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26 janvier 2016

Adam McKay : The big short, le casse du siècle

Ce que le synopsis nous dit :
Wall Street. 2005. Profitant de l’aveuglement généralisé des grosses banques, des medias et du gouvernement, quatre outsiders anticipent l’explosion de la bulle financière et mettent au point… le casse du siècle ! Michael Burry, Mark Baum, Jared Vennett et Ben Rickert : des personnages visionnaires et hors du commun qui vont parier contre les banques … et tenter de rafler la mise !

Ce que j’en pense :
Entre le film à suspense et le documentaire The big short peine à se décider, pour finalement ne nous satisfaire sur aucun plan. Il s’agit ici de dénoncer les faiblesses des systèmes bancaires, en exposant au grand public ses grands rouages (comprendre : balancer en vrac le vocabulaire technique et quelques définitions). Le problème c’est qu’au lieu de prendre le temps de poser les choses et de laisser au spectateur une chance d’assimiler ces notions, tout s'enchaîne très vite, codes du thriller hollywoodien obligent. Rien n’est véritablement expliqué et l’histoire est pénible à suivre, tandis qu’on est rapidement soûlé par ce flot ininterrompu d’information. Même la mise en scène et la narration semblent confuses d’avoir voulu emprunter à trop de genres. Il aura suffit d’un quart d’heure pour que l’idée maîtresse du film soit posée, la suite n’étant qu’une maladroite tentative de rentrer dans le détail : on est loin du divertissement annoncé d’un Ocean’s eleven. Et si l’objectif était la prise de conscience, il est également raté, car je ne me suis pas sentie touchée par le sujet. A noter que j’étais accompagnée par une personne qui maîtrisait déjà le sujet, donc en principe mieux armée pour suivre ce film, mais qui a pourtant aussi peu apprécié la séance que moi.

Conclusion :
Idéal pour froncer les sourcils pendant deux heures.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les tableaux vélédas
le bon moment pour décrocher son téléphone
la préparation de rendez-vous
les pubs



21 juillet 2015

Felix Fuchssteiner et Katharina Schöde : Rouge rubis (Rubinrot) et Bleu Saphir (Saphirblau)

Ce que le synopsis nous dit :
Gwendolyn est une jeune londonienne ordinaire. Un jour, alors qu’elle rentre du lycée, elle est soudainement transportée en 1900 par une force inconnue. De retour dans le présent, elle est approchée par une société secrète qui la surveille depuis sa naissance. Elle est en fait la dernière voyageuse, le Rubis. Aux côtés de son charmant partenaire Gideon de Villliers, elle devra voyager à travers les âges pour accomplir de mystérieuses missions…

Ce que j’en pense :
Deux premiers volets de la Trilogie des gemmes (Edelstein Trilogie), ces deux films allemands, interprétés en allemeand et adaptés de bouquins écrits par la toute aussi allemande Kerstin Gier, se situent... à Londres. Concrètement cela donne des protagonistes qui lisent en allemand des textes écrits en anglais, avec traduction instantanée, normal. J’imagine que cela facilitera l’export dans les pays anglophones. Ce détail amusant mis à part, je dois bien avouer que je me suis rapidement pris au jeu, suivant avec intérêt les aventures de Gwendolyn et Gideon (rien à voir avec le clan McPicsou, quoi que). La romance qui sert de film conducteur est un peu facile, mais efficace et finalement assez représentative des préoccupations de deux adolescents typiques, ce qui pourra contribuer à la crédibilité des personnages. Comme c’est bien souvent le cas dans ce type de film, on déplorera que seule la personnalité du couple soit vraiment exploitée, au détriment des autres protagonistes. Globalement, l’histoire est bien trouvée, les décors et costumes sont très appréciables et on ne s’ennuie pas. Au terme de ses deux visionnages, je me suis d’ailleurs sentie très frustrée d’apprendre que Vert Emeraude (Smaragdgrün) ne viendra pas clôturer la série avant  2016 (plan B: gagner un peu de temps sur la traduction en se remettant intensivement à l’allemand - c’est pas gagné).

Conclusion :
Il va falloir s’armer de patience pour enfin avoir le fin mot de cette sympathique histoire.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les cabines téléphoniques
les observatoires
la gueule de bois
l’art du petit doigt levé




2 mars 2015

Haruki Murakami : Les amants du Spoutnik (スプートニクの恋人, Spūtoniku no koibito)

Ce que l’éditeur nous dit :
K. est amoureux de Sumire, mais dissimule ses sentiments sous une amitié sincère. La jeune fille est insaisissable, et voue un amour destructeur à une mystérieuse femme mariée. Un jour, Sumire disparaît, sans laisser de traces. K. part à sa recherche sur une île grecque, dans les rues de Tokyo, où tout le ramène à elle. " Une fable du troisième millénaire : des êtres séparés, un amour impossible, le néant spirituel, un vide implacable.

Ce que j’en pense :
Il est possible que ce soit l’absence d’effet de nouveauté, mais pour moi Les Amants de Spoutnik ne s’inscrit clairement pas parmi les meilleurs romans de Haruki Murakami. Sur la dizaine de ses oeuvres que j’ai lues, j’ai à la fois eu l’impression d’une expérience à chaque fois unique (alors que certains auteurs finissent par tourner en rond dans leur propre univers), tout en savourant le plaisir de retrouver ce style si caractéristique. C’est tout de même prodigieux. Le fait qu’il n'essaie pas de publier une nouveauté à chaque rentrée littéraire peut en partie l’expliquer. Il ne semble pas céder à la facilité des écrivains renommés, qui laissent de côté la qualité et ne prennent plus le temps de la réflexion, d’aller en profondeur et de peaufiner, avant d’inonder les librairies. Avec Les amants de Spoutnik, j’ai eu le sentiment de “rentrer à la maison”, de me glisser dans un bain chaud après une journée difficile, savourant cette écriture aussi captivante qu’agréable à lire. Quel plaisir de pouvoir naturellement suivre le flot des mots, sans devoir plonger dans la facilité d’un mauvais roman de gare. Car avec Haruki Murakami, les questions existentielles ne sont jamais loin, tandis qu’il devient logique que la plupart des questions soulevées restent sans réponse.

Conclusion :
Créer un îlot de quiétude au travers de personnages tourmentés, si ça ce n’est pas du génie...

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les grandes roues
les codes secrets
les coups de fil
la fatalité


3 août 2014

John Carney : New York Melody (Begin again)

Ce que le synopsis nous dit :
Gretta et son petit ami viennent de débarquer à NYC. La ville est d'autant plus magique pour les deux anglais qu'on leur propose de venir y vivre pleinement leur passion : la musique. Le rêve va se briser et l'idylle voler en éclat quand, aveuglé par la gloire naissante, il va la plaquer pour une carrière solo et... une attachée de presse. Ses valises prêtes et son billet de retour pour Londres en poche, elle décide de passer une dernière nuit à New York avec son meilleur pote. Ce dernier l'emmène dans un pub, la pousse sur scène et la force à chanter. Dans la salle un producteur s'adonne à sa plus dangereuse passion : l'alcool. Revenu de tout, du succès et de sa gloire passée, amer, rancunier, il a perdu le fil de sa vie,... Et soudain il entend cette voix, découvre cette grâce, ce talent brut et authentique... Une rencontre enchantée qui pourrait finir en chansons...

Ce que j’en pense :
Alors que je m’attendais à ne voir qu’une petite comique romantique bien cliché et sans surprise, je ressors absolument enchantée de cette séance. J’aurais dû accorder plus de crédit à Keira Knightley, qui me charme un peu plus dans chacun de ses rôles.
De la même veine qu’un Walter Mitty, New York Melody est un film qui met du baume au coeur, après lequel on savoure les petits bonheurs, qui donne envie de pédaler à toute allure dans les rues illuminées de Paris, un sourire sur les lèvres et une brise légère sur le visage. Sans être fondamentalement original, car dans le fond c’est l’histoire vieille comme le monde de deux êtres mal-en-point que la vie réunit au moment où ils ont besoin l’un de l’autre, ce film est avant tout touchant. Précisément parce qu’il ne tombe pas dans les fadaises habituelles, parce qu’il sait se montrer différent et finalement beaucoup plus réaliste, New York Melody donne une vraie chance au spectateur de s’identifier aux personnages. Et comme après avoir vu le film de Ben Stiller, je me suis précipitée sur la bande sonore, pour prolonger un peu le plaisir.

Conclusion :
A regarder de toute urgence, en toutes circonstances.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les messages téléphoniques
- les tenues sexys
- comment jeter des objets par la fenêtre
- la rue


17 juin 2014

Haruki Murakami : l’éléphant s’évapore (象の消滅, Zō no shōmetsu)

Ce que l’éditeur nous dit :
Un vieil éléphant disparaît sans laisser de traces, avec son vieux gardien dans une banlieue résidentielle de Tokyo. Un couple pris d'une fringale décide de réaliser en pleine nuit un fantasme : dévaliser une boulangerie. Un homme à l'habitude de mettre le feu à une grange tous les deux mois... C'est, en 17 nouvelles, tout l'univers insolite et hors norme de Murakami que nous offre L'éléphant s'évapore.A travers ces histoires, petits contes anodins de notre quotidien, il déploie encore son art magistral, et nous montre qu'il sait comme personne comment transfigurer la banalité de nos existences.

Ce que j’en pense :
Il y a dans le style de Haruki Murakami, une récurrence de l’absurde. Enfin non ce n’est pas tout à fait ça, car ses personnages semblent au contraire extrêmement logiques. C’est juste que cette logique prend souvent des chemins tortueux, des raisonnements qui ne tiendraient pas la route s’ils étaient présentés autrement. Et une sorte de frustration aussi au terme de ces récits qui semblent toujours s’arrêter abruptement. Si cette tendance se trouve également dans ses romans, elle paraît d’autant plus flagrante dans ces nouvelles qui décrivent des situations intrigantes, mais ne donnent pas d’explications. Au terme de chacune de ces histoires, on reste quelques secondes suspendu, à réaliser que oui le récit s’achève là, comme ça, puis quelques secondes encore pour comprendre qu’en fait cela n’a aucune importance, car ce n’était pas le but. On l’accepte, et on passe à la suivante, savourant d’avance le délice de se faire encore avoir. Parce qu’en plus on en redemande, tellement ces récits à la fois irréels et anodins (même sur des formats cours, Haruki Murakami ne manque jamais de nous décrire la préparation d’un repas de pâtes ou le choix musical effectué par ses protagonistes), sont envoûtants. Décidément je ne me lasse pas de cet auteur.

Conclusion :
Une preuve qu’il est possible d’être aussi bon en écriture de nouvelles que de romans.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la compréhension des autres
- la manière d’aborder une fille
- le téléphone
- les bavards


17 mars 2014

Wes Anderson : The Grand Budapest Hotel

Ce que le synopsis nous dit :
Le film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle. La recherche d’un tableau volé, oeuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au coeur de la vieille Europe en pleine mutation.

Ce que j’en pense :
On aime ou on n'aime pas, pour ma part j’adore. Wes Anderson fait du Wes Anderson, avec un perfectionnisme et une recherche de la symétrie presque abusive, qui mettent d’autant plus en exergue le gros n’importe quoi de l’histoire. Ce jeu de contrastes se retrouve tout au long du film, comme par exemple dans l’accent et les manières de Gustave H, impeccables en toutes circonstances, sauf que quand il s’énerve (forcément pour des détails incongrus) il pète carrément une durite. C’est idiot mais c’est le type d’humour auquel je ne résiste pas.
Pour ce qui est du scénario, il démarre par un enchaînement de mises en abîme assez difficile à suivre. Mais passées les vingt premières minutes, l’univers se met en place pour nous emporter dans son tourbillon de folie :)
Enfin à noter que si l’affiche nous promet un casting très fourni, certains acteurs ne font que de très brèves apparences. Ralph Fiennes à lui tout seul aurait déjà largement contribué à mon bonheur (confère les manières impeccables, un délice).

Conclusion :
La bande-sonore est moins bien que celle de Moonrise Kingdom, le reste était tout aussi merveilleux.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- l’art de la moustache
- le téléphone arabe
- les pâtisseries
- le flirt


24 juin 2013

Mohamed Hamidi : Né quelque part

Ce que le synopsis nous dit :
Farid, jeune Français de 26 ans, doit aller en Algérie pour sauver la maison de son père. Découvrant ce pays où il n’a jamais mis les pieds, il tombe sous le charme d’une galerie de personnages étonnants dont l’humour et la simplicité vont profondément le toucher. Parmi eux, son cousin, un jeune homme vif et débrouillard qui nourrit le rêve de pouvoir rejoindre la France...

Ce que j’en pense :
Une fois n’est pas coutume, commençons par les défauts. Tout d’abord que fais Jamel Debbouze en tête d’affiche, alors qu’il apparaît maximum 15 minutes à l’écran, dans un rôle plus que secondaire ? Notons ensuite le caractère très machiste du film, alors que les rares femmes y figurant n’y sont que pour faire la lessive, ou être jolie et se taire (exception faite de LA française). Enfin si j’ai souvent souris, je n’ai pas partagé le niveau d'hilarité atteint par certains de mes co-spectateurs.
Cela dit, j’ai passé un excellent moment. Un tel sujet ne peux que me toucher, étant plus que d’accord avec le message qui ouvre et clôture Né quelque part : on est jamais assez curieux de ses origines. De nombreux autres sous thèmes sont abordés, tels que la confrontation entre identité et culture, la notion de la famille, la situation politique en Algérie, la relation complexe du pays avec la France, les choix, les conséquences et les risques de l’immigration. Tout cela est abordé avec force et subtilité. Et cette Algérie, pourtant loin d’être idéalisée, qu’elle est belle, qu’elle est aimée par Mohamed Hamidi. Plus encore que le reste, la scène du dénouement final est extrêmement touchante.

Conclusion :
Un beau thème, un beau film.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les paperasses
- les frontières
- les téléphones fixes
- les pierres


19 décembre 2011

Roman Polanski : Carnage

Ce que le synopsis nous dit :
Dans un jardin public, deux enfants de 11 ans se bagarrent et se blessent. Les parents de la "victime" demandent à s'expliquer avec les parents du "coupable". Rapidement, les échanges cordiaux cèdent le pas à l'affrontement. Où s'arrêtera le carnage ?

Ce que j’en pense :
Quatre personnages, un décor fixe et une situation de départ somme toute assez banale. 80 min plus tard, contrairement à l’atmosphère, le contexte n’a pas changé et c’est déjà terminé. C’est toute la magie du huit clos, cette fascination que peut provoquer l’observation de l’espèce humaine... Et puis quitte à avoir un casting aussi réduit, autant bien choisir ses acteurs. De ce côté là Roman Polanski ne s’est rien refusé et sans surprise, les interprétations sont excellentes. Certaines scènes sont même vraiment drôles.
Cependant, quelques incohérences ponctues le scénario. Bien sûr, c’est la définition même de la nature humaine que d’être imprévisible, mais ici les enchaînements de situations se font parfois trop vite. En fait on aurait pu aller beaucoup plus loin dans le décorticage sociologique (peut être est ce dû à la nature théâtrale de l’oeuvre, qui ne peut se permettre de durer trop longtemps). S’il fallait comparer, disons que Carnage est loin d’atteindre le grandiose d’un Douze hommes en colère par exemple.

Conclusion :
Un très bon moment, même si dans le genre on a fait mieux.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les tulipes
- les téléphones portables
- les sèche-cheveux
- les cigares