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19 octobre 2015

Nabil Ayouch : Much Loved

Ce que le synopsis nous dit :
Marrakech, aujourd'hui. Noha, Randa, Soukaina et Hlima vivent d'amours tarifées. Ce sont des prostituées, des objets de désir. Vivantes et complices, dignes et émancipées, elles surmontent au quotidien la violence d’une société qui les utilise tout en les condamnant.

Ce que j’en pense :
Un film sur la prostitution, au Maroc, on se doute qu’il y aura des moments pénibles, que tôt ou tard cela va tourner au vinaigre. Heureusement, Nabil Ayouch a su éviter les stéréotypes et nous proposer une oeuvre fort subtile. L’accent principal n’est pas tant mis sur les difficultés quotidiennes rencontrées par ces femmes, que sur la force et le courage avec lesquels elles savent y faire face. Elles font tout leur possible pour ne pas se comporter comme des victimes, mais pour vivre, restées fières, soudées, malgré le peu de considération et d’estime que la société leur prête.
A la suite de cette séance, la lecture d’une interview de Loubna Abidar, Noha à l’écran, m’aura fait prendre conscience également du courage qu’il aura fallu aux actrices pour accepter ces rôles : provocation, nudité, sexualité... si l’intention de Much Loved est de dénoncer, il est facile de penser que la représentation publique de ces éléments va à l’encontre d'une certain bienséance. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour aller vers un monde plus tolérant, plus égalitaire, pour les femmes et pour les hommes.

Conclusion :
Une invitation à prendre conscience, mais aussi à apprécier sa propre chance.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les taxis
les robes
le Coca-cola
le prix de la vie




20 avril 2015

Uberto Pasolini : Une belle fin (Still Life)

Ce que le synopsis nous dit :
Modeste fonctionnaire dans une banlieue de Londres, John May se passionne pour son travail. Quand une personne décède sans famille connue, c’est à lui de retrouver des proches. Malgré sa bonne volonté, il est toujours seul aux funérailles, à rédiger méticuleu- sement les éloges des disparus… Jusqu'au jour où atterrit sur son bureau un dossier qui va bouleverser sa vie : celui de Billy Stoke, son propre voisin.

Ce que j’en pense :
Difficile de parler de ce film, que l’on pourrait percevoir comme plein d’espoir, aussi bien que carrément pessimiste. Ce qui est certain, c’est qu’il ne laissera personne de marbre. J’ai pour ma part versé de grosses larmes, à la fois sur la beauté et la tristesse de certaines scènes, ce qui ne m’étais pas arrivé depuis fort longtemps au cinéma (à ce point, depuis la mort de Mufasa peut-être ?). Si vous êtes d’humeur dépressive, je vous invite donc à passer votre chemin. Et pourtant... Que de choses sont mises en exergue dans ce film, dont au départ on à l’impression qu’il ne s’y passe pas grand chose. Et c’est là que la véritable magie opère, avec une humilité incroyable sur un si grand sujet. Que de points sensibles sont pointés du doigt, relatifs à notre société au sens large, mais également à l’individualité profonde de chaque individu et à sa place au sein de cette vaste humanité. Si futile, et tellement important. Quelle que soit votre situation personnelle actuelle, la qualité de votre relationnel, il est impossible de ne pas se sentir concerné.
C’est magnifique et c’est tragique, parce que oui ça existe.

Conclusion :
Un film qui prend aux tripes, parce qu’il aborde en toute simplicité l’une des questions les plus fondamentales de l’humanité.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
la vie




4 mars 2013

Evelyne Lagardet : Un rêve français

Ce que l’éditeur nous dit :
Istanbul, fin du XIXe siècle. Bohor, le fils aîné d'une famille juive séfarade, vit au sein de sa communauté, dans une extrême pauvreté. Mais, alors que tout le détermine à reproduire le destin misérable de ses parents, il décide très tôt de devenir l'artisan de sa propre vie. Sous l'égide d'un maître lumineux, et contre la volonté de son père, il apprend le métier de la restauration des tapis anciens et les secrets ancestraux des teintures. Empreint de cet art occulte, de sa sensualité comme de ses mystères, il peut enfin émigrer pour la France, le pays de tous ses rêves, celui des droits de l'homme et de la liberté.
Au-delà du déracinement, des déchirures de l'émigration, des difficultés de l'intégration, son amour de la vie lui permet de trouver dans son pays d'accueil tout ce qu'il a espéré : une citoyenneté, la réussite sociale, l'amour, une famille. Jusqu'aux sombres jours de l'Occupation. Inspiré d'une histoire vraie, Un rêve français nous invite à partager le parcours initiatique, haut en couleur, d'un jeune immigré qui a cru jusqu'au bout au rêve français comme d'autres ont cru au rêve américain.

Ce que j’en pense :
Je ne suis pas tout à fait objective sur ce bouquin, qui raconte l’histoire (romancée) de de l’un de mes aïeux. M’appuyant sur l’avis des personnes de ma connaissance l’ayant lu, toutes l’ayant aimé, voire adoré, je peux pourtant affirmer qu’il s’agit d’un excellent cru.
Pour écrire ce livre, Evelyne Lagardet a investigué pendant dix ans, multipliant les recherches et les rencontres afin de s'imprégner totalement de l’univers qu’à connu son grand-père à l’époque. Et cela se sent. Pourtant aucune lourdeur dans le texte, juste une écriture douce et légère qui laisse à peine transparaître toute la profondeur cachée derrière les mots. Un pur délice.
J’ai eu la chance de lire également la “première version”, celle qui ne fut pas soumise à l’opinion tranchante de l’éditeur. Certains personnages n’en faisait pas partie (comme la devineresse), certains passages en ont été censurés (en particulier une introduction absolument bouleversante mais peut être un peu trop brute pour le lecteur), bref elle me paraissait plus authentique. Mais cette variante, à laquelle vous pouvez avoir accès, mérite tout de même largement le détour. Elle vous propose un voyage, dans tous les sens du terme.

Conclusion :
A lire absolument.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les tapis
- la résilience
- la volonté
- la vie


25 juillet 2011

Kyoichi Katayama : Un cri d’amour au centre du monde

Ce que l’éditeur nous dit :
Qu'advient-il de l'amour quand l'être aimé disparaît ? Sakutaro et Aki se rencontrent au collège dans une ville provinciale du Japon. Leur relation évolue de l'amitié à l'amour lorsqu'ils se retrouvent ensemble au lycée. En classe de première, Aki tombe malade. Atteinte de leucémie, elle sera emportée en quelques semaines. Sakutaro se souvient de leur premier baiser, de leurs rendez-vous amoureux, du pèlerinage en Australie entrepris en sa mémoire. Quel sens donner à sa souffrance ? Comment pourrait-il aimer à nouveau ? Pour surmonter son deuil et son sentiment de révolte, Sakutaro trouvera appui auprès de son grand-père, qui a traversé une épreuve similaire et l'aidera à reprendre goût à la vie. A la fois puissant et pudique, chef-d'œuvre de poésie et de sensibilité, le roman de Kyoichi Katayama a bénéficié dès sa parution d'un extraordinaire bouche-à-oreille. Un cri d'amour au centre du monde est devenu au Japon un véritable phénomène de société. Adapté au cinéma, illustré sous forme de manga, il a été vendu à près de 3 500 000 exemplaires. Le plus grand best-seller japonais de tous les temps.

Ce que j’en pense :
Sans pointe de mièvrerie et tout en subtilités, Kyoichi Katayama nous conte l’amour à tous les âges. Si l’issue se dessine bien vite, c’est plutôt dans le plaisir des mots et leur finesse que se situe l’intérêt de cette lecture. J’imagine que beaucoup trouveront ce récit triste, ce qui est vrai, mais au final ce n’est pas le sentiment sur le lequel s’achève le roman. A la fois touchant et apaisant, sa palette de sentiments nous enveloppe dans une petite bulle intemporelle (tant par l'envoûtement de sa poésie que par le mode de son récit, qui ne respecte pas la chronologie). Le lecteur a alors le choix de simplement se laisser transporter ou bien de profiter de l'occasion pour se poser à son tour les éternelles questions sur le sens de la vie.
A tout cela j’ajouterai que je ne suis pas sûre d’avoir compris le sens de l’épilogue. Il n’est pas ce à quoi je m’attendais et maintenant encore ne n’arrive pas à déterminer s’il m’a finalement plu ou non. Peut être est ce parce qu’il ne correspond pas aux romans classiques, ce qui le rend finalement plus réaliste, ou alors convient il trop au mode de pensée japonais pour que je le comprenne.

Conclusion :
Un joli roman, à lire pour la douceur des mots.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les floraisons
- les cendres
- les voyages
- la vie

16 mai 2011

Tran Anh Hung : La Ballade de l'impossible - Norvegian Wood (ノルウェイの森 - Noruwei no more)

Ce que le synopsis nous en dit :
Tokyo, fin des années 60. Kizuki, le meilleur ami de Watanabe, s’est suicidé. Watanabe quitte alors Kobe et s’installe à Tokyo pour commencer ses études universitaires. Alors qu’un peu partout, les étudiants se révoltent contre les institutions, la vie de Watanabe est, elle aussi, bouleversée quand il retrouve Naoko, ancienne petite amie de Kizuki. Fragile et repliée sur elle-même, Naoko n’a pas encore surmonté la mort de Kizuki. Watanabe et Naoko passent les dimanches ensemble et le soir de l’anniversaire des 20 ans de Naoko, ils font l’amour. Mais le lendemain, elle disparaît sans laisser de traces. Watanabe semble alors mettre sa vie en suspension depuis la perte inexplicable de ce premier amour. Lorsqu’enfin il reçoit une lettre de Naoko, il vient à peine de rencontrer Midori, belle, drôle et vive qui ne demande qu’à lui offrir son amour.

Ce que j’en pense :
Inconditionnelle des œuvres de Haruki Murakami, j'attendais avec impatiente de voir l'une d'entre elles portée à l'écran. La Ballade de l'impossible étant parmi ses seuls livres ne contenant pas de "fantastique", le choix semblait plutôt judicieux. Par ailleurs, l'auteur étant réputé pour être l'un des "japonais les plus occidentaux", le fait que le réalisateur soit un français d'origine vietnamienne menant des acteurs japonais, était plutôt un bon présage.
Comme dans toute adaptation, des coupes sèches ont dû été faites pour arriver à une durée raisonnable, engendrant quelques frustrations. Pour moi, toute la subtilité de Murakami réside dans son attachement aux détails, qui n'ont ici que peu leur place. Un effort est tout de même à noter en ce sens, avec par exemple l'omniprésence des repas. Mais c'est surtout dans la profondeur des personnages, en particuliers des personnages secondaires, que la superficialité est la plus flagrante comparée à l'œuvre originale. Par contre, la retranscription de l'atmosphère, un peu lente et totalement prenante, surréaliste, est une vraie réussite. Dommage qu'elle soit gâchée par une bande sonore absolument atroce (à mon goût). Si la musique atonale et déchirante peut effectivement représenter la douleur, elle devrait être utilisée à dose homéopathique. Pourquoi faire également souffrir nos oreilles, alors que seules les émotions auraient suffit ? En contrepartie sonore, la voix absolument sublime de l’actrice Rinko Kikuchi.
Enfin, je doute de la réaction des personnes ne connaissant pas l'auteur, que la "franchise" de certaines scènes pourraient surprendre.

Conclusion :
Cela ressemble à du Murakami, mais ce n’en est pas. Un beau film tout de même.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- la vie
- les cris
- les pots d’échappement
- les relations humaines



5 novembre 2010

Marguerite Yourcenar : Mémoires d'Hadrien

Ce que l’éditeur nous en dit :
Marguerite Yourcenar trouva un jour cette phrase, dans la Correspondance de Flaubert : " Les dieux n'étant plus, et le Christ n'étant pas encore, il y a eu, de Cicéron à Marc, Aurèle, un moment unique où l'homme seul a été. " Et l'auteur de Mémoires d'Hadrien ajoute : " Une grande partie de ma vie allait se passer à essayer de définir, puis à peindre, cet homme seul et d'ailleurs relié à tout. " Traduit dans seize langues, salué par la presse du monde entier, Mémoires d'Hadrien n'a jamais cessé, depuis sa publication en 1951, d'entraîner de nouveaux lecteurs vers cet empereur du IIe siècle, " cet homme presque sage " qui fut, en même temps qu'un initiateur des temps nouveaux, l'un des derniers libres esprits de l'Antiquité.

Ce que j’en pense :
J'ai arrêté cette lecture aux environs du quart du livre. Non pas parce que je ne l''ai pas aimée, bien au contraire, mais tout simplement parce que je me sens pas prête à l'apprécier à sa juste valeur.
Ce livre est une véritable réflexion philosophique sur la vie, ce qu'elle apporte, ce qu'elle retire. Hadrien, écrit à la 1ère personne, à la veille de sa mort, et repense à tous ceux qu'il a été. Car au cours de sa vie, une personne change et évolue. Sa vision de soi et des autres, ses opinions également, en fonctions des rencontres, des expériences, etc.
Et c'est exactement ce que Marguerite Yourcenar écrit, dans un style particulièrement soutenu.
Je m'attendais à découvrir l'histoire (romancée) de cet empereur romain, à la manière d'un Max Gallo ou d'un Maurice Druon.
Mais ici les éléments sont survolés, ne sont que prétextes. Il faudrait s'arrêter et réfléchir à la fin de chaque page, ce que je n'ai pas réussi à faire.
J'ai donc choisi de refermer le livre. Mais je pense que je l'ouvrirai à nouveau dans quelques années...

En conclusion :
Rendez vous dans 30 ans.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
-  La jeunesse
-  La vieillesse
-  Le latin

18 mars 2010

Jacques Perrin : Océans

Ce que le synopsis nous en dit :
Filer à 10 noeuds au coeur d'un banc de thons en chasse, accompagner les dauphins dans leurs folles cavalcades, nager avec le grand requin blanc épaule contre nageoire... Le film Océans c'est être poisson parmi les poissons.
Après Himalaya et Le Peuple migrateur, Jacques Perrin nous entraîne, avec des moyens de tournage inédits, des banquises polaires aux tropiques, au coeur des océans et de ses tempêtes pour nous faire redécouvrir les créatures marines connues, méconnues, ignorées.
Océans s'interroge sur l'empreinte que l'homme impose à la vie sauvage et répond par l'image et l'émotion à la question : " L'Océan ? C'est quoi l'Océan ?


Ce que j’en pense :
Un documentaire sur grand écran, sans commentaire ou si peu, de quoi en décourager certain. Mais la beauté de l’affiche suffit à convaincre de laisser une chance à Océans.  Et la qualité des images est effectivement à la hauteur de ses promesses. Il en est de même pour le son, qui permet de réellement « entendre » les bruits sous-marins, et de la bande sonore en général.
Le choix de ne pas donner d’informations sur les animaux présentés est discutable, mais cohérent. J’ai beaucoup apprécié la structure du film, qui présente tour à tour les espèces préhistoriques, les guerres et alliances sous-marines, ou encore la perspective de fonds inexplorés. Bien sûr, les damages de la pêches ou de la pollution font partie du lot, mais le discours moralisateur reste dans la limite du nécessaire. Malgré cela, je dois bien avouer que j’ai parfois trouvé le film long. Il manque un petit quelque chose. De plus certains animaux sont montrés dans de trop nombreuses scènes, ne faisant pas honneur à la diversité de la faune marine.
A souligner, les apparitions de Jacques Perrin et de son fils, qui ramènent brièvement le spectateur à la réalité, pour mieux le replonger dans la magie des Océans. Le tout est commenté par sa très belle voix.

En conclusion :
A voir, ne serait ce que pour avoir envie d’en savoir plus sur ce monde magique et cruel, sur lequel il reste tant à découvrir.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- La vie sous marine
- La vie