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27 septembre 2015

Eduardo Mendoza : Sans nouvelles de Gurb (Sin noticias de Gurb)

Ce que l’éditeur nous dit :
Gurb a disparu dans Barcelone, dissimulé sous les traits de Madonna. Précision: Gurb est un extraterrestre. Parti à sa recherche sous une apparence moins voyante, son coéquipier tient scrupuleusement le journal de ses observations. Une satire délirante et désopilante de notre monde moderne.

Ce que j’en pense :
En 70 pages et principalement des dialogues/monologues (il n’est pas rare qu’un paragraphe se compose d’une ligne unique), Eduardo Mendoza propose une divertissement de très bonne facture, où l’absurde est roi. Il pourra être décortiqué, analysé sous tous les angles, pour comprendre les différents aspects de la société (et leur absurdité donc) que l’auteur aura voulu pointer du doigt. Mais il pourra aussi être apprécié dans toute sa simplicité, à l’image de son personnage principal, si naïf, si dévastateur pour son entourage et si attachant. C’est animée de ce second état d’esprit que j’ai souri, parfois même franchement ri, au fil des pages de ce roman sans prétention.

Conclusion :
Rafraîchissant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les beignets
les scorpions
l’alcool
l’agitation de la mer


3 mars 2015

Alejandro González Iñárritu : Birdman

Ce que le synopsis nous dit :
À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego…
S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir...

Ce que j’en pense :
Au sortir de cette séance je me suis sentie flouée, arnaquée de ces deux heures de ma vie si mal investies et que je ne récupérerai jamais. Quelle grosse erreur de ma part, en allant voir un film dégoulinant de récompenses (quand on voit qu’en gros 6 longs-métrages se partageaient les nominations des oscars, toutes catégories confondues, il serait temps de réaliser le peu de crédibilité que l’on peut-y accorder), d’imaginer que j’allais passer un bon moment.
Sur le principe, je suis plutôt partante pour le déjanté. Ce qualificatif, qui peut prendre de nombreuses formes (de préférence celles auxquelles on s’attend le moins), fonctionne à merveille dans un 9 mois ferme, un nouveaux sauvages, Gone girl ou encore un Very bad trip. Ainsi, j’espérais que Birdman soit drôle : il fut grotesque. L’ensemble n’est qu’une auto-contemplation ultra nombrilliste (rappelons que Alejandro González Iñárritu a écrit, réalisé et produit, exactement comme son personnage principal) sur la “situation” d’acteur déchu (bouh, bouh, bouh, pauvre superstar en mal de première page), qui se paye le culot de nous prendre un vrai ancien super héros (ça à l’air important “le vrai”, dans tout ça, ou “à la recherche de l’authenticité perdue”) pour interpréter sa propre histoire. Ça aurait pu être une prise de recul, une autodérision intéressante : c’est juste ridicule, systématiquement prévisible et surtout ennuyeux à regarder.
Par soucis d'honnêteté, je précise que, contrairement à moi, les deux personnes avec qui j’étais ce jour-là ont aimé (même si je ne comprend pas pourquoi). J'ai hésité à accorder deux étoiles au lieu d’une, parce que je reconnais l’intérêt de quelques (rares) scènes et le soin apporté à la mise en scène (même si oui, au bout de la quarantième fois on a bien compris qu’il maîtrisait le plan-séquence et qu’il savait coordonner des percussions). N'empêche qu’à mon humble avis, ce film aurait mieux trouvé sa place dans une poubelle que dans une salle de cinéma.

Conclusion :
Je regrette toujours ces deux heures de ma vie qu’on m'a volées.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
l’alcool
le vide
les fleurs
les cheveux




1 juin 2014

Jiro Taniguchi : Quartier lointain (2 volumes)

Ce que l’éditeur nous dit :
Homme mûr de 40 ans, transporté dans la peau de l'adolescent qu'il était à 14 ans, Hiroshi continue la redécouverte de son passé. Questionnant sa grand-mère, ses parents, ses amis, il réalise tout ce qui lui avait échappé lorsqu'il était jeune. Et petit à petit, l'année scolaire avançant, il voit se rapprocher la date fatidique où son père disparaîtra, pour toujours, sans aucune explication. Peut-il changer son passé ou est-il condamné à le revivre, impuissant ? Et retrouvera-t-il son existence normale, sa femme et ses enfants ?

Ce que j’en pense :
Lorsque j’ai entrepris la lecture de Quartier Lointain, j’avais l’impression de m’attaquer à un monument, pour l’avoir souvent vu cité en référence de la littérature nippone. En effet l’approche est par des aspects bien plus universelle que bien d’autres oeuvres issues de cette culture, ce qui explique en partie l’ampleur de ce succès. J’ai pour ma part beaucoup apprécié le premier tome, qui démarre avec de bonnes idées, alors qu’il est amusant de voir le personnage principal réaliser l’état de sa nouvelle situation et surtout poser son regard d’adulte sur le monde de l’enfant qu’il était (par exemple l’école qu’un adulte voit tout à fait différemment d’un enfant).
Mais je dois dire que le second volume n’est pas à la hauteur du premier. Le parti pris quant à le capacité du passé à changer est ce qu’elle est, tout comme le choix de mettre de côté toutes questions relatives à ce bon vieux continuum espace-temps (il est heureux qu’Emmet Brown ne soit pas là pour voir ça). Mais je m’attendais tout de même à ce que l’auteur approfondisse un peu plus son sujet, tandis qu’il ne nous propose qu’une fin (je parle de toute la seconde moitié du livre) tirant des conclusions hâtives. Cela aurait mérité une suite.

Conclusion :
Intéressant mais pas à la hauteur de mes attentes.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les trains
- les visites
- la course
- l’alcool


19 octobre 2012

Daniel Keyes : Des fleurs pour Algernon

Ce que l’éditeur nous dit :
Charlie Gordon a 33 ans et l'âge mental d'un enfant de 6 ans. Il voit sa vie boulversée le jour, où, comme la souris Algemon, il subit une opération qui multipliera son QI par 3. Charlie va enfin pouvoir réaliser son rêve : devenir intelligent. Au jour le jour, il fait le compte-rendu de ses progrès. Mais jusqu'où cette ascension va-t-elle le mener ?

Ce que j’en pense :
Ce roman est classé en tant que science-fiction. Drôle de choix car il me semble que c’est avant tout un roman explorant la psychologie, l’éveil de la conscience. Ce livre est incroyable à bien des points de vue. Tout d’abord par la richesse de son contenu: 256 pages seulement mais dont on a le sentiment d’en avoir lu le double tant chaque phrase est parfaitement choisie. Par la forme ensuite, l’écriture évoluant au fil des événements. Elle oblige le lecteur a adapter son rythme, ralentissant ou accélérant avec la vitesse de pensée de son personnage, prodigieuse. Incroyable encore de découvrir que l’écriture des Fleurs pour Algernon date des années 60. Bien sûr je ne suis pas assez calée dans le domaine psychiatrique pour en débattre tout à fait, mais on dirait que ce livre n’a pas pris une ride. Pas si étonnant, la question d’identité, face à soi même ou au reflet que les autres nous renvoient, semblant être de celles que les hommes ne cesseront de se poser de si tôt.
La définition même de l’humanité, la question de l’intelligence, la part de la culture dans le développement personnel, le rapport entre amour et intellect, le concept d’amitié, les forces et les faiblesses d’une personnes, la place de chacun dans la société, le poids familial, le besoin désespéré des autres, etc. Voici quelqu’un des thèmes abordés dans ce petit bijou. Loin d’apporter toutes les réponses, il laisse une large place à la réflexion.

Conclusion :
Plus j’y pense et plus je me dis que j’ai aimé ce livre.

A lire si vous voulez en savoir plus sur
:
- les fours à pain
- l’alcool
- les spécialités
- les débats


26 août 2012

Pascal Thomas : Associés contre le crime...

Ce que le synopsis dit :
Prudence et Bélisaire Beresford ont décidé de prendre un repos bien mérité. Mais une richissime héritière russe disparaît, et Prudence ne résiste pas à l’appel du danger… Bélisaire est bien obligé de suivre sa turbulente épouse. L’enquête va les conduire sur les traces d’un mystérieux savant qui détient le secret de l’éternelle jeunesse…

Ce que j’en pense :
Quelle joie de retrouver Prudence et Bélisaire, duo d’enfer très décalé et toujours merveilleusement interprétés par Catherine Frot et André Dussollier, pour de folles aventures.
Ah, ben en fait non. Certes les deux acteurs n’ont pas perdus tout leur talent en ci peu de temps (contrairement au reste du casting. Cela doit être fait exprès, je ne vois pas d’autre explication), mais on sent bien qu’ils sont complètement perdus dans ce scénario sans queue ni tête.
En fait, le film est un enchaînement d’événements inutiles et sans connections. Exemple : dans les premières minutes du film, la fille des deux époux disparaît. Mystère ? Ah non, en fait on s’en fou. Un peu plus tard, Prudence, sujette à un ennui profond (tout comme le spectateur) décide de changer qui elle est, pour trois minutes plus tard... finalement non. C’est comme ça tout le long. Même la résolution finale de l’affaire fait plouf. Et sans compter sur le dernier quart d’heure, aussi inadapté au reste que saugrenu.
Je dois quand même noter de magnifiques paysages, une bonne scène (durant 10 minutes seulement), durant laquelle tout est parfait (humour, action, surprises, etc.) et UNE excellente réplique qui me fait encore rire maintenant. Pour le reste :(

Conclusion :
Tout pourri.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les petits ciseaux
- les enseignes
- l’alcool
- les cabanes