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19 mai 2014

Benjamin Guedj : Libre et assoupi

Ce que le synopsis nous dit :
Sébastien n'a qu'une ambition dans la vie : ne rien faire. Son horizon, c'est son canapé. Sa vie il ne veut pas la vivre mais la contempler. Mais aujourd’hui, si tu ne fais rien... Tu n’es rien. Alors poussé par ses deux colocs, qui enchaînent stages et petits boulots, la décidée Anna et le pas tout à fait décidé Bruno, Sébastien va devoir faire ... Un peu.

Ce que j’en pense :
Alors oui, Libre et assoupi aborde cette notion de travail et l’importance (peut-être à remettre en question) qu’elle représente dans notre société. Avant d’être ce qu’ils sont, les individus sont ce qu’ils font. Mais au fond on s’en fiche. Parce que Sébastien, le personnage principal lui s’en moque éperdument, souhaite juste vivre sa vie tranquillement sans que personne ne vienne l’en empêcher. Et finalement, loin d’être vindicatif, Libre et assoupi incarne à merveille cet état d’esprit, ignorant bel et bien les conventions, sans même avoir l’air de le faire exprès. Cela donne un film tout sympatique, avec en tête d’affiche un Baptiste Lecaplain tout choupinou, qui fait à merveille la moue et les grands yeux innocents de celui qui, sans être naïf, sait être simplement heureux. Suivant son exemple, le spectateur ne se pose aucune question et se contente d’apprécier le moment, toutes ces scènes drôles et touchantes, bref de prendre le temps d’être au lieu de faire, pour une fois.

Conclusion :
Une très jolie parenthèse.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les journaux intimes
- la poésie allemande
- la télévision
- les musées


17 octobre 2011

Eric-Emmanuel Schmitt : Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent

Ce que l’éditeur nous dit :
Lors d'une exposition de masques, Beethoven revient dans la vie d'Eric-Emmanuel Schmitt : surpris, il se rappelle l'avoir aimé passionnément pendant son adolescence. Pourquoi ne l'écoute-t-il plus ? Pourquoi n'a-t-il plus eu besoin de sa passion, sa véhémence, sa noblesse ? Réfléchissant à partir de sa propre vie, Schmitt médite sur notre époque qui ne croit ni en Dieu ni en l'homme, où l'individu se sent broyé et inutile. Il ausculte notre temps désespéré que l'idéal de grandeur a quitté
Un essai brillant et intime, fait d'émotions, de surprises et d'émerveillements où Schmitt élucide ce génie, créateur d'une ''messe pour l'humanité'', un homme infirme, seul, malheureux, accablé par le sort, qui écrit pourtant une oeuvre énergique couronnée par un hymne à la joie. Comment peut-on avoir le sens du tragique et se montrer optimiste ? Tel sera le défi pour notre siècle ; tel est le message de Beethoven : il nous propose une philosophie et une morale humaniste dont nous avons un urgent besoin.

Ce que j’en pense :
Tout le monde connait Beethoven. Tout le monde a déjà entendu du Beethoven. Mais au final, peu d'entre nous ont déjà véritablement écouté du Beethoven et savent le reconnaître (c'est également vrai pour nombre de ses acolytes).
Dans l'optique de parfaire ma "culture musicale", cette série de Schmitt consacrée aux musiciens classique tombait à pic. L'auteur nous donne l'occasion d'aborder un large répértoire, en partagant avec nous son point de vue et son histoire sur le sujet. Certes, il s'agit d'une conception très personnelle, qui ne convaincra pas à l'unanimité, mais donne justement l'occasion à tout un chacun de se faire sa propre opinion. La présence d'une selection de morceaux illustrant les propos va d'ailleurs dans ce sens.
La petite histoire qui suit "l'analyse" se lit vite et bien. Si non indispensable, elle apporte tout de même son petit plus à l'ensemble en démontrant comment "appliquer la théorie en pratique" (même si la pratique en question est tout à fait fictive).

Conclusion :
Une bonne occasion d’écouter Beethoven

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les musées
- la mise en scène
- les baladeurs
- les marches

28 septembre 2011

Herbert George Wells : La machine à explorer le temps

Ce que l’éditeur nous dit :
Je vis des arbres croître et changer comme des bouffées de vapeur ; tantôt roux, tantôt verts ; ils croissaient, s'étendaient, se brisaient et disparaissaient. Je vis d'immenses édifices s'élever, vagues et splendides, et passer comme des rêves. Toute la surface de la terre semblait changée - ondoyant et s'évanouissant sous mes yeux. Les petites aiguilles, sur les cadrans qui enregistraient ma vitesse, couraient de plus en plus vite. Bientôt je remarquai que le cercle lumineux du soleil montait et descendait, d'un solstice à l'autre, en moins d'une minute, et que par conséquent j'allais à une vitesse de plus d'une année par minute ; et de minute en minute la neige blanche apparaissait sur le monde et s'évanouissait pour être suivie par la verdure brillante et courte du printemps.

Ce que j’en pense :
Aujourd'hui le public est bien trop rodé pour se laisser surprendre facilement. Lorsqu'il s'agit de film d'actions plus particulièrement, on en veut toujours plus : chaque minute doit connaître son lot de rebondissements, obligeant les scénaristes à redoubler d'efforts pour trouver des idées originales. De même, il s'agit quasiment de culture générale, tout le monde sait que si un dangereux tueur se ballade dans les environs, non on ne se sépare pas.
Face à toutes ces "connaissances", le personnage principal de la Machine à voyager dans le temps parait bien niais, se laissant aller à des fautes de débutants. D'ailleurs, cette grandiose aventure est finalement assez pauvre en péripéties. On note également l'évolution des "normes" de l'écriture. Ici, un seul personnage bénéficie d’une identité bien définie, les autres étant nommés par leur fonction. De toutes façon, ce ne sont pas les hommes (très peu de sentiments sont décrits, sauf nécessité, pour favoriser le côté rationnel et scientifique), mais bien les événements qui comptent.
Mais à bien y réfléchir, quiconque regarderait aujourd'hui un épisode du "grand" Indiana Jones, le trouverai peu crédible et dépassé (même pourra tout de même passer un bon moment). Finalement si les aventures évoluent avec le temps, c'est bien parce que certaines personnes ont bien voulu s'y lancer. Et rien que par sa qualité de pionner du genre, H. G. Wells mérite bien d'être lu.

Conclusion :
Dépassé et incontournable

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les allumettes
- les musées
- les cigares
- la lutte des classes

30 décembre 2010

Tom McGrath : Megamind

Ce que le synopsis nous en dit :
Megamind est le superméchant le plus génial de toute l’histoire de l’humanité.
Et le pire loser aussi...
Depuis des années, il essaie par tous les moyens de conquérir Metro City. En vain : chacune de ses tentatives est mise en échec par l’invincible Metro Man, et tourne à la farce. Jusqu’au jour où Megamind tue Metro Man !
Mais un superméchant a besoin d’un superhéros pour se sentir exister et avoir un but dans la vie. Megamind a donc l’idée de se fabriquer un nouvel adversaire : Titan, encore plus grand, plus fort et plus héroïque que le précédent.
Problème : Titan découvre vite que c’est bien plus drôle d’être un méchant que de protéger les hommes. Et encore plus amusant de détruire le monde que de le diriger…
Pris au piège, Megamind réussira-t-il à vaincre sa diabolique création ? À devenir le héros inattendu de sa propre histoire ?


Ce que j’en pense :
Décidément, les studios américains auront été généreux en film d’animations pour cette fin d’année 2010. En bon public que je suis, et dans un soucis de préserver la cohérence de ce blog, je me dois d’effectuer une étude comparative sur le sujet. Après Moi, moche et méchant et Raiponce je suis donc allée voir Mégamind.
Le film proposé par Disney était “beau et magique”, celui d’Universal “drôle”. Au niveau visuel Dream Works n’a vraiment pas à rougir, même si  3D présente peu d’intérêt. il est difficile de qualifier Megamind de “magique”, tandis que l’adjectif  “drôle” lui correspond mieux. 
On retrouve encore une fois le principe du méchant héros pas si méchant, qui fonctionne plutôt bien. Il s’agit en réalité d’une véritable parodie des Aventures de Superman, avec une interprétation de Loïs meilleure que celle de Tery Hatcher. Lex Luthor bleu ? Peut être. En tout cas, voilà un bon moyen donc de réviser ses “classiques”.

Conclusion :
Très sympathique, même si au final j’ai préféré Raiponce :)

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les piranhas
- les musées
- les planques
- le métier de journalisme

27 septembre 2010

Reif Larsen : L’Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet

Ce que l’éditeur nous dit :
T.S. Spivet est un enfant prodige de douze ans, passionné par la cartographie et les illustrations scientifiques. Un jour, il reçoit un appel inattendu du musée Smithsonian lui annonçant qu'il a reçu le très prestigieux prix Baird et qu'il est invité à venir faire un discours. A l'insu de tous, il décide alors de traverser les Etats-Unis dans un train de marchandises pour rejoindre Washington DC... Mais là-bas personne ne se doute qu'il n'est qu'un enfant. Muni d'un télescope, de quatre compas et des Mémoires de son arrière-arrière-grand-mère, T.S. entreprend un voyage initiatique qui lui permettra peut-être enfin de comprendre comment marche le monde... Notes, cartes et dessins se mêlent au récit avec un humour et une fantaisie irrésistibles.

Ce que j’en pense :

Il est difficile de croire que L’Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet soit le premier roman de Reif Larsen. Ce livre est incroyablement bien écrit, avec une originalité et une maturité tout aussi prodigieuses que son personnage principal.
Son format, pas l’idéal du trajet de métro, amène la curiosité : des dessins, cartes, schémas, illustrations et commentaires parsèment les pages. L’idée est très bien exploitée. D’une part ces adds-on offrent la possibilité de cerner le jeune T.S. Spivet, d’appréhender sa manière de penser ; et d’autre part, ils permettent d’entrer dans son univers fascinant, de « glisser l’air de rien » les tragédies de sa vie et ses tentatives pour les gérer au quotidien, bref d’entrer dans sa tête. Ils font partie intégrante du roman.
Concernant le contenu, si la découverte pousse à la lecture frénétique dans les premiers chapitres, il faut bien avouer que certaines longueurs apparaissent plus tard. En même temps, il est bien normal que le lecteur s’ennuie lorsque T.S. Spivet trouve le temps long ou et au contraire s’emballe avec lui pendant ses moments de liesse. L’histoire est à la fois enfantine et mature, parce que celle d’un enfant sérieux, naïf et effrayé, qui se comporte comme un adulte. De ce fait, ce livre pourra aussi bien combler toutes les générations, chacun y retrouvant une part de lui-même.

Conclusion :
Un must-read, à mettre entre toutes les mains.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- Les cartes
- Les ranchs
- Les mobile-homes
- Les musées