complexes. Oui c’est vrai que les parisiens tiennent très souvent la porte (il y a des exceptions, mais comparé au sud de la France on peut dire que c’est tout de même la règle). Et sa description des “fans du Japon” m’a beaucoup amusée, car tellement représentative du type de personnes que j’ai pu rencontré dans ce milieu. Par contre je suis assez septique sur la révélation (et surtout la raison) que nous aurions tous à dormir nus...
Dommage que le recueil soit si court, car par pour ma part je ne me lasse jamais de ce type d'anecdotes !

Conclusion :
Parce que c'est toujours rigolos les différences culturelles.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la sauce sucrée
- les cartons
- les italiens
- la plomberie