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24 mai 2016

Paolo Bacigalupi : La fille flûte et autres fragments de futurs brisés (Pump Six and Other Stories)

Ce que l’éditeur nous dit :
Recueil de onze nouvelles, La Fille-flûte et autres fragments de futurs brisés confirme que les possibilités de la science fiction sont aussi importantes sous forme courte que sous forme longue. L'auteur du best-seller international La Lille automate y concentre son regard autour de considérations sociales, politiques et environnementales, et on trouve là de magnifiques variations sur les thèmes qui deviendront centraux dans ses romans.
Presque toutes ces histoires ont été récompensées ou nominées pour les prix Nebula et Hugo, et la nouvelle «L'homme calorie» a remporté le prix Théodore Sturgeon.

Ce que j’en pense :
Ce recueil est absolument trop affreux et je n’ai aucune intention de relire à nouveau le moindre écrit réalisé par Paolo Bacigalupi. Il ne s’agit pas ici d’un manque de qualité dans son travail, bien au contraire. Le problème vient du fait que son univers est bien trop percutant, bien trop crédible, bien trop angoissant. Il met en scène de manière ultra efficace la décadence de la société humaine, imaginant des futurs où la science aurait permis aux corps d’atteindre des summums d'adaptation, pour finalement faire exalter dans toute son horreur la perversité, le narcissisme, l’indifférence. Dans la même période où je découvrais ce livre, j’ai regardé pour la première fois Shining de Stanley Kubrick, et bien j’ai trouvé ce film bien moins angoissant, moins dérangeant que La fille flûte et autres fragments de futurs brisés. C’est tout simplement trop pour moi et ne pas avoir eu le courage d’attaquer les dernières nouvelles de ce récit.

Conclusion :
Magistralement horrible, au-delà de mes propres limites.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
le sable
les fraises
l’eau

SFFF & D. : item 20

Sondage Bizz & Miel : cliquez ici, merci !!




9 novembre 2015

Ridley Scott : Seul sur Mars (The Martian)

Ce que le synopsis nous dit :
Lors d’une expédition sur Mars, l’astronaute Mark Watney (Matt Damon) est laissé pour mort par ses coéquipiers, une tempête les ayant obligés à décoller en urgence. Mais Mark a survécu et il est désormais seul, sans moyen de repartir, sur une planète hostile. Il va devoir faire appel à son intelligence et son ingéniosité pour tenter de survivre et trouver un moyen de contacter la Terre. A 225 millions de kilomètres, la NASA et des scientifiques du monde entier travaillent sans relâche pour le sauver, pendant que ses coéquipiers tentent d’organiser une mission pour le récupérer au péril de leurs vies.

Ce que j’en pense :
Ayant beaucoup apprécié le livre d'Andy Weirs, je n'ai pas hésité longtemps avant d'aller voir son adaptation cinématographique. S’agissant d'une oeuvre très complexe, il fallait nécessairement tailler dans la masse de détails techniques, et je n'avais aucune attente quant à la réussite de l'entreprise. J'avais par ailleurs quelques réserves sur le choix de Matt Damon, qui m'avait déjà laissé de glace en tant que cosmonaute d'Interstellar (oui là il y a une référence, qu'est-ce que je suis drôle). Il me semble qu'un acteur moins connu aurait été plus opportun.
Et puis bonne surprise, Matt Damon s'intègre subtilement à cet univers, sans que son statut ne vienne nuire au rôle. J’ai trouvé également intelligente la manière dont le matériau de base a été utilisé, faisant bien passer l’ambiance générale, tout en restant cohérent dans sa narration. Le soin apporté à l’aspect scientifique est peut-être celui qui souffre le plus de cette transfiguration, ce qui était prévisible.
En contrepartie, l’équilibre sérieux/humour a bien été respecté, sans lequel le film aurait pu rapidement être ennuyeux.
Si je n’ai pas été spécialement éblouie par les paysages martiens, je dois dire que j’ai été contente de pouvoir visualiser certaines scènes, dont je n’avais pas forcement compris tous les tenants et aboutissants à la lecture (sur la fin en particulier), et là il s’agit d’une vraie plus-value de l’image !

Conclusion :
Une très bonne adaptation d’un très bon roman !

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les pommes de terre
l’alphabet
l’eau
les bâches


3 juin 2015

Yoshio Nabeta et Shinichi Sakamoto : Ascension (17 volumes) (孤高の人, Kokō no Hito)

Ce que l’éditeur nous dit :
Buntarô Mori, lycéen ombrageux et solitaire n'a jamais cherché à s'intégrer à la société. Mais au détour d'un défi lancé par un camarade de classe fan d'escalade, il entreprend la périlleuse ascension d'un bâtiment scolaire. En atteignant le toit, il se sent réellement vivant pour la première fois de sa vie, jusqu'ici rongée par l'ennui. La découverte de l'alpinisme va ensuite lui révéler un talent inné, et lui faire découvrir une incroyable sensation de plénitude, qui agit comme une drogue...

Ce que j’en pense :
Afin d’associer deux de mes centres d’intérêts, j’ai recherché des livres consacrés à l’escalade. Quête difficile, car je trouvais soit des bouquins généraux sur les techniques de grimpe (très orientés sécurité, avec les différents types de nœuds ou de cordes, alors que j’aurais préféré des idées concrètes d’exercices), soit des romans/biographies sur le thème de l’alpinisme. Or je ne fais pas d’alpinisme et ne suis absolument pas intéressée par l’idée d’aller me perdre en haute montagne. A mon sens ce sont deux disciplines proches certes, mais distinctes. J’ai fini par tomber sur Ascension, qui semblait répondre à mes critères ! Enfin, jusqu’au 3ème volume en tout cas, car rapidement l’histoire s’oriente vers... l’alpinisme. Et zut... J’ai tout de même achevé la série.
On peut saluer le réalisme du contenu, qui ne fait aucun doute sur les recherches réalisées par le scénariste. Ce n’est qu’à l’issue du dernier tome que j’ai réalisé que cette oeuvre était inspirée de la vie d’un alpiniste ayant bel et bien existé. Cependant, je n'ai pas réussi à adhérer à la folie qui semble habiter ces grimpeurs, que je conçois (dépassement de soi, envie d’aller jusqu’au bout, etc.) mais que je ne comprend pas vraiment (pourquoi aller risquer sa vie, se mettre dans des conditions aussi pénibles, durant de si longues périodes, sans compter tous les sacrifices associés, pour si peu de moments de félicité au final). L’approche de l’auteur est très, très, métaphorique, avec beaucoup de parallèles entre la montagne et des concepts associés (par exemple une tempête en pleine mer à un moment, ou le calme d’un cosmonaute dans l’espace à un autre). Parfois TROP métaphorique. Mais j’imagine que l’idée n’était pas mauvaise, car quel autre moyen y avait-il d’illustrer ce qui se passe dans la tête d’un drogué de la montagne...

Conclusion :
Pas le contenu que j’attendais, mais pas complètement inintéressant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les bouteilles d’eau
les abris
les strates
les décoration d’intérieur





21 janvier 2015

Angelina Jolie : Invincible (Unbroken)

Ce que le synopsis nous dit :
L'incroyable destin du coureur olympique et héros de la Seconde Guerre mondiale Louis "Louie" Zamperini dont l'avion s'est écrasé en mer en 1942, tuant huit membres de l'équipage et laissant les trois rescapés sur un canot de sauvetage où deux d'entre eux survécurent 47 jours durant, avant d'être capturés par la marine japonaise et envoyés dans un camp de prisonniers de guerre.

Ce que j’en pense :
Curieuse de voir le travail d’une Angélina Jolie (c'est drôle comme son nom est peu mis en avant sur les affiches) derrière la caméra, et interpellée par le sujet de la “survie mentale”, c’est à peine si j’ai remarqué qu’il s’agissait d’un film sur la seconde guerre mondiale (encore - je suis désolée mais ce n’est pas comme si c’était le seul conflit qui mérite d’être abordé, faut varier un peu). Loin des champs de bataille, Invincible démontre qu’il y a bien des manières de vivre et mener un combat.
Certains moments du films sont longs ; pour les protagonistes du moins, car pour le bienfait du spectateur le fil de l’action est suffisamment bien mené pour faire ressentir l’accablement des situations sans être barbant. Les relations entre les personnages sont aussi bien interprétées, alors que l’on devine bien souvent ce qu’il se passe dans la tête des uns et des autres (là où tout se joue réellement) sans qu’il soit nécessaire de poser des mots dessus. Le fait qu’il s’agisse d’une histoire vraie ajoute bien évidemment une dimension importante au film, alors que la persévérance (mais aussi la malchance) de Louie aurait pu être difficile à croire si elle avait été inventée de toute pièce.
Malgré tous ces bons points, et même si je pense me rappeler de cette histoire, je n’ai pas non plus été complètement subjuguée par ce film. Je ne saurais pas dire quoi, mais il manque quelque chose, ce petit truc qui fait qu’on se sente vraiment concerné. Oui j’ai été touchée par le sort de Louie, mais pas tant que ça.

Conclusion :
Un biopic intéressant et un second essai concluant, même si Angelina a sûrement encore des progrès à faire.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les bouteilles de lait
les rustines
l’évacuation des eaux usées
les bains




3 juin 2014

Joseph Delaney : L’épouvanteur - The Wardstone Chronicles (volumes 1 à 4)

Ce que l’éditeur nous dit :
“L'Epouvanteur a eu de nombreux apprentis, me dit maman. Mais peu ont achevé leur formation. Et ceux qui y sont parvenus sont loin d'être à la hauteur. Ils sont fragiles, veules ou lâches. Ils se font payer fort cher de bien maigres services. Il ne reste que toi, mon fils. Tu es notre dernière chance, notre dernier espoir. Il faut que quelqu'un le fasse. Il faut que quelqu'un se dresse contre les forces obscures. Tu es le seul qui en soit capable." Thomas Ward, le septième fils d'un septième fils, devient l'apprenti de l'Epouvanteur du comté. Son maître est très exigeant. Thomas doit apprendre à tenir les spectres à distance, à entraver les gobelins, à empêcher les sorcières de nuire... Cependant, il libère involontairement Mère Malkin, la sorcière la plus maléfique qui soit, et l'horreur commence...

Ce que j’en pense :
Contrairement à ce qui est annoncé sur la quatrième de couverture, la lecture de l’Epouvanteur n’empêche en rien de passer une excellente nuit de sommeil (peut-être pas à mon âge du moins). Néanmoins il faut avouer que les méchants créés par Joseph Delaney sont assez costauds à leur manière, et ce dès le premier tome. Si à ce moment-là on se demande comment il va réussir à tenir le rythme sur la suite, il s’en sort très bien au moins jusqu’à la fin du quatrième volume. Le point fort de cette série est de nous plonger dans un univers moyenâgeux, où les démons imaginaires côtoient les très réels inquisiteurs, des prêtres, des seigneurs et autres personnages typiques de cette époque. En ce sens le récit prend une part de réalisme qui contribue à le rendre crédible.
Le héros, sous couvert de démarrer en tant qu’apprenti, se retrouve très rapidement plongé (seul) au cœur de l’action et est exceptionnellement doué. Et au vu de la tournure que semble prendre l’histoire, il ne serait pas étonnant que tôt ou tard il soit amené à sauver le monde, au moins. Comme par hasard… Un peu moins cliché, l’approche qui est faite de son tuteur, qui est vite présenté comme un être humain qui certes révère une haute maitrise de son métier, mais présente également sa propre histoire et ses propres faiblesses malgré tout.
Un autre aspect de l’écriture que je trouve bien mené est cette capacité à nous spoiler l’air de rien de petits détails sur le futur des personnages, révèle juste assez pour intriguer le lecteur et l’inciter à poursuivre. Sans avoir un sentiment de suspense insoutenable, cela fonctionne plutôt bien pour moi.

Conclusion :
Une série jeunesse jusque-là bien menée, dont j’attends de voir l’évolution dans les volumes suivants.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
-  les chaînes
- la maçonnerie
- les cours d’eau
- les malles

12 mars 2012

Amélie Nothomb : Biographie de la faim

Ce que l’éditeur nous dit :
L'auteur de Stupeur et tremblements (Grand Prix du roman de l'Académie française 1999) et de Métaphysique des tubes fait revivre ses souvenirs de petite enfance au Japon mais aussi à Pékin, à New York, au Bangladesh et autres lieux où l'a conduite la carrière d'un père diplomate. Au cœur du kaléidoscope : sa faim. Le mystère de la faim, la faim goinfre, joyeuse ou tragique et angoissante,
quête perpétuelle d'un accomplissement inaccessible, qui explique autant l'histoire des peuples que celle des individus. Les figures du père, d'une nourrice japonaise, d'une sœur tendrement aimée se dessinent aussi dans ce récit pudique et sincère, maniant l'humour noir et la provocation.

Ce que j’en pense :
Décidément, c’est bien dans l’autobiographie que je préfère Amélie Nothomb. Sa façon si particulière de voir le monde, si délicieusement folle de penser, ne sont que preuves flagrantes de sont génie. Je ne suis pas certaine qu’il soit très agréable tous les jours de se trouver dans sa peau, peut être même loin de là, mais diable que cela doit être intéressant.
Ce roman peut se lire (ou se relire de multiple façon). Entre les analyses psychologiques et comportementales (ses faits et gestes à elle), sociologiques (les réactions des autres), ou encore anthropologiques (au travers des pays visités et comparés), il y a largement de quoi s’occuper. On peut aussi le dévorer sans réflexion, juste pour le plaisir de l’aventure et des mots, au rythme des surprises laissées par l’auteur à notre attention.

Conclusion :
Il est très probable que je le relise tôt ou tard.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les nounous
- l’eau
- la Bulgarie
- les laveries

5 janvier 2012

Claude Nuridsany et Marie Pérennou : La clé des champs

Ce que le synopsis nous dit :
Une mare abandonnée. Deux enfants solitaires tombent sous le charme de ce lieu sauvage qui les rapproche peu à peu l’un de l’autre et les aide à apprivoiser la vie. À travers leur regard, leur imaginaire, la mare devient un royaume secret à la fois merveilleux et inquiétant, peuplé de créatures de rêve ou de cauchemar. Une expérience initiatique, brève et intense, dont ils sortiront transformés.


Ce que j’en pense :
Difficile d’arrêter son opinion sur ce film, composé du pire comme du meilleur.
D’un côté nous avons des images rares et sublimes, pour lesquelles les trois ans de prises de vues semblent totalement justifiées. Celles ci sont mises en avant par la superposition de bruitages décalés : auto-tamponneuses ou caoutchouc seraient parmi les insectes, contribuant ainsi à exacerber notre imagination vis à vis de ce monde inconnu. Pour ma part, j’ai vraiment aimé les scènes de nuit, filmées tel un spectacle d’ombres chinoises, magiques.
D’un autre côté, nous avons l’ennui et l’envie difficile à réfréner de quitter la salle avant la fin. C’est très lent, et les efforts pour garder l’attention du spectateurs sont assez médiocres. La petite histoire entre les deux enfant est soit de trop, soit pas assez développée, mais elle ne contribue certainement pas au succès. Elle est inutile et/ou bâclée. De plus, montrer de belles images c’est bien joli, mais n’avoir aucune indication sur ce que l’on voit est terriblement frustrant. Sans tomber dans le documentaire animalier, quelques commentaires sur les petites bestioles présentées ou quelques anecdotes sur leurs spécificités auraient été les bienvenues...

Conclusion :
Raté.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- le vent
- les coquelicots
- l’eau
- l’herbe