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2 août 2016

Margaret Atwood : La Servante écarlate (The Handmaid's Tale)

Ce que l’éditeur nous dit :
La "servante écarlate" c'est Defred, une entreprise de salubrité publique à elle seule. En ces temps de dénatalité galopante, elle doit mettre au service de la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, son attribut le plus précieux: sa matrice. Vêtue d'écarlate, elle accomplit sa tâche comme une somnambule, et le soir, en regagnant sa chambre à l'austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, d'échanger des confidences, de dépenser de l'argent, d'avoir un travail, un nom, des amants... Doit-elle céder à la révolte, tenter de corrompre le système?Romancière, poète et essayiste, Margaret Atwood est un "grand écrivain" mais aussi, à plus d'un égard, un personnage qui fascine. "La Servante écarlate", cette "utopie négative" qui n'est pas sans rappeler "1984" d'Orwell, reste l'un de ses hauts faits d'armes dans le combat qu'elle a mené et continue de mener pour la femme.

Ce que j’en pense :
Si le roman est concentré sur la condition des femmes, puisque conté par l’une d’entre elles, je ne le qualifierai pas de purement féministe. Les hommes de cette société y sont tout autant soumis aux contraintes de la dictature, même si de manière plus ou moins drastique en fonction du rang social de chacun.
Bizarrement les différents éléments de dictât qui y sont décrits, m’ont pas plus choquée que ça. La manière de les décrire paraît si lointaine et détachée que je ne me suis pas vraiment sentie concernée. D’ailleurs, bien peu d’éléments de contextes nous sont fournis, sur la manière donc cette société s’est retrouvée dans cette situation.
Tous les sentiments de l’héroïne quant à la solitude sont bien plus présents, tandis que l’on suit ses pensées, qu’elle tente presque désespérément de s’occuper l’esprit avec des récits passés (qui sont également sources de douleurs, car terminés, voire tristes), qu’elle s’accroche aux détails du présent.
Le tout dernier chapitre, tout à fait inattendu, vient ajouter une vraie touche d’originalité, une sorte de nouvelle perspective à l’ensemble, qui fait que je ne suis pas sentie frustrée par l’absence de bien des réponses (lui-même n’en donne pas vraiment à y regarder de plus près).

Conclusion :
Un roman qui se lit bien, mais qui ne m’aura pas bouleversée malgré la dureté de son sujet.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les gravures sur bois
les cordes
les casquettes
la maternité

SFFF & D. : item 5




17 mars 2015

Tim Burton : Big Eyes

Ce que le synopsis nous dit :
Big Eyes raconte la scandaleuse histoire vraie de l’une des plus grandes impostures de l’histoire de l’art. À la fin des années 50 et au début des années 60, le peintre Walter Keane a connu un succès phénoménal et révolutionné le commerce de l’art grâce à ses énigmatiques tableaux représentant des enfants malheureux aux yeux immenses. La surprenante et choquante vérité a cependant fini par éclater : ces toiles n’avaient pas été peintes par Walter mais par sa femme, Margaret. L’extraordinaire mensonge des Keane a réussi à duper le monde entier. Le film se concentre sur l’éveil artistique de Margaret, le succès phénoménal de ses tableaux et sa relation tumultueuse avec son mari, qui a connu la gloire en s’attribuant tout le mérite de son travail.

Ce que j’en pense :
Ah, enfin un Tim Burton sans Johnny Depp et Helena Bonham Carter ! Il est appréciable de voir que certains réalisateurs sont capables d’étendre leur univers, de faire autre chose que ce que l’on attend d’eux. Le résultat n’est donc pas très “Burtonien” au sens habituel du terme (quoi qu’il s’agisse de son second biopic, mais comme je n’ai pas eu l’occasion de voir Ed Wood...), mais n’en est pas moins plaisant. L’histoire est bien traitée, avec des interprétations toutes en finesses des deux acteurs principaux (tour à tour touchants, ridicules, etc.). Au-delà de la vie de Margareth et Walter, Big Eyes est également le reflet d’une époque, celle d’un marketing balbutiant, mais surtout un tournant capital pour la place de la femme dans la société américaine. Si je n’avais jamais vu les travaux de Keane auparavant, je ne serais pas surprise de découvrir que c’est elle qui a ouvert la voie à d’autres artistes, type Valérie Moigne (alias Mistigri) ou autres figures féminines caractéristiques, dont les travaux se déclinent aujourd’hui sur tous les supports possibles et imaginables.

Conclusion :
A voir pour se distraire et pour la culture générale.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les voitures aux couleurs acidulées
les communautés
les paradis sur terre
les allumettes




2 décembre 2014

Peter Watts : Vision aveugle (Blindsight)

Ce que l’éditeur nous dit :
La Terre a été prise " en photo " depuis l'espace. Les mystérieux visiteurs sont-ils sur cet artefact découvert dans notre système solaire ? Le vaisseau Thésée part en mission. A son bord, cinq membres d'équipage recrutés avec soin : une linguiste aux personnalités multiples, un biologiste qui s'interface aux machines, une militaire pacifiste et un observateur, Siri Keeton, capable de déchiffrer à la perfection le langage corporel de ses interlocuteurs. Leur commandant est lui aussi bien étrange : c'est un homo vampiris, autrement dit, un vampire aux facultés intellectuelles remarquables. Pourtant, malgré leurs aptitudes exceptionnelles, rien ne peut les préparer à ce qu'ils vont découvrir lors de ce voyage terrifiant... 

Ce que j’en pense :
Comme dirait la personne qui m’a collé ce bouquin entre les mains “il faut un peu de temps pour digérer le morceau”. Tout à fait d’accord. Mais contrairement à lui qui l’a dévoré d’une traite, il m’a également fallu me forcer à prendre mon temps pour le parcourir, ralentir mon rythme de lecture, faire des pauses régulières pour consulter Wikipédia, réfléchir, relire plusieurs fois certains passages, poser des questions à “l’expert”, tout ça. Non pas que le style soit indigeste, loin de là, mais plutôt qu’il est extrêmement riche, avec des tournures de phrases inhabituelles, un vocabulaire vaste (la langue française recèle bien des mots inexploités par les auteurs) et surtout des termes techniques souvent méconnus de la novice que je suis. Cela peut paraître idiot mais ce fut pour moi un vrai exercice que de réaliser que les théories abordées se basaient toutes sur des faits scientifiques réels, et que donc non l’auteur n’allait pas me les expliquer (contrairement à la plupart des fictions qui élaborent leurs propres logiques). Ça, c’est pour la forme.
Et le fond maintenant. Ouais, très franchement, il se peut que je n’aie toujours pas “digéré le morceau”, et je suis à peu près certaine d’être passée à côté de plus d’une subtilité. Mais si l’on s’en tient à la partie que j’ai pu saisir : waow ! Des idées très intéressantes sur les égocentriques d’humains que nous sommes, notamment. Cela vaut vraiment l’effort de rentrer dedans et d’essayer de comprendre. Je ne sais pas si j’aurais envie de le relire un jour, en espérant mieux en apprécier les nuances, en attendant je compte bien en discuter encore un peu...

Conclusion :
Finalement ça passe très bien !

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
je
le langage
les tumeurs
les boites chinoises

18 octobre 2014

Xavier Dolan : Mommy

Ce que le synopsis nous dit :
Une veuve mono-parentale hérite de la garde de son fils, un adolescent TDAH impulsif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide inattendue de l’énigmatique voisine d’en face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d’équilibre et, bientôt, d’espoir.

Ce que j’en pense :
Oui effectivement, je comprend pourquoi on crie au prodige lorsque l’on parle de Xavier Dolan, qui nous offre ici un film tout à fait marquant. Je retiendrais notamment ces scènes à couper le souffle, ces paroxysmes d’émotions, de violence, de folie, d’une intensité incroyable. Elles s’entrelassent avec d’autres dans lesquelles prévaut une ironie douce-amère, des sourires à peine esquissés, certains détails qui en deviennent drôles. De fait, même les moment emprunts de joie et de libertés, bien que pleinement vécus, prennent une dimension particulière, une gravité de calme avant la tempête.
Un autre point d'exception est la manière dont fonctionnent les personnages entre eux, avec un dynamique très spécifique et très différente lorsque les deux femmes sont seules ensemble, par rapport aux moments où les trois sont réunis par exemple. Travaillés et présentés par des approches très différentes chacun d’entre eux n’en revêt pas une importance moindre au récit comparé aux deux autres. Kayla par exemple, parait tout aussi prépondérante à l’écran que Diane et Steve, alors qu’elle s’exprime peu et ne révèle quasiment rien de son histoire. Et ça c’est fort.
Enfin une approche très originale est proposée au niveau musical, avec beaucoup de morceaux à la fois connus et désuets (on alterne entre Céline Dion et Eiffel 65). Et surtout Xavier Dolan multiplie les doubles lectures, en passant deux musiques en même temps, et ce à plusieurs reprise. Déstabilisant et étonnant.

Conclusion :
Nuances et intensité, un film prenant.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les grossièretés québécoises
les provisions
les chariots
la maîtrise de soi


31 août 2014

Denis Villeneuve : Enemy

Ce que le synopsis nous dit :
Adam, un professeur discret, mène une vie paisible avec sa fiancée Mary. Un jour qu'il découvre son sosie parfait en la personne d’Anthony, un acteur fantasque, il ressent un trouble profond. Il commence alors à observer à distance la vie de cet homme et de sa mystérieuse femme enceinte. Puis Adam se met à imaginer les plus stupéfiants scénarios... pour lui et pour son propre couple.

Ce que j’en pense :
Challenge ultime coincé dans une salle de cinéma avec Enemy diffusé sur l’écran : ne pas mourir d’ennui. I did it. But I am not proud of it.
Tous les ingrédients de la nullité sont ici réunis. Commençons par la base, avec une histoire dans laquelle il ne se passe rien, jamais. La mise en scène essaye tant bien que mal de disséminer des ”métaphores” (entendre par là qu’on nous plante régulièrement des mygales dans le décors, ok), mais également de jouer sur les contrastes ombres-lumières (en gros c’est sombre tout le temps, même quand il fait plein jour et qu’il suffit d’ouvrir les rideaux, sauf quand on voit l’une des deux femmes, elles blondes et lumineuses), mais les ficelles sont si grosses et mal intégrées dans le récit que ça en devient ridicule. La bande-sonore tente vainement de créer une ambiance angoissante en massacrant un pauvre violon pendant 90 minutes, dans un décalage tellement flagrant avec l’absence de suspense qu’elle est en énervante. Les personnages sont creux et incapables d’avoir une seule réaction à peu près logique, toujours dans la démesure et l'aberration (la scène de la rencontre dans la chambre d'hôtel atteint des sommets). Et la fin... Comment un humain normal a-t-il pu sérieusement choisir de filmer cette fin, à moins de compter sur le sentiment de libération du spectateur (chic, on peut enfin partir) pour lui donner le coup fatal l’air de rien (ouais en fait on aurait vraiment dû partir plus tôt).
P.S. : illumination au vue de l'affiche américaine, en fait il a une araignée au plafond, tout s'explique...

Conclusion :
Tout est super nul.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les clés
- les vêtements bien pliés
- les cicatrices
- les escarpins



23 mai 2013

Andres Muschietti : Mamá

Ce que le synopsis nous dit :
Il y a cinq ans, deux sœurs, Victoria et Lily, ont mystérieusement disparu, le jour où leurs parents ont été tués. Depuis, leur oncle Lucas et sa petite amie Annabel les recherchent désespérément. Tandis que les petites filles sont retrouvées dans une cabane délabrée et partent habiter chez Lucas, Annabel tente de leur réapprendre à mener une vie normale. Mais elle est de plus en plus convaincue que les deux sœurs sont suivies par une présence maléfique…

Ce que j’en pense :
Très peu demandeuse de productions du genre, c’est pas le plus pur hasard et avec une certaine retenue, que je me suis laissée entraînée dans cette séance. Au final c’est la preuve qu’un film peut être classé en tant qu' épouvante/horreur et en réalité ne pas contenir la moindre once d'élément apeurant. Férus de sensations fortes s’abstenir, vous seriez déçus.
Concernant l’histoire, elle se laisse bien regardée, même s’il l’on comprend assez rapidement ce qu’il va se passer. Mamá ne fait pas dans l’originalité. Enfin presque. Car je dois dire que la dernière scène est plutôt inattendue, laissant finalement le spectateur avec une bonne impression.
A noter que ce film aura tout de même servit à ma culture générale, avec la découverte de Nikolaj Coster-Waldau dans un autre rôle que celui de Jaime Lanister (j’ai appris par la même occasion qu’il était danois !).

Conclusion :
Finalement cela pourrait presque valoir une bonne petite comédie romantique au niveau détente du cerveau.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les papillons
- les falaises
- l’art mural
- les placards

17 août 2012

Ken Scott : Starbuck

Ce que le synopsis nous dit :
Alors qu’il s’apprête à être père, David Wosniak, éternel adolescent de 42 ans, découvre être le géniteur anonyme de 533 enfants déterminés à le retrouver.

Ce que j’en pense :
Un thème pour le moins original, qu’on aurait pu craindre un peu lourd, mais se révélant bien au contraire mené tout en finesse. L’histoire est vraiment drôle et prenant, avec juste ce qu’il faut d’émotion. En ce sens on peut la comparer au film Little miss Sunshine, tout deux extrêmement réussis ils tentent de décrire la vie de gens ordinaires, un peu ratés mais touchant car essayant de faire de leur mieux. Starbuck traite quand à lui d’un sujet tout à fait contemporain, celui de la Paternité avec un grand P ; d’ailleurs, les femmes sont très peu présentes, laissant aux hommes toute la place qui leur est due.
Enfin, il faut bien avouer que les expressions de nos cousins canadiens concourent en partie à créer le sourire. Dotée d’une bonne écoute et ayant déjà séjourné au Canada je me suis amusée de voir apparaître les premiers sous-titres à l’écran (à certains moments seulement), mais finalement ils se sont révélés bien utiles.

Conclusion :
Immanquable, ne serait ce que pour le délicieux accent québécois.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les bacs à sable
- le tofu
- la livraison
- les piles de papiers


6 août 2012

Elisabeth Vonarburg : Chroniques du pays des mères

Ce que l’éditeur nous dit :
Au Pays des Mères, quelque part sur une Terre dévastée du futur en train de se remettre lentement, les hommes sont très rares. Seules les Captes des Familles – les Mères – font leurs enfantes avec les Mâles. Les autres femmes doivent utiliser une forme hasardeuse d’insémination artificielle.
Lisbeï et Tula ne s’en soucient pas trop : filles de la Mère de Béthély, elles grandissent ensemble, sœurs et amies. Mais Lisbeï se révèle stérile ; ne pouvant être la Mère comme elle en avait rêvé, elle doit quitter Béthély, et Tula. Devenue “exploratrice”, elle accomplira un autre de ses rêves : découvrir les secrets du lointain passé du Pays des Mères. Mais certains rêves sont difficiles à vivre…

Ce que j’en pense :
Le Pays des mères comporte un univers tout à fait unique, aux règles complexes et très recherchées : une société matriarcale avec un fonctionnement et une religion propres, dont les habitudes et les niveaux de croyances divergent en fonction des régions et des individus. L’originalité réside également dans le fait que cette société est en paix (et le restera jusqu’à la dernière page), montrant qu’il n’est pas obligatoire de décrire la guerre pour captiver le lecteur.
Mais malgré tous ces points positifs, je n’ai pas été complétement emballée. Tout d’abord parce que passé un certain niveau, la description de cet univers ne m’a que modérément intéressée : trop complexe, trop de détails, trop de questions posées pour trop peu de réponses.  Et puis j’ai trouvé le thème principal mal défini, celui ci changeant d’une partie à l’autre. Les questionnements existentiels de Lisbeï, très riches au départ, se sont brusquement arrêtés (à mon grand désespoir), tout comme la quête initiatique du personnage, qui fini par tout bonnement stagner. J’ai trouvé globalement la gestion des personnages dans l’avancement du bouquin très moyenne, qu’il s’agisse de leurs histoires personnelles ou de leurs places à proprement parler. Passé les cinq premier chapitres, la relation entre Lisbeï et Tula en particulier est à se cogner la tête contre les murs par l’idiotie même de son “évolution”.
De même, si bien de pan de l’écriture sont intéressants, les changement de tons et de sources en cours de route sont eux parfaitement inutiles.
Enfin, je dois dire que certaines mœurs de cette société, comme par exemple l’inceste, m’ont beaucoup dérangés.

Conclusion :
Un univers riche, peut être trop.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- le féminisme
- les accords
- les pelles
- les félins

9 juin 2012

Judy Fong Bates : China Dog (And Other Tales from a Chinese Laundry)

Ce que l’éditeur nous dit :
A chorus of immigrant voices populates Judy Fong Bates's graceful and poignant first collection. Denizens of the ubiquitous small towns around Ontario, as far from their native land as can be imagined yet united by their proximity to the local Chinese laundry, her characters have in common their driving desire to assimilate, to fit in, to belong to a "majority" culture. But they are also people trapped by a certain cultural pride in confronting a world that may feign acceptance while at the same time reminding them that they are "other." In the words of the Toronto Globe and Mail, Judy Fong Bates's "deceptively simple narratives expose the hopes and hardships that define her characters' lives." Her graceful writing is full of compassion, insight, and honesty; it opens our eyes to the commonality of what it is to be human.

Ce que j’en pense :
Découpé en petites nouvelles ayant toujours pour sujet central des émigrés chinois (venus de Hong-Kong plus particulièrement) au Canada, travaillant dans une laverie ou un restaurant. Selon l’auteur, ce sont les deux métiers pratiqués en priorité par la première génération lorsqu’elle s’installe à l’étranger.
Ce qui en ressort est la volonté très marquée de donner une chance à la génération suivante de pouvoir s’intégrer et obtenir un niveau de vie supérieur à celui des parents, même si cela implique que ces derniers devront travailler avec un acharnement bornés tout au long de leur existence. Que de notions et de questions de sociétés universelles, qui donnent long à réfléchir sur la chance que l’on a (ou celle que l’on voudrait obtenir), grâce peut être aux générations qui nous ont précédées, ou bien sur les étrangers qui arrivent aujourd’hui dans notre propre pays.
Mais également, au détour de ces milles petites anecdotes, l’auteur nous donne quelques bribes d’indications sur la complexe culture chinoise. Chaque geste semble avoir sa symbolique, la tradition, très fort, se portant tour à tour comme un poids et une fierté sans borne d’être chinois.

Conclusion :
Une lecture qui donne à réfléchir, tant du point de vue culturel que social.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- Les légendes
- Les oiseaux
- Les quantités
- Les fantômes





5 juin 2012

David Cronenberg : Cosmopolis

Ce que le synopsis dit :
Dans un New York en ébullition, l'ère du capitalisme touche à sa fin. Eric Packer, golden boy de la haute finance, s’engouffre dans sa limousine blanche. Alors que la visite du président des Etats-Unis paralyse Manhattan, Eric Packer n’a qu’une seule obsession : une coupe de cheveux chez son coiffeur à l’autre bout de la ville. Au fur et à mesure de la journée, le chaos s’installe, et il assiste, impuissant, à l’effondrement de son empire. Il est aussi certain qu’on va l’assassiner. Quand ? Où ? Il s’apprête à vivre les 24 heures les plus importantes de sa vie.

Ce que j’en pense :
De son excellent précédent film, A dangerous Method, on retrouve deux éléments : Sarah Gadon (qui y joue un rôle strictement identique) et une certaine fascination pour le sexe (mais cette fois la valeur psychologique est beaucoup plus difficile à cernée, résumant la question à des scènes inutiles). On note également deux scènes pas totalement intéressantes : celle avec la théoricienne et celle avec le meurtrier, qui reposent entièrement sur la prestation des deux acteurs qui les interprètent.
Pour tout le reste, hum. Bande originale : nulle. Scénario : nul. Performance de Robbert Pattinson : exécrable (elle se résume à un regard abruti - pas très plausible pour un petit génie -  que quelques soubresauts malsains viennent parfois ponctuer). Perte de crédibilité de nos acteurs français qui veulent à tout prix jouer dans des films en anglais : réussie. Ennui du spectateur : important. Capacité à tenir un discours cohérent, faire passer un message, dénoncer un système : nulle (ou comment couper des cheveux en quatre et se prendre trop au sérieux en jouant la carte “intellectuelle” pour au fond ne pas avoir grand chose à dire).

Conclusion :
Temps perdu : 1h48

A voir si vous voulez en savoir plus sur :

- les lampes torches
- les serviettes
- les tags
- les tablettes à écran fixe


27 février 2012

Deborah Ellis : Parvana, Une enfance en Afghanistan

Ce que l’éditeur nous dit :
Ce roman raconte l'histoire de Parvana, jeune afghane de 11 ans. Elle et sa soeur Nooria vivent avec leurs parents et leurs deux bébés dans un appartement exigu à Kabul. Le père, lettré, est emprisonné par les talibans. Pour survivre, Parvana décide alors de se déguiser en garçon et de travailler dans les rues de Kabul. Un témoignage sur la condition des afghanes aujourd'hui, à travers le destin d'une jeune héroïne qui n'a jamais connu son pays autrement qu'en état de guerre.

Ce que j’en pense :
Lettre « e » lue ! Challenge ABC terminé (lu en janvier, achevant le défi avec seulement 2 mois de retard, hum hum) !
Rien qu’avec ce bouquin, je peux voir tout l’aspect positif d’avoir participé à ce défi : celui de découvrir des auteurs  auxquels on n’aurait jamais pensé autrement. Car figurez-vous que la lettre « e » ne présente que bien peu de choix, il faut donc bien faire sa sélection parmi ce qu’il y a. Et c’est ainsi que j’ai pu découvrir Déborah Ellis, et surtout une vie quotidienne en l’Afghanistan, pays qui fait régulièrement parler de lui dans la presse, mais ne m’avait jamais intéressé outre mesure.  Ce livre débute par une condition peu enviable pour l’héroïne. Elle et sa famille survivent comme ils le peuvent dans un quotidien que j’espère aucun d’entre nous n’aura jamais à connaître. Et puis la situation empire, parce que cela peut toujours être pire (et non pas juste parce qu’on vient de louper le RER et que le prochaine est dans 30 minutes ou que le train est encore en retard – les trucs énervants de mon quotidien sont souvent liés au transport, je crois qu’en fait j’ai de la chance). Bref c’est la guerre.
Ce petit livre sans prétention, fait réfléchir aux conséquences que la politique des « grands pays » peut avoir sur le quotidien des populations. Et puis bien sûr il a le ridicule des pires atrocités que les hommes peuvent accomplir sous couvert de la religion, la bêtise de ceux à qui l’on donne le moindre petit pouvoir et ne peuvent d’empêcher d’en abuser, et bien sur la sottise de ceux qui prennent beaucoup de pouvoir et ferait tout pour le conserver. Tout cela, tout le monde le sait, mais on n’y pense jamais. Certes ce livre, que j’oublierai peut être très vite, ne changera pas ma vie, mais je suis contente d’avoir pu penser à tout cela, au moins le temps de cette lecture.

Conclusion :
Ou comment consacrer deux petites heures à un sujet auquel on ne pense jamais.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
-    Les naans
-    Les os
-    Les grillages
-    Les crayons

2 janvier 2012

David Cronenberg : A dangerous method

Ce que le synopsis nous dit :
Sabina Spielrein, une jeune femme souffrant d'hystérie, est soignée par le psychanalyste Carl Jung. Elle devient bientôt sa maîtresse en même temps que sa patiente. Leur relation est révélée lorsque Sabina rentre en contact avec Sigmund Freud...

Ce que j’en pense :
Étant l’une des référence professionnelle récurrente de mon père, j’avais déjà beaucoup entendu des travaux de Carl Jung. Cela semble ne pas être le cas de la majorité, Sigmund Freud étant largement plus connu en Europe et c’est justement l’occasion de découvrir (ou approfondir) le sujet.
Cronenberg signe un film tout à fait fascinant, parfois (très) dérangeant aussi (sujet oblige), sur les début de la psychanalyse. Cette réussite tient pour beaucoup au trio d’acteurs principaux, tous trois brillants, même si c’est sans contexte le jeu de Keira Knightley qui est le plus bluffant. Très loin de la pimbêche de Pirate des Caraïbes ou de la minette des publicité Chanel, elle est absolument époustouflante dans ce rôle sans doute difficile. Vincent Cassel par contre, on aurait pu trouver mieux.
Pour ce qui est du fond, difficile d’en parler sans entrer dans les milles détails, l’analyse des scènes et des dialogues. Très bien écrit et très bien mené, disons pour résumer, que tout cela est fort intéressant.

Conclusion :
Je me lancerait peut être dans le film de John Kerr qui a inspiré ce film. Bref cela donne envie d’en savoir plus.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- la boue
- la dentelle
- les associations d’idées
- l’encre

22 octobre 2010

Michel Faubert et Michel Hindenoch : Contes et complaintes, deux voix contemporaines

Ce que l’éditeur nous dit :
« Il y avait foule, en ce soir d’Octobre 2007, aux portes de la salle de spectacle du Vieux Clocher de Sherbrooke, qui accueillait le conteur québécois Michel Faubert et le conteur français Michel Hindenoch, pour la première fois réunis sur scène grâce à l’ingénieuse programmation du festival Les jours sont contés en Estrie.
La soirée fut à la hauteur des attentes. Dans une atmosphère empreinte à la fois de reccueillement et d’audace, de ferveur et d’ultra sensibilité, ces deux grands de la tradition orale ont fait alterner contes te chants de leurs terroirs respectifs.
Le livre et le CD qui l’accompagne répondent au désir d’inscrire -dans notre mémoire et notre répertoire- ce spectacle, l’un des plus grands moments qu’a connu le milieu du conte au Québec. »


Ce que j’en pense :
L’art de conter ce perd, ce qui est bien dommage. C’est donc une grande joie que de pouvoir renouveler avec cette tradition dans la présente édition.
Les deux conteurs sont excellents, très bien accompagné en musique. Certes elle est un peu trop répétitive dans les premiers morceaux, presque décorelée des récits, mais cela s’améliore par la suite.
Les deux voix sont sympathique séparément, mais encore meilleures en duo. L’accent québécois, éveillant la surprise et l’amusement pour ceux qui n’en sont, comme moi, pas coutumiers, y ajoute un charme certain.
Pour ce qui est du contenu, certaines histoires sont plus plaisantes que d’autres, mais il faudrait être bien exigeant pour ne pas trouver son bonheur parmi la palette présentée. La présentation en générale est quand à elle très soignée.
Quelques points négatifs à noter cependant : la cohérence entre le visuel et l’audio n’est pas assuré, l’ordonnance ayant été pensée de deux façons distinctes. Les pistes ne sont d’ailleurs pas nommées lorsque l’on consulte le CD.
Enfin il est bien regrettable de ne pouvoir entendre que quelques unes des histoires proposées. Car si le livre est intéressant en soit, il ne faut pas oublier que le conte est avant tout un art oral…

Conclusion :
Merci à Babelio pour l’organisation de la Masse Critique et aux éditions Planète rebelle pour leur contribution. C’est avec plaisir que je participerai à nouveau.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- Les serpents
- Les princesses
- Les fantômes
- les feux de paille