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29 juillet 2014

Jo Walton : Morwenna (Among others)

Ce que l’éditeur nous dit :
Morwenna Phelps, qui préfère qu'on l'appelle Mori, est placée par son père dans l'école privée d'Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l'a laissée handicapée et l'a privée à jamais de sa soeur jumelle, Morganna. Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.
Un jour, elle reçoit par la poste une photo qui la bouleverse, où sa silhouette a été brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est une sorcière, sa propre mère qui plus est ? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre.
Ode à la différence, journal intime d'une adolescente qui parle aux fées, Morwenna est aussi une plongée inquiétante dans le folklore gallois. Ce roman touchant et bouleversant a été récompensé par les deux plus grands prix littéraires de la science-fiction : le prix Hugo et le prix Nebula. Il a en outre reçu le British Fantasy Award.

Ce que j’en pense :
Difficile de trouver les mots pour décrire ce roman hors norme. Je ne saurais même pas dire à quel point il m’a plu, même si je sais que j’aurais bien continué à le lire plus longtemps. Grosse pression d’ailleurs, alors que l’héroïne est capable de dévorer deux romans par jour, de ne pas être capable de finir cette lecture en moins d’une semaine (à ma décharge, j’ai nettement moins de temps qu’elle à consacrer à cette activité) !
Toute l’originalité réside dans cette ligne intentionnellement floue entre fantasie et réalité, alors que la magie et la féerie semblent faire partie intégrante d’un Royaume-Uni tout à fait terre-à-terre outre mesure. Au final on ne sait jamais vraiment ce qu’il en est, si ces éléments surnaturels existent ailleurs que dans l’imagination de Morwenna, mais au final cela pas vraiment d’importance. Au contraire, cette dernière doit faire face à des situations pas très drôles, à un âge où la recherche de son identité et de sa place dans la société suffisent déjà amplement à occuper le quotidien. On sent toutes les difficultés émotionnelles par lesquelles elle passe, sans pour autant tomber dans le plaintif gratuit ou l’accablement.
Ajoutons à cela un référentiel incroyablement dense à la littérature en général et à la Fantasy en particulier, qui invite à découvrir bien des auteurs. Celui-ci est complètement intégré au roman, tandis que l’héroïne nous parle du Mordor ou de son Karass comme si ces termes faisaient partie du vocabulaire courant ou nous fait partager les réflexions que lui inspirent ses lectures.
Enfin, j’ai trouvé bien maîtrisé et bien utilisé le format de base  (sans qu’il ne soit omniprésent non plus), consistant à nous décrire les évènements sous la forme d’un journal intime.

Conclusion :
Un roman unique.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les ruines
- l’argent de secours
- les boucles d’oreilles
- le vrai café

10 décembre 2013

Catherine Dufour : Je ne suis pas une légende

Ce que l’éditeur nous dit :
A l'époque ou Malo rencontra son premier vampire, il frôlait la dépression. 
Après deux ans de bons et loyaux services en tant que Life Time Value Manager chez Johnson & Johnson, une persistante absence de cravate doublée d'une regrettable propension à quitter le bureau en sifflotant sitôt son travail bouclé lui avait valu une mise au placard définitive. Dans les premières semaines de sa relégation, il essaya d'inverser la vapeur : il mit une cravate noire imprimée de petits ours rouges et passa de longues heures supplémentaires près de la machine à café.
Peine perdue.
Il était trop tard.
Beaucoup trop tard.

Ce que j’en pense :
Hommage (ou parodie?) du roman de Richard Matheson, “Je suis une légende”, Catherine Dufour nous offre ici une histoire à contresens, avec un anti-héro n’ayant rien demandé à personne et se cachant dans une cabine de parking sous-terrain (tandis que Will Smith, interpréte de l’une des adaptations cinématographiques de cette histoire, campait dans une maison suréquipée, NDLR). A noter que j’ai été, durant toute la lecture, persuadée avoir à faire à des zombies, alors qu’il s’agissait en réalité de vampires... Je lis peut-être trop d’histoires de morts-vivants .
Assez fan des personnages principaux malgré eux et emballée par une écriture efficace, la lecture s’est tout de suite révélée sympathique. Pourtant je dois dire que je suis restée un peu bête de voir arriver la dernière ligne sans autre préambule. Tout ça pour ça ?

Conclusion :
Une lecture sympathique mais qui sera vite oubliée.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les cafés
- les parking
- l’entreprise

16 août 2013

Haruki Murakami : Le passage de la nuit (アフターダーク - After dark)

Ce que l’éditeur nous dit :
Pour une nuit, Haruki Murakami nous entraîne dans un Tokyo sombre, onirique, hypnotique. Un éblouissant roman d'atmosphère à la poésie singulière, aux frontières de la réalité et du fantasme, où chaque détail, rétrospectivement, fait sens.
Dans un bar, Mari est plongée dans un livre. Elle boit du thé, fume cigarette sur cigarette. Un musicien surgit, qui la reconnaît.
Au même moment, dans une chambre, Eri, la soeur de Mari, dort à poings fermés. Elle ne sait pas que quelqu'un l'observe.
Autour des deux soeurs vont défiler des personnages insolites : une prostituée blessée, une gérante d'hôtel vengeresse, un informaticien désabusé, une femme de chambre en fuite. Des événements bizarres vont survenir : une télévision qui se met brusquement en marche, un miroir qui garde les reflets.
À Tokyo, le temps d'une nuit, va se nouer un drame étrange.


Ce que j’en pense :
Comme toujours, Murakami nous installe confortablement dans une ambiance envoutante. En apparence tout est normal, mais soudain le fantastique vient subrepticement s'immiscer. C’est l’un des points forts de l’auteur. Pourtant dans After Dark, je n’ai pas compris l’utilité de cet élément, très présent mais très inexpliqué. L’auteur n’est pourtant pas du genre à écrire quelque chose sans raison, mais je n’ai pas dû comprendre la métaphore qui s’y cachait.
Par contre, l’utilisation d’un narrateur chez Murakami est une expérience nouvelle pour moi. Il en joue à merveille, en faisant un personnage invisible et immatériel qui tiendrait la caméra nous permettant de suivre les différents personnages, alternant zoom et plans larges. Le procédé est délicieux et participe grandement à nous intriguer.
Pour ce qui est de l’histoire, on pourrait résumer en disant que le thème principal est l’amour : l’amour entre deux personnes du sexe opposé, l’amour fraternel, l’amour marital ou encore l’amour pour soi même. Tout se joue en l’espace d’une nuit (à noter que je n’ai pas été très convaincu par le découpage du temps qui est proposé), au terme de laquelle nous laissons les protagonistes continuer leur chemin sans nous. Il y a une certaine magie dans cet éphémère.

Conclusion :
Envoutant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :

- les briques de lait
- les cafés
- les lits
- les projets professionnels



13 octobre 2011

Kristof Magnusson : C’était pas ma faute

Ce que l’éditeur nous dit :
Jasper Lüdemann, trader dans une grande banque d’investissements à Chicago, a réussi à être promu à la salle des opérateurs de marché et ne vit que pour l’avancement de sa carrière.
Meike Urbanski est traductrice de Henry LaMarck, un auteur de best-sellers qu’elle essaie de retrouver à Chicago car il n'a pas rendu le manuscrit qu’elle doit traduire, ce qui menace sa survie économique. Elle ne sait pas que sa conscience professionnelle de traductrice qui pose des questions mettant l’auteur face à ses négligences et sa désinvolture ont fait d’elle la bête noire de l’écrivain, qui s’emploie à l’éviter.
Henry LaMarck pour sa part ne peut plus écrire et s'est réfugié incognito dans un hôtel. Ces trois personnages vont se chercher et se croiser, multiplier les quiproquos dans cette histoire d’argent, de littérature et d’amour.

Ce que j’en pense :
Il semble que la mode des destins liés ait encore de beaux jours devant elle. Depuis Ensemble c’est tout de Anna Gavalda, le film Babel, tout deux sortis il y a plus de 5 ans, et tout ceux qui ont suivi, j’aurais cru être lassée par le genre. Et bien Kristof Magnusson prouve le contraire avec C’était pas ma faute, livre qui réuni bien des qualités.
En effet, l’auteur dévoile un style très agréable facile à lire mais jamais fade. Par ailleurs, il réalise une véritable prouesse de vulgarisation, rendant (presque) compréhensible le monde des marchés financiers aux néophytes les plus endurcis. Nous seulement il parvient à rendre intéressant ce milieu, à rendre attachant l’un de ses acteurs, mais également à donner à tout un chacun l'occasion de réfléchir sur les absurdités du système.
Pour ce qui est du destin et de la façon dont se croisent et recroisent les personnages, tout cela est un peu gros pour être crédible (encore que). Mais peut importe, car on se laisse volontiers porter par le rythme de l’histoire telle qu’elle est. Enfin, il est plutôt sympathique de parcourir un peu l’Allemagne sans que la seconde guerre mondiale soit impliquée, alors autant saisir cette rare opportunité.

Conclusion :
A prêter.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les tartes à la menthe
- les cafés
- les casquettes
- les moutons



26 mai 2011

Duncan Jones : Source Code

Ce que le synopsis nous en dit :
Colter Stevens se réveille dans un train. Désorienté, amnésique, il réalise alors que le train est la cible d’une tentative d’attentat terroriste. Il tente de l’arrêter mais… le train explose ! Et voilà que notre homme se réveille à nouveau dans le train, comme la première fois : mêmes voisins, même situation ! Cette fois, Colter Stevens tente une autre idée pour déjouer l’attentat, mais huit minutes plus tard, le train explose à nouveau. Lorsqu’il reprend connaissance, Colter sait cette fois qu’il devra trouver la solution en huit minutes…

Ce que j’en pense :
Source code, un titre intrigant qui évoque le monde de l'informatique. Une nouvel Antitrust peut être ? Par ailleurs ce long métrage semblait avoir obtenu l'approbation de la presse et du public. Quand finalement un ami vous confirme que c'est un bon film, il n'y a plus a hésiter. C'est donc sans même lire le synopsis que je suis entrée dans le cinéma. A le lire aujourd’hui pour l'écriture de cet article, je constate à quel point j'ai bien fait. Mes recherches sur les sites cinématographiques principaux m'ont tous mené à de longs pavés qui dévoilent la moitié du film...
Même sans cela, je dois avouer avoir été déçue. Car si je ne me suis pas ennuyée, Source offre un scénario assez moyen : beaucoup de déjà vus, une explication pseudo scientifique trop légère, de très nombreux raccourcis et incohérences, et surtout c'est très prévisible. Enfin, je me demande encore pourquoi ce titre. Que de points négatifs dont je suis surprise qu'ils aient échappé à un public averti.
Malgré ce manque d'originalité global, Source Code s'en sort tout de même plutôt bien, notamment grâce à l'incroyable faculté de Michelle Monaghan de jouer un regard amoureux avec étoiles et papillons dans les yeux durant 1h30. Jake Gyllenhaal est loin d'être dans son meilleur rôle mais pourquoi pas. A féliciter également; la très bonne gestion de la "répétition" : la même scène qui tourne en boucle mais ne lasse pourtant jamais.

Conclusion :
A voir pour passer un bon moment, mais ne pas s’attendre au film de l’année.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :

- le compostage de billet
- le café renversé
- l’appel de l’ex
- le pouvoir de suggestion

18 octobre 2010

Xinran : Baguettes chinoises

Ce que l’éditeur nous dit :
" Je vais leur montrer, moi, à tous ces villageois, qui est une baguette et qui est une poutre ! " C'est ce cri qui a donné envie à Xinran d'écrire cette histoire. Celle, lumineuse, chaleureuse, émouvante, de trois sœurs qui décident de fuir leur campagne et le mépris des autres, pour chercher fortune dans la grande ville. Sœurs Trois, Cinq et Six n'ont guère fait d'études, mais il y a une chose qu'on leur a apprise : leur mère est une ratée car elle n'a pas enfanté de fils, et elles-mêmes ne méritent qu'un numéro pour prénom. Les femmes, leur répète leur père, sont comme des baguettes : utilitaires et jetables. Les hommes, eux, sont les poutres solides qui soutiennent le toit d'une maison. Mais quand les trois sœurs quittent leur foyer pour chercher du travail à Nankin, leurs yeux s'ouvrent sur un monde totalement nouveau : les buildings et les livres, le trafic automobile, la liberté de mœurs et la sophistication des habitants... Trois, Cinq et Six vont faire la preuve de leur détermination et de leurs talents, et quand l'argent va arriver au village, leur père sera bien obligé de réviser sa vision du monde. C'est du cœur de la Chine que nous parle Xinran. De ces femmes qui luttent pour conquérir une place au soleil. De Nankin, sa ville natale, dont elle nous fait voir les vieilles douves ombragées de saules, savourer les plaisirs culinaires et la langue truculente de ses habitants. Et d'un pays, une Chine que nous découvrons par les yeux vifs et ingénus des trois sœurs, et qui nous étonne et nous passionne car nous ne l'avions jamais vue ainsi.

Ce que j’en pense :

Toute la force de Xinran réside ici dans sa capacité à mêler faits historique et culturels, témoignages et romance. Le livre participe réellement à nous informer sur le fossé actuel entre Chine urbaine et Chine rurale.
L’histoire, qui commence à la campagne, parait se dérouler à une autre époque tant la vie y est différente. Pourtant les scènes se déroulants en ville nous prouvent bel et bien qu’il s’agit d’une œuvre contemporaine. Le choix d’avoir placé le tout dans des lieux existants, avec des faits inspirés de personnages réels renforce la crédibilité de l’ensemble, permettant au lecteur de mieux se projeter dans cette société lointaine. Cela est également accentué par la sélection de trois protagonistes aux caractères, aux capacités et aux envies très différentes les unes des autres, mais qu’une envie commune rassemble : la volonté de faire de son mieux.
L’écriture est fluide, le rythme bien agencé. Le prologue trouve bien sa place, permettant d’entrer rapidement dans l’univers qui nous est présenté. L’épilogue est quand à lui un brusque retour à la réalité, rappelant qu’après tout il ne s’agit que d’un roman…

Conclusion :
Une très bonne lecture, plaisante et instructive

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les maisons thermales
- les légumes
- les cafés-lecture
- la campagne

27 juillet 2010

Patrick Modiano : Dans le café de la jeunesse perdue

Ce que l’éditeur nous dit :
Encore aujourd'hui, il m'arrive d'entendre, le soir, une voix qui m'appelle par mon prénom, dans la rue. Une voix rauque. Elle traîne un peu sur les syllabes et je la reconnais tout de suite : la voix de Louki. Je me retourne, mais il n'y a personne. Pas seulement le soir, mais au creux de ces après-midi d'été où vous ne savez plus très bien en quelle année vous êtes. Tout va recommencer comme avant. Les mêmes jours, les mêmes nuits, les mêmes lieux, les mêmes rencontres. L'Eternel Retour.

Ce que j’en pense :
Ce livre m’a chaudement été recommandé par une connaissance, sans même qu’elle ne soit capable de se souvenir des détails de l’histoire. Selon elle, cela importait peu, puisque tous les livres de Patrick Modiano se ressemblent. Des ombres y flottent toujours, cachées ça et là entre les pages. On aime ou on aime pas. Elle fait partie de la première catégorie, il semble que je sois rattachée à la seconde.
Certes l’écriture est plutôt bonne. Le principe de se focaliser sur un point autour duquel tournent tous les protagonistes, aurait pu être génial. Le personnage principal est raconté, chapitre après chapitre, par les autres, nous donnant le prétexte d’appréhender les secrets de chacun, mais surtout d’en savoir plus sur elle. Peut être de comprendre.
Mais l’ensemble est d’une platitude déconcertante. Il ne se passe rien, à par cette fatalité pessimiste que d’autres ont mieux décrit avant lui. On ne s’attache pas à eux. C’est une triste constatation de la réalité, dont la lecture n’est ni intéressante, ni distrayante. Pour moi en tout cas.

Conclusion :
A lire pour ceux qui font partie de la première catégorie

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- Les cafés
- Paris
- La fatalité