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31 décembre 2014

Un mois= une consigne

Challenge à réaliser du 01 janvier au 31 décembre 2014

Comme le titre de ce challenge le laisse présager, il s'agit de suivre chaque mois une thématique de lecture prédéfinie, et ce durant toute l'année 2014.
L'origine de ce défi en revient à Nessa, qui a choisit le forum de Livraddict pour la diffusion et Google drive pour la gestion.
Bon challenge à tous les participants !

Les lectures :

30 décembre 2014

Jean-Luc Istin et Likun : Nüwa, Les 7 immortelles

Ce que l’éditeur nous dit :
La légende du roi Kan raconte que lorsqu’il récupèrera son épée, il pourra à nouveau régner et rassembler les neufs royaumes du Lotus.
C’est pourquoi, sept sœurs immortelles ont eu la charge, chacune à leur tour, de veiller sur l’épée et retrouver Kan à tous prix. Nüwa, la plus jeune des sept sœurs, est le dernier porteur de cette tradition. 
Elle fait route à travers les terres immortelles, résistant aux charmes de l’épée qui ne lui parlent que de désir et de vengeance.

Ce que j’en pense :
Cette bande dessinée elfique, nous entraîne dans une aventure somme toute très classique (une quête avec prophéties, dangers, rencontres et trahisons), mais elle le fait bien, avec des dessins d’une qualité irréprochables de bout en bout. Quand la plupart des ouvrages soignent particulièrement leurs couvertures, le contenu est souvent plus simpliste (forcément, ça demande beaucoup plus de temps et d’énergie), ce qui n’est pas le cas ici. Chaque case paraît être un aquarelle à part entière, non seulement très belle mais également très détaillée. Cela aurait pu faire oublier la piètre originalité de l’histoire, si la fin n’avait pas été baclée de la sorte. Je ne sais pas si c’est une intention volontaire de l’auteur, ou si celui-ci avait prévu une suite dont l’édition aura finalement été refusée, mais là on se moque un peu du lecteur. Je ne parle pas du fait que j’aurais préféré une issue différente, mais bien de cette manière éhonté dont le tout est brusquement expédié d’un revers de main lors des deux dernières pages. Tout ça pour ça...

Conclusion :
Des dessins à couper le souffle mais un contenu trop limité.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les vases
les prisons
les embûches
les guildes

2 décembre 2014

Peter Watts : Vision aveugle (Blindsight)

Ce que l’éditeur nous dit :
La Terre a été prise " en photo " depuis l'espace. Les mystérieux visiteurs sont-ils sur cet artefact découvert dans notre système solaire ? Le vaisseau Thésée part en mission. A son bord, cinq membres d'équipage recrutés avec soin : une linguiste aux personnalités multiples, un biologiste qui s'interface aux machines, une militaire pacifiste et un observateur, Siri Keeton, capable de déchiffrer à la perfection le langage corporel de ses interlocuteurs. Leur commandant est lui aussi bien étrange : c'est un homo vampiris, autrement dit, un vampire aux facultés intellectuelles remarquables. Pourtant, malgré leurs aptitudes exceptionnelles, rien ne peut les préparer à ce qu'ils vont découvrir lors de ce voyage terrifiant... 

Ce que j’en pense :
Comme dirait la personne qui m’a collé ce bouquin entre les mains “il faut un peu de temps pour digérer le morceau”. Tout à fait d’accord. Mais contrairement à lui qui l’a dévoré d’une traite, il m’a également fallu me forcer à prendre mon temps pour le parcourir, ralentir mon rythme de lecture, faire des pauses régulières pour consulter Wikipédia, réfléchir, relire plusieurs fois certains passages, poser des questions à “l’expert”, tout ça. Non pas que le style soit indigeste, loin de là, mais plutôt qu’il est extrêmement riche, avec des tournures de phrases inhabituelles, un vocabulaire vaste (la langue française recèle bien des mots inexploités par les auteurs) et surtout des termes techniques souvent méconnus de la novice que je suis. Cela peut paraître idiot mais ce fut pour moi un vrai exercice que de réaliser que les théories abordées se basaient toutes sur des faits scientifiques réels, et que donc non l’auteur n’allait pas me les expliquer (contrairement à la plupart des fictions qui élaborent leurs propres logiques). Ça, c’est pour la forme.
Et le fond maintenant. Ouais, très franchement, il se peut que je n’aie toujours pas “digéré le morceau”, et je suis à peu près certaine d’être passée à côté de plus d’une subtilité. Mais si l’on s’en tient à la partie que j’ai pu saisir : waow ! Des idées très intéressantes sur les égocentriques d’humains que nous sommes, notamment. Cela vaut vraiment l’effort de rentrer dedans et d’essayer de comprendre. Je ne sais pas si j’aurais envie de le relire un jour, en espérant mieux en apprécier les nuances, en attendant je compte bien en discuter encore un peu...

Conclusion :
Finalement ça passe très bien !

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
je
le langage
les tumeurs
les boites chinoises

10 octobre 2014

Nicole Krauss : L’histoire de l’amour

Ce que l’éditeur nous dit :
A New-York, la jeune Alma ne sait comment surmonter la mort de son père. Elle croit trouver la solution dans un livre que sa mère traduit de l'espagnol, et dont l'héroïne porte le même prénom qu'elle.
Non loin de là, un très vieil homme se remet à écrire, ressuscitant la Pologne de sa jeunesse, son amour perdu, le fils qui a grandit sans lui.
Et au Chili, bien des années plus tôt, un exilé compose un roman...
Trois solitaires qu'unit pourtant, à leur insu, le plus intime des liens : un livre unique,"L'histoire de l'amour", dont ils vont devoir, chacun à sa manière, écrire la fin.
Cet admirable roman, hanté par la Shoah, offre une méditation déchirante sur la mémoire et le deuil. Mais c'est avant tout un hymne à la vie, écrit dans une langue chatoyante et allègre, l'affirmation d'un amour plus fort que la perte, et une célébration, dans la lignée de Borges, des pouvoirs magiques de la littérature.

Ce que j’en pense :
Une fois que l’on sait que Nicole Krauss est l’épouse de Jonathan Safran Foer, difficile de ne pas comparer les deux styles d’écriture. On sent déjà très clairement l’influence de New-York, domicile réel des deux écrivains, et lieu d’action systématique de leurs protagonistes respectifs. Au-delà d’un emplacement géographique, cela se transmet surtout dans un état d’esprit. Idem avec la présence répétée du judaïsme en trame de fond, ou le choix pour héros d’un enfant obsédé par les conditions de survie en milieu naturel (alors qu’ils habitent en ville). C’est peut-être aussi inhérent au fait qu’à partager sa vie avec une personne, on finit toujours par s’influencer l’un l’autre. Dans ce cas cela se transmet par une vision à la fois pleine d’espoir et pessimiste sur la vie, avec une grosse part accordée aux émotions, aux gens et aux interactions en particulier (destins croisés). A noter que, de ce que j’en ai lu, les personnages de Nicole Krauss sont légèrement moins dépressifs que ceux de son compagnon et il m’a semblé être bien plus entrée dans ce roman, que j’ai dévoré en peu de temps. Dernier point commun un peu moins positif, malgré tout l’intérêt porté à cette lecture sur le moment, j’avoue qu’elle ne me laissera rien de plus qu’un vague souvenir.

Conclusion :
Une lecture intéressante. Sur le moment en tout cas.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les traductions
l’écriture
les bancs
les manuels de secours

30 septembre 2014

Haruki Murakami : Après le tremblement de terre (神の子どもたちはみな踊る - Kami no Kodomo-tachi wa Mina Odoru)

Ce que l’éditeur nous dit :
Un mois après le tremblement de terre de Kobe en 1995, les secousses continuent dans le coeur des Japonais... Les séismes intérieurs déplacent les solitudes ordinaires, réveille les consciences endormies ou ravive le feu de la vie. A travers six variations, Murakami effleure, avec une infinie délicatesse, la faille intérieure présente en tout être.

Ce que j’en pense :
Il y a quelque chose de différent dans ce recueil de nouvelles. Peut-être parce que c’est le premier de cet auteur que je découvre autour d’un thème unique. J’ai au départ été désorientée par ces histoires auxquelles il me semblait manquer quelque chose, même en prenant en compte cette habitude de Murakami d’achever ses récit dans un flottement intangible. De plus, si les références au dit tremblement de terre étaient présentes, elles semblaient n'apparaître que furtivement, en trame de fond. Jusqu’à ce que je prenne conscience de ces autres détails qui relient les nouvelles les unes aux autres, révélant toute l’élégance de l’ensemble.

Conclusion :
En deçà du reste de l’oeuvre, mais de bonnes choses tout de même.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les ours
- les piscines
- les batraciens
- les flammes


29 août 2014

Philip K. Dick : Blade Runner ou Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (Do Androids Dream of Electric Sheep?)

Ce que l’éditeur nous dit :
Sur terre, quelques temps après l'holocauste nucléaire : les espèces animales ont quasiment disparues et certains humains, dit "spéciaux", se sont mis à muter, voire à régresser. Rick Deckard est chasseur de prime. Il est chargé de démasquer et d'éliminer des Andys, des androïdes dont le séjour sur terre est illégal. Mais leur perfection est telle qu'il est quasiment impossible de les différencier des humains. Ils pourraient d'ailleurs être bien plus nombreux que prévu. Au point que Deckard finira par se demander s'il n'est pas lui-même une création artificielle dont les souvenirs auraient été implantés.
Mais alors qu'est-ce qui différencie les humains des androïdes ? Peut-être cette capacité à utiliser la "boite à empathie", qui les plonge dans le corps perpétuellement meurtri de Wilbur Mercer. Mercer qui pourrait bien s'avérer être un usurpateur...

Ce que j’en pense :
Devrais-je ainsi continuer à m’acharner à lire du Philip K. Dick, auteur à propos duquel j’ai décidément du mal à me faire une opinion tranchée ? Ou devrais-je accepter comme tel l’état d’ambivalence que m’inspirera toujours son oeuvre ? Oui je vais faire ça en fait.
A noter que j’ai beaucoup hésité à voir le film Blade Runner avant d’écrire cet article, mais comme il semble (selon Google l’omniscient) que Ridley Scott a pris de larges libertés quant au matériau de base, je pense que cela n’aurait fait qu’accentuer ma perplexité.
Bref. Jusqu’à une grosse première moitié du roman, l’univers, l’écriture, les personnages, et surtout les questions d’ordre philosophique sur la nature de l’humanité et sa potentielle singularité vis-à-vis des autres créatures (avec focus sur la capacité empathie), me permettaient de comprendre l’engouement provoqué chez les lecteurs. Jusqu’à ce qu’un clash s’opère, catégorisant à mon sens complètement les androïdes, et brisant d’un coup tout le sens du raisonnement. Les conséquences sur le personnages principal  (Rick Deckard), je ne les ai pas comprises. Quant au second personnage (John R. Isidore), j’ai eu le sentiment qu’il manquait carrément un chapitre à son sujet. J’ai pourtant effectué du fronçage de sourcils intensif sur cette partie, en vain, je reste avec l'impression d’avoir raté quelque chose et ressors donc de ce livre frustrée.

Conclusion :
J’ai pas compris.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- l’argus
- les primes
- les substituts
- les humeurs

10 juillet 2014

Jean M. Auel : Les Enfants de la terre, Le clan de l'ours des Cavernes (Earth’s Children: The clan of the cave bear)

Ce que l’éditeur nous dit : Il y a 35 000 ans, une longue période glaciaire s'achève et la Terre commence à se réchauffer. Lentement, durant des millénaires, l'homme s'est peu à peu dégagé de la bête et il apparaît à peu près tel qu'il est aujourd'hui. Il connaît l'outil, le feu, le vêtement. Il fabrique des armes pour chasser, aménage des grottes pour s'abriter. Dans le chaos de la nature, il est parvenu à créer un peu d'harmonie. En ces premiers temps du monde, Ayla, une fillette de cinq ans, échappe à un tremblement de terre et se sort des griffes d'un lion pour se réfugier auprès d'un clan étranger. On l'adopte. Très vite, les gestes et les paroles d'Ayla suscitent l'étonnement et l'inquiétude. Car, venant d'une tribu plus évoluée que celle d'adoption, Alya diffère physiquement et psychologiquement : elle s'oppose souvent à leurs coutumes et à leurs règles. Le clan songe donc à la supprimer...

Ce que j’en pense :
Voici une seconde (re)lecture dans le cadre du challenge Rupestre Fiction. Ayant déjà entamé la série il y a quelques années, mais m’étant arrêtée en cours, je me suis dit que tant qu’à faire de s’y replonger autant repartir de zéro. Et pour la seconde fois je comprends le succès de cette série extrêmement bien écrite. L’auteur a su trouver un juste milieu entre les descriptions méthodiques du quotidien des hommes des cavernes et l’implication d’une dynamique spirituelle et sociale très forte qui permet de s’attacher aux personnages. Certes le ton est plus que modernisé, et le récit bourré d’anachronismes. Jean M. Auel n’hésite pas à prendre des libertés, par exemple en imaginant des rites dont il serait difficile de prouver la véracité, et allant jusqu’à contredire la communauté scientifique en imaginant un possible métissage entre Homo neanderthalensis et Homo sapiens. A noter que toute la base du roman réside entre la cohabitation entre ces deux espèces du genre humain, l’auteur nous proposant même une explication sur la disparation inéluctable de la première, tout en retirant certains jugements de valeurs sur ce qui est “mieux”.


Conclusion :
Un récit passionnant et vecteur de belles valeurs.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les genres
- la répartition des rôles
- la relativité de la beauté
- l’apprentissage

3 juin 2014

Joseph Delaney : L’épouvanteur - The Wardstone Chronicles (volumes 1 à 4)

Ce que l’éditeur nous dit :
“L'Epouvanteur a eu de nombreux apprentis, me dit maman. Mais peu ont achevé leur formation. Et ceux qui y sont parvenus sont loin d'être à la hauteur. Ils sont fragiles, veules ou lâches. Ils se font payer fort cher de bien maigres services. Il ne reste que toi, mon fils. Tu es notre dernière chance, notre dernier espoir. Il faut que quelqu'un le fasse. Il faut que quelqu'un se dresse contre les forces obscures. Tu es le seul qui en soit capable." Thomas Ward, le septième fils d'un septième fils, devient l'apprenti de l'Epouvanteur du comté. Son maître est très exigeant. Thomas doit apprendre à tenir les spectres à distance, à entraver les gobelins, à empêcher les sorcières de nuire... Cependant, il libère involontairement Mère Malkin, la sorcière la plus maléfique qui soit, et l'horreur commence...

Ce que j’en pense :
Contrairement à ce qui est annoncé sur la quatrième de couverture, la lecture de l’Epouvanteur n’empêche en rien de passer une excellente nuit de sommeil (peut-être pas à mon âge du moins). Néanmoins il faut avouer que les méchants créés par Joseph Delaney sont assez costauds à leur manière, et ce dès le premier tome. Si à ce moment-là on se demande comment il va réussir à tenir le rythme sur la suite, il s’en sort très bien au moins jusqu’à la fin du quatrième volume. Le point fort de cette série est de nous plonger dans un univers moyenâgeux, où les démons imaginaires côtoient les très réels inquisiteurs, des prêtres, des seigneurs et autres personnages typiques de cette époque. En ce sens le récit prend une part de réalisme qui contribue à le rendre crédible.
Le héros, sous couvert de démarrer en tant qu’apprenti, se retrouve très rapidement plongé (seul) au cœur de l’action et est exceptionnellement doué. Et au vu de la tournure que semble prendre l’histoire, il ne serait pas étonnant que tôt ou tard il soit amené à sauver le monde, au moins. Comme par hasard… Un peu moins cliché, l’approche qui est faite de son tuteur, qui est vite présenté comme un être humain qui certes révère une haute maitrise de son métier, mais présente également sa propre histoire et ses propres faiblesses malgré tout.
Un autre aspect de l’écriture que je trouve bien mené est cette capacité à nous spoiler l’air de rien de petits détails sur le futur des personnages, révèle juste assez pour intriguer le lecteur et l’inciter à poursuivre. Sans avoir un sentiment de suspense insoutenable, cela fonctionne plutôt bien pour moi.

Conclusion :
Une série jeunesse jusque-là bien menée, dont j’attends de voir l’évolution dans les volumes suivants.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
-  les chaînes
- la maçonnerie
- les cours d’eau
- les malles

27 mai 2014

Nicolas Keramidas et Didier Crisse (puis Jean-David Morvan) : Luuna (tome 1 à 8)

 Ce que l’éditeur nous dit :
Dans les légendes indiennes, la tribu mythique des Paumanoks était le lien entre le monde des dieux, celui de la nature et le monde des hommes. Luuna, La fille du grand Sachem des Paumanoks, est heureuse : cette nuit, elle va enfin rencontrer son totem. L'initiation peut commencer. Mais le destin prend parfois des routes tortueuses !

Ce que j’en pense :
Si l’histoire de Luuna commence de manière classique, avec la cérémonie initiation d’une jeune indienne, les événements s'accélèrent très vite, nous plongeant dans l’action dès le premier volume. Mais alors que les aventures s’enchaînent, on a l’impression que l’auteur perd le contrôle de son personnage, avec un sentiment de coupes drastiques dans un univers par ailleurs trop linéaire. On arrive à un gros n’importe quoi, qui (soulagement) semble prendre fin avec la clôture du tome 5, celui-ci marquant la fin d’un cycle. La suite s’installe dans un univers totalement et une intention totalement différents. Pour caricaturer grossièrement cela serait un peu comme si nous passions du film 1 au film 2 de la Pocahontas de Disney, à la différence près que cette suite ne paraît pas si inintéressante. Un nouveau scénariste prenant le relais, tout est possible. Pour l’aspect visuel, espérons que rien ne change.

Conclusion :
Une série pleine de promesses et de déceptions, mais tout de même assez intrigante pour en attendre la suite.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- le ying et le yang
- les divinités
- le nouveau monde

22 mai 2014

Joël Dicker : La vérité sur l'Affaire Harry Quebert

Ce que l’éditeur nous dit :
À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ? Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

Ce que j’en pense :
Difficile de décrire La vérité du l’Affaire Harry Quebert, qui réinvente le roman policier (enfin je crois, ma base de référence en la matière étant très sommaire). Tout d’abord parce que si policiers il y a, ils ne sont que personnages secondaires. Ensuite parce qu’à aucun moment le livre ne se place dans le gore, le monstrueux ou l’effrayant. Au contraire, on nous parle d’amour, allant jusqu’à un sentimentalisme niaiseux à grand renfort de mauvaise poésie (le talon d’Achille du roman qui insiste parfois sur le Grand Amour de manière si puérile, alors que l’auteur sait parfaitement le décrire pour d’autres personnages). Le suspense est là, tangible (il faut bien cela pour tenir un lecteur en haleine sur près de 700 pages), mais pas prédominant non plus. Joël Dicker prend le temps de nous faire découvrir l’histoire personnelle de la plupart des protagonistes et c’est précisément cet aspect qui est fascinant, alors qu’il démultiplie les points de vue et les interconnexions avec une parfaite maîtrise de l’ensemble.
Pour terminer, si je me doutais que certaines révélations réservaient encore des surprises (facile à deviner quand il reste 200 pages à lire), à aucun moment je n’ai été capable de concevoir toute seule le fin mot de l’histoire.

Conclusion :
Un thriller hors du commun.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les clients habitués
- les tableaux
- les carnets secrets
- les mouettes

27 avril 2014

Orson Scott Card : Ender, l'exil (Ender in exile)

Ce que l’éditeur nous dit :
À douze ans, Ender Wiggin a sauvé l'humanité de la menace extraterrestre des « doryphores », mais il n aura pas droit à un retour triomphal sur Terre : les rivalités nationales ont repris et les jeunes prodiges de l'école de guerre suscitent convoitises et craintes. On lui propose l'exil vers la première colonie humaine sur une planète prise aux doryphores, dont il deviendra le gouverneur. Mais pour cela il devra s imposer face à un amiral à l'ancienne qui n est pas prêt à s en laisser conter par un gamin. Cependant Ender reste rongé par son crime, le génocide de toute une espèce. Il n'a de cesse que de la comprendre et de la réhabiliter. Pour cela, il découvrira le dernier uf de reine et cherchera désormais la planète qui saura tolérer la réapparition de la plus grande menace envers l'humanité... C'est le début d'un long périple qui durera plus de trois mille ans et s'achèvera dans La voix des morts.

Ce que j’en pense :
J’ai beau largement critiqué les défauts du cycle Ender, cela ne m’a pas moins empêché de sauter de joie, lorsque j’ai découvert qu’il y avait plus ! L’auteur a par la suite écrit ce volume supplémentaire, qui en réalité se déroule entre le premier et le second tome. Cela est peut-être dû à la prise d’expérience d’Orson-Scott Card, mais je l’ai trouvé plus équilibré que ses prédécesseurs. On retrouve un peu de l’esprit de découverte, une sorte de légèreté (quoi qu’Ender est déjà bien amoché mentalement, cela vient peut-être de l’évolution des liens avec les membres de sa famille), tout en posant déjà fortement les bases des questions existentielles qui seront largement débattues dans le reste de la saga. J’ai en tout cas été ravie de retrouver ces personnages, cet univers, et l’écriture d’Orson-Scott Card, et ne manquerais pas de continuer à explorer son oeuvre. L’auteur fait beaucoup d’appels du pied envers le personnage de Bean, invitant fortement à découvrir la saga qui lui est consacré (dont le sixième tome est actuellement en cours d’écriture, ndlr). Il est probable que lu isolément Ender, l’exil, ne présente que peu d’intêret. Lu dans son contexte, il fait tout à fait sens.

Conclusion :
Une nostalgie constructive dans l’univers d’Ender.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les correspondances
- la sagesse
- les annales
- la famille




6 mars 2014

Isaac Marion : Vivants (Warm bodies)

Ce que l’éditeur nous dit :
R est un zombie. Il n'a pas de nom, pas de souvenirs, pas de pouls. Mais il rêve. Dans les ruines d'une ville dévastée, R rencontre Julie. Elle est vivante, palpitante. C'est un jaillissement de couleurs dans un camaïeu de gris. Et sans vraiment savoir pourquoi, R choisit de ne pas la tuer. C'est le début d'une étrange relation, à la fois tendre et dangereuse. Ce n'était jamais arrivé. R bafoue les règles des Vivants et des Morts. Il veut respirer de nouveau, il veut vivre, et Julie va l'aider. Mais leur monde ne se laissera pas transformer sans combattre.

Ce que j’en pense :
Pour le défi 1 mois = 1 consigne du mois de février, il me fallait lire un livre à la tranche rouge. Pas si facile à faire pour les nouveaux adeptes des ebooks... pas de papier, pas de tranche, oups. Pour l’occasion je suis donc allée flâner en librairie, où je suis tombée sur Warm Bodies, dont j’avais déjà vu la bande-annonce cinématographique. Après les lectures de World War Z et de Walking Dead, cette nouvelle approche post-apocalyptique me semblait être un candidat idéal. Je me doutais que je partais sur une histoire probablement amusante à lire, mais pas révolutionnaire. Et c’est exactement ce que j’ai lu. Le principe de base est original, même si pas très “crédible” (abstraction faite que le zombie ne soit déjà pas un concept réaliste), l’histoire d’amour joliment écrite, et le ton un peu absurde tout à fait bienvenu.

Conclusion :
Une petit livre sympathique et facile à lire.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les avions
- les stades
- les écoles
- les plats préparés




21 janvier 2014

Orson-Scott Card : Le cycle d'Ender (tome 1 : La stratégie Ender) (Ender’s game)

Ce que l’éditeur nous dit :
Qui es-tu, Ender Wiggin ? Tu as six ans, et un moniteur branché sur ton cerveau surveille la moindre de tes pensées. Tu avais fini par t'y habituer. Et voilà qu'on te l'enlève ! Ne serais-tu pas assez intelligent ? Déjà les tests de ton frère et de ta soeur avaient révélé quelques failles. Deux enfants surdoués, pourtant ! C'est pourquoi les militaires ont programmé ta naissance. Ne recherchent-ils pas les grosses têtes, depuis que la Terre vit sous la menace d'une nouvelle invasion ? Des grosses têtes qui deviendront des soldats. Pauvre Ender ! Si différent de tes camarades, si solitaire. Surtout depuis que tu as été sélectionné pour entrer à l'école de guerre ! Les adultes prétendent que toi seul peux sauver la planète, la race humaine. Encore un de leurs mensonges ? A moins que ton innocence ne permette vraiment ce miracle...

Ce que j’en pense :
En commençant par son adaptation cinématographique, j'entrevoyais une œuvre originale beaucoup plus creusée. Effectivement, à l’écrit, de nombreux détails supplémentaires viennent ponctuer le récit, donnant par exemple une place bien plus importante aux frères et sœurs. Mais la différence n’est pas aussi radicale que je l’avais imaginée. J’ai gardé la même impression, celle que les évènements étaient survolés. A maintes occasions, le fait d’avoir vu le film a même été un gros avantage en terme de détails visuels supplémentaires, permettant de mieux comprendre le contexte. A noter que selon les aspects, le livre est à la fois plus “dur” et plus enfantin que son adaptation. Une petite déception donc. Heureusement, cela ne retire rien à tout ce que j’avais déjà apprécié dans l’essence même de l’œuvre, dans son histoire, dans son univers.
En principe je chronique les séries dans leur intégralité, et non pas volume par volume. Mais les enjeux mis en place à partir du second tome créent une telle rupture de ton, qu’il m’a paru plus cohérent d’en faire un article différent.

Conclusion :
Pas aussi génialissime que je ne m’y attendais, mais une sacrée bonne lecture quoi qu’il en soit.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les bureaux portables
- l'endurance
- les pseudos
- les balançoires