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2 mars 2015

Haruki Murakami : Les amants du Spoutnik (スプートニクの恋人, Spūtoniku no koibito)

Ce que l’éditeur nous dit :
K. est amoureux de Sumire, mais dissimule ses sentiments sous une amitié sincère. La jeune fille est insaisissable, et voue un amour destructeur à une mystérieuse femme mariée. Un jour, Sumire disparaît, sans laisser de traces. K. part à sa recherche sur une île grecque, dans les rues de Tokyo, où tout le ramène à elle. " Une fable du troisième millénaire : des êtres séparés, un amour impossible, le néant spirituel, un vide implacable.

Ce que j’en pense :
Il est possible que ce soit l’absence d’effet de nouveauté, mais pour moi Les Amants de Spoutnik ne s’inscrit clairement pas parmi les meilleurs romans de Haruki Murakami. Sur la dizaine de ses oeuvres que j’ai lues, j’ai à la fois eu l’impression d’une expérience à chaque fois unique (alors que certains auteurs finissent par tourner en rond dans leur propre univers), tout en savourant le plaisir de retrouver ce style si caractéristique. C’est tout de même prodigieux. Le fait qu’il n'essaie pas de publier une nouveauté à chaque rentrée littéraire peut en partie l’expliquer. Il ne semble pas céder à la facilité des écrivains renommés, qui laissent de côté la qualité et ne prennent plus le temps de la réflexion, d’aller en profondeur et de peaufiner, avant d’inonder les librairies. Avec Les amants de Spoutnik, j’ai eu le sentiment de “rentrer à la maison”, de me glisser dans un bain chaud après une journée difficile, savourant cette écriture aussi captivante qu’agréable à lire. Quel plaisir de pouvoir naturellement suivre le flot des mots, sans devoir plonger dans la facilité d’un mauvais roman de gare. Car avec Haruki Murakami, les questions existentielles ne sont jamais loin, tandis qu’il devient logique que la plupart des questions soulevées restent sans réponse.

Conclusion :
Créer un îlot de quiétude au travers de personnages tourmentés, si ça ce n’est pas du génie...

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les grandes roues
les codes secrets
les coups de fil
la fatalité


6 décembre 2014

Haruki Murakami : L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage (色彩を持たない多崎つくると、彼の巡礼の年 - Shikisai o motanai Tazaki Tsukuru to, kare no junrei no toshi)

Ce que l’éditeur nous dit :
Depuis le mois de juillet de sa deuxième année d'université jusqu'au mois de janvier de l'année suivante, Tsukuru Tazaki vécut en pensant presque exclusivement à la mort. À Nagoya, ils étaient cinq amis inséparables. L'un, Akamatsu, était surnommé Rouge ; Ômi était Bleu ; Shirane était Blanche et Kurono, Noire. Tsukuru Tazaki, lui, était sans couleur. Tsukuru est parti à Tokyo pour ses études ; les autres sont restés. Un jour, ils lui ont signifié qu'ils ne voulaient plus jamais le voir. Sans aucune explication. Lui-même n'en a pas cherché. Pendant seize ans, Tsukuru a vécu comme Jonas dans le ventre de la baleine, comme un mort qui n'aurait pas encore compris qu'il était mort. Il est devenu architecte, il dessine des gares. Et puis Sara est entrée dans sa vie. Tsukuru l'intrigue mais elle le sent hors d'atteinte, comme séparé du monde par une frontière invisible. Vivre sans amour n'est pas vivre. Alors, Tsukuru Tazaki va entamer son pèlerinage. À Nagoya. Et en Finlande. Pour confronter le passé et tenter de comprendre ce qui a brisé le cercle. Après la trilogie 1Q84, une œuvre nostalgique et grave qui fait écho aux premiers titres du maître, La Ballade de l'impossible notamment

Ce que j’en pense :
Devant le succès que ce dernier ouvrage semble connaître au sein des participants au challenge Haruki Murakami, il a bien fallu que je finisse par l’emprunter à la bibliothèque. J’ai dépassé la couverture sans conviction particulière, sans avoir une idée précise du contenu, plutôt poussée par l’idée que je n’avais qu’une semaine pour le lire avant restitution obligatoire (les nouvelles acquisitions étant très demandées) que par une impatience démentielle. Si les 70 premières pages se contentent d’installer le décor l’air de rien, il devient par la suite impossible d’interrompre sa lecture, l’empressement à connaître la suite se faisant de plus en plus fort à l’approche de l’issue finale. Si certaines questions sont posées, on ne se trouve pas non plus dans un contexte de thriller avec suspense insoutenable, c’est simplement que l’on a envie de connaître la suite. C’est la magie de Murakami, qui a toujours autant d’effet sur moi, qui à le don de distiller les détails “inutiles” de la narration pour mieux nous faire pénétrer dans le coeur de ses personnages.

Conclusion :
Un roman fascinant, à la recherche de soi, des autres.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les automobiles
les poteries
le coaching
le piano



4 décembre 2014

Challenge Haruki Murakami : bilan du mois de novembre

L'incolore Tsukuru est toujours la lecture favorite des participants, tel un incontournable de ce challenge (6 chroniques lui y sont consacrées, sur les 23 recensées)!

Je rappelle que si bien sûr les écrits de l'auteur sont prioritaires, il est également possible de découvrir les ouvrages que celui-ci a traduit, ainsi que les produits dérivés qu'il a inspiré.

Je vous informe que le lot pour le gagnant du challenge (tiré au sort parmi les inscrits comptant 3 participations ou plus, ndlr) sera composé d'un livre de Murakami en français (probablement Underground), une jolie petite bouteille de saké (marque goutée et approuvée par mes soins) et un marque page japonais.

Nous avons maintenant dépassé la moitié du challenge. Nous verrons si les fêtes de fin d'année seront propices à la lecture. En attendant amusez-vous bien !
 

  • Andrée la papivore

  • Asn83
Après le tremblement de terre
La fin des temps
Truman Capote : Petit déjeuner chez Tiffany

  • Bina
L'Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage
Saules aveugles, femme endormie

  • Céline
Les attaques de la boulangerie
Les amants du Spoutnik

  • Erinael
La ballade de l'impossible

  • M.Kate
Les attaques de la boulangerie
L'éléphant s'évapore

  • Nounours  36
Pinball 1973
Saules aveugles, femmes endormies

  • Prune42
Kafka sur le rivage
L'Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

  • Sandrine57  
L'Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

  • Shao69
Kafka sur le rivage
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage

  • Stayfunny
L'Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage
Les amants du Spoutnik

  • Un chocolat dans mon roman
L'Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

  • Velidhu
Les attaques de la boulangerie

26 novembre 2014

Haruki Murakami : La fin des temps (世界の終りとハードボイルド・ワンダーランド - Sekai no owari to Hādo-boirudo Wandārando)

Ce que l’éditeur nous dit :
Le narrateur, un informaticien de très haut niveau, qui effectue des missions spéciales, apporte un jour sa collaboration à un vieux savant dont le laboratoire se situe dans les sous-sols obscurs d'un immeuble. Dès lors, il est entraîné dans une aventure terrifiante. Parallèlement à ce Hard-boiled wonderland, interviennent en alternance les chapitres de La Fin des temps : le narrateur se trouve prisonnier d'une ville onirique, peuplée de licornes au pelage doré. Les deux intrigues se rejoindront finalement. De même que son personnage flirte avec d'anodines jeunes filles, Haruki Murakami courtise ici le mythe - ce qui nous vaut une fable d'une prenante étrangeté. Ce roman a obtenu au Japon le prix Tanizaki.

Ce que j'en pense :
Si les romans de Haruki Murakami me laissent toujours ce sentiment particulier, assez semblable d’une fois sur l’autre (bien qu’au travers d'un support très différent, Murakami étant constant dans son style sans pour autant éprouver de difficulté à se renouveler dans la forme ou les idées transmises), je dois dire que la Fin des temps m’avait un peu plus marqué que les autres. Peut-être à cause de cette construction à deux voix, peut-être à cause de ce monde imaginaire et des licornes, peut-être à cause de sa thématique sur l’inconscient, peut-être juste parce que c'est l'un des premiers romans de l'auteur qu’il m’ait été donné de découvrir. Difficile à dire. Toujours est-il que c’est le seul que j'avais envie de relire (la priorité étant donnée aux nouvelles lectures de cet écrivain si prolifique), occasion créée par le cadre du challenge lui étant dédié.
C’est avec plaisir que je me suis à nouveau laissée emporter par cet univers, qui m'a permis de découvrir ou redécouvrir maint détails fascinants. Si l’expérience m'a parue toujours très agréable, je dois dire que j'ai été un peu moins subjuguée que la première fois, sûrement par l’absence de la nouveauté.

Conclusion :
Une expérience délicieuse, même sans l'attrait de la nouveauté.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les feux de bois
les gammes
les destructions méthodiques
le rose



1 novembre 2014

Challenge Haruki Murakami : bilan du mois d'octobre

Voici deux mois que le challenge a démarré, et nous voici maintenant avec 14 lectures effectuées. Il semble que le dernier sorti, L'incolore Tsukuru Tazaki, connaisse un très large succès parmi les participants. Contrairement à ce que j'avais annoncé  au mois de septembre, il va falloir patienter encore un peu avant de connaître le contenu du lot à gagner... Bonne lecture à tous !


  • Andrée la papivore

  • Asn83
Après le tremblement de terre

  • Bina
L'Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

  • Céline
Les attaques de la boulangerie
Les amants du Spoutnik

  • Erinael
La ballade de l'impossible

  • M.Kate
Les attaques de la boulangerie

  • Nounours  36
Pinball 1973
Saules aveugles, femmes endormies

  • Prune42
Kafka sur le rivage

  • Sandrine57  
L'Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

  • Shao69
Kafka sur le rivage

  • Stayfunny
L'Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

  • Un chocolat dans mon roman
L'Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

30 septembre 2014

Haruki Murakami : Après le tremblement de terre (神の子どもたちはみな踊る - Kami no Kodomo-tachi wa Mina Odoru)

Ce que l’éditeur nous dit :
Un mois après le tremblement de terre de Kobe en 1995, les secousses continuent dans le coeur des Japonais... Les séismes intérieurs déplacent les solitudes ordinaires, réveille les consciences endormies ou ravive le feu de la vie. A travers six variations, Murakami effleure, avec une infinie délicatesse, la faille intérieure présente en tout être.

Ce que j’en pense :
Il y a quelque chose de différent dans ce recueil de nouvelles. Peut-être parce que c’est le premier de cet auteur que je découvre autour d’un thème unique. J’ai au départ été désorientée par ces histoires auxquelles il me semblait manquer quelque chose, même en prenant en compte cette habitude de Murakami d’achever ses récit dans un flottement intangible. De plus, si les références au dit tremblement de terre étaient présentes, elles semblaient n'apparaître que furtivement, en trame de fond. Jusqu’à ce que je prenne conscience de ces autres détails qui relient les nouvelles les unes aux autres, révélant toute l’élégance de l’ensemble.

Conclusion :
En deçà du reste de l’oeuvre, mais de bonnes choses tout de même.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les ours
- les piscines
- les batraciens
- les flammes


1 septembre 2014

Challenge Haruki Murakami : Go !

Le top départ du challenge est officiellement donné!!

Ils sont 27 (+1) valeureux lecteurs à s'être lancés dans l'aventure, avec un panel plutôt large entre blogueurs fous ou amateurs de plateformes du livre, entre fans déjà comblés de l'auteur et nouveaux lecteurs ne demandant qu'à être convertis, une majorité de femmes mais également quelques représentant de la gent masculine.

Pour rappel, retrouvez la page dédiée dans les onglets.

Voici l'état des lieux des participants à Jour 1 :
  • Alaskan
  • Coccinelle
  • Experyoshi
  • Jacqueswatel
  • Laetitia Nadji 
  • Leely
  • M.Kate
  • Planquette
  • Purgatoire
  • Tankafer
  • Velidhu
  • Andrée la papivore
  • Asn83 
Lus avant le challenge :
Autoportrait de l'auteur en coureur de fond
L’éléphant s’évapore
Le passage de la nuit
La Course au mouton sauvage
1Q84 (volume 1 à 3)
La Ballade de l'impossible - Norvegian Wood (film)
Kafka sur le rivage
Francis Scott Fitzgerlad : Gatsby le magnifique

  • Bibliovégévore
Lu avant le challenge :
Sommeil

  • Bina 
Lus avant le challenge :
1Q84, volume 1
1Q84, volume 2
1Q84, volume 3
Les attaques de la boulangerie

  • Céline
Billet de présentation

  • Erinael
Billet de présentation

  • Felina
Lus avant le challenge :
1Q84, volume 1
1Q84, volume 2
1Q84, volume 3
Kafka sur le rivage
Les amants du Spoutnik

  • Marjorie

4 août 2014

Annonce du challenge Haruki Murakami

Depuis que j'ai découvert Haruki Murakami, chacune des lectures de cet auteur a été pour moi un enchantement. Mais ce n'est que très récemment que j'ai réalisé l'ampleur de son travail, tout comme la portée de son succès au Japon et dans le reste du monde, renforçant un peu plus mon admiration pour cet homme hors du commun.

Afin de s'immerger un peu plus profondément dans son univers,  je propose aujourd'hui ce challenge dédié, dont le gong de départ sonnera le 01 septembre 2014 et se terminera le 12 janvier 2015 (date anniversaire de l'auteur).

Dans ce cadre il sera possible de piocher parmi les (nombreux) écrits issus de sa plume, mais également ceux pour lesquels il a effectué la traduction japonaise (qu'il cite fréquemment dans ses ouvrages et reconnus comme l'ayant incontestablement influencé), sans oublier les œuvres qu'il a inspirées (biographies, adaptations cinématographiques, etc.). Voir la page de référence.

A gagner : un tirage au sort sera effectué parmi les participants ayant effectué au moins 3 chroniques, à qui j’enverrais un petit colis (dont le contenu sera révélé à mi-parcours). ;-)

Pour en savoir plus, visitez la page dédiée dans les onglets.

17 juin 2014

Haruki Murakami : l’éléphant s’évapore (象の消滅, Zō no shōmetsu)

Ce que l’éditeur nous dit :
Un vieil éléphant disparaît sans laisser de traces, avec son vieux gardien dans une banlieue résidentielle de Tokyo. Un couple pris d'une fringale décide de réaliser en pleine nuit un fantasme : dévaliser une boulangerie. Un homme à l'habitude de mettre le feu à une grange tous les deux mois... C'est, en 17 nouvelles, tout l'univers insolite et hors norme de Murakami que nous offre L'éléphant s'évapore.A travers ces histoires, petits contes anodins de notre quotidien, il déploie encore son art magistral, et nous montre qu'il sait comme personne comment transfigurer la banalité de nos existences.

Ce que j’en pense :
Il y a dans le style de Haruki Murakami, une récurrence de l’absurde. Enfin non ce n’est pas tout à fait ça, car ses personnages semblent au contraire extrêmement logiques. C’est juste que cette logique prend souvent des chemins tortueux, des raisonnements qui ne tiendraient pas la route s’ils étaient présentés autrement. Et une sorte de frustration aussi au terme de ces récits qui semblent toujours s’arrêter abruptement. Si cette tendance se trouve également dans ses romans, elle paraît d’autant plus flagrante dans ces nouvelles qui décrivent des situations intrigantes, mais ne donnent pas d’explications. Au terme de chacune de ces histoires, on reste quelques secondes suspendu, à réaliser que oui le récit s’achève là, comme ça, puis quelques secondes encore pour comprendre qu’en fait cela n’a aucune importance, car ce n’était pas le but. On l’accepte, et on passe à la suivante, savourant d’avance le délice de se faire encore avoir. Parce qu’en plus on en redemande, tellement ces récits à la fois irréels et anodins (même sur des formats cours, Haruki Murakami ne manque jamais de nous décrire la préparation d’un repas de pâtes ou le choix musical effectué par ses protagonistes), sont envoûtants. Décidément je ne me lasse pas de cet auteur.

Conclusion :
Une preuve qu’il est possible d’être aussi bon en écriture de nouvelles que de romans.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la compréhension des autres
- la manière d’aborder une fille
- le téléphone
- les bavards


16 août 2013

Haruki Murakami : Le passage de la nuit (アフターダーク - After dark)

Ce que l’éditeur nous dit :
Pour une nuit, Haruki Murakami nous entraîne dans un Tokyo sombre, onirique, hypnotique. Un éblouissant roman d'atmosphère à la poésie singulière, aux frontières de la réalité et du fantasme, où chaque détail, rétrospectivement, fait sens.
Dans un bar, Mari est plongée dans un livre. Elle boit du thé, fume cigarette sur cigarette. Un musicien surgit, qui la reconnaît.
Au même moment, dans une chambre, Eri, la soeur de Mari, dort à poings fermés. Elle ne sait pas que quelqu'un l'observe.
Autour des deux soeurs vont défiler des personnages insolites : une prostituée blessée, une gérante d'hôtel vengeresse, un informaticien désabusé, une femme de chambre en fuite. Des événements bizarres vont survenir : une télévision qui se met brusquement en marche, un miroir qui garde les reflets.
À Tokyo, le temps d'une nuit, va se nouer un drame étrange.


Ce que j’en pense :
Comme toujours, Murakami nous installe confortablement dans une ambiance envoutante. En apparence tout est normal, mais soudain le fantastique vient subrepticement s'immiscer. C’est l’un des points forts de l’auteur. Pourtant dans After Dark, je n’ai pas compris l’utilité de cet élément, très présent mais très inexpliqué. L’auteur n’est pourtant pas du genre à écrire quelque chose sans raison, mais je n’ai pas dû comprendre la métaphore qui s’y cachait.
Par contre, l’utilisation d’un narrateur chez Murakami est une expérience nouvelle pour moi. Il en joue à merveille, en faisant un personnage invisible et immatériel qui tiendrait la caméra nous permettant de suivre les différents personnages, alternant zoom et plans larges. Le procédé est délicieux et participe grandement à nous intriguer.
Pour ce qui est de l’histoire, on pourrait résumer en disant que le thème principal est l’amour : l’amour entre deux personnes du sexe opposé, l’amour fraternel, l’amour marital ou encore l’amour pour soi même. Tout se joue en l’espace d’une nuit (à noter que je n’ai pas été très convaincu par le découpage du temps qui est proposé), au terme de laquelle nous laissons les protagonistes continuer leur chemin sans nous. Il y a une certaine magie dans cet éphémère.

Conclusion :
Envoutant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :

- les briques de lait
- les cafés
- les lits
- les projets professionnels



9 novembre 2012

Haruki Murakami : 1Q84 (3 tomes)

Ce que l’éditeur nous dit :
C'est l'histoire de deux mondes, celui réel de 1984 et un monde parallèle tout aussi vivant, celui de 1Q84. Deux mondes imbriqués dans lesquels évoluent, en alternance, Aomamé et Tengo, 29 ans tous deux, qui ont fréquenté la même école lorsqu'ils avaient dix ans. A l'époque, les autres enfants se moquaient d'Aomamé à cause de son prénom, « Haricot de soja », et de l'appartenance de ses parents à la nouvelle religion des Témoins. Un jour, Tengo l'a défendue et Aomamé lui a serré la main. Un pacte secret conclu entre deux enfants, le signe d'un amour pur dont ils auront toujours la nostalgie.
En 1984, chacun mène sa vie, ses amours, ses activités.
Tueuse professionnelle, Aomamé se croit investie d'une mission : exécuter les hommes qui ont fait violence aux femmes. Aomamé a aussi une particularité : la faculté innée de retenir quantité de faits, d'événements, de dates en rapport avec l'Histoire.
Tengo est un génie des maths, apprenti-écrivain et nègre pour un éditeur qui lui demande de réécrire l'autobiographie d'une jeune fille qui a échappé à la secte des Précurseurs. Il est aussi régulièrement pris de malaises lors desquels il revoit une scène dont il a été témoin à l'âge d'un an et demi.
Les deux jeunes gens sont destinés à se retrouver mais où ? Quand ? En 1984 ? Dans 1Q84 ? Dans cette vie ? Dans la mort ?

Ce que j’en pense :
Il m’a semblé que cette nouvelle oeuvre d’Haruki Murakami avait beaucoup fait parler d’elle que les précédentes (ou bien est ce seulement que le budget communication était plus élevé). Et c’est vrai qu’elle a quelque chose de différent, même un peu déroutant. Tout d’abord par son découpage, la pluralité des personnes principaux et surtout que l’un d’entre eux soit une femme (l’auteur a peut être déjà tenté l'expérience auparavant mais je n’ai lu ce cas de figure).
Le sujet abordés sont également nouveaux, avec des points de vus sur des sujets de sociétés plus tranchés que d’habitude. Pas inintéressant du tout.
Mais l’on retrouve aussi certains points plus familiers de l’auteur, tel que ce style si envoûtant, la présence de fantaisie toujours si bizarrement appropriée et surtout toutes ces questions restées sans réponses parce finalement ce n’est pas si important.
Si le titre fait sans conteste référence au livre d’Orwell, ce qui est tout à fait justifié dans les deux premiers volumes, le dernier volet m’a finalement pensé à l’oeuvre de René Barjavel, La nuit des temps.
Mais au final, je dirais tout de même que j’ai moins aimé 1Q84 que tout ce que j’avais pu lire précédemment par Haruki Murakami. Peut être trop de genre différents ont ils été abordés, peut être qu’à mon goût la tournure policière ne lui convient pas. Je ne serais pas vraiment expliquer pourquoi, juste un vague sentiment, bien présent mais pas aussi fort qu’avant.

Conclusion :
Un auteur fabuleux, avec de solides références en littératures, qui ne cessera de nous surprendre.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les petites choses
- les toboggans
- les sacs
- l’utilité des objets qui apparaissent


28 septembre 2012

Haruki Murakami : Autoportrait de l'auteur en coureur de fond

Ce que l’éditeur nous dit :
Le 1er avril 1978, Murakami décide de vendre son club de jazz pour écrire un roman. Assis à sa table, il fume soixante cigarettes par jour et commence à prendre du poids. S'impose alors la nécessité d'une discipline et de la pratique intensive de la course à pied. Ténacité, capacité de concentration et talent : telles sont les qualités requises d'un romancier. La course à pied lui permet de cultiver sa patience, sa persévérance. Courir devient une métaphore de son travail d'écrivain. 
Courir est aussi un moyen de mieux se connaître, de découvrir sa véritable nature. On se met à l'épreuve de la douleur, on surmonte la souffrance. Corps et esprit sont intrinsèquement liés. 
Murakami court. Dix kilomètres par jour, six jours par semaine, un marathon par an. Il court en écoutant du rock, pour faire le vide, sans penser à la ligne d'arrivée. Comme la vie, la course ne tire pas son sens de la fin inéluctable qui lui est fixée...

Ce que j’en pense :
Il y a peu de temps, je me suis à décidée à courir “sérieusement”. Ma définition de ce terme n’est pas exactement la même que celle d’Haruki Murakami (pour qui cela signifie “presque tous les jours”), mais l’idée de fond est là. Jusqu’alors mes expériences de semi-marathon se jouaient sur des impulsions, provoquées par les ocassions qui se présentaient à moi, donc sans entraînements véritables. Franchir la ligne d’arrivée était le seul objectif, et déjà une grande source de satisfaction.
Aujourd’hui j’ai décidé de prendre les choses autrement, en me fixant des objectifs concrets sur le long terme. Dans ce cadre, lire l’essai de l’un de mes auteurs favoris sur le sujet m’a paru tout à fait approprié.
Il est tout à fait intéressant de découvrir cet auteur de plus près, parlant de lui à le première personne. Mais si ce n’est pas exactement la même chose, cela confirme à quel point les livres peuvent refléter (au moins en partie) la personnalité de ceux qui les écrivent. Ce que Murakami pense de la course, de sa situation d’auteur et de la vie en général, concorde parfaitement avec l’ambiance de ses bouquins. Incroyable aussi sa capacité à mettre autant de profondeur en si peu de pages et concernant un sujet si “futile”.
Par ailleurs, je dois dire que j’aime sa façon de voir les choses, d’accepter les faiblesses et les difficultés que la vie impose. On peut les voir comme des barrières infranchissables ou bien les accepter et faire de son mieux avec, voire même les considérer comme des opportunités d’avancer.
Même si j’ai parfois souffert avec lui durant certains passages, cela a confirmé mon envie de considérer la course comme l’un de ces challenge qui permettent d’avancer dans la vie.

Conclusion :
Le marathon ? Peut être un jour...

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les objectifs
- les réflexions
- les raisons


16 mai 2011

Tran Anh Hung : La Ballade de l'impossible - Norvegian Wood (ノルウェイの森 - Noruwei no more)

Ce que le synopsis nous en dit :
Tokyo, fin des années 60. Kizuki, le meilleur ami de Watanabe, s’est suicidé. Watanabe quitte alors Kobe et s’installe à Tokyo pour commencer ses études universitaires. Alors qu’un peu partout, les étudiants se révoltent contre les institutions, la vie de Watanabe est, elle aussi, bouleversée quand il retrouve Naoko, ancienne petite amie de Kizuki. Fragile et repliée sur elle-même, Naoko n’a pas encore surmonté la mort de Kizuki. Watanabe et Naoko passent les dimanches ensemble et le soir de l’anniversaire des 20 ans de Naoko, ils font l’amour. Mais le lendemain, elle disparaît sans laisser de traces. Watanabe semble alors mettre sa vie en suspension depuis la perte inexplicable de ce premier amour. Lorsqu’enfin il reçoit une lettre de Naoko, il vient à peine de rencontrer Midori, belle, drôle et vive qui ne demande qu’à lui offrir son amour.

Ce que j’en pense :
Inconditionnelle des œuvres de Haruki Murakami, j'attendais avec impatiente de voir l'une d'entre elles portée à l'écran. La Ballade de l'impossible étant parmi ses seuls livres ne contenant pas de "fantastique", le choix semblait plutôt judicieux. Par ailleurs, l'auteur étant réputé pour être l'un des "japonais les plus occidentaux", le fait que le réalisateur soit un français d'origine vietnamienne menant des acteurs japonais, était plutôt un bon présage.
Comme dans toute adaptation, des coupes sèches ont dû été faites pour arriver à une durée raisonnable, engendrant quelques frustrations. Pour moi, toute la subtilité de Murakami réside dans son attachement aux détails, qui n'ont ici que peu leur place. Un effort est tout de même à noter en ce sens, avec par exemple l'omniprésence des repas. Mais c'est surtout dans la profondeur des personnages, en particuliers des personnages secondaires, que la superficialité est la plus flagrante comparée à l'œuvre originale. Par contre, la retranscription de l'atmosphère, un peu lente et totalement prenante, surréaliste, est une vraie réussite. Dommage qu'elle soit gâchée par une bande sonore absolument atroce (à mon goût). Si la musique atonale et déchirante peut effectivement représenter la douleur, elle devrait être utilisée à dose homéopathique. Pourquoi faire également souffrir nos oreilles, alors que seules les émotions auraient suffit ? En contrepartie sonore, la voix absolument sublime de l’actrice Rinko Kikuchi.
Enfin, je doute de la réaction des personnes ne connaissant pas l'auteur, que la "franchise" de certaines scènes pourraient surprendre.

Conclusion :
Cela ressemble à du Murakami, mais ce n’en est pas. Un beau film tout de même.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- la vie
- les cris
- les pots d’échappement
- les relations humaines



25 novembre 2010

Haruki Murakami : La Course au mouton sauvage (羊をめぐる冒険 - Hitsuji o meguru bôke)

Ce que l’éditeur nous en dit :
La vie du narrateur, jeune cadre publicitaire à Tokyo, n’a rien d’exceptionnel. Jusqu’au jour où, pour avoir utilisé une photographie où figure un mouton d’une espèce rare, il est approché par une puissante organisation d’extrême droite. Le voici contraint de retrouver l’animal – doué, il est vrai, de pouvoirs extraordinaires. Comme toujours chez Murakami, le réel repose sur des fondations délicieusement instables…

Ce que j’en pense :
Le chat, le divorce, le personnage héros malgré lui et les séances de cinémas : pas de doute, c’est un Murakami. Tout aussi caractéristique : au départ l’histoire  très banale d’un type banal, qui vire au fantastique l’air de rien, obligeant le lecteur à tenir fermement son livre jusqu’à ce que le dernier mot soit lu.
Pourtant je dois bien avouer que j’ai légèrement moins été emballée que par les lectures précédentes de cet auteur. Le fait que La Course au mouton sauvage ne contienne “que” 373 pages, laissant moins de temps à l’intrigue pour se développer ou pour entrer dans les profondeurs de l’esprit d'Haruki Murakami (les volumes précédents étant plus proches des 500 pages) peu l’expliquer en partie. D’ailleurs, le fait qu’une “suite” ai vue le jour confirme ce point de vue.
L’autre raison est précisément que j’ai commencé par lire Danse, danse, danse avant celui ci. La sensation de retrouver les personnages de cette façon est assez curieuse. Des noms qui avaient seulement été cités ci et là, se révèlent faisant partie intégrante de l’intrigue. Incroyable ! De fait, si les deux histoires peuvent être lues distinctement, je pense que respecter l’ordre d’écriture aurait été préférable.

Conclusion :
Pas l’oeuvre majeure de l’auteur, mais une valeur sure tout de même.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les chats
- les moutons
- la montagne
- le train

22 février 2010

Haruki Murakami : Kafka sur le rivage (海辺のカフカ - Umibe no Kafuka)

Ce que l’éditeur nous en dit :
Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui. Nakata, vieil homme simple d'esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse. Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus et un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et bien d'autres choses encore. Avant de voir leur destin converger inexorablement et de découvrir leur propre vérité.

Ce que j’en pense :
Lire un Haruki Murakami, c’est toujours un peu la même chose, au point d’en être presque blasant : un style limpide et juste ; une histoire qui en quelques pages happe le lecteur happé malgré lui ; des personnages crédibles et une histoire bien construite ; une touche de fantastique et de mystère ; et surtout la nostalgie qui arrive avec la dernière page, compensée par le fait rassurant qu’il reste de nombreux volumes à lire (et que l’auteur continue d’en écrire). Pas de surprise ici, car ces ingrédients constituent Kafka sur le rivage.
Mêlant le rythme nippon à la musique occidentale, avec un soupçon de tragédie grecque, le livre est remplit de références diverses et variées. Multipliant les styles, les points de vus et les époques, Haruki Murakami manie remarquablement les informations laissées "devinées" par le lecteur et les mystères qui demeurent. Ce dernier se sent ainsi ‘spectateur privilégié’. Mais il est également concerné, car qui n’a pas un jour entrepris la quête de soi-même ?

En conclusion :
Pour ouvrir un peu plus grands les yeux de n’importe quel curieux. Magnifique.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la quête de soi même
- les chats
- la forêt
- Ludwig van Beethoven