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27 juillet 2016

Solveig Anspach : L'effet aquatique

Ce que le synopsis nous dit :
Samir, la quarantaine dégingandée, grutier à Montreuil, tombe raide dingue d’Agathe. Comme elle est maître-nageuse à la piscine Maurice Thorez, il décide, pour s’en approcher, de prendre des leçons de natation avec elle, alors qu’il sait parfaitement nager. Mais son mensonge ne tient pas trois leçons - or Agathe déteste les menteurs! Choisie pour représenter la Seine-Saint-Denis, Agathe s’envole pour l’Islande où se tient le 10ème Congrès International des Maîtres-Nageurs. Morsure d’amour oblige, Samir n’a d’autre choix que de s’envoler à son tour...

Ce que j’en pense :
Que voilà un joli petit film français comme tant d’autres... Ah la réalisatrice est islandaise en fait, pardon. Que voilà un joli petit film franco-islandais tout court. Si le niveau global est très correct, l’une des scènes est incroyablement mal interprétée, ce qui me paraît difficile à justifier au vu du nombre d’acteurs professionnels qui essaient de percer en ce bas monde.
En écrivant cette chronique, j’ai découvert que cette histoire de piscine à Montreuil avait un préambule, Solveig Anspach ayant précédemment tourné un long-métrage dénommé The queen of Montreuil. Ça ne s’invente pas et surtout cela explique pourquoi tous les personnages avaient l'air de se connaître sans que l’on sache d’où, ni comment. Qu’il s’agisse des scènes françaises ou islandaises, j’ai trouvé l’ensemble plutôt égal : aucune scène grandiose, mais j’ai plusieurs fois été amusée (le personnage de Corinne, maître-nageuse envahissante, y aura contribué, heureusement utilisée avec parcimonie). Un peu dommage que les magnifiques paysages islandais n’aient pas été plus exploités, mais j'imagine que ce n’était pas le propos.

Conclusion :
Gentillet.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les serpents
les oies
les projets ensemble
les plongeoirs

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25 juillet 2016

Jeanne-Marie Leprince de Beaumont : La Belle et la Bête et autres contes

Ce que l’éditeur nous dit :
Venue se livrer à la Bête pour sauver son père, la Belle finit par aimer le monstre qui se révèlera alors être un beau prince ensorcelé... Tout le monde connaît l'une ou l'autre des adaptations de ce célèbre conte sous forme de film ou de dessin animé. L'histoire imaginée par Madame de Beaumont est devenue mythique. Elle glorifie la "beauté intérieure" qui peut exister dans l'être le plus laid, voire terrifiant, et la valeur de ceux qui, comme la Belle, savent aller au-delà des apparences. Une histoire à vocation édifiante, donc, qui doit son succès au sujet comme à la manière dont il est traité : le merveilleux est constamment Jeanne-Marie Leprince de Beaumont : La Belle et la Bête et autres contes.

Ce que j’en pense :
En lisant ce recueil, j’avais évidemment les images de sa version Disney. Les studios ont fait un excellent travail, car le récit originel ferait presque pâle figure face à son adaptation. Des différentes nouvelles que recense ce bouquin, chacune d’elle était une variante plus ou moins fidèle la première, c’est pourtant la plus riche et la plus élaborée. C’est peut-être l’époque qui veut cela, mais j’ai trouvé ces histoires bien succinctes et me demande comment elles ont pu à ce point marquer les esprits, et encore moins enseigner quoi que ce soit à des jeunes filles de bonnes familles. J’en aurais au moins appris un peu plus sur cette chère Madame Leprince de Beaumont, grâce aux clés de lectures offertes pour cette édition, qui a pensé ces contes dans un but tout à fait intéressé : celui d’éduquer aux bonnes manières, avec des valeurs telles que la gentillesse, l’altruisme et la modestie. D’ailleurs les différents auteurs s’étant ici prêtés à l’exercice n’ont montré aucune pitié pour le sors des deux soeurs de Belle, dont la vanité sera largement sanctionnée !

Conclusion :
J’aurais largement préféré la version Disney, mais c’était si vite lu...

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les roses
les robes
les malédictions
les bons caractères








7 juillet 2016

Pierre Gripari : La sorcière de la rue Mouffetard et autres contes de la rue Broca

Ce que l’éditeur nous dit :
Il était une fois la ville de Paris. Il était une fois une rue Broca. Il était une fois un café kabyle. Il était une fois un Monsieur Pierre. Il était une fois un petit garçon qui s'appelait Bachir. Il était une fois une petite fille. Et c'est ainsi que, dans ce livre, vous allez faire la connaissance d'une sorcière, d'un géant, d'une paire de chaussures, de Scoubidou, la poupée voyageuse, d'une fée, et que vous saurez enfin la véritable histoire de Lustucru et de la mère Michel.

Ce que j’en pense :
Quelle délicieuse expérience que celle de redécouvrir un classique de son enfance. Je me souviens clairement de la couverture du folio junior (l’un des premiers que j’ai lu, suivi de nombreux autres) de mon exemplaire de La sorcière de la rue Mouffetard. A l’époque je n’avais encore jamais mis les pieds à Paris et j’ai éprouvé une grande émotion en voyant finalement la fameuse rue de mes propres yeux (mes grands-parents vivant juste à côté) un ou deux ans plus tard. Au final c’est surtout un lieu très touristique (je ne sais pas si c’est à cause du livre ou si l’auteur l’a choisie parce qu’elle était déjà connue) parmi tant d’autres, mais l’évocation de son nom me sera toujours associé à une certaine magie. Pour en revenir aux nouvelles, j’ai à nouveau apprécié le ton absurde de l’auteur et la diversité des textes. Si on trouve toujours des références à la rue Broca (la véritable clé du recueil, mais je ne sais pas pourquoi, celle-ci m’a moins marquée), les univers sont finalement très diversifiés. Avec mes yeux d’adulte (féministe), j’ai tout de même noté quelques détails qui m’ont gênée. Prenons pas exemple le conte de la mère Michelle : on nous explique comment celle-ci fini par épouser un homme qui lui fait la cour au moyen de chantage et de harcèlement. Juste après avoir lu Les crocodiles, c’est un peu difficile à accepter. Mais il s’agit d’une autre époque, d’autres mœurs et cela n’aura pas entaché le plaisir que j’ai eu à cette relecture.

Conclusion :
Voyage en enfance !

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
l’histoire de France pour les nuls
la prospérité
les étoiles
les tirelires



30 juin 2016

Thomas Mathieu : Les crocodiles

Ce que l’éditeur nous dit :
Thomas Mathieu illustre des témoignages de femmes liés aux problématiques comme le harcèlement de rue, le machisme et le sexisme ordinaire. Son travail s'inscrit dans un mouvement plus large de prise de conscience et d'une nouvelle génération de féministes qui utilisent internet pour réfléchir et informer sur des concepts tels le "slut-shaming" ou le "privilège masculin". Dans ses planches, les décors et les personnages féminins sont traités en noir et blanc de manière réaliste tandis que les hommes sont représentés sous la forme de crocodiles verts. Le lecteur ou la lectrice est invité à épouser le point de vue de la femme qui témoigne et à questionner le comportement des crocodiles particulièrement quand ils endossent le rôle stéréotypé de dragueurs/ prédateurs/dominants.

Ce que j’en pense :
En découvrant les premières pages des Crocodiles, j’ai failli regretter son emprunt à la bibliothèque : une qualité de dessin très moyenne et surtout des zigounettes en veux-tu en voilà, vertes de surcroît (couleur reptile oblige) ! Mis à part me mettre mal à l’aise, je ne voyais pas vraiment le but. Puis j’ai réalisé que c’est précisément parce que cela m’embarrassait qu’il fallait poursuivre, a fortiori parce que bien des situations décrites je les avais déjà vécues, ce qui m’avait autrement plus dérangée que de les découvrir sur papier.
Dans le même temps, je suis tombée sur cette vidéo, dans laquelle une jeune fille raconte une journée qui avait si bien commencée, pour se ternir au fur et à mesure des remarques déplacées qu’elle reçoit, une somme de petites choses “sans conséquences” qui font qu’en rentrant chez elle se sent mal, sale. Cela aussi je l’ai vécue et je ne suis certainement pas une exception.
Bref, le problème est bel et bien là et je trouve que le fait qu’il soit abordé par un homme a d’autant plus de poids. Car qu’une autre chose très importante que j’ai réalisée durant cette lecture est le fait que nombre de ces “crocodiles” étaient des hommes lambda, voire que j’en avais dans mon entourage : des garçons “gentils”, qui pensent bien faire, sans aucune mauvaise intention, mais qui font tout de même du mal sans s’en rendre compte. Il y a un vrai travail de fond à faire pour remettre certaines choses en question, réapprendre aux individus à mieux respecter les autres, leurs besoins et leurs envies, à accepter que “non” c’est “non” et pas “peut-être” (même si on nous a dit qu’il fallait être persévérant pour avoir ce qu’on voulait dans la vie, car à quel prix ?). Il faut voir la violence de certaines réactions lorsque des femmes émettent par exemple l’idée “d’attendre d’en avoir vraiment envie avant d’avoir des pratiques sexuelles avec quelqu’un”, qui décrivent des situations machismes qu’elles ont vécues, ou tout simplement quand quiconque prononce le mot “féministe”. Tous ces propos n’engagent que leurs auteurs, ce qui il me semble ne peut être remis en question, pourtant on dirait que des personnes (des hommes et des femmes) se sentent personnellement attaqués par cela, ce qui est une preuve supplémentaire du malaise général sur ces sujets.
Toutes ces idées sont très bien illustrées par Thomas Mathieu. Elles sont appuyées par des textes complémentaires fort à propos en fin d’ouvrage, qui m’ont définitivement convaincue de la qualité de ce bouquin.

Conclusion :
J’encourage le plus grand nombre à découvrir le projet crocodile.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
le projet crocodile
les compliments
les gentillesses
les envies

Sondage Bizz & Miel : cliquez ici, merci !!



27 mai 2016

Jean-François Mallet : Simplissime light - Le livre de cuisine light le + facile du monde

Ce que l’éditeur nous dit :
200 recettes saines pour rester en forme? La promesse du livre ? Des recettes toujours simplissimes à réaliser (pas plus de 5 ingrédients) au quotidien et :- Sans produit agro-alimentaire- Pas de mauvaise graisse- Sans sucre raffiné- Pas trop de produits laitiers- Des cuissons à l'huile d'olive- Des sauces à l'eau- Des desserts sans sucre- Des terrines sans gras- Beaucoup de recettes à base de fruits et légumes ou viandes maigres et poissons. Pour chaque recette, retrouvez les mentions de :- l'apport en calories,- avec ou gluten,- avec ou sans lactose,- sans sucres ajoutés,- faible en matière grasse.

Ce que j’en pense :
J’étais à la base assez septique quant à la promesse faite par ce bouquin, n’étant pas le premier à prôner la simplicité. Nombre d’ouvrages se disant adressés aux débutants (plus jeune j’en avais acquis un spécialement destiné aux étudiants), se révèlent assez décevant, soit parce que pas vraiment pratiques à mettre en oeuvre (approches maladroites, beaucoup d’ingrédients par recette, longs à préparer), voire carrément inutiles au vu de leur banalité (merci je saurais me débrouiller toute seule pour faire des pâtes à la tomate).
Mais je dois avouer que Simplissime a réussi à sortir des sentiers battus, pour proposer un livre tout simplement pertinent. Pour chaque recette, d’un côté le résultat final en grand (de quoi mettre l’eau à la bouche) et de l’autre les photos des ingrédients. Non seulement c’est très visuel, mais effectivement les éléments de mises en œuvres très limités poussent à croire qu’il est facile d’y arriver. Ajoutons à cela les notions de sans gluten, vegan et autres qualificatifs (très à la mode dans cette ère de recherche du bien-être), qui permettront à toutes les habitudes alimentaires de trouver leur bonheur.
Anoter deux bémols tout de même : d’une part l’épaisseur de l’objet, qui rend la manipulation difficile lorsqu’on cuisine, les pages ayant fâcheuse tendance à tourner toute seule, ce qui aurait pu être évité avec un grammage moins important (cela aurait aussi été plus écologique). D’autres part je reste dubitative face à certaines recettes, qui s’avèrent finalement trop simples, l’auteur ayant notamment fait beaucoup d’impasse sur les condiments et autres (un soufflé chocolat noir + fraises + œuf, d’accord je veux bien qu’on recherche le light, mais ne manquerait-il pas de sucre dans cette recette). Un minimum de bon sens et d’improvisation sera donc nécessaire pour palier à ces restrictions.

Conclusion :
Un ouvrage bien pensé, qui tient ses promesses.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
le visual thinking
les calories
les régimes alimentaires

Sondage Bizz & Miel : cliquez ici, merci !!


19 mai 2016

Laurent Genefort : Lum’en

Ce que l’éditeur nous dit :
Imaginez une étoile avoisinant sept dixièmes de masse solaire... Si vous levez les yeux, il se peut que vous aperceviez son éclat blanc-jaune sur la face antérieure du bras spiral d'Orion, à sept mille parsecs du centre galactique. Le système de Grnc.mld1 compte six planètes : cinq telluriques et une gazeuse. De ces six planètes, Garance est la seule qui évolue dans la zone d'habitabilité.
« Lum'en » relate la colonisation de Garance, une planète comme tant d'autres, du moins en apparence... L'histoire de ces femmes, de ces hommes rudes lancés à la conquête d'un monde, le récit des luttes de ces pionniers qui, au fil des générations, vont écrire la plus exceptionnelle des aventures, la plus terrible, aussi, celle de l'ancrage, du développement puis, inéluctable, du déclin d'une colonie dans les confins. L'essence même de la nature humaine, en somme, la quête d'horizons nouveaux. Quitte à rater l'essentiel...
« Lum'en » est lauréat du prestigieux Prix Julia Verlanger 2015

Ce que j’en pense :
Lum’en, un titre que j’ai beaucoup vu cité sur la blogosphère, sans finalement vraiment savoir à quoi m’attendre. Arrivé au troisième chapitre, j’ai été déçue de constater que les personnages avec lesquels nous avions commencé à sympathiser appartenaient désormais au passé. Et j’ai toujours un peu de mal avec les auteurs qui font de “trop gros” sauts dans le temps. J’ai poursuivi, et rebelote aux chapitres suivants. Je me suis finalement renseignée, pour découvrir qu’il s’agissait en réalité d’une recueil de nouvelles, qui misent bout à bout comptais l’émergence puis l’échéance de la colonisation d’une planète. Ayant cette information en tête, j’ai pu mieux apprécier la suite de la lecture, sans toutefois en ressortir très convaincue. Certaines nouvelles sont sympas (celle du point de vue indigène en particulier), mais je n’ai pas ressentie l’émulation que d’autres lecteurs ont semblé avoir. Les personnages sont peu attachants (ce qui n’a rien à voir avec le format court), les concepts mal exploités, peut-être dû à une écriture trop “détachée” quand on voudrait nous sensibiliser.
Il y a un petit Orson Scott Card dans les idées présentées, mais en moins bien. J’ai surtout trouvé que le pseudo film conducteur qui avait été ajouté pour lier le tout était plus un poids qu’une valeur ajoutée.

Conclusion :
Pas convaincue par l’univers.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les explosions
les traducteurs
les tresses
les exploitations


8 mai 2016

Cyril Gelblat : Tout pour être heureux

Ce que le synopsis nous dit :
Antoine, bientôt quarantenaire, dilettante, égoïste et insatisfait ne s’est jamais réellement senti investi d’une mission pour s’occuper de ses filles, âgées de 5 et 9 ans.
Infantilisé par sa femme Alice, Antoine n’arrive pas à trouver sa place dans son foyer et décide subitement de la quitter pour une histoire sans lendemain.
Lorsqu’Alice lui confie leurs filles quelques jours par surprise, Antoine va se retrouver sur un continent inconnu. Et alors qu’il était incapable d’assumer son rôle de père à l’intérieur du noyau familial, il va finir par devenir une véritable « mère juive ».
Après avoir quitté sa femme par nostalgie de sa liberté d’antan, le nouvel Antoine va se retrouver confronté à une nouvelle nostalgie, celle de sa vie de famille.

Ce que j’en pense :
Une sympathique petite comédie française, qui contrairement à ce que j’avais imaginé ne se noie pas dans les clichés du genre. L'originalité se situe dans le fait que l’histoire ne soit pas centrée sur le couple, mais bien sur la situation d’Antoine en tant que père, vis à vis de ses filles, et en tant qu’homme vis à vis de ses propres remises en questions. Nous observons ainsi cet homme évoluer, non sans l’aide de ses proches, qui n’hésitent pas à lui remettre les points sur les i à de nombreuses reprises. La relation avec la sœur est intéressante, même si le personnage de Aure Atika parait en décalage total avec le reste du film (au final cet univers dans l’univers ne fonctionne pas si mal, alors pourquoi pas). La bande-originale, qui occupe une place centrale dans le film en mettant en scène la chanteuse Joe Bel, se révèle mignonne. Enfin, si le sujet de “ce qui compte vraiment” n’est pas traité très en profondeur, quelques idées sont là qui permettent déjà un début de réflexion.

Conclusion :
Un joli petit film sur la vie de famille.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les poupées
l’intervention de l’armée
les lits
les candy’up



28 avril 2016

Delphine de Vigan : D'après une histoire vraie

Ce que l’éditeur nous dit :
« Tu sais parfois, je me demande s'il n y a pas quelqu'un qui prend possession de toi. »

Ce que j’en pense :
J’ai été complètement bluffée par ce bouquin ! Plusieurs jours après l’avoir terminé, les émotions qu’il m’a procurées restent très vives. Cela vient d’abord du plaisir de retrouver Delphine de Vigan, qui nous conte ici la reprise de sa vie après le succès de Rien ne s’oppose à la nuit, roman qui m’avait déjà bouleversée. La manière dont elle met en scène ses faiblesses, sans jamais provoquer la pitié, est très touchante, embarquant le lecteur dès les premières pages. Puis entre en scène le second personnage : L., charismatique et mystérieuse, qui se veut l’ardente défenseuse de la sincérité et du vrai, si pleine de « bonnes » intentions. Les ficelles sont parfois grosses, l’auteur jouant beaucoup sur les indices que « le pire est à venir ». Mais cela fonctionne à merveille, au point qu’une boule au ventre m’a accompagnée durant une bonne partie de la lecture, malaise provoqué par cette femme qui resserre inéluctablement son emprise. Mais c’est dans la conclusion que tout se joue, complètement inattendue, scotchante. J’aimerais en dire plus, parler de tous ces détails qui relèvent du génie, mais je vais m’en abstenir, soucieuse de ne pas ruiner la chute pour les futurs lecteurs.  Je vous laisse découvrir cela par vous-même. ;)

Conclusion :
Waouh ! Saisissant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
la hauteur de la barre
l'après
la rédaction
la télé-réalité



23 avril 2016

Manu Larcenet : Le combat ordinaire (4 tomes)

Ce que l’éditeur nous dit :
C'est l'histoire d'un photographe fatigué, d'une fille patiente, d'horreurs banales et d'un chat pénible.
C'est l'histoire d'un  photographe convalescent, d'un génie médiocre, d'un cargo qui sombre et du cheval de Zorro.
C'est l'histoire d'un  photographe en dueil, d'un atelier à ranger, d'un livre à finir et de Gugusse avec son violon.
C'est l'histoire d'un chantier qui ferme, d'une petite fille amoureuse, d'un soir d'élection et d'une nuit dehors.

Ce que j’en pense :
Découverte récemment, je parcours peu à peu l’oeuvre de Manu Larcenet, qui regroupe des genres décidément très variés (nombreux articles à venir). En préparant cette chronique, j’ai appris que Le combat ordinaire avait été adapté au cinéma, avec Nicolas Duvauchelle en tête d’affiche. Le trailer laisse à croire que le ton est lourd, à l’image des angoisses de son héros, où l’on nous souligne notamment son passé de photographe de guerre : j’avais presque occulté ce détail lors de ma lecture, alors qu’il fait partie des clés de compréhension de Marco. Il faut dire qu’au final les passages “légers” sont très nombreux dans cette bande-dessinée, comme si son auteur n’avait pas tout à fait osé nous emmener dans les tréfonds de son esprit (ce qu’il fera plus dans Blast, publié ultérieurement). Beaucoup d’images me restent en tête : la relation particulière avec le voisin, le passage du rôle de fils à celui de père, la séance photo de l’atelier, la rencontre avec un photographe de renom ou encore la chouette. Nul doute que les passages forts et les personnages sont complexes (parfois pas suffisamment expliqué à mon goût, les non-dits étant omniprésents) sont là. Mais il faut se concentrer dessus, car ils se perdent dans la multitudes des pages. Je réalise que tout cela mérite peut-être une seconde lecture...

Conclusion :
Une oeuvre riche, lesée par ton général un peu flou.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
l’engagement
la confiance
la fuite
la nostalgie



2 avril 2016

Mathieu Gaborit : Les Chroniques des Crépusculaires

Ce que l’éditeur nous dit :
Le baron de Rochronde n'est plus. Et, selon la coutume, son fils Agone doit lui succéder. Or, peu enclin à suivre les traces de son père, guerrier sanguinaire impitoyable, celui-ci se destine à une vie d'érudit itinérant. Agone accepte néanmoins la dernière requête du défunt : passer une semaine au collège occulte du Souffre-jour, où d'éminents maîtres d'armes et de magie initient aux arcanes de puissants pouvoirs. Là, il va découvrir le sens de sa destinée... Alors que grandissent menaces extérieures et conspirations fomentées par les adeptes du Cryptogramme-magicien, l'héritier de Rochronde, armé de sa fidèle rapière Pénombre et rompu aux plus redoutables arts magiques, saura-t-il trouver son salut et délivrer les Royaumes Crépusculaires qui sombrent dans la tourmente ?

Ce que j’en pense :
Cette lecture commençait de manière assez prévisible : le jeune homme qui tente d’aller à l’encontre du destin auquel il ne pourra échapper, le passé douloureux, la quête initiatique, et même l’école de magie... bref que des choses vues par ailleurs. La suite cependant est bien moins convenue. Je dois dire que j’ai été troublée par cette lecture, au sein de laquelle les notions de bien et de mal sont brouillées (comme les œufs). En effet nous avons ici un personnage principal, a priori  “bon” et “gentil”, qui se bat pour les causes auxquelles il croit, qui défend les opprimés, qui s’attache et pense au bien être de ses proches. En même temps il emprunte des chemins tortueux, use de violence, accepte même la cruauté et l’horreur lorsque cela lui est utile, tout en déplorant qu’il doive tôt ou tard y avoir recours lui même. La frontière entre ce qui est acceptable et ne l’est pas n’existe plus. On pourrait penser que Matthieu Gaborit a réussi à nous dépeindre un personnage finalement humain, avec tous les travers que cela implique (comme Robin Hobb par exemple sait si bien le faire), mais il n’en est rien car cet Agone est avant tout hors normes. Au final je ne saurais même pas dire si c’est bien ou pas, même s’il me semble avoir apprécié cette lecture. Comme dans ma précédente rencontre avec l’auteur, j’ai trouvé l’écriture soignée, en particulier dans une utilisation variée du vocabulaire.
Deux défauts notables cependant : le manque de développement des autres protagonistes (Agone n’est presque entouré que de figurants), et une alternance maladroite entre les scènes centrées sur des personnages et les passages se voulant plus géopolitiques qui, surtout présents dans la dernière partie, semblent un peu tomber comme un cheveux sur la soupe.

Conclusion :
Une lecture perturbante et captivante.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les peintures
les arbres
les consciences
le funanbulisme



24 mars 2016

Igor Gotesman : Five

Ce que le synopsis nous dit :
Cinq amis d'enfance rêvent depuis toujours d'habiter en colocation. Lorsque l’occasion d’emménager ensemble se présente, Julia, Vadim, Nestor et Timothée n’hésitent pas une seule seconde, surtout quand Samuel se propose de payer la moitié du loyer ! A peine installés, Samuel se retrouve sur la paille mais décide de ne rien dire aux autres et d'assumer sa part en se mettant à vendre de l'herbe. Mais n'est pas dealer qui veut et quand tout dégénère, Samuel n’a d’autres choix que de se tourner vers la seule famille qu'il lui reste : ses amis !

Ce que j’en pense :
Un joli film sur l’amitié, servi par d’excellents acteurs. Il faut dire que malgré leurs jeunes âges, certains ont déjà une longue carrière derrière eux, Pierre Niney en particulier (le plus jeune comédien entré à la comédie française, ndlr).
Igor Gotesman soulève les questions clés de ce type de relation pouvant parfois transcender les liens familiaux : qu’est-on prêt à faire pour ses amis, dans quelles circonstances, que se passe t-il quand l’amour s’en mêle, etc. La morale de l’histoire qu’il propose, telle qu’elle nous est amenée, dénote un peu du reste de l’histoire, mais sonne assez juste. Car ce choix de narration (même si la voix de Margot Bancilhon s’y prête à merveille) peine à s’intégrer avec le reste du long métrage : cette introduction ne se justifie que pour amener cette conclusion, qui elle même ne semble là que parce qu’il en faut bien une. Dommage car l’ensemble était pourtant bien rythmé, avec plusieurs bonnes scènes, mais la fin est bancale (ou fallait-il juste une bonne excuse pour emmener l’équipe de tournage en vacances). Un autre point faible à mon sens est le déséquilibre de traitement entre les personnages, celui de Julia étant très simpliste, tandis que celui de Nestor reste quasi invisible. Quelques points d’améliorations donc, qui n'empêchent pas de passer un bon moment.

Conclusion :
Très parisien tout ça !

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
Les douze
Les molosses
Les boites à gant
Les moulures


22 mars 2016

Raymond Queneau : Exercices de style

Ce que l’éditeur nous dit :
Le narrateur rencontre, dans un autobus, un jeune homme au cou long, coiffé d’un chapeau orné d’une tresse au lieu de ruban. Le jeune voyageur échange quelques mots assez vifs avec un autre voyageur, puis va s’asseoir à une place devenue libre. Un peu plus tard, le narrateur rencontre le même jeune homme en grande conversation avec un ami qui lui conseille de faire remonter le bouton supérieur de son pardessus. Cette brève histoire est racontée quatre-vingt-dix-neuf fois, de quatre-vingt-dix-neuf manières différentes. Mise en images, portée sur la scène des cabarets, elle a connu une fortune extraordinaire. Exercices de style est un des livres les plus populaires de Queneau.

Ce que j’en pense :
Si j’étais ressortie offusquée (oui oui) de la lecture de Zazie dans le métro, je ne doutais pas de la capacité de son auteur à manipuler les mots à sa guise. Et avec le présent ouvrage, cette impression se confirme au-delà de toute espérance. J’ai été subjuguée par ce recueil qui, partant d’une histoire simpliste, parvient à nous emporter dans le monde fascinant de la figure de style (un sacré tour de force). Raymond Queneau a ici non seulement fait preuve d’une grande habileté d’écriture, mais également d’une large imagination, lui permettant de se réinventer pas moins de 99 fois (et je le soupçonne avoir été apte à dépasser ce nombre). Il s’impose des contraintes, préceptes grammaticaux existants ou façonnés pour l’occasion, qu’il suit à la lettre mais pour finalement mieux s’en affranchir, jouant avec les règles et la langue au gré de ses envies. C’est maîtrisé, et c’est surtout très amusant pour peu que l’on apprécie la magie des mots : on se délecte de la multiplicité des styles, on se félicite des énigmes déjouées, on savoure des tournures prononcées à voix hautes.  Dire qu’il se paye même le luxe d’un dénouement !

Conclusion :
Il est fort. Très fort.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les bus
la mode
les chapeaux
la lâcheté



20 février 2016

Alain Damasio : Aucun souvenir assez solide

Ce que l’éditeur nous dit :
Une cité de phares noyée par des marées d’asphalte où la lumière est un langage. Une ville saturée de capteurs qui dématérialise les enfants qui la traversent. Un monde où la totalité du lexique a été privatisée. Un amant qui marche sur sa mémoire comme dans une rue… En dix nouvelles ciselées dans une langue poétique et neuve, Alain Damasio donne corps à cet enjeu crucial : libérer la vie partout là où on la délave, la technicise ou l’emprisonne. Redonner aux trajectoires humaines le sens de l’écart et du lien. Face aux hydres gestionnaires qui lyophilisent nos cœurs, l’imaginaire de Damasio subvertit, perfore les normes et laisse à désirer. C’est un appel d’air précieux dans un présent suturé qui sature.

Ce que j’en pense :
La qualité, la maitrise et l’exigence d’écriture d’Alain Damasio poussées à leur paroxysme, pour le meilleur... et pour le pire. Car si certains moments, des tournures de phrases ou même certains paragraphes sont d’ordre divin, d’autres sont tout simplement inaccessibles au commun des mortels, rendant la lecture fort laborieuse. J’ai beau savoir apprécier un style recherché, il me semble que le choix des mots devrait toujours être au service du sujet traité (qu’il s’agisse de conter, d’expliquer ou juste de provoquer une sensation). De ce recueil, il y a des nouvelles que je n’ai pas pu me résoudre à terminer, ou dont je ne conserve qu’un souvenir très flou, comme par exemple C@patch@ ou Une stupéfiante salve d’escarbilles de houille écarlate. Nombre d’idées de fond et de forme y étaient pourtant excellentes. Heureusement d’autres pans du livre ont réussi à mieux me toucher, je citerai en particulier Annah à travers la harpe, So Phare away ou Les Hybres.
Alain Damasio reste à mon sens l’un des meilleurs auteurs contemporains (français tout du moins, mais peut-on jamais pleinement apprécier un auteur d’une langue maternelle différente de la notre), peut-être même le meilleur actuellement en vie parmi ceux qu’il m’ait été donné de lire.
Aucun souvenir assez solide, sans être son ouvrage le plus réussi, ne vient que confirmer ce fait.

Conclusion :
Trop bien écrire, quel comble tout de même.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les sponsors
la dématérialisation
la lumière
l’art



3 février 2016

Benoît Graffin : Encore heureux

Ce que le synopsis nous dit :
D’accord, Marie est un peu fatiguée de l’insouciance de son mari Sam, cadre sup au chômage depuis 2 ans. D’accord, elle est très tentée de se laisser séduire par ce bel inconnu qui lui fait la cour. D’accord, il y a aussi le concours de piano de sa fille... Si cet équilibre dingue et léger tient à peu près debout, un événement inattendu jette toute la famille sur un chemin encore plus fou.

Ce que j’en pense :
J’ai depuis quelques années beaucoup d’admiration pour le travail de Sandrine Kiberlain, en particulier depuis son rôle époustouflant dans 9 mois ferme. Ici, si son interprétation est moins haute en couleurs, elle fonctionne très bien, notamment grâce au duo formé avec Édouard Baer (qui joue du Édouard Baer). Le scénario, sans être exceptionnel, présente quelques originalités, avec au moins l’avantage de nous sortir des comédies romantiques habituelles. Pas de grands éclats de rire (pour cela allez plutôt voir Le garçon et la bête), mais j’ai souvent souri. Les personnages sont sympathiques, l’ambiance est parfois loufoque, souvent gentillette, et tout est bien qui finit bien.

Conclusion :
Rempli parfaitement son rôle de divertissement

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les escarpins
les tentes
les balancelles
les lavages à rouleaux

30 janvier 2016

Manu Larcenet : Blast (4 tomes)

Ce que l’éditeur nous dit :
Un homme seul, obèse et sale, est amené au commissariat. Ce qu'il a fait, pourquoi il est là, nous n'en saurons encore rien. Au cours de l'interrogatoire, confession impudique, il va livrer sa vie et expliquer au lecteur passionné comment il a, un jour, lâché prise, et est parti sur les routes à la recherche du Blast - cet instant magique où tout s'illumine et sa vie devient parfaite. Après Le Combat Ordinaire, le nouveau chef-d'oeuvre de Manu Larcenet est un pavé de 200 pages en noir et blanc d'une époustouflante beauté formelle.

Ce que j’en pense :
Difficile de parler de cette bande-dessinée, qui plus qu’une simple lecture est une véritable expérience. Il s’est d’ailleurs écoulé un bon moment avant que je ne puisse écrire cet article... Pourtant les sensations restent vives. L’histoire se situe au second plan, pour focaliser toute notre attention sur son personnage principal, Polza Mancini, sur lequel il est bien difficile de se forger une opinion : surprise, compréhension, empathie, dégoût, rejet, compassion...  telles sont les nombreuses sensations qu’il inspire. Il est à la fois compréhensible et répréhensible, en tout cas jamais définitif.
L’aspect graphique de Blast contribue très largement à provoquer ces sentiments. Un soin particulier a été apporté aux textures, alors que la plupart des dessins mélangent encre de Chine et aquarelle noire, créant ainsi une ambiance très particulière. Parfois, certaines cases viennent radicalement rompre avec ces codes, modifiant ainsi ponctuellement l’univers. Le résultat est impressionnant.
Ma seule réserve se situe dans les révélations finales, ou plutôt la forme que celles-ci prennent. Manu Larcenet nous en dit trop ou pas assez. Pour ma part j’aurais sans doute préféré un peu plus de mystère, ce qui m’aurait paru plus cohérent avec le reste de l’oeuvre.

Conclusion :
Une bande-dessinée tout à fait singulière

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
la tourmente
la plénitude
les odeurs



19 janvier 2016

Sophie Caillat : Comment j’ai sauvé la planète

Ce que l’éditeur nous dit :
Comme moi, vous redoutez les conséquences du réchauffement climatique tout en rêvant de sauter d’un avion à l’autre ? Vous défendez de nobles idéaux mais votre vie ressemble plutôt à Sex and the City ? En clair, vous aimeriez sauver la planète sans changer vos habitudes ?
Pour résoudre ces contradictions, j’ai expérimenté tous les possibles. J’ai adopté des vers mangeurs de déchets, passé mes soirées dans des Disco Soupes, chassé le gaspi électrique, participé à la vélorution... J’en ai évalué le rapport plaisir-efficacité-économies pour vous éviter les pièges du marketing vert. L’écologie appliquée au quotidien ne doit pas être une punition.
Entre grandes joies et petits moments de solitude, ce récit se veut un guide pour une vie plus zen.

Ce que j’en pense :
Le défi quotidien de mieux (voire moins) consommer, tel est celui que s’est lancée Sophie Caillat. En ressort en premier lieu, beaucoup de culpabilité... envers la planète d’abord, mais également envers sa famille à qui elle fait “subir toutes ses lubies”. C’est pourtant bien normal d’en faire tout un fromage quand c’est le sort de la planète qui est en jeu (vous avez vu Demain ?) ! Car, même si à titre individuel les contributions sont la plupart du temps minimes comparées aux problématiques mondiales, elles n’ont sont pas moins réelles, et cumulées peuvent faire une vraie différence. Le hic c’est qu’aujourd’hui la société dans laquelle Sophie, vous et moi vivons n’est tout simplement pas pensée en ce sens : les entreprises comme les individus se servent allégrement dans les ressources à disposition sans songer au lendemain, au point que devenir “responsable” relève du véritable challenge. Je salue donc la démarche de Sophie, qui nous donne au passage plein d’informations utiles, et fait de son mieux pour agir son échelle. Le ton est celui d’une copine qui raconterait son expérience, en faisant une lecture très abordable, sans manquer de fond (même si certains aspects paraissent plus ludiques que d’autres).

Conclusion :
Une manière intéressante d’agir, à laquelle il est facile de s’identifier.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
le bien et le mal
l’effet papillon
la nouvelle génération
le confort


7 janvier 2016

Cyril Dion et Mélanie Laurent : Demain

Ce que le synopsis nous dit :
Et si montrer des solutions, raconter une histoire qui fait du bien, était la meilleure façon de résoudre les crises écologiques, économiques et sociales, que traversent nos pays ? Suite à la publication d’une étude qui annonce la possible disparition d’une partie de l’humanité d’ici 2100, Cyril Dion et Mélanie Laurent sont partis avec une équipe de quatre personnes enquêter dans dix pays pour comprendre ce qui pourrait provoquer cette catastrophe et surtout comment l'éviter. Durant leur voyage, ils ont rencontré les pionniers qui réinventent l’agriculture, l’énergie, l’économie, la démocratie et l’éducation. En mettant bout à bout ces initiatives positives et concrètes qui fonctionnent déjà, ils commencent à voir émerger ce que pourrait être le monde de demain…

Ce que j’en pense :
Cet article sera en peu particulier, car au lieu de simplement donner mon avis, je vais tenter de vous convaincre d’aller voir ce film (mais je ne vous le dirai pas car en général les gens aiment bien avoir l’esprit de contradiction, je devrai donc faire dans la subtilité). Car oui, ce film est indispensable, et pour bien des raisons. Il démarre par le postulat que la terre va mal (ça on le savait déjà) et souligne l’incroyable capacité de l’humanité à imaginer sa propre déchéance (films catastrophes, histoires de zombies ou attaques extra-terrestres, le journal de 20h). Par contre quand il s’agit d’être positif et de faire concrètement quelque chose, il n’y a plus grand monde. Et justement Demain propose des solutions, des vraies, testées et approuvées qui plus est (message subliminal mal dissimulé : tu as envie de voir ce film). Et surtout Demain le fait de manière intelligente. Par sa forme d’abord (tu décides de voir ce film), qui à travers cinq piliers présentés de manière logique, simple, et efficace, nous expose clairement la situation, nous donne envie d’agir (tu as hâte d’aller voir ce film). Mais surtout sa grande force réside dans tout l’espoir, la sincérité et l’humanisme qui s’en dégage (sérieux, tu seras content de l’avoir vu). On en ressort avec le sourire, motivé, voire dans mon cas avec l’envie de changer le monde et la conviction que oui c’est possible, ne serait-ce qu’un tout petit peu (et ensuite tu diras à tout le monde autour de toi d’en faire de même). Parce que cela nous concerne, tous autant que nous sommes.

Conclusion :
Un film merveilleusement construit, sur un sujet incontournable.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
l’agriculture
l’énergie
l’économie
la démocratie
l’éducation

Pour aller plus loin :
Demain, le film - site internet




16 décembre 2015

Orelsan : Comment c’est loin

Ce que le synopsis nous dit :
Après une dizaine d’années de non-productivité, Orel et Gringe, la trentaine, galèrent à écrire leur premier album de rap. Leurs textes, truffés de blagues de mauvais goût et de références alambiquées, évoquent leur quotidien dans une ville moyenne de province. Le problème : impossible de terminer une chanson. À l’issue d’une séance houleuse avec leurs producteurs, ils sont au pied du mur : ils ont 24h pour sortir une chanson digne de ce nom. Leurs vieux démons, la peur de l’échec, la procrastination, les potes envahissants, les problèmes de couple, etc. viendront se mettre en travers de leur chemin.

Ce que j’en pense :
Tout à commencé quand, un peu par hasard, j’ai été assister à Libre Éducation, le spectacle de Kheiron. Quand il a réalisé son premier film, je suis donc allée le voir également. Après la séance j’ai regardé de plus près la fiche casting du film, dont Kyan Khojandi faisait partie et je me suis demandé ce qu’il devenait depuis Bref. En lisant sa fiche Wikipédia j’ai vu qu’il participait à l’écriture d’une mini-série web : Bloqués. J’ai alors navigué vers le site de Canal + et regardé tous les épisodes disponibles, redécouvrant Orelsan, dont je ne connaissais alors que la chanson La Terre est ronde. Quelques jours plus tard, Comment c’est loin sortait au cinéma, reprenant le même concept que Bloqués dans un long métrage. Comme bien des personnes les protagonistes sont coincés : dans leur situation et dans leur tête, pris entre la pression sociale et le peur de ne pas y arriver, entre des difficultés insurmontables et l’absence de soutien de la société, qui juge et condamne plutôt qu’elle ne s’adapte. De ce film je retiendrai une certaine sincérité, à laquelle je ne peux pas être insensible. Depuis j’ai commencé à découvrir les chansons des Casseurs Flowters...

Conclusion :
De clic en clic on découvre des artistes qui méritent le détour.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les flasques
les textos littéraires
la procrastination
la peur




12 décembre 2015

Mélanie Fazi : Notre-Dame aux écailles

Ce que l’éditeur nous dit :
Saviez-vous qu’à Venise, qui vole des soupirs encourt la vengeance de la ville ? Connaissez-vous vos plus sensuelles métamorphoses, lorsque vous êtes loup, lorsque vous devenez lionne ? Avez-vous déjà pris un fleuve pour amant ? Partez à la découverte des troubles secrets de l’âme et des lieux les plus hantés : une villa qui palpite de vies enfuies, l’océan dont certains ne reviennent plus tout à fait humains, ou encore ce train de nuit qu’empruntent ceux qui cherchent l’oubli... Mais attention : de ces voyages intimes et inquiétants, on ne rentre pas indemne.

Ce que j’en pense :
Plus qu’enchantée par son autre recueil de nouvelles, j'espérais à nouveau que la magie opère avec Notre-Dame-aux-Ecailles. Si l’ensemble m’a plu, je dois dire que je me suis moins laissée absorber par cet ouvrage, au contenu inégal. Certaines nouvelles, telles que En forme de dragon ou encore Langage de la peau ont effectivement provoqué cette même fascination, tandis que j’ai peiné pour terminer Noces d’écume. Comme pour Serpentine, au travers de lieux et de personnages très variés, on retrouve dans tous ses écrits une sorte de mélancolie mêlée à une force de vie, sauf qu’ici la balance penche peut-être légèrement plus en faveur de la mélancolie. Dans l’ensemble, on retrouve cette même écriture toujours aussi exquise, cet univers hors du commun et hors du temps, dans lequel la raison ou des explications n’ont pas leur place, où seules comptent les sensations.
Mélanie Fazi a un talent incroyable pour réussir à poser des mots sur ce qui est impalpable, sur les odeurs, les mélodies, pour faire prendre vie à ce qui paraît inanimé... On a l’impression de toucher du doigt les profondeurs de l’humanité.

Conclusion :
Fascinante Mélanie.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
la buée
la bestialité
les transferts
les marques


3 décembre 2015

Kheiron : Nous trois ou rien

Ce que le synopsis nous dit :
D’un petit village du sud de l’Iran aux cités parisiennes, Kheiron nous raconte le destin hors du commun de ses parents Hibat et Fereshteh, éternels optimistes, dans une comédie aux airs de conte universel qui évoque l’amour familial, le don de soi et surtout l’idéal d’un vivre-ensemble.

Ce que j’en pense :
Un film utile, engagé, touchant, drôle, émouvant, qui fait vraiment du bien. Oui il s’agit d’un sentiment général de positivisme que saupoudre Nous trois ou rien. Si j’aurais bien aimé entendre parler persan, la qualité du casting compense largement cette omission. A ce niveau d’implication, plus encore qu'un hommage, il s’agit d’un véritable cadeau de la part de Kheiron envers ses parents, envers son pays d’origine, envers l’humanité en général et les spectateurs en particulier.Il montre, en parlant de sujet difficiles mais sans jamais tomber dans le pathos, que des alternatives sont possibles ; un joli message plein d’espoir, à diffuser largement.

Conclusion :
A voir absolument, n’importe quand, et surtout maintenant

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les barbes
les messages non verbaux
les photograhies mentales
les photographies murales