Ce que l’éditeur nous dit :
Un vieil éléphant disparaît sans laisser de traces, avec son vieux gardien dans une banlieue résidentielle de Tokyo. Un couple pris d'une fringale décide de réaliser en pleine nuit un fantasme : dévaliser une boulangerie. Un homme à l'habitude de mettre le feu à une grange tous les deux mois... C'est, en 17 nouvelles, tout l'univers insolite et hors norme de Murakami que nous offre L'éléphant s'évapore.A travers ces histoires, petits contes anodins de notre quotidien, il déploie encore son art magistral, et nous montre qu'il sait comme personne comment transfigurer la banalité de nos existences.
Ce que j’en pense :
Il y a dans le style de Haruki Murakami, une récurrence de l’absurde. Enfin non ce n’est pas tout à fait ça, car ses personnages semblent au contraire extrêmement logiques. C’est juste que cette logique prend souvent des chemins tortueux, des raisonnements qui ne tiendraient pas la route s’ils étaient présentés autrement. Et une sorte de frustration aussi au terme de ces récits qui semblent toujours s’arrêter abruptement. Si cette tendance se trouve également dans ses romans, elle paraît d’autant plus flagrante dans ces nouvelles qui décrivent des situations intrigantes, mais ne donnent pas d’explications. Au terme de chacune de ces histoires, on reste quelques secondes suspendu, à réaliser que oui le récit s’achève là, comme ça, puis quelques secondes encore pour comprendre qu’en fait cela n’a aucune importance, car ce n’était pas le but. On l’accepte, et on passe à la suivante, savourant d’avance le délice de se faire encore avoir. Parce qu’en plus on en redemande, tellement ces récits à la fois irréels et anodins (même sur des formats cours, Haruki Murakami ne manque jamais de nous décrire la préparation d’un repas de pâtes ou le choix musical effectué par ses protagonistes), sont envoûtants. Décidément je ne me lasse pas de cet auteur.
Conclusion :
Une preuve qu’il est possible d’être aussi bon en écriture de nouvelles que de romans.
A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la compréhension des autres
- la manière d’aborder une fille
- le téléphone
- les bavards
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22 avril 2014
Spike Jonze : Her
Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l'acquisition d'un programme informatique ultramoderne, capable de s'adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de 'Samantha', une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux…
Ce que j’en pense :
Plus qu’un film, une expérience, un véritable ovni sur lequel il m’est difficile de placer des mots. Sans surprise puisque Her se veut être un véritable concentré de sentiments. Le mot “feeling” (et ses déclinaisons) doit d’ailleurs être prononcé plus d’une centaine de fois. Spike Jonze tente de définir l’amour, celui des autres mais aussi l’amour de soi, qui ne vont pas l’un sans l’autre. Peut-on jamais être émotionnellement prêt à s’ouvrir totalement aux autres, si oui comment, et plus encore est-on jamais prêt à véritablement essayer de comprendre et d’accepter les autres (et cet Autre en particulier) tels qu’ils sont, sans réserve ? Que de questions liées, à la saveur impalpable, mais passionnantes, qui peuvent obséder toute une vie. Sensible mais jamais puéril, entier et parfois dérangeant, mais surtout toujours prenant, Her n’oublie pas de souligner cette possibilité, de choisir d’arrêter de se poser des questions et de vivre, tout simplement.
Conclusion :
J’irais peut-être le revoir.
A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- la nostalgie
- l’expression
- le partage
- les autres
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