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16 janvier 2014

Hirokazu Koreeda : Tel père, tel fils (Soshite Chichi ni Naru - そして父になる)

Ce que le synopsis nous dit :
Ryoata, un architecte obsédé par la réussite professionnelle, forme avec sa jeune épouse et leur fils de 6 ans une famille idéale. Tous ses repères volent en éclats quand la maternité de l'hôpital où est né leur enfant leur apprend que deux nourrissons ont été échangés à la naissance : le garçon qu’il a élevé n’est pas le sien et leur fils biologique a grandi dans un milieu plus modeste… 

Ce que j’en pense :
Ce n’est pas la première fois que le thème de l’échange des enfants est abordé, loin de là. Mais quand il s’agit d’un réalisateur japonais derrière la caméra, décrivant sa société, tout prend un autre sens. Ici la vraie question est celle de savoir ce qui définit la paternité. Etre père, qu’est ce que cela signifie ? Qu’est-ce qui compte vraiment, à quoi cela se mesure t-il ? Au temps passé ensemble, à la complicité, à des valeurs communes, à la ressemblance physique ou comportementale, aux liens du sang, un peu de tout ça, ou tout autre chose ? En tout cas la relation parents/enfants n’est jamais anodine.
Le film s’écoule lentement, au fil des saisons, prenant son temps pour nous narrer la complexité des relations qui unissent les différents protagonistes, loin d’être ennuyeux il nous plonge complètement dans le quotidien de ces deux familles plus qu’attachantes.

Conclusion :
Un film touchant.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les ampoules
- les maquettes
- les roses
- les cerfs-volants


5 août 2013

Gabriel Ba et Fabio Moon : Daytripper

Ce que l’éditeur nous dit :
Peut-on dire quand commence notre vie ? Le héros de cette histoire passe ses journées à raconter la mort de ses contemporains pour un journal. La nuit, il se demande quand sa vie à lui commencera vraiment…

Ce que j’en pense :
Sans tomber dans le spoiler, autant révéler tout de suite le principe de cette bande-dessinée : à chaque chapitre, nous retrouvons le héros, Bras, à un âge différent, face à un événement marquant de sa vie et se termine inévitablement par sa mort. Le but de la manoeuvre est assez évident, celui de nous faire prendre conscience de l’importance et surtout de la fragilité de la vie. Cette thématique est brillamment symbolisée par le choix de l’aquarelle, dont les multiples couleurs fondues donnent une sensation de rêve éveillé. Cette introduction au Brésil est également des plus intéressantes.
Par contre j’ai été assez déçue par une partie du scénario. Découvrir la vie de ce personnage est passionnant et il faut saluer la mutliplicité des approches utilisées pour les différents chapitres. Mais le rapport à la mort dans tout ça ? Car l’issue fatale qui s’acharne inlassablement sur le héros en devient presque ridicule. Il s’agit presque toujours d’événements fortuits, la faute à pas de chance, et qui n’auraient pu être évités. Mais surtout, cette issue n’influence en rien la manière dont les événements sont veçus. A la fin des chapitre, Bras aurait pu tout aussi bien rentrer chez lui sans que cela change quoi que ce soit. Au final j’ai trouvé que le fait d’introduire la mort de cette manière n’apportait pas grand chose, un comble. Mais c’est peut être exactement ce que les auteurs ont tentés de nous dire, car ce n’est pas l’issue mais bien le chemin qui compte.

Conclusion :
Une oeuvre intéressante mais qui n’aura pas répondu à toutes mes expectatives.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les cerfs-volants
- les chroniques
- les cartes postales
- les coupures de courant

7 novembre 2012

Tim Burton : Frankenweenie

Ce que le synopsis nous dit :
Après la mort soudaine de Sparky, son chien adoré, le jeune Victor fait appel au pouvoir de la science afin de ramener à la vie celui qui était aussi son meilleur ami. Il lui apporte au passage quelques modifications de son cru… Victor va tenter de cacher la créature qu’il a fabriquée mais lorsque Sparky s’échappe, ses copains de classe, ses professeurs et la ville tout entière vont apprendre que vouloir mettre la vie en laisse peut avoir quelques monstrueuses conséquences…

Ce que j’en pense :
Citant mon propre commentaire de Dark Shawdow, je dirais que Frankenweenie est du déjà vu, de l’attendu, du Tim Burton “banal”. Comme pour ce précédent film, le seul point vraiment intéressant est l’univers. Il s’agit cette fois d’une petite banlieue américaine des années 50, très portée sur l’électroménager, dans laquelle certains anachronismes semblent d'être égarés (des lunettes 3D, le déclassement de Pluton en tant que planète, etc.).
Mais pour le reste... Le scénario est prévisible de bout en bout, pas la moindre surprise. Si certains personnages sont "horriblement sympathiques", comme Tim Burton sait si bien les inventer, la plupart sont seulement "horribles". Cette exagération du glauque un peu facile créée une sorte d'indifférence vis à vis des protagonistes. Et surtout ce qui manque cruellement à Frankenweenie est la poésie (ce qui est un comble avec un tel sujet). C’est fade, les quelques séquences émotions étant vite balayées par les clichés.

Conclusion :
Tim Burton se complet dans son monde, ne faisant plus aucun effort pour nous enchanter.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les cerfs-volants
- les moules à gaufres
- l’alphabet
- les bougies