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31 décembre 2015

Challenge contre l'homophobie

Challenge réalisé du 27 juillet au 31 décembre 2015.

Me voilà partie dans un nouveau challenge, avec une ambition particulière de la part des organisateurs : celle d'ouvrir les esprits, pour permettre l'acceptation des différences.  
Co-organisé par les deux blogs "Lectures de Kevin" et  "Sur ma table de nuit", il propose de faire 6 lectures sur le sujet.

Abonnée depuis peu à Netflix, j'ai déjà l'occasion de dévorer l'intégrale de Orange is the new black (que je recommande sans réserve), et de démarrer Sense 8. Je ne sais pas à quelle point ces deux séries sont représentatives de la chaîne, mais je me suis fait la réflexion que les deux mettaient en scène de manière naturelle des relations homosexuelles. J'entends par là que si les questions autour de l'acceptation ne sont pas délaissées, loin de là, ce type de relation et les réactions qui en découlent sont traitées comme une évolution actuelle de la société, parmi d'autres. Il s’agit de quelque chose qui apparaît comme logique, et pas simplement un devoir de représentation des minorités (tant de productions dont le casting comprend encore une femme et un noir au milieu d'hommes...). Personnellement je vois cela comme un signe de l'avancée positive des mœurs. A noter que ces deux séries pourront aussi bien séduire les hommes que les femmes (un autre bon point). Tout cela pour dire que ce challenge tombe à pic !

Les lectures :

6 octobre 2015

Cat Clarke : A kiss in the dark

Ce que l’éditeur nous dit :
Lorsqu'Alex et Kate se rencontrent, l'attirance est immédiate. Il a de l'humour, un beau visage et un brin de timidité : tout ce que Kate recherche chez un petit ami. Elle est jolie, craquante, avec un irrésistible soupçon de naïveté : Alex ne peut résister à son charme. L'un des deux cache pourtant un lourd secret qui va non seulement peser sur leur amour naissant, mais aussi menacer leur vie...

Ce que j’en pense :
Malgré son caractère farfelu, A kiss in the dark présente un postulat de départ avec du potentiel... qui s'avère rapidement avoir été traité de manière navrante. Cat Clarke nous sert un cliché de littérature adolescente, plein de mièvrerie et surtout ridicule à souhait. Plus le personnage principal s'embourbe dans ses erreurs, moins il est attachant.
Arrivé vers la moitié de l'ouvrage, un changement de traitement inattendu vient relancer l'intérêt général. Il pourrait s'agir d'un coup de maître qui viendrait enfin révéler toute le potentiel du sujet. Quelques pages suffiront à faire retomber le soufflet. Que du vent (j’espère un peu, le rôle joué par le frère présente tout de même un intérêt). La vraie raison qui m’aura gardée d’abandonner en cours est un agacement général, incapable de m’arrêter sur une note aussi grotesque.

Conclusion :
Soulagée de l’avoir terminée. Je ne le recommande pas.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les casquettes
les chemises
le skateboard
les feux d’artifice



25 septembre 2015

Octavia E. Butler : Novice (Fledgling)

Ce que l’éditeur nous dit :
Imaginez une enfant de 10 ans, noire et amnésique, cherchant ceux qui l'ont laissée pour morte dans une forêt après avoir décimé sa. famille. Traquée par des ennemis invisibles, elle remonte bientôt le fil de sa vie pour découvrir qu'elle est en réalité âgée de 53 ans, dotée de pouvoirs surnaturels et d'une sexualité aussi vitale qu'ambiguë...

Ce que j’en pense :
Les vampires, comme vous ne les aviez jamais vus ! C’est ce principe qui m’a attiré vers cette lecture, qui utilise un concept appartenant à l’univers de la fantasy pour le traiter comme un sujet contemporain. Il aurait aussi bien pu s’agir d’un roman relatant d’une communauté religieuse ou d’une tribu aux mœurs singulières.
L’histoire se lit bien, et le personnage principal est compréhensible. A mon sens c’est également cette cohérence qui ne le rend qu’à moitié attachant. Il s’agit d’une personne très sensée, qui analyse et embrasse ses émotions avec beaucoup d’honnêteté envers elle-même, beaucoup de recul. Peut-être trop de recul. Elle ne commet tout simplement aucune erreur, pas réellement.
A noter également une fin qui prend son temps pour se mettre en place, toujours aussi logiquement, tellement attendue finalement qu’elle laisse une petite frustration. Une coupure plus nette aurait sans doute été plus marquante. Si j’ai beaucoup apprécié le parcours de Novice, j’avoue qu’il manquait un petit truc pour que je sois totalement séduite. Malgré ces quelques détails, beaucoup de très bonnes choses tout de même, notamment dans des sous thématiques qui appellent à la tolérance. Si ce roman ne s’élève pas à un statut majestueux, il laisse entrevoir la maîtrise de la plume qui l’a mis sur papier.

Conclusion :
Une auteure que je serais ravie de retrouver au détour d’une prochaine lecture.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les symbioses
les addictions
la jalousie
l’évolution

19 septembre 2015

Claire-Lise Marguier : Le faire ou mourir

Ce que l’éditeur nous dit :
Vus de l’extérieur, ils faisaient plutôt peur, ceux de la bande à Samy, avec leurs coupes de cheveux étranges, leurs vêtements noirs, leurs piercings… Mais le jour où les skateurs s’en sont pris au nouveau du collège, Dam, avec son physique de frite molle, c’est Samy qui s’est interposé et lui a sauvé la mise. Et c’est comme ça qu’ils se sont rencontrés, et que l’histoire a commencé. Samy a essuyé le sang qui coulait de la tempe de Dam, avec sa manche noire. C’était la première fois que quelqu’un le touchait avec autant de douceur…

Ce que j’en pense :
Un roman court (104 pages seulement), mais d’une densité incroyable. N’entendez pas par là peu digeste, au contraire, car l’écriture est fluide et prenante. J’ai encore la chair de poule en repensant à ces dernières pages, que j’ai tournées avec le sentiment d’avoir vécu une aventure incroyable, et inoubliable.
Le sujet est celui de l’adolescence, de la quête de soi même, avec ici la difficulté supplémentaire de l’homosexualité, de se sentir différent. La manière dont se matérialise ici cette souffrance est là fois extrême et, dans une certaine mesure, sûrement plus courante que ce que l’on pourrait imaginer. Claire-Lise Marguier va au-delà de cette thématique finalement assez banale, et nous livre une vraie analyse de la société. Soulignons encore une fois le travail de l’auteur qui parvient à nous parler d'un sujet aussi difficile dans un cadre de lecture aussi facile à aborder. Je recommande vivement cet au ouvrage à la capacité de toucher tous les profils : il serait dommage de passer à côté d’un tel bijou.

Conclusion :
Un concentré d’écriture dosé à la perfection pour une lecture bouleversante.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les looks
le déni
l'incompréhension
l’expression des sentiments

26 août 2015

Takarai Rihito : Seven days (2 volumes) (セブンデイズ)

Ce que l’éditeur nous dit :
Par un lundi matin ensoleillé, Shino Yuzuru et Seryou Touji se rencontrent devant la porte de l’école. Shino demande alors à Seryou s’il accepte de sortir avec lui. Seryou très populaire, a l’étrange habitude d’accepter les rendez-vous de tous ceux qui lui font la demande. Néanmoins, au bout d’une semaine, il quitte toujours son partenaire sans ménagement! Découvrez les 7 jours de Shino et Seryou!

Ce que j’en pense :
Une courte série, deux mangas seulement, avec un début, un milieu et une fin sans surprise. Le public visé est celui de l’adolescent, à l’âge où les amours timides prennent naissance, où l’on se dit “pour toujours” en y croyant vraiment (non mais sérieux ? happy-ending d’accord, mais on a tout de même du mal à croire que tout cela suffise pour assurer 50 ans de mariage et de bonheur. Pas à 15 ans, pas crédible). Mais je m’égare. Car malgré ce manque d’originalité, Takarai Rihito nous offre tout de même un agréable interlude littéraire, qui arrive à point nommer pour une pause détente au milieu de l’été. C’est tout plein de joli sentiments, c’est mignon, c’est entreprenant et chaste à la fois. Une fois de temps en temps, pourquoi pas.

Conclusion :
Sans surprise, mais mignon tout plein.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les délais
les homonymes
la jalousie
les livreurs

22 août 2015

Andrew Sean Greer : Les vies parallèles de Greta Wells (The Impossible Lives of Greta Wells)

Ce que l’éditeur nous dit :
New York, Greenwich Village, 1985. Greta Wells, une photographe, est atteinte de dépression : son frère jumeau Félix est mort du sida, et son petit ami Nathan vient de la quitter. Elle entreprend un traitement par électrochocs.
Le lendemain matin Greta découvre qu'elle a changé d'époque - nous sommes maintenant en 1918. Félix est bien vivant, il est fiancé à la fille d'un sénateur et a une liaison secrète avec son avocat, Alan.
Mais la voilà à nouveau projetée dans le temps - en 1941, cette fois. Greta a épousé Nathan, avec qui elle a fondé une famille. Elle fréquente aussi Léo, un homme plus jeune qu'elle. Ces vertigineux allers-retours sont bien plus que des changements d'époque : ce sont des mondes différents que doit affronter Greta, des vies alternatives parmi lesquelles il lui faudra, si elle en est capable, choisir celle qui lui convient. Dans le dédale du temps, une femme cherche son chemin...

Ce que j’en pense :
Andrew Sean Greer nous offre à la fois un voyage dans le temps et dans des dimensions parallèles : combo ! Il est intéressant de voir son interprétation sur la manière dont les moeurs influencent les personnes. Non, nous ne serions pas exactement les mêmes personnes si nous étions nés à une autre époque. Mais nous ne serions pas complètement différents non plus.
Ce avec quoi j’ai eu plus de mal est l’évolution de Greta au fil du roman, tandis qu’elle s’acharne à refaire les mêmes erreurs encore et encore. Elle finit par apprendre, mais si lentement. Cela la rend peut-être plus humaine, plus réaliste, mais à ce point : elles commet les mêmes impairs, avec les mêmes personnes et sur les mêmes sujets, il y aurait presque de l’auto-flagellation dans l’air. Parallèlement elle s’adapte étonnement bien aux âges qu’elle traverse, les différents niveaux de modernité ou les tenues vestimentaires ne semblant pas l’affecter outre mesure.
Je m’attendais plus à un roman d’apprentissage, tandis que la solution proposée est plutôt celle de de trouver sa place ailleurs (en quelque sorte, je ne vais tout de même pas vous révéler le dénouement). Ainsi je me serait presque plus attachée à certains personnages secondaires qu’à cette héroïne qui ne sais pas prendre de décision, qui reste mélancolique même dans les situations heureuses (pour le coup l’état de dépression est presque trop bien représenté).  Il faut dire que l’auteur n’a pas choisit les périodes les plus joyeuses du XXème siècle pour faire voyager son personnage.
Au final une lecture intéressante, bien qu’un peu lancinante, mais qui laisse un sensation un peu désagréable.

Conclusion :
De bonnes choses, mais loin du roman feel-good auquel je m’attendais.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :

les survivants
les interdits
les rendez-vous hebdomadaires
les clubs

8 août 2015

Benjamin Alire Saenz : Dante et Aristote découvrent les secrets de l’univers (Aristotle and Dante discover the secrets of the universe)

Ce que l’éditeur nous dit :
Ari, quinze ans, est un adolescent en colère, silencieux, dont le frère est en prison. Dante, lui, est un garçon expansif, drôle, sûr de lui. Ils n'ont a priori rien en commun. Pourtant ils nouent une profonde amitié, une de ces relations qui changent la vie à jamais... C'est donc l'un avec l'autre, et l'un pour l'autre, que les deux garçons vont partir en quête de leur identité et découvrir les secrets de l'univers.

Ce que j’en pense :
Je ne m’attendais pas du tout à ça en entamant ce roman. Je n’avais pas du vraiment lire la quatrième de couverture, car le titre m’inspirait plutôt un mélange de science et de philosophie. Mais ce n’est pas ce dont il s’agit ici. Quoi que. Peut-être que cette nomination symbolise le fait que tout ne s’explique pas par des mots ou des concepts. On parle ici de ressentis, de sentiments, et de la grande difficulté à suivre son instinct et à exprimer toutes ces émotions qui nous assaillent. Le sujet est d’autant plus à propos qu’il s’agit ici de l'adolescence, âge de l’apogée des questions existentielles. Mais cela concerne finalement toutes les générations, ce que Benjamin Alire Saenz prend d’ailleurs bien soin de mettre en scène.
J’ai été particulièrement touchée par ce personnage principal qui a tant de mal à accepter d’être aimé par les autres. Il ressent presque cela comme un poids, alors qu’il ne se sent pas à la hauteur des qualités qu’on lui attribue, alors du mal à s’accepter et à s’aimer lui-même. Tout ce processus de dualité, entre son affection et son rejet envers son entourage, est très bien décrit, nous permettant de toucher du doigt toute la réalité de ce paradoxe. Un travail de maître que d’avoir su si bien mettre en scène ce que les paroles souvent tant de mal à décrire. Bravo.

Conclusion :
Un roman magnifique, une écriture toute en subtilités.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les camionettes
la poésie
la contenance
les non-dits