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26 juillet 2016

Le CRAAA (Challenge Recueils And Anthologies Addict)

Challenge réalisé du 09 Septembre 2015 au 15 Juillet 2016. 

Voici que je me lance dans le nouveau challenge de Cornwall, du blog La prophétie des ânes. Il paraît qu'il s'agit du petit frère du JLNN de Lune, auquel justement j'avais déjà participé.

Le principe est simple : lire des recueils et des anthologies (les romans et nouvelles esseulées ne sont pas acceptés).
Le système de comptage de point, qui nous promet gloire, laurier et paillettes (je me demande s'il s'agit de paillettes digitales ou si le gagnant va recevoir une enveloppe au contenu volatile), est quant à lui un peu plus compliqué. Je laisse aux curieux le soin d'en découvrir le détail dans le billet de présentation.
Par exemple, rien qu'en rédigeant le présent billet, je gagne mes premiers 5 points. Facile !



Les lectures (total 145 point) :
*Lectures à 15 points tirées au sort par Lune.

24 mai 2016

Paolo Bacigalupi : La fille flûte et autres fragments de futurs brisés (Pump Six and Other Stories)

Ce que l’éditeur nous dit :
Recueil de onze nouvelles, La Fille-flûte et autres fragments de futurs brisés confirme que les possibilités de la science fiction sont aussi importantes sous forme courte que sous forme longue. L'auteur du best-seller international La Lille automate y concentre son regard autour de considérations sociales, politiques et environnementales, et on trouve là de magnifiques variations sur les thèmes qui deviendront centraux dans ses romans.
Presque toutes ces histoires ont été récompensées ou nominées pour les prix Nebula et Hugo, et la nouvelle «L'homme calorie» a remporté le prix Théodore Sturgeon.

Ce que j’en pense :
Ce recueil est absolument trop affreux et je n’ai aucune intention de relire à nouveau le moindre écrit réalisé par Paolo Bacigalupi. Il ne s’agit pas ici d’un manque de qualité dans son travail, bien au contraire. Le problème vient du fait que son univers est bien trop percutant, bien trop crédible, bien trop angoissant. Il met en scène de manière ultra efficace la décadence de la société humaine, imaginant des futurs où la science aurait permis aux corps d’atteindre des summums d'adaptation, pour finalement faire exalter dans toute son horreur la perversité, le narcissisme, l’indifférence. Dans la même période où je découvrais ce livre, j’ai regardé pour la première fois Shining de Stanley Kubrick, et bien j’ai trouvé ce film bien moins angoissant, moins dérangeant que La fille flûte et autres fragments de futurs brisés. C’est tout simplement trop pour moi et ne pas avoir eu le courage d’attaquer les dernières nouvelles de ce récit.

Conclusion :
Magistralement horrible, au-delà de mes propres limites.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
le sable
les fraises
l’eau

SFFF & D. : item 20

Sondage Bizz & Miel : cliquez ici, merci !!




19 mai 2016

Laurent Genefort : Lum’en

Ce que l’éditeur nous dit :
Imaginez une étoile avoisinant sept dixièmes de masse solaire... Si vous levez les yeux, il se peut que vous aperceviez son éclat blanc-jaune sur la face antérieure du bras spiral d'Orion, à sept mille parsecs du centre galactique. Le système de Grnc.mld1 compte six planètes : cinq telluriques et une gazeuse. De ces six planètes, Garance est la seule qui évolue dans la zone d'habitabilité.
« Lum'en » relate la colonisation de Garance, une planète comme tant d'autres, du moins en apparence... L'histoire de ces femmes, de ces hommes rudes lancés à la conquête d'un monde, le récit des luttes de ces pionniers qui, au fil des générations, vont écrire la plus exceptionnelle des aventures, la plus terrible, aussi, celle de l'ancrage, du développement puis, inéluctable, du déclin d'une colonie dans les confins. L'essence même de la nature humaine, en somme, la quête d'horizons nouveaux. Quitte à rater l'essentiel...
« Lum'en » est lauréat du prestigieux Prix Julia Verlanger 2015

Ce que j’en pense :
Lum’en, un titre que j’ai beaucoup vu cité sur la blogosphère, sans finalement vraiment savoir à quoi m’attendre. Arrivé au troisième chapitre, j’ai été déçue de constater que les personnages avec lesquels nous avions commencé à sympathiser appartenaient désormais au passé. Et j’ai toujours un peu de mal avec les auteurs qui font de “trop gros” sauts dans le temps. J’ai poursuivi, et rebelote aux chapitres suivants. Je me suis finalement renseignée, pour découvrir qu’il s’agissait en réalité d’une recueil de nouvelles, qui misent bout à bout comptais l’émergence puis l’échéance de la colonisation d’une planète. Ayant cette information en tête, j’ai pu mieux apprécier la suite de la lecture, sans toutefois en ressortir très convaincue. Certaines nouvelles sont sympas (celle du point de vue indigène en particulier), mais je n’ai pas ressentie l’émulation que d’autres lecteurs ont semblé avoir. Les personnages sont peu attachants (ce qui n’a rien à voir avec le format court), les concepts mal exploités, peut-être dû à une écriture trop “détachée” quand on voudrait nous sensibiliser.
Il y a un petit Orson Scott Card dans les idées présentées, mais en moins bien. J’ai surtout trouvé que le pseudo film conducteur qui avait été ajouté pour lier le tout était plus un poids qu’une valeur ajoutée.

Conclusion :
Pas convaincue par l’univers.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les explosions
les traducteurs
les tresses
les exploitations


13 mai 2016

Lisa Tuttle : Ainsi naissent les fantômes

Ce que l’éditeur nous dit :
Recueil de six textes fantastique inédits en France. Lisa Tuttle explore des thèmes, utilise des ambiances variées qui plongent le lecteur tour à tour dans la stupéfaction, la fascination, l’horreur, voire même, peut-être pour les plus sensibles, le malaise. Le lecteur trouvera dans l’interview qui clôt le recueil, réalisée à l’occasion de la présente publication, des éléments supplémentaires pour appréhender un auteur dont l’écriture et l’imagination ont fait parler d’elles et pourraient bien devraient, même recommencer à le faire.

Ce que j’en pense :
Sélectionnées et transposées en français par la prodigieuse Mélanie Fazi, ces six nouvelles m’ont complètement transportée. La traductrice nous raconte l’influence que Lisa Tuttle a eu sur son parcours d'écrivain et en effet  les univers de ces deux auteurs présentent de nombreuses similitudes. Toutes deux favorisent la présence de protagonistes féminins, des ambiances légèrement angoissantes, étranges, mais toujours empreintes de poésie et sans jamais tomber dans le glauque. Il m’a semblé que la française entrait plus pleinement dans le fantastique, mais toute deux se jouent avec beaucoup de subtilité de cette mince frontière entre la réalité et le surnaturel. Et le plus fou, c’est que les sujets traités par Lisa Tuttle sont finalement très réalistes, au travers de ses personnages si charnels, si imprévisibles, si complexes et si ... humains. Avec elle le dénouement n’est jamais couru d’avance.

Conclusion :
Étrange, poétique et saisissant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les grottes
les déboires d’écrivain
la manipulation
le pouvoir de l’imagination

SFFF & D. : item19



20 février 2016

Alain Damasio : Aucun souvenir assez solide

Ce que l’éditeur nous dit :
Une cité de phares noyée par des marées d’asphalte où la lumière est un langage. Une ville saturée de capteurs qui dématérialise les enfants qui la traversent. Un monde où la totalité du lexique a été privatisée. Un amant qui marche sur sa mémoire comme dans une rue… En dix nouvelles ciselées dans une langue poétique et neuve, Alain Damasio donne corps à cet enjeu crucial : libérer la vie partout là où on la délave, la technicise ou l’emprisonne. Redonner aux trajectoires humaines le sens de l’écart et du lien. Face aux hydres gestionnaires qui lyophilisent nos cœurs, l’imaginaire de Damasio subvertit, perfore les normes et laisse à désirer. C’est un appel d’air précieux dans un présent suturé qui sature.

Ce que j’en pense :
La qualité, la maitrise et l’exigence d’écriture d’Alain Damasio poussées à leur paroxysme, pour le meilleur... et pour le pire. Car si certains moments, des tournures de phrases ou même certains paragraphes sont d’ordre divin, d’autres sont tout simplement inaccessibles au commun des mortels, rendant la lecture fort laborieuse. J’ai beau savoir apprécier un style recherché, il me semble que le choix des mots devrait toujours être au service du sujet traité (qu’il s’agisse de conter, d’expliquer ou juste de provoquer une sensation). De ce recueil, il y a des nouvelles que je n’ai pas pu me résoudre à terminer, ou dont je ne conserve qu’un souvenir très flou, comme par exemple C@patch@ ou Une stupéfiante salve d’escarbilles de houille écarlate. Nombre d’idées de fond et de forme y étaient pourtant excellentes. Heureusement d’autres pans du livre ont réussi à mieux me toucher, je citerai en particulier Annah à travers la harpe, So Phare away ou Les Hybres.
Alain Damasio reste à mon sens l’un des meilleurs auteurs contemporains (français tout du moins, mais peut-on jamais pleinement apprécier un auteur d’une langue maternelle différente de la notre), peut-être même le meilleur actuellement en vie parmi ceux qu’il m’ait été donné de lire.
Aucun souvenir assez solide, sans être son ouvrage le plus réussi, ne vient que confirmer ce fait.

Conclusion :
Trop bien écrire, quel comble tout de même.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les sponsors
la dématérialisation
la lumière
l’art



22 octobre 2015

Top Ten Tuesday #1 : Les 10 meilleurs recueils de nouvelles

Une première participation au Top 10 Tuesday (d'ailleurs on n'est pas mardi, mais vous aurez l'amabilité de prétendre ne pas avoir remarqué, merci) totalement intéressée, puisqu'elle permet de gagner 5 points pour le challenge CRAA.

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore (soit les non-habitués de blogs littéraires), "le TTT est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français pour une 2e édition sur le blog Frogzine".

Pour procéder audit listing, j'ai tout simplement cliqué sur le tag nouvelles de mon blog (pratique), retiré tous les articles qui n'avaient pas au moins obtenus un score 4 étoiles, puis trié ceux restant par ordre de préférence. Bon par contre ça ne fait pas 10 (mais vous aurez l'amabilité de prétendre ne pas avoir remarqué, merci).

Voici mon classement de meilleures lectures de recueil de nouvelles, par ordre décroissant :


21 octobre 2015

Simone de Beauvoir : La femme rompue

Ce que l’éditeur nous dit :
Quatrième de couverture:
«- Dis-moi pourquoi tu rentres si tard.
Il n'a rien répondu.
- Vous avez bu ? Joué au poker ? Vous êtes sortis ? Tu as oublié l'heure ?
Il continuait à se taire, avec une espèce d'insistance, en faisant tourner son verre entre ses doigts. J'ai jeté par hasard des mots absurdes pour le faire sortir de ses gonds et lui arracher une explication :
- Qu'est-ce qui se passe ? Il y a une femme dans ta vie ?
Sans me quitter des yeux, il a dit :
- Oui, Monique, il y a une femme dans ma vie.»

Ce que j’en pense :
Recueil de trois nouvelles consacrées à des femmes blessées, je retiendrai de ce livre l’incroyable capacité de l’auteur à adapter sa plume en fonction des émotions qu'elle veut communiquer.

Dans la première, elle y décrit une femme déçue par son mari, déçue par son fils, et finalement par elle-même. J’ai été très surprise de voir naître de la plume de Beauvoir un personnage ayant si peu de recul sur lui-même, rejetant toute responsabilité. Le processus était intéressant.

S’en suit un monologue, que je n’ai pas été capable de lire dans son intégralité tant le ton était violent et haineux, sans aucun filtre. La jeune fille rangée est bien loin de ce texte.

Mais c’est cette femme rompue qui m’aura le plus marquée. Au fil des pages, on ne sait s’il faut la condamner, la prendre en pitié, ou les deux. On est tantôt saisi de sympathie pour ce personnage trahi par l’homme de sa vie et malmené par les évènements, tantôt on le condamne pour se laisser ainsi berner et accepter si passivement les douleurs qui lui sont infligées. Constamment, Monique se ment à elle-même, tour à tour s’enfonce dans la culpabilité puis dans l'accusation. Pleine de courage, elle cherche désespérément la porte de sortie, sans avoir tout à fait la force de la franchir, face à ce mari plus lâche qu’elle encore. Maurice ne veut pas la blesser, Maurice ne veut pas la perdre, Maurice ne veut surtout pas prendre de décision et encore moins lui dire ce qu’il pense vraiment, car pour cela il lui faudrait déjà être franc avec lui-même. Alors Monique cherche des explications, fait des suppositions et harcèle de questions son entourage, alors que les réponses ne se trouvent que la tête de l’homme qu’elle aime et surtout en sa propre âme et conscience. Elle se morfond, elle souffre, elle se reprend en main et se fait la promesse d’être plus forte, elle craque, elle se ressaisi. Monique est tellement humaine.

Conclusion :
Une recueil saisissant, qui retranscrit admirablement les combats intérieurs.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les choix politiques
la maternité
les idées neuves
les idées ancrées



6 juin 2015

Herman Melville : Bartleby le scribe (Bartleby, the Scrivener)

Ce que l’éditeur nous dit :
«Une fois dans la bibliothèque, il me fallut environ deux secondes pour mettre la main sur le Bartleby de Melville. Bartleby ! Herman Melville, Bartleby, parfaitement. Qui a lu cette longue nouvelle sait de quelle terreur peut se charger le mode conditionnel. Qui la lira le saura.» Daniel Pennac..

Ce que j’en pense :
Je n’aurais sans doute jamais lu Bartleby si sa version illustrée ne m’avait pas fait de l’oeil sur l’un des promontoires de la bibliothèque municipale. Il faut dire qu’il s’agit d’un très grand fortmat (du genre qui ne rentre dans aucun sac à main et qu’il est inenvisageable de balader dans le métro sans être dangereux), ça aide à se faire remarquer. Les illustrations de Stéphane Poulon sont de pures merveilles, avec une précision et une douceur d’aquarelle formidables (finalement on est content de pouvoir les admirer en grand). Les premières pages m’ont intriguées par leur style littéraire, posant le décors et les personnages de manière méticuleuse (tant de détails qui au final seront surtout utiles pour appréhender la personnalité du narrateur que pour comprendre les personnages qu’il introduit). Et puis entre en scène Bartleby. On s’imagine que c’est là que l’action commence. Bien au contraire. Car c’est l’absence d’action qui fait tout le génie de cette oeuvre. Quelques tournures grammaticales extrêmement fortes portent à elle seule l’ensemble de cette nouvelle. J’ai tourné la dernière page complètement déroutée (c’est tout ?), mais en fait à y repenser c’est juste fou. Manipulation et maîtrise des mots... Prise de force passive. Incompréhension et obsession. Voici les images qui me restent de cette expérience avec Heran Melville.

Conclusion :
Une nouvelle tout à fait déroutante, qui démontre le pouvoir de la grammaire.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les logements
les préférences
la grammaire
les personnalités


17 décembre 2014

Collectif : Les coups de coeur des Imaginales

Ce que l’éditeur nous dit :
Tous les ans, le festival des Imaginales à Épinal est le grand rendez-vous de tous les amateurs de fantasy. Et chaque année, le festival choisit un auteur « coup de cœur ». Dirigée par Stéphanie Nicot, cette anthologie rassemble les dix écrivains français distingués, depuis 2004. 
Un casting de rêve avec dix nouvelles inédites et superbes. L’occasion de découvrir ces plumes exceptionnelles et de se balader sur les terres de la fantasy, de la fantasy urbaine, du fantastique et de la science-fiction.
Retournez dans le Vieux Royaume avec Jean-Philippe Jaworski, alors que les morts semblent se relever sur les champs de bataille ; marchandez avec Sire Cédric et le père d’Eva Svärta, un commerçant albinos qui saura combler jusque vos plus étranges désirs ; plongez au cœur de Narthécia en compagnie de Samantha Bailly, une cité encerclée de forêts dangereuses où la justice passe par l’empathie ; accompagnez Jérôme Camut dans un petit village des Pyrénées où la vie semble s’être arrêtée à la fin du xixe siècle ou partez avec l’héroïne demi-elfe de Rachel Tanner au Kosovo enquêter sur un trafic d’organes...

Ce que j’en pense :
Pour un recueil censé réunir le meilleur des auteurs prometteurs, le niveau d’ensemble est assez décevant. Ma réaction vient principalement de la nouvelle proposée par Mélanie Fazi (c’est en voyant son nom que je me suis empressée d’acquérir cet ouvrage), dont bien que l’une des plus réussies de cette anthologie, m’a parue presque fade en comparaison de ce que je connais d’elle.
Pour le reste, certaines histoires moins parues parfaitement déplaisantes ou bien inutiles (Le chirurgien, d’Érik Wietzel et Sérana de Sire Cédric). Quelques-unes, heureusement, m’ont donné envie de me renseigner sur leurs auteurs, pour avoir apprécié leur originalité et/ou l’élégance de leur plume (Jérôme Camut, Rachel Tanner, Jean-Philippe Jaworski et Samantha Bailly). Les trois dernières nouvelles m’ont laissé indifférente. Dans l’ensemble, ça se lit bien tout de même.

Conclusion :
Un bilan mitigé, mais pas de regret non plus.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
l’immobilisme
la musique
la plénitude
le mauvaise foi





12 septembre 2014

Charles Bukowski : Contes de la folie ordinaire

Ce que l’éditeur nous dit :
C'est le moment de s'embarquer dans le bateau ivre de Bukowski, l'écrivain poète, né Allemand, citoyen américain par adoption des rues et des bars, témoin des clameurs urbaines... Virons donc du côté d'une folie ordinaire, celle qui sommeille en chaque individu, celle qui vous prend aux tripes un beau matin et fait du corps une marionnette dont on tire les fils, celle qui s'immisce, reptilienne et ne se tait qu'à la mort.
Bukowski délivre aux lecteurs qui veulent bien le suivre dans sa démarche, les contes quelques peu exubérants de cette lente conquête de la déchéance. D'abord abrupte, trash, la folie se coule peu à peu dans la vie et se fait plus mature. Elle gagne en âge et arrondit les angles, estompe sa vulgarité, s'intériorise, pour finir par adopter le corps physique qu'elle habite. Sexe, alcool, et courses de chevaux sont son lot quotidien: Bukowski parle de Bukowski ; ou plutôt de son double, son extension littéraire au prénom poussif : Hank. Le barfly jubile de son petit tour d'auto-parodie. Il en rajoute avec quelques portraits taillés serrés: des ouvriers alcooliques, des jeunes auteurs déjà accomplis dont l’œuvre le révulse et qui lui renvoient l'image insupportable de son parcours d'écrivain à succès. Car Bukoswki vomit à la face de ses contemporains. Il vomit aussi ses pages, et vous somme de prendre son parti ou de le fustiger.
Certes, l'auteur ne laisse pas indifférent, à la première lecture assurément... à la seconde, on se surprend à trouver les limites de ce trash qui apparaît finalement presque désuet. Et pourtant, cette thématique poursuit sa route, se charge d'une iconographie nouvelle, s'enrichit, s'épanouit, se modèle à l'image du monde moderne. Le trash est clean... il suffit de regarder du côté de la bande d'Irvine Welsh. Changement d'époque, mais même folie... Bukowski a fait des petits! -

Ce que j’en pense :
Première constatation : cette couverture est bien trop belle pour illustrer le contenu qu’elle introduit ! Ou peut-être heureusement qu’il y a cette jolie couverture à laquelle nous raccrocher, pour éviter à notre tour de tomber dans la folie. Les premières nouvelles de ce recueil sont un peu... brutes disons, mais inspirent tout de même une certaine empathie pour les personnages. Et puis les histoires s’enchaînent, toujours un peu les mêmes, décrivant cet immuable personnage qui boit, qui baise, qui boit, qui aime (et souvent bat) la nana du moment, qui le lui rend bien d’ailleurs car elle est tout aussi détraquée que lui. Certes Bukowski signe son univers, et le crade (voire très crade) qui le caractérise peut se justifier... jusqu’à un certain point, la répétition effaçant la notion.

Conclusion :
Pas inintéressant mais lassant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les placards
- les bars
- les chambres
- les verres


16 août 2014

Greg Egan : Trois nouvelles

Ce que l’éditeur nous dit :
Greg Egan bâtit son futur en disséquant le présent avec une virtuosité aussi fascinante qu'implacable : nous voici prévenus...

Ce que j’en pense :
En apprenant à être moi (Learning to be me) 
Une nouvelle fascinante, qui pose une question aussi vieille que la philosophie, celle de tenter de définir ce qui fait l’humanité, avec des notions telles que l’âme, la conscience, l’individualité ou l’identité. Tout cela en moins de 25 pages, mais avec une vraie pertinence mais aussi une place aux rebondissements dans le récit. Ce texte, avec lequel je fais mon entrée dans l’univers de Greg Egan, laisse présager de très bonnes choses pour de futures lectures !

Mortelles ritournelles (Beyond the Whistle Test) 
Dans cette autre nouvelle, Greg Egan reprend la thématique du cerveau manipulé par la science et la manière dont cela influence la conscience et les comportements humain. Il y accuse de manière flagrante l’influence abusive dont les médias, et la publicité en particulier, ne se privent pas de faire usage. Peut-être à cause de cette carte que je trouve un peu facile de la “dénonciation” (dont je ne nie pas qu’elle soit justifiée cependant), j’ai moins accroché à cette lecture. Je retiendrais l'anecdote du test du concierge, le reste sera vite oublié.

De raisons d’être heureux ((Reasons To Be Cheerful)
Et on s’enfonce encore un peu plus dans les méandres du cerveau humain, pour au final toujours le même sujet : entre le corps et l’âme, où se situe la personnalité, l’individualité... Techniquement/biologiquement parlant, pourrions-nous décider d’être “une personne plutôt qu’une autre” ? La spécificité est ici de savoir où se situe le bonheur dans tout ça, savoir si en réalité il existe (rien que ça), dans la mesure où l’on pourrait très bien le réduire à une série de réactions nerveuses. Décidement Greg Egan se pose bien des questions (de manières presque redondante je trouve alors que chacune de ces trois nouvelles est extraite d’un recueil différent). Je ne sais pas si la qualité est réellement différente ou si c’est que l’effet de surprise est passé, mais c’est En apprenant à être moi que j’aurais largement le plus apprécier découvrir.

Conclusion :
Un auteur qui plonge au plus profond de l’humanité.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les chirurgies novatrices
- les synapses
- l’amour
- l’étude du vivant


20 juillet 2014

Timothée Rey : Les souffles ne laissent pas de traces (extraits)

Ce que l’éditeur nous dit :
Deux courtes nouvelles, une enquête de N’a-Qu’un-Œil, chamane-détective, et un conte autour du feu, dans l'univers du polar préhistorique Les Souffles ne laissent pas de traces de Timothée Rey.

Ce que j’en pense :
Les Griffes du Grogneur
Première des deux nouvelles que j’ai lues, c’est également celle qui présente le moins d’intérêt. Elle n’en est pas complètement exempte pour autant, trouvant son originalité dans ce Sherlock Holmes des temps anciens, qu’on imaginerait bien avec une pipe au bec si seulement celles-ci avaient déjà été inventées. Cela n’empêche pourtant pas l’utilisation de concepts tels que l’enquête ou la préméditation, qui paraissent déjà tenir de l’achronie (mais après tout on en sait rien du tout). Ajoutons à cela une flopée de prénoms en pagaille, tous plus farfelus, composés, et difficiles à cerner les uns que les autres. J’ai eu du mal à saisir les choix faits pour la plupart de ces derniers, mais cela reste amusant. Et malgré tout ça j’étais tout de même contente que la nouvelle s’achève au bout de 10 pages, longueur au –delà de laquelle j’aurais pu laisser cette lecture en plan.

Gros-Oeuf et Petit-Oeuf
Sur le principe, cette courte histoire paraît bien plus banale que sa consœur, avec une narration basée sur le principe du conte, avec métaphores et morale à la fin. Mais la manière dont elle est amenée, avec conceptualisation, permet d’intriguer le lecteur, qui s’imagine presque cette vieille femme blasée en faire la narration à un public l’écoutant bouche-bée. Tout de suite, cela met dans l’ambiance, les meilleurs contes n’étant pas ceux que l’ont lit mais ceux que l’on écoute. Le contenu en soi est loin de changer le cours d’une vie, mais il est finalement très plaisant à lire.

Conclusion :
Parce que les auteurs français aussi ont leur mot à dire sur la préhistoire

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les indices
- les parois
- les chemins
- les chutes

13 juillet 2014

Kenneth Cook : La vengeance du wombat et autres histoires du bush (Wombat Revenge)

Ce que l’éditeur nous dit :
"Wombats sur ma gauche, wombats sur ma droite : tous piétinaient et grognaient. Planté parmi eux au clair de lune, immense, le corps flasque et hardi, le filet dans une main, la seringue dans l'autre, j'attendais le wombat qui m'intéressait. [...] Avec l'aisance du geste entraîné, je lui lançai le filet sur le corps. Il le déchiqueta en moins de deux secondes. [...] Comment étais-je censé m'y prendre à partir de là? Je n'eus pas le temps de me décider. Le wombat s'approcha de moi en poussant un grognement meurtrier, avec la ferme intention d'anéantir tous les mythes sur le caractère inoffensif et herbivore des wombats." Une rencontre dans un bar, quelques bières fraîches, un rien de faiblesse, et voilà Kenneth Cook, écrivain d'âge mûr "en léger surpoids", embarqué dans d'incroyables aventures où la faune humaine et animale du bush joue le premier rôle. Kangourou suicidaire, koalas explosifs, wombats vindicatifs, reptiles dérangés, chercheurs d'opales amateurs de paris stupides, Aborigènes roublards : ils finissent toujours par contrarier son penchant naturel pour le confort. Heureusement, car Cook en tire une brassée d'histoires plus vraies que nature, racontées avec un art consommé du gag, dans toute leur improbable hilarité.

Ce que j’en pense :
La quatrième de couverture se montre présomptueuse lorsqu’elle nous promet l’hilarité à la lecture de ce recueil de nouvelles. Cela dit il reste très plaisant à lire. L’air de rien, Kenneth Cook nous propose une introduction inédite de la faune australienne et des moeurs de sa population, en consacrant chaque chapitre à un animal différent. Il est très difficile de déterminer la frontière entre réalité et fiction, les anecdotes paraissant autant crédibles qu’invraisemblables. Il est surtout difficile de croire que toutes ces histoires aient été vécues par la même personne, mais justement c’est tellement gros que cela doit être vrai. Ce qui est certain c’est que les clichés volent en éclats, loin des mignons koalas ou des surfeurs bronzés la réalité décrite est beaucoup plus crue, plus archaïque, comparable à un far west américain.

Conclusion :
Pour un retour à l’état sauvage.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les paris
- la force de persuasion
- les trucs dangereux
- la sécurité


17 juin 2014

Haruki Murakami : l’éléphant s’évapore (象の消滅, Zō no shōmetsu)

Ce que l’éditeur nous dit :
Un vieil éléphant disparaît sans laisser de traces, avec son vieux gardien dans une banlieue résidentielle de Tokyo. Un couple pris d'une fringale décide de réaliser en pleine nuit un fantasme : dévaliser une boulangerie. Un homme à l'habitude de mettre le feu à une grange tous les deux mois... C'est, en 17 nouvelles, tout l'univers insolite et hors norme de Murakami que nous offre L'éléphant s'évapore.A travers ces histoires, petits contes anodins de notre quotidien, il déploie encore son art magistral, et nous montre qu'il sait comme personne comment transfigurer la banalité de nos existences.

Ce que j’en pense :
Il y a dans le style de Haruki Murakami, une récurrence de l’absurde. Enfin non ce n’est pas tout à fait ça, car ses personnages semblent au contraire extrêmement logiques. C’est juste que cette logique prend souvent des chemins tortueux, des raisonnements qui ne tiendraient pas la route s’ils étaient présentés autrement. Et une sorte de frustration aussi au terme de ces récits qui semblent toujours s’arrêter abruptement. Si cette tendance se trouve également dans ses romans, elle paraît d’autant plus flagrante dans ces nouvelles qui décrivent des situations intrigantes, mais ne donnent pas d’explications. Au terme de chacune de ces histoires, on reste quelques secondes suspendu, à réaliser que oui le récit s’achève là, comme ça, puis quelques secondes encore pour comprendre qu’en fait cela n’a aucune importance, car ce n’était pas le but. On l’accepte, et on passe à la suivante, savourant d’avance le délice de se faire encore avoir. Parce qu’en plus on en redemande, tellement ces récits à la fois irréels et anodins (même sur des formats cours, Haruki Murakami ne manque jamais de nous décrire la préparation d’un repas de pâtes ou le choix musical effectué par ses protagonistes), sont envoûtants. Décidément je ne me lasse pas de cet auteur.

Conclusion :
Une preuve qu’il est possible d’être aussi bon en écriture de nouvelles que de romans.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la compréhension des autres
- la manière d’aborder une fille
- le téléphone
- les bavards


10 décembre 2013

Catherine Dufour : Je ne suis pas une légende

Ce que l’éditeur nous dit :
A l'époque ou Malo rencontra son premier vampire, il frôlait la dépression. 
Après deux ans de bons et loyaux services en tant que Life Time Value Manager chez Johnson & Johnson, une persistante absence de cravate doublée d'une regrettable propension à quitter le bureau en sifflotant sitôt son travail bouclé lui avait valu une mise au placard définitive. Dans les premières semaines de sa relégation, il essaya d'inverser la vapeur : il mit une cravate noire imprimée de petits ours rouges et passa de longues heures supplémentaires près de la machine à café.
Peine perdue.
Il était trop tard.
Beaucoup trop tard.

Ce que j’en pense :
Hommage (ou parodie?) du roman de Richard Matheson, “Je suis une légende”, Catherine Dufour nous offre ici une histoire à contresens, avec un anti-héro n’ayant rien demandé à personne et se cachant dans une cabine de parking sous-terrain (tandis que Will Smith, interpréte de l’une des adaptations cinématographiques de cette histoire, campait dans une maison suréquipée, NDLR). A noter que j’ai été, durant toute la lecture, persuadée avoir à faire à des zombies, alors qu’il s’agissait en réalité de vampires... Je lis peut-être trop d’histoires de morts-vivants .
Assez fan des personnages principaux malgré eux et emballée par une écriture efficace, la lecture s’est tout de suite révélée sympathique. Pourtant je dois dire que je suis restée un peu bête de voir arriver la dernière ligne sans autre préambule. Tout ça pour ça ?

Conclusion :
Une lecture sympathique mais qui sera vite oubliée.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les cafés
- les parking
- l’entreprise

8 décembre 2013

Jérôme Cigut : Tout ce que vous cherchez

Ce que l’éditeur nous dit :
Sur Internet, n’importe quel moteur de recherche peut vous apporter des centaines de milliers de résultats. Et si un nouveau site était capable de ne vous apporter fournir qu’une seule et unique réponse, la bonne ? C’est à l’apparition d’un tel concurrent qu’est confronté Peter Lewis, programmeur au sein d’une entreprise bien installée de la Silicon Valley, détentrice du moteur de recherche jusqu’alors le plus populaire mais désormais en péril…

Ce que j’en pense :
Toute coïncidence ou ressemblance avec une entreprise réelle et ayant existé (portant le nom de Google) n'est ni fortuite ni involontaire. Pour avoir étudié de près le fonctionnement des moteurs de recherche et du référencèrent (si si, c’est même écrit dans mon CV : “SEO, SEM”), le sujet m’a d’autant plus amusé. L’écriture est très prenante, tout autant que la manière dont le sujet est traité. Seul un paragraphe comporte un ton plus nostalgique, qui m’a semblé dénoter avec le reste de la nouvelle. Mais pour le reste, on y trouve surtout de très bonnes idées, un bon déroulé, avec une petite critique sans prétention du monde du travail en prime, et une fin qui sans être novatrice, est tout de même bien trouvée.

Conclusion : 
Un auteur à suivre.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les objets publicitaires
- les objets perdus
- les patrons
- la bonne réponse




3 décembre 2013

Philip K. Dick : Minority Report

Ce que l’éditeur nous dit :
Washington, 2054. John Anderton est membre de Précrime, une unité gouvernementale utilisant les dons de prescience de trois mutants, les précogs, pour arrêter les criminels avant leur passage à l'acte. Avant même qu'ils aient imaginé de passer à l'acte.Anderton a une confiance aveugle dans les prédictions des précogs. Mais quand, chasseur devenu gibier, il se retrouvera lui-même accusé du meurtre d'un homme qu'il n'a jamais rencontré, il lui faudra découvrir les véritables rouages de Précrime pour prouver son innocence.

Ce que j’en pense :
Découvrir Philip K. Dick à travers la nouvelle, c'est comprendre en partie pourquoi je n'avais pas aimé Le Maître du Haut Château. Il me semble que le vrai point fort de l'auteur réside dans son imagination débordante. Minority Report qui part d'un concept tout à fait génial, offre une écriture plus que correcte, mais pas vraiment aboutie. On sent que l'auteur avait hâte de la terminer, pour aller exploiter l'idée suivante. Attention la nouvelle est quand même très sympa à lire, je ne dis pas le contraire, mais il y a un petit côté "vite fait, bien fait".
Afin de pouvoir écrire cette chronique dans les règles de l'art, je me suis payé le luxe de revoir l'adaptation cinématographique éponyme. C'est fou de voir la façon dont la machine hollywoodienne remanie le sujet à sa sauce. Certes pondre 2h15 de film à partir d’une histoire de 50 pages de littérature exige d’étoffer un peu son sujet, mais ici il s’agit presque d’une toute autre histoire. On retrouve l’existence de l’organisme “Précrime”, l'accusation de meurtre de John Anderton, mais c'est à peu près tout. Entre autre, le film nous transforme un scientifique saint d'esprit et questionnant la fidélité de son épouse, en homme drogué, hanté par la mort de son fils, avec une femme relayée en pot de fleur. Je ne parle même pas de l’issue finale, rien à voir. Oui c'est une formule qui a fait ses preuves auprès du public, mais je trouve dommage d'aseptiser/formater à ce point une oeuvre très originale au nom de la rentabilité. Les blockbusters, c’est vrai, c’est  très sympa, mais lorsque le spectateur n’a plus que le choix entre ça ou le "petit film d’auteur soudanais", bof. Steven Spielberg n'a tout simplement pris aucun risque.

Conclusion :
Une nouvelle étonnante, qui me réconcilie avec Philip K. Dick (mais me fâche un peu avec Steven Spielberg)

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- le libre arbitre
- la fatalité
- les secrétaires
- les prises de succession




29 novembre 2013

La Musardine (collectif) : Osez... 20 histoires de voyeurs et d'exhibitionnistes et 20 histoires de chasseuses d'hommes

Ce que l’éditeur nous dit :
Qui n’a jamais rêvé de s’exhiber ?
Vous aimez mater votre voisin ou votre voisine d’en face ? À moins que vous ne préfériez vous exhiber devant vos fenêtres ? Dans un cas comme dans l’autre ce livre est fait pour vous ! Plus inspirées que jamais, les plumes de la collection « Osez 20 histoires » ont en effet exploré toutes les situations possibles : femme qui drague des amants de passage dans le seul plaisir de s’exhiber avec eux devant son voisin, couple qui découvre un système de vidéo surveillance dans une maison de location et décide de s’amuser un peu, femme esseulée amoureuse de sa voisine qu’elle photographie en compagnie de ses amants, couple qui découvre les joies de l’exhibitionnisme à l’occasion d’un flagrant délit de fellation sur un parking d’autoroute... De pages en pages, les auteurs de ces vingt nouvelles érotiques exhiberont leurs fantasmes les plus inavouables pour votre plus grand plaisir voyeur.
Quand les femmes deviennent prédatrices
Les filles qui se laissent draguer passivement en laissant prendre toutes les initiatives aux hommes, c’est du passé ! Tour à tour Lolita délurée en quête de son Humbert, hôtesse de l’air dans une compagnie aérienne de luxe résolue à croquer du milliardaire, cougar obsédée par le meilleur ami de son propre fils, analysante narcissique qui met tout en oeuvre pour conquérir son psy, dans Osez 20 histoires de chasseuses d’hommes, les femmes se font prédatrices... et parviennent souvent à leurs fins ! Au grand plaisir de leurs proies masculines, qui contrairement aux préjugés, adorent être chassés...

Ce que j’en pense :
Moi qui répugne à la seule idée d’ouvrir un roman du type Harlequin (car soyons honnête, l’Harlequin n’est ni plus ni moins que du roman érotique déguisé/caché sous de la mièvrerie), je ne pensais pas un jour lire de mon plein gré un deux recueils de nouvelles coquines. Comme quoi tout peut arriver ! Pour moi tout a commencé le jour où l’une de mes amies fut publiée (et non il ne s’agit pas d’une fille bizarre, mais bel et bien d'une personne merveilleuse). La curiosité m’a donc poussé à découvrir ses textes... puis à poursuivre sur celles des autres écrivains. Car au final j’ai bien aimé. Je suis toujours autant fascinée (je l’ai sûrement déjà dis plusieurs fois dans ce blog), sur les milles et unes idées qui peuvent surgir selon les personnes à partir d’une thématique de départ identique. La conception même de l’érotisme recouvre à elle seule bien des variantes, de la passion suggérée au carrément trash. La palette de synonymes et expressions qui peuvent exister, pour au final décrire la même chose, montre l’infini des possibles de l’imagination. Vraiment fascinant.
Pour terminer j’ai trouvé les textes globalement de bonne qualité. Alors que je m’attendais à de la littérature de bas étage, il s'y trouve étonnement de bonnes idées. Un excellent moyen pour les écrivains en herbe de s'exercer!
Et puis Maïa est bien la preuve que “sexe” peut rimer avec “qualité” !

Conclusion :
Une bonne surprise !

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les dominos
- les sites internet
- les vacances d’été
- les petits jeunes





31 juillet 2013

Jo Beverley, Cecelia Holland, Robin Hobb, Jacqueline Carey, and Tanith Lee : Songs of Love Lost and Found

Ce que l’éditeur nous dit :
Featuring stories by Jo Beverley, Cecelia Holland, Robin Hobb, Jacqueline Carey, and Tanith Lee, this collection of five wonderful romantic stories from five wickedly creative authors includes beautiful maids and clever minstrels, orphans destined for greatness and spies thirsting for revenge, and a pair of lovers who must struggle against the forces of magic and fate. Originally published in the anthology Songs of Love and Death (edited by George R.R. Martin and Gardner Dozois), these compelling stories are specially packaged in one eBook set at a great price.

Ce que j’en pense :
Cinq auteurs, cinq styles différents, réunis autour d’une thèmatique commune. Il est toujours intéressant de voir les multiples interpréatations qui peuvent être faite d’un même sujet. Parmi ces cinq auteurs, certaines m’ont plus accrochée par leur style littéraires, d’autres par la qualité de l’histoire, mais globalement on peut dire que le niveau est assez équilibré. Ce recueil ne m’aura pas transcandé, mais pourra s’avérer utile pour donner des idées de futures lectures.
J’ai bien aimé “Marrying Maid”, dont le suspense aurait pu être mieux géré, mais qui propose dans un chouette univers. On se croirait vraiment dans un opéra de Purcell. "Blue Boots" m’a permis de découvrir encore une nouvelle facette de Robin Hobb (qui est décidement pleine de ressources), avec une fin que je n'attendais pas de sa part.
"You and You Alone"est l’histoire que j’ai préféré par son intensité et la richesse de son univers, tandis que "Under/Above the Water" est celle qui m’aura le moins convaincu, par son script un peu flou et trop compliqué par rapport à un tel dénouement. "Demon Lover" était juste bien.

Conclusion :
Pour découvrir ou redécouvrir ces grandes dames de la fantasy.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les regrets
- les surprises
- les destinés

26 juin 2013

Dario Bicchielli : Tragédies salutaires

Ce que l’éditeur nous dit :
Amour et haine, liberté et oppression, éveil et repos, vie et mort, des mondes antagonistes aux frontières subtiles et capricieuses. Dans ce recueil, ces univers se côtoient sans cesse, se chevauchant et s'alternant au gré des péripéties de parfaits antihéros dont l'anonymat transcende les forces et les faiblesses de la condition humaine. "Tragédies Salutaires" est le premier livre d'un jeune auteur à la plume cinglante et pourvue d'ironie. Teintées d'humour et de cynisme, ses nouvelles relatent les déboires de personnages attachants aux histoires étonnantes, détonantes et riches en rebondissements.

Ce que j’en pense :
Tout d’abord merci à Dario Bicchielli de m’avoir donné l’occasion de découvrir son projet. C’est une très bonne idée de sa part pour se faire connaître. Auteurs en devenir, prenez en de la graine !
Si j’ai globalement bien aimé cette panoplie de nouvelles, j’ai trouvé que ces dernières n’étaient pas toutes du même niveau. Tout d’abord, je n’ai pas du tout accroché aux parties sous forme de poésie. Mais cela ne signifie pas dire grand chose car j’ai toujours du mal avec ce type d’écriture.
C’est la nouvelle Le miel et le vinaigre qui m’aura le moins convaincue, suivie de près par la Quatrième “nouvelle” dimension. Elles n’ont rien de spécial...
L’homme qui voulait vivre sa vie est déjà un peu plus intéressante, tout comme celle de Jack, qui permettent d’entrer vivement dans le bouquin. Petit bémol cependant sur les chutes, qui finissent toutes par se ressembler, perdant sur l’effet de surprise au fur et à mesure que l’on avance dans le recueil.
L’hôte tendu est très sympa. Enfin, si la Révolution passagère partait plutôt mal, un certain retournement stylistique la classe finalement au rang de favorite. Je dirais que c’est dans le dialogue et le style théâtrale plus généralement (grâce à une utilisation fort avisée des didascalies), que je préfère Dario Bicchielli. A voir comment il orientera ses prochaines écritures.

Conclusion :
Parce qu’il est toujours amusant de découvrir un auteur (célèbre?) en devenir.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les descriptions
- les sous-sols
- la guerre
- la révolution