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26 février 2014

Anna Gavalda : Billie

Ce que l’éditeur nous dit :
Billie, ma Billie, cette petite princesse à l’enfance fracassée qui se fraye un chemin dans la vie avec un fusil de chasse dans une main et On ne badine pas avec l’amour dans l’autre est la plus jolie chose qui me soit arrivée depuis que j’écris. » Franck, il s’appelle Franck parce que sa mère et sa grand-mère adoraient Frank Alamo ( Biche, oh ma biche, Da doo ron ron, Maillot 38-37 et tout ça ) (si, si, ça existe…) et moi, je m’appelle Billie parce que ma mère était folle de Michael Jackson (Billie Jean is not my lover / She’s just a girl etc. ) . Autant dire qu’on ne partait pas avec les mêmes marraines dans la vie et qu’on n’était pas programmés pour se fréquenter un jour…

Ce que j’en pense :
Vraiment, était-ce nécessaire ? Est-ce que parce que l’on porte un nom suffisamment connu pour faire vendre n’importe quel agglomérat de pages imprimées, une fois reliées et déposées dans une presse relay, qu’il faut en profiter pour imposer une honte sans nom à tous ses lecteurs ? Ce n’est quand même pas très gentil. Ce serait comme un prof de fitness qui ajouterait intentionnellement des pauses ridicules à sa chorégraphie juste pour voir si les gens vont vraiment les faire. Car bien sûr qu’ils vont les faire ! Parce que, psychologiquement, se balader dans le métro avec un livre représentant un bébé âne trop (vraiment, trop) choupinou sur fond de prairie, ça demande une forte abnégation de son amour-propre.
Ajoutons à cela l’expérience déplorable (et bien vite avortée) que fut le précédent bouquin d’Anna Gavalda, j’ai nommé La Consolante, il a vraiment fallu me convaincre pour que je donne une chance à Billie.
Fort heureusement mon sacrifice ne fut pas vain. Ce n’est pas de la grande littérature, c’est bourré de gros mots qui sonnent faux et ça se veut “un roman difficile sur la vraie vie” en nous contant l’histoire cousue de fil blanc de deux écorchés des bas-quartiers ensemble contre le monde. On n'y croit pas un seul instant, mais on se laisse tout de même prendre au jeu, ignorant sans scrupule les regards méprisants du parisien adepte de France-Inter qui se dit que le roman de gare c’est seulement bon pour les gens qui ne lisent pas. Et bien pas que. Car c’est aussi très bien pour se changer les idées entre deux œuvres plus prenantes, ou juste pour les matins où l’on n'aurait pas eu le temps d’avaler son café avant de partir.

Conclusion :
Pas indispensable, loin de là, mais pas foncièrement mauvais non plus.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la poésie
- les fusils
- l’orientation professionnelle
- les arrangements floraux


16 août 2013

Haruki Murakami : Le passage de la nuit (アフターダーク - After dark)

Ce que l’éditeur nous dit :
Pour une nuit, Haruki Murakami nous entraîne dans un Tokyo sombre, onirique, hypnotique. Un éblouissant roman d'atmosphère à la poésie singulière, aux frontières de la réalité et du fantasme, où chaque détail, rétrospectivement, fait sens.
Dans un bar, Mari est plongée dans un livre. Elle boit du thé, fume cigarette sur cigarette. Un musicien surgit, qui la reconnaît.
Au même moment, dans une chambre, Eri, la soeur de Mari, dort à poings fermés. Elle ne sait pas que quelqu'un l'observe.
Autour des deux soeurs vont défiler des personnages insolites : une prostituée blessée, une gérante d'hôtel vengeresse, un informaticien désabusé, une femme de chambre en fuite. Des événements bizarres vont survenir : une télévision qui se met brusquement en marche, un miroir qui garde les reflets.
À Tokyo, le temps d'une nuit, va se nouer un drame étrange.


Ce que j’en pense :
Comme toujours, Murakami nous installe confortablement dans une ambiance envoutante. En apparence tout est normal, mais soudain le fantastique vient subrepticement s'immiscer. C’est l’un des points forts de l’auteur. Pourtant dans After Dark, je n’ai pas compris l’utilité de cet élément, très présent mais très inexpliqué. L’auteur n’est pourtant pas du genre à écrire quelque chose sans raison, mais je n’ai pas dû comprendre la métaphore qui s’y cachait.
Par contre, l’utilisation d’un narrateur chez Murakami est une expérience nouvelle pour moi. Il en joue à merveille, en faisant un personnage invisible et immatériel qui tiendrait la caméra nous permettant de suivre les différents personnages, alternant zoom et plans larges. Le procédé est délicieux et participe grandement à nous intriguer.
Pour ce qui est de l’histoire, on pourrait résumer en disant que le thème principal est l’amour : l’amour entre deux personnes du sexe opposé, l’amour fraternel, l’amour marital ou encore l’amour pour soi même. Tout se joue en l’espace d’une nuit (à noter que je n’ai pas été très convaincu par le découpage du temps qui est proposé), au terme de laquelle nous laissons les protagonistes continuer leur chemin sans nous. Il y a une certaine magie dans cet éphémère.

Conclusion :
Envoutant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :

- les briques de lait
- les cafés
- les lits
- les projets professionnels