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2 août 2016

Margaret Atwood : La Servante écarlate (The Handmaid's Tale)

Ce que l’éditeur nous dit :
La "servante écarlate" c'est Defred, une entreprise de salubrité publique à elle seule. En ces temps de dénatalité galopante, elle doit mettre au service de la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, son attribut le plus précieux: sa matrice. Vêtue d'écarlate, elle accomplit sa tâche comme une somnambule, et le soir, en regagnant sa chambre à l'austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, d'échanger des confidences, de dépenser de l'argent, d'avoir un travail, un nom, des amants... Doit-elle céder à la révolte, tenter de corrompre le système?Romancière, poète et essayiste, Margaret Atwood est un "grand écrivain" mais aussi, à plus d'un égard, un personnage qui fascine. "La Servante écarlate", cette "utopie négative" qui n'est pas sans rappeler "1984" d'Orwell, reste l'un de ses hauts faits d'armes dans le combat qu'elle a mené et continue de mener pour la femme.

Ce que j’en pense :
Si le roman est concentré sur la condition des femmes, puisque conté par l’une d’entre elles, je ne le qualifierai pas de purement féministe. Les hommes de cette société y sont tout autant soumis aux contraintes de la dictature, même si de manière plus ou moins drastique en fonction du rang social de chacun.
Bizarrement les différents éléments de dictât qui y sont décrits, m’ont pas plus choquée que ça. La manière de les décrire paraît si lointaine et détachée que je ne me suis pas vraiment sentie concernée. D’ailleurs, bien peu d’éléments de contextes nous sont fournis, sur la manière donc cette société s’est retrouvée dans cette situation.
Tous les sentiments de l’héroïne quant à la solitude sont bien plus présents, tandis que l’on suit ses pensées, qu’elle tente presque désespérément de s’occuper l’esprit avec des récits passés (qui sont également sources de douleurs, car terminés, voire tristes), qu’elle s’accroche aux détails du présent.
Le tout dernier chapitre, tout à fait inattendu, vient ajouter une vraie touche d’originalité, une sorte de nouvelle perspective à l’ensemble, qui fait que je ne suis pas sentie frustrée par l’absence de bien des réponses (lui-même n’en donne pas vraiment à y regarder de plus près).

Conclusion :
Un roman qui se lit bien, mais qui ne m’aura pas bouleversée malgré la dureté de son sujet.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les gravures sur bois
les cordes
les casquettes
la maternité

SFFF & D. : item 5




25 juillet 2016

Jeanne-Marie Leprince de Beaumont : La Belle et la Bête et autres contes

Ce que l’éditeur nous dit :
Venue se livrer à la Bête pour sauver son père, la Belle finit par aimer le monstre qui se révèlera alors être un beau prince ensorcelé... Tout le monde connaît l'une ou l'autre des adaptations de ce célèbre conte sous forme de film ou de dessin animé. L'histoire imaginée par Madame de Beaumont est devenue mythique. Elle glorifie la "beauté intérieure" qui peut exister dans l'être le plus laid, voire terrifiant, et la valeur de ceux qui, comme la Belle, savent aller au-delà des apparences. Une histoire à vocation édifiante, donc, qui doit son succès au sujet comme à la manière dont il est traité : le merveilleux est constamment Jeanne-Marie Leprince de Beaumont : La Belle et la Bête et autres contes.

Ce que j’en pense :
En lisant ce recueil, j’avais évidemment les images de sa version Disney. Les studios ont fait un excellent travail, car le récit originel ferait presque pâle figure face à son adaptation. Des différentes nouvelles que recense ce bouquin, chacune d’elle était une variante plus ou moins fidèle la première, c’est pourtant la plus riche et la plus élaborée. C’est peut-être l’époque qui veut cela, mais j’ai trouvé ces histoires bien succinctes et me demande comment elles ont pu à ce point marquer les esprits, et encore moins enseigner quoi que ce soit à des jeunes filles de bonnes familles. J’en aurais au moins appris un peu plus sur cette chère Madame Leprince de Beaumont, grâce aux clés de lectures offertes pour cette édition, qui a pensé ces contes dans un but tout à fait intéressé : celui d’éduquer aux bonnes manières, avec des valeurs telles que la gentillesse, l’altruisme et la modestie. D’ailleurs les différents auteurs s’étant ici prêtés à l’exercice n’ont montré aucune pitié pour le sors des deux soeurs de Belle, dont la vanité sera largement sanctionnée !

Conclusion :
J’aurais largement préféré la version Disney, mais c’était si vite lu...

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les roses
les robes
les malédictions
les bons caractères








24 mai 2016

Paolo Bacigalupi : La fille flûte et autres fragments de futurs brisés (Pump Six and Other Stories)

Ce que l’éditeur nous dit :
Recueil de onze nouvelles, La Fille-flûte et autres fragments de futurs brisés confirme que les possibilités de la science fiction sont aussi importantes sous forme courte que sous forme longue. L'auteur du best-seller international La Lille automate y concentre son regard autour de considérations sociales, politiques et environnementales, et on trouve là de magnifiques variations sur les thèmes qui deviendront centraux dans ses romans.
Presque toutes ces histoires ont été récompensées ou nominées pour les prix Nebula et Hugo, et la nouvelle «L'homme calorie» a remporté le prix Théodore Sturgeon.

Ce que j’en pense :
Ce recueil est absolument trop affreux et je n’ai aucune intention de relire à nouveau le moindre écrit réalisé par Paolo Bacigalupi. Il ne s’agit pas ici d’un manque de qualité dans son travail, bien au contraire. Le problème vient du fait que son univers est bien trop percutant, bien trop crédible, bien trop angoissant. Il met en scène de manière ultra efficace la décadence de la société humaine, imaginant des futurs où la science aurait permis aux corps d’atteindre des summums d'adaptation, pour finalement faire exalter dans toute son horreur la perversité, le narcissisme, l’indifférence. Dans la même période où je découvrais ce livre, j’ai regardé pour la première fois Shining de Stanley Kubrick, et bien j’ai trouvé ce film bien moins angoissant, moins dérangeant que La fille flûte et autres fragments de futurs brisés. C’est tout simplement trop pour moi et ne pas avoir eu le courage d’attaquer les dernières nouvelles de ce récit.

Conclusion :
Magistralement horrible, au-delà de mes propres limites.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
le sable
les fraises
l’eau

SFFF & D. : item 20

Sondage Bizz & Miel : cliquez ici, merci !!




17 mai 2016

Scholastique Mukasonga : Ce que murmurent les collines, nouvelles rwandaises

Ce que l’éditeur nous dit :
Pourquoi Viviane, même nue, porte-t-elle autour de la taille une cordelette où s'accroche un minuscule morceau de bois ?... Et puis, entre la Bible et les aventures de Titicarabi, y a-t-il d'autres livres ? Le règne d'un roi peut-il nous être conté par une vache ?... Et si l'on chasse de la colline celle sur qui s'accumulent les malheurs, chassera-t-on grâce à ce bouc émissaire le Malheur inhérent à la condition humaine ?... Et si un fier destin attendait Cyprien le Pygmée, rejeté de presque tous ? Ces nouvelles rwandaises s'enchâssent avec maestria comme les tesselles d'une mosaïque. Elles contiennent les tourments et les espoirs de tout un peuple. Les mots de Scholastique Mukasonga coulent, cristallins, de mémoire en mémoire, jusqu'à nous montrer, même quand passe le malheur, toute la beauté de la vie.

Ce que j’en pense :
Ce que j’ai préféré dans ce bouquin, c’est l’introduction. Alors que Scholastique Mukosonga n’a pas encore pris la plume du conteur, elle nous raconte son enfance, nous explique finalement les origines de ces nouvelles. Elle met ainsi le doigt sur les événements tragiques qui ont marqués son pays, dont je dois avouer je n’étais pas très au fait. A vrai dire, je n’aurais pas même su placer le Rwanda sur une carte avant de démarrer cette lecture. Si mes lacunes restent grandes, j’ai maintenant un peu moins honte de mon ignorance. C’est cette même histoire que l’on retrouve pas la suite dans ces nouvelles, et plus particulièrement la transition entre un pays riche de traditions, de dieux et de croyances, et un pays où règnent ‘les blancs”. Tout cela est bien intéressant, mais j’ai pourtant eu bien du mal à accrocher tout du long. Je crois que ce qui m’a dérangée est l'écriture, inspirée du conte, d’une tradition orale qui je trouve se prête mal à l’écrit. Le style est à la fois simple et redondant, avec beaucoup de répétitions des noms (beaucoup de noms, aux sonorités peu familières et difficiles à retenir), une manière très factuelle de décrire les événements.
Cela plaira sûrement à certains mais pour ma part, je n’ai pas vraiment apprécié.

Conclusion :
Un fond intéressant mais une forme peu adaptée à mon goût.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les arbres
les rivières
les amulettes
les bibles



15 avril 2016

Akira Toriyama : Jaco, the galactic patrolman

Ce que l’éditeur nous dit :
Alors qu'Akira Toriyama avait disparu des radars pendant une grosse décennie, le maître surprend ses lecteurs en 2013 en sortant de ses crayons cette nouvelle aventure complète qu'il publie dans le Shônen Jump de Shueisha.Et le public se ravit de retrouver les caractéristiques initiales du talent de Toriyama. On revient ainsi aux origines du mythe, dans le sillage de Dragon Ball bien entendu (le récit se déroule 10 ans avant le début de Dragon Ball), mais aussi de Nekomajin ou de Sandland. Jaco est ainsi placé dans The World, le monde fictif recréé par l'auteur, avec l'aventure placée au cœur du récit par le truchement de personnages croquignolets, le tout enrobé d'un humour potache et libératoire. 

Ce que j’en pense :
Les origines de Dragon Ball... si j’ai bien sûr passer une large partie de mon enfance à suivre la quête des 7 boules de cristal (merci le Club Dorothée), c’est la première fois que j’aborde les aventures Tortue Géniale (ce serait valable également pour tous ses compagnons de route) au travers du support papier. Le dessin d’Akira Toriyama m’a paru simple mais soignée, avec un forte attention apportée aux éléments du décor (je ne sais pas si cela est caractéristique de son oeuvre, ou d’une popularité permettant d’embaucher une horde d’assistants). L’histoire en soi est d’un intérêt limité, si ce n’est son ton léger qui permet de passer un bon moment, et bien sûr le plaisir de retrouver cet univers connu, de revoir ces visages typiques, de rencontrer les parents de Sangoku...

Conclusion :
Idéal pour un interlude nostalgique.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
la mécanique
les portraits robot
le carburant
les doublures



15 février 2016

Torey Hayden : Les enfants des autres (Somebody else's kids)

Ce que l’éditeur nous dit :
Ces gosses n'étaient pas tous attirants. Mais j'avais beau essayer de les voir comme ils étaient en réalité, ils me semblaient toujours indiciblement beaux. L'étaient-ils à ce point? Ou était-ce mon regard qui les transfigurait?"
Il y a Boo, âgé de 7 ans, avec ses yeux d'un vert étrange. Il ne parle pas, mais reste des heures en conversation avec un serpent.
Lori, du même âge, qui n'arrive pas à lire mais devine les cœurs.
Et Tomaso, 10 ans, qui ne sait plus s'adresser aux autres sans les insulter.
Enfin, Claudia, qui a 12 ans. Qui est enceinte.
Ensemble, ils forment une classe unique avec une singulière institutrice qui leur enseigne ce qui n'existe dans aucun manuel : l'amour.

Ce que j’en pense :
Livre déniché un jour dans la (vaste) bibliothèque de mes parents, emporté puis oublié, sur lequel je suis récemment retombée. En le démarrant, je pensais y lire une romance difficile, traitant d’enfants handicapés mentaux. Le résultat, tout autre, fut une excellente surprise : il s’agit en fait du partage d’expérience de Torey Hayden, institutrice spécialisée dans les élèves qui ne fonctionnent pas dans le système classique. L’autisme est ici l’un des facteurs pouvant nuire à l’intégration dans des classes “normales”, mais les raisons peuvent être très variées. L’auteur nous fait partager ses propres doutes et réflexions, la manière dont son métier affecte son quotidien, à titre professionnel et personnel, donnant une contextualisation bienvenue. L’intention n’est pas de dresser un portrait exhaustif du traitement de la différence en milieu scolaire, juste de nous faire partager une année de la vie de quelques personnes. Certes le tableau est teinté de gris, mais il est présenté dans tous ses aspects positifs, avec énormément d’espoir et surtout d’humanisme.

Conclusion :
Une jolie expérience, qui montre une manière de rester confiant face aux injustices de la vie.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les bulbes
les peluches
les placards



18 novembre 2015

Rosa B : Insolente veggie - une végétarienne très très méchante

Ce que l’éditeur nous dit :
Le fameux cri de la carotte, vous connaissez ? Découvrez l'humour incisif d'insolente veggie, cette végétalienne aussi drôle que méchante en laquelle chaque végétarien et vegan se reconnaîtra ! Des péripéties culinaires au militantisme, plus de 50 histoires pour rire, s'indigner et réfléchir !

Ce que j’en pense :
Je n’irais pas jusqu’à dire qu’Insolente veggie est méchante, même si oui, il s’agit du modèle super engagé de la végétalienne, celle que les carnistes peuvent traiter “d'extrémiste”. Justement, la BD qui se penche sur la définition de ce mot est l’une des meilleures du recueil, j’ajouterais donc “pertinente” à sa liste de qualificatifs. Si l’ensemble est de qualité inégale, et que certains points sont redondants, je ne peux que saluer la démarche. On sent brûler en arrière plan toute la fureur de Rosa B, son profond engagement personnel envers la cause animale, son désarroi face à ce long chemin restant à parcourir. Ce qui aurait pu être vindicatif, ici abordé sous forme d’humour, se veut accessible au commun des mortels. Elle pointe du doigt toute l’ironie, voire l’hypocrisie, qui règnent autour de l’exploitation du vivant, sans attaquer personne directement. Parfois dérangeant, souvent drôle, Insolente veggie est à mettre en toutes les mains, celles des convaincus comme celles des plus indifférents (on peut aussi visiter son blog).

Conclusion :
Une BD originale, un sujet qui me parait important abordé de manière pertinente.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les substituts d’oeuf
les trucs mignons
l’extrémisme
les listes

3 novembre 2015

Amélie Nothomb : Le comte de Neville

Ce que l’éditeur nous dit :
Cette année, Amélie Nothomb fait sa rentrée avec un conte de fées virant à la tragédie grecque. "Le crime du comte Neville" raconte l'histoire d'une jeune châtelaine mal dans sa peau, qui cherche à se faire assassiner par son père, pour aider ce dernier à réaliser sans dommages la prédiction d'une voyante rencontrée à l'issue d'une fugue qui n'en est pas une.

Ce que j’en pense :
Un Amélie Nothomb parmi tant d’autres : farfelu, décalé, court. D’ailleurs il s’agirait plus d’une nouvelle que d’un roman, le prix de vente affiché pour la version broché ne se justifiant que très difficilement malgré le nom affiché sur la couverture (j’ai eu la chance de pouvoir l’emprunter, donc je rouspète mais en vrai je ne suis pas concernée). Rien de particulier à dire sur l’histoire, qui encore une fois est exactement ce à quoi l’on peut s’attendre de son auteur, qui objectivement sait écrire et sait raconter. Ainsi j’ai passé un bon moment de lecture, pas plus, pas moins. Je ne lui jette pas la pierre, on ne peut décemment pas écrire un chef-d’oeuvre chaque année.

Conclusion :
A lire pour les inconditionnels de l’auteur, superflu pour les autres.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
l’art de la réception
les preuves d’amour
les ressentis
les châtelains


26 août 2015

Takarai Rihito : Seven days (2 volumes) (セブンデイズ)

Ce que l’éditeur nous dit :
Par un lundi matin ensoleillé, Shino Yuzuru et Seryou Touji se rencontrent devant la porte de l’école. Shino demande alors à Seryou s’il accepte de sortir avec lui. Seryou très populaire, a l’étrange habitude d’accepter les rendez-vous de tous ceux qui lui font la demande. Néanmoins, au bout d’une semaine, il quitte toujours son partenaire sans ménagement! Découvrez les 7 jours de Shino et Seryou!

Ce que j’en pense :
Une courte série, deux mangas seulement, avec un début, un milieu et une fin sans surprise. Le public visé est celui de l’adolescent, à l’âge où les amours timides prennent naissance, où l’on se dit “pour toujours” en y croyant vraiment (non mais sérieux ? happy-ending d’accord, mais on a tout de même du mal à croire que tout cela suffise pour assurer 50 ans de mariage et de bonheur. Pas à 15 ans, pas crédible). Mais je m’égare. Car malgré ce manque d’originalité, Takarai Rihito nous offre tout de même un agréable interlude littéraire, qui arrive à point nommer pour une pause détente au milieu de l’été. C’est tout plein de joli sentiments, c’est mignon, c’est entreprenant et chaste à la fois. Une fois de temps en temps, pourquoi pas.

Conclusion :
Sans surprise, mais mignon tout plein.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les délais
les homonymes
la jalousie
les livreurs

26 juillet 2015

Sayo Koizumi : Chattitudes (ずーっと猫と遊ぼう! - Zutsu to neko to asobo)

Ce que l’éditeur nous dit :
Sayo Koizumi nous fait partager avec humour et un grand sens de l'observation 100 moments complices qui en disent long sur le tempérament des chats : comment ils nous disent bonjour, leurs jeux préférés, ce qu'ils expriment quand ils remuent la queue, pourquoi ils dorment tant et dans des postures incroyables... Chôjirô, le grand frère et Raku la petite soeur, sont les deux chats adorés de Sayo Koizumi, une illustratrice vivant à Tokyo. Comme tous les chats du monde, ils ont leurs habitudes, leurs petits défauts, leur langage, leurs mystères...

Ce que j’en pense :
Avec cette tendance d’images/vidéos de félins qui sont maintenant partout, et dont personne ne semble se lasser, pas étonnant de voir ce type d’ouvrage atterrir sur les étagères des libraires. Les chats. Toujours plus amusants, toujours plus arrogants, toujours plus coquins, toujours plus mignons... Raaa comment résister.
Chattitudes n’est sûrement pas le type de livre qui changera la face du monde, au vue du peu de neurones que sa lecture requiert. Mais il permet de passer un joli moment au royaume de la “cuttitude”, et mine de rien, d’en apprendre un plus sur nos chers félidés. Car oui au milieu de toutes les évidences que comporte l’essai de Sayo Koizumi j’ai tout de même appris quelques petites choses. Et c’est d’autant plus appréciable parce que l’on sent que l'ambition initiale de l’auteur est suffisamment modeste pour que le résultat soit à la hauteur. Il s’agit tout simplement de nous faire partager son affection pour les chats. Ajoutons à cela des illustrations tout aussi mignonnes, et une couche de culture japonaise pour compléter le tableau. C’est déjà pas mal.

Conclusion :
Un livre dans lequel se cachent quelques sourires

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les haricots
les expressions corporelles
l'étymologie
les personnalités


27 juin 2015

Robert Silverberg : L'oreille interne (Dying Inside)

Ce que l’éditeur nous dit :
David Selig, Juif new-yorkais d'une quarantaine d'années, se considère comme un raté. Il est pourtant télépathe et pourrait profiter de ce don pour faire fortune, conquérir - et garder ! - les plus belles femmes... Mais non, rien à faire, il estime être un monstre tout juste bon à faire le nègre sur des devoirs d'étudiants, incapable de réussir sa vie. La dernière preuve en date : ce talent qu'il déteste tant, mais qui est finalement son seul lien avec le reste de l'humanité, est en train de le quitter ! Apeuré à l'idée de se retrouver seul avec lui même, Selig nous conte sa misérable existence. Grand roman psychologique, plein d'humour et de mélancolie, L'oreille interne est peut-être le plus beau livre de Robert Silverberg et à coup sûr un chef-d'œuvre de la science-fiction.

Ce que j’en pense :
En lisant la quatrième de couverture je m’attendais à une oeuvre dans la veine de celles de Daniel Keyes, auteur qui s’est acharné à explorer les méandres du cerveau humain. Autant dire que mes attentes étaient hauts placées. Autant dire que j’ai été déçue. Peut-être cela aurait été différent si j'avais connu plus tôt le titre en version originale (que je découvre seulement au moment où j'écrit ces lignes).
L’angle de vue abordé est celui de la quête identitaire, le “pouvoir” de David Selig n’étant qu’une donnée parmi d’autres dans la constitution de sa personnalité. Il s’agit ici d’un personnage qui n’existe qu’à travers les autres : plus que ce que l’on pense de lui, c’est l’image de lui-même que les autres lui renvoient qui lui importe. Il n’est nul besoin de lire dans les pensées pour vivre ce type de problématique, qui touche n’importe qui vivant en société à échelle plus ou moins prononcée. Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans ce livre (ce qui pourrait être un avantage, mais dans ce cas ne l’est pas). Par exemple, Robert Silverbeg pousse la description de l’environnement de David jusqu’à contextualiser l’actualité de son époque : en soi il s’agit d’une excellente idée, mais la manière dont elle est concrétisée dans le roman est maladroite, presque irritante. Il faut dire que David est un personnage auquel il est difficile de s’attacher, très négatif,  très noir, manquant d’humanité (il ne semble avoir finalement ni qualité, ni défaut, il n’est que mal-être). Cependant, on finit tout de même par s’intéresser à son cas, par avoir envie d’aller jusqu'au bout de la lecture. Robert Silverberg ne m’a pas entièrement convaincue par son approche, mais j’ai eu le sentiment qu’au moins il expérimentait plutôt que de jouer la facilité, ce qui est tout à son honneur (car tout n’est pas à jeter, au contraire).

Conclusion :
Pas à la hauteur de mes attendes, mais une lecture que je ne regrette pas d’avoir faite.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les liens fraternels
la culpabilité
les drogues
l’acceptation de soi

6 juin 2015

Herman Melville : Bartleby le scribe (Bartleby, the Scrivener)

Ce que l’éditeur nous dit :
«Une fois dans la bibliothèque, il me fallut environ deux secondes pour mettre la main sur le Bartleby de Melville. Bartleby ! Herman Melville, Bartleby, parfaitement. Qui a lu cette longue nouvelle sait de quelle terreur peut se charger le mode conditionnel. Qui la lira le saura.» Daniel Pennac..

Ce que j’en pense :
Je n’aurais sans doute jamais lu Bartleby si sa version illustrée ne m’avait pas fait de l’oeil sur l’un des promontoires de la bibliothèque municipale. Il faut dire qu’il s’agit d’un très grand fortmat (du genre qui ne rentre dans aucun sac à main et qu’il est inenvisageable de balader dans le métro sans être dangereux), ça aide à se faire remarquer. Les illustrations de Stéphane Poulon sont de pures merveilles, avec une précision et une douceur d’aquarelle formidables (finalement on est content de pouvoir les admirer en grand). Les premières pages m’ont intriguées par leur style littéraire, posant le décors et les personnages de manière méticuleuse (tant de détails qui au final seront surtout utiles pour appréhender la personnalité du narrateur que pour comprendre les personnages qu’il introduit). Et puis entre en scène Bartleby. On s’imagine que c’est là que l’action commence. Bien au contraire. Car c’est l’absence d’action qui fait tout le génie de cette oeuvre. Quelques tournures grammaticales extrêmement fortes portent à elle seule l’ensemble de cette nouvelle. J’ai tourné la dernière page complètement déroutée (c’est tout ?), mais en fait à y repenser c’est juste fou. Manipulation et maîtrise des mots... Prise de force passive. Incompréhension et obsession. Voici les images qui me restent de cette expérience avec Heran Melville.

Conclusion :
Une nouvelle tout à fait déroutante, qui démontre le pouvoir de la grammaire.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les logements
les préférences
la grammaire
les personnalités


3 juin 2015

Yoshio Nabeta et Shinichi Sakamoto : Ascension (17 volumes) (孤高の人, Kokō no Hito)

Ce que l’éditeur nous dit :
Buntarô Mori, lycéen ombrageux et solitaire n'a jamais cherché à s'intégrer à la société. Mais au détour d'un défi lancé par un camarade de classe fan d'escalade, il entreprend la périlleuse ascension d'un bâtiment scolaire. En atteignant le toit, il se sent réellement vivant pour la première fois de sa vie, jusqu'ici rongée par l'ennui. La découverte de l'alpinisme va ensuite lui révéler un talent inné, et lui faire découvrir une incroyable sensation de plénitude, qui agit comme une drogue...

Ce que j’en pense :
Afin d’associer deux de mes centres d’intérêts, j’ai recherché des livres consacrés à l’escalade. Quête difficile, car je trouvais soit des bouquins généraux sur les techniques de grimpe (très orientés sécurité, avec les différents types de nœuds ou de cordes, alors que j’aurais préféré des idées concrètes d’exercices), soit des romans/biographies sur le thème de l’alpinisme. Or je ne fais pas d’alpinisme et ne suis absolument pas intéressée par l’idée d’aller me perdre en haute montagne. A mon sens ce sont deux disciplines proches certes, mais distinctes. J’ai fini par tomber sur Ascension, qui semblait répondre à mes critères ! Enfin, jusqu’au 3ème volume en tout cas, car rapidement l’histoire s’oriente vers... l’alpinisme. Et zut... J’ai tout de même achevé la série.
On peut saluer le réalisme du contenu, qui ne fait aucun doute sur les recherches réalisées par le scénariste. Ce n’est qu’à l’issue du dernier tome que j’ai réalisé que cette oeuvre était inspirée de la vie d’un alpiniste ayant bel et bien existé. Cependant, je n'ai pas réussi à adhérer à la folie qui semble habiter ces grimpeurs, que je conçois (dépassement de soi, envie d’aller jusqu’au bout, etc.) mais que je ne comprend pas vraiment (pourquoi aller risquer sa vie, se mettre dans des conditions aussi pénibles, durant de si longues périodes, sans compter tous les sacrifices associés, pour si peu de moments de félicité au final). L’approche de l’auteur est très, très, métaphorique, avec beaucoup de parallèles entre la montagne et des concepts associés (par exemple une tempête en pleine mer à un moment, ou le calme d’un cosmonaute dans l’espace à un autre). Parfois TROP métaphorique. Mais j’imagine que l’idée n’était pas mauvaise, car quel autre moyen y avait-il d’illustrer ce qui se passe dans la tête d’un drogué de la montagne...

Conclusion :
Pas le contenu que j’attendais, mais pas complètement inintéressant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les bouteilles d’eau
les abris
les strates
les décoration d’intérieur





28 avril 2015

Tim Sliders : Timeville

Ce que l’éditeur nous dit :
David Cartier fait partie des chefs étoilés les plus réputés de la planète et Anna Cartier est une brillante chirurgienne. Ce soir, David et Anna ont signé les papiers de leur divorce, et David s'apprête à passer une dernière nuit dans son ancienne maison. Mais à son réveil, le décor a radicalement changé et son téléphone portable a disparu. Un hurlement à l'étage lui indique que sa fille Agathe vient de découvrir sa nouvelle coiffure à la Tina Turner et son immonde pyjama Duran Duran. Quant à Tom, le petit dernier, il se demande pourquoi la télé n'a que trois chaînes et où sont passés ses DVD préférés. Seule Anna semble comprendre l'impossible réalité. La petite famille a voyagé dans le temps... et se retrouve au tout début des années 80, précisément à l'époque où Anna et David se sont rencontrés et juré un amour éternel... Qui les a envoyés là et dans quel but ? Et surtout comment feront-ils pour supporter cette cohabitation forcée et... rentrer en 2012 ? Bienvenue dans la mystérieuse Timeville ! La ville de tous les temps et de tous les possibles...

Ce que j’en pense :
Si je n’ai pas d’information officielle sur l’auteur qui se cache derrière le pseudonyme de Tim Sliders, j’y ai pour ma part retrouvé de nombreuses similitudes, tant sur le style que sur le choix de la thématique, avec Tonino Benacquista (qui est également scénariste, comme par hasard...). La différence notable est l’absence du petit je ne sais pas quoi qui me met toujours un peu mal à l’aise, ce petit mal-être caché au fond que l’on retrouve chez l’auteur de Malavita (quoique). L’action démarre au quart de tour, plongeant tout de suite le lecteur au coeur de l’action. Si l’on sait dès les premières lignes qu’il ne sera pas fait démonstration de grande littérature, on s’attend tout du moins à être diverti. Une modeste ambition que Timeville réalise haut la main. Certes le tout est un peu facile, convenu, plutôt prévisible... mais cet hommage aux années 80 n’en est pas moins très plaisant. Et c’est déjà pas mal !

Conclusion :
Parfait pour se reposer l’esprit entre deux pavés.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les ratages d’avion
les lady(s)
les diagnostiques
les magrets (comme quoi c’est pas une bonne idée d'en manger)





7 février 2015

Antonio Skármeta : Une ardente patience (Ardiente paciencia)

Ce que l’éditeur nous dit :
Réfractaire au métier de pêcheur, Mario Jimenez trouve son bonheur grâce à une petite annonce du bureau de poste de l'île Noire. Facteur il sera, avec pour seul et unique client le célèbre poète Pablo Neruda. Leur relation, d'abord banale et quotidienne, se transforme, par la magie du verbe et de la métaphore, en une amitié profonde. Mais malgré leur isolement, l'Histoire les rattrape ...
"Au Chili, tout le monde est poète. Tu seras plus original en restant facteur."

Ce que j’en pense :
A force de lire de la science-fiction et du fantastique, dont la source se partage entre trois ou quatre nationalités récurrentes, une petite virée parmi les moeurs chiliennes peut paraître semblable à un grand bol d’air frais. Ajoutons-y l’univers de la poésie, pour finir de s’éloigner tout à fait de mes sujets de prédilection habituels. C’est une excursion que j’ai eu le plus grand plaisir à réaliser. Entre une histoire d’amour improbable, une amitié l’étant plus encore et un contexte politique mouvant en musique de fond, il est facile de se laisser transporter, de s’attacher à ces personnages si forts et si communs à la fois. A noter enfin une préface de l’auteur tout à fait cocasse qui, sans révéler l’ambiance du contenu, ouvre grand la porte à la suite du roman.

Conclusion :
Un extrait de Chili sur papier, avec couleurs, bruits et odeurs fournis.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les télégrammes
le plagiat
les aller-retour
les bouillons

7 janvier 2015

Herik Hanna et Redec : Blind Dog Rhapsody, tome 2

Ce que l’éditeur nous dit :
La terrible bataille entre le très vilain seigneur Daa et le mystérieux aveugle solitaire a commencé. Qui du méchant usurpateur de bas étage ou de l'invincible élu infirme remportera la victoire ? Peu importe l'issu de ce match de légende, un long chemin attend encore le pittoresque trio d'aventuriers, au bout duquel se dresse la forêt de Lô et le redoutable maître archer...

Ce que j’en pense :
Suite aux fous rires que j’avais eu à la découverte de Bling Dog Rhapsody, il est peu dire que j’attendais la suite avec impatience. Si l’univers est toujours là, l’humour m’a paru beaucoup moins présent (même si certains passages sont très drôles). Cela peut être dû à la disparition de l’effet de surprise, du manque d’idées nouvelles du scénariste (qui a pu vouloir éviter l’effet de redondance), je ne sais pas. De même l’histoire présente un creux en milieu de tome, alors que l’auteur maîtrise mal la transition d’une grosse étape de l’histoire vers la suivante. Heureusement, un souffle supplémentaire est insufflé dans les prochaines pages, donnant vaguement un aperçu de la direction que vont prendre les évènements, assez tout du moins pour avoir envie de lire le volume suivant. Cependant je vais cette fois attendre qu’il me tombe entre les mains, sans aucune impatience.

Conclusion :
Un second volume qui ne parvient pas à conserver le niveau atteint précédemment. Attendons la suite...

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les crapauds
les style vestimentaires
les escaliers
les narrations


30 décembre 2014

Jean-Luc Istin et Likun : Nüwa, Les 7 immortelles

Ce que l’éditeur nous dit :
La légende du roi Kan raconte que lorsqu’il récupèrera son épée, il pourra à nouveau régner et rassembler les neufs royaumes du Lotus.
C’est pourquoi, sept sœurs immortelles ont eu la charge, chacune à leur tour, de veiller sur l’épée et retrouver Kan à tous prix. Nüwa, la plus jeune des sept sœurs, est le dernier porteur de cette tradition. 
Elle fait route à travers les terres immortelles, résistant aux charmes de l’épée qui ne lui parlent que de désir et de vengeance.

Ce que j’en pense :
Cette bande dessinée elfique, nous entraîne dans une aventure somme toute très classique (une quête avec prophéties, dangers, rencontres et trahisons), mais elle le fait bien, avec des dessins d’une qualité irréprochables de bout en bout. Quand la plupart des ouvrages soignent particulièrement leurs couvertures, le contenu est souvent plus simpliste (forcément, ça demande beaucoup plus de temps et d’énergie), ce qui n’est pas le cas ici. Chaque case paraît être un aquarelle à part entière, non seulement très belle mais également très détaillée. Cela aurait pu faire oublier la piètre originalité de l’histoire, si la fin n’avait pas été baclée de la sorte. Je ne sais pas si c’est une intention volontaire de l’auteur, ou si celui-ci avait prévu une suite dont l’édition aura finalement été refusée, mais là on se moque un peu du lecteur. Je ne parle pas du fait que j’aurais préféré une issue différente, mais bien de cette manière éhonté dont le tout est brusquement expédié d’un revers de main lors des deux dernières pages. Tout ça pour ça...

Conclusion :
Des dessins à couper le souffle mais un contenu trop limité.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les vases
les prisons
les embûches
les guildes

28 décembre 2014

Saki Hiwatari : Global Garden, Le dernier rêve d'Einstein (アインシュタイン睡夢奇譚 - gurōbaru gāden, ainshutain suimu kitan) - 8 tomes

Ce que l’éditeur nous dit :
Ruika est une jeune fille qui par amour pour sa mère se fait passer pour son frère Masato, mort tragiquement dans un accident d’avion et dont seule Ruika est sortie vivante. Son désir d’être Masato est tel, que peu à peu son corps se transforme. Sa rencontre avec Robin un petit garçon muet puis avec Hikaru qui la recherche depuis plus de cinq ans risque de changer sa vie car il semblerait que la jeune fille porte en elle l’avenir de la Terre... 

Ce que j’en pense :
Inspirée par ma soeur dans cette lecture, et ayant aussi plus qu’aimé Please save my earth, j’avais hâte d’entamer cette série, dont la thématique me paraissait très prometteuse. Malheureusement le plaisir escompté ne fut pas au rendez-vous. L’avantage est que cette oeuvre ne compte que 8 tomes, évitant ainsi les prolongations inutiles qui auraient pu carrément me faire renoncer avant la fin. Là au contraire les événements s’enchaînent relativement vite (presque trop, alors que je n’imaginais pas la situation mère-fille se solder aussi rapidement, par exemple). Encore une fois, faire durer aurait pu être catastrophique, mais j’ai en même temps regretté les idées bien développées (et très intéressantes) de Please save my earth (21 volumes, ndlr), dont j’ai presque eu l’impression de lire une version amoindrie. Il est normal que l’auteur conserve les mêmes sujets de prédilections au fil des ans, mais je n’ai pas eu l’impression qu’elle ait eu du nouveau à en dire. Et puis, c’est facile de faire appel à un grand nom tel que celui d’Albert Einstein, mais derrière il faut en assumer l’excellence ! Et je ferais comme si je n’avais pas remarqué les idées qui paraissent piquées à Kōsuke Fujishima...
J’ai tout de même apprécié de retrouver le trait de Saki Hiwatari (qui a progressé de manière impressionnante depuis le début de son travail), même si j’ai noté quelques bizarreries ici et là (elle a clairement plus de facilité pour les visages ou les chevelures que pour d'autres aspects de l’anatomie).

Conclusion :
Pas à la hauteur de mes attentes, mais sans regret non plus.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les pilules
les déesses
les tragédies
les floraisons

17 décembre 2014

Collectif : Les coups de coeur des Imaginales

Ce que l’éditeur nous dit :
Tous les ans, le festival des Imaginales à Épinal est le grand rendez-vous de tous les amateurs de fantasy. Et chaque année, le festival choisit un auteur « coup de cœur ». Dirigée par Stéphanie Nicot, cette anthologie rassemble les dix écrivains français distingués, depuis 2004. 
Un casting de rêve avec dix nouvelles inédites et superbes. L’occasion de découvrir ces plumes exceptionnelles et de se balader sur les terres de la fantasy, de la fantasy urbaine, du fantastique et de la science-fiction.
Retournez dans le Vieux Royaume avec Jean-Philippe Jaworski, alors que les morts semblent se relever sur les champs de bataille ; marchandez avec Sire Cédric et le père d’Eva Svärta, un commerçant albinos qui saura combler jusque vos plus étranges désirs ; plongez au cœur de Narthécia en compagnie de Samantha Bailly, une cité encerclée de forêts dangereuses où la justice passe par l’empathie ; accompagnez Jérôme Camut dans un petit village des Pyrénées où la vie semble s’être arrêtée à la fin du xixe siècle ou partez avec l’héroïne demi-elfe de Rachel Tanner au Kosovo enquêter sur un trafic d’organes...

Ce que j’en pense :
Pour un recueil censé réunir le meilleur des auteurs prometteurs, le niveau d’ensemble est assez décevant. Ma réaction vient principalement de la nouvelle proposée par Mélanie Fazi (c’est en voyant son nom que je me suis empressée d’acquérir cet ouvrage), dont bien que l’une des plus réussies de cette anthologie, m’a parue presque fade en comparaison de ce que je connais d’elle.
Pour le reste, certaines histoires moins parues parfaitement déplaisantes ou bien inutiles (Le chirurgien, d’Érik Wietzel et Sérana de Sire Cédric). Quelques-unes, heureusement, m’ont donné envie de me renseigner sur leurs auteurs, pour avoir apprécié leur originalité et/ou l’élégance de leur plume (Jérôme Camut, Rachel Tanner, Jean-Philippe Jaworski et Samantha Bailly). Les trois dernières nouvelles m’ont laissé indifférente. Dans l’ensemble, ça se lit bien tout de même.

Conclusion :
Un bilan mitigé, mais pas de regret non plus.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
l’immobilisme
la musique
la plénitude
le mauvaise foi