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2 mars 2015

Haruki Murakami : Les amants du Spoutnik (スプートニクの恋人, Spūtoniku no koibito)

Ce que l’éditeur nous dit :
K. est amoureux de Sumire, mais dissimule ses sentiments sous une amitié sincère. La jeune fille est insaisissable, et voue un amour destructeur à une mystérieuse femme mariée. Un jour, Sumire disparaît, sans laisser de traces. K. part à sa recherche sur une île grecque, dans les rues de Tokyo, où tout le ramène à elle. " Une fable du troisième millénaire : des êtres séparés, un amour impossible, le néant spirituel, un vide implacable.

Ce que j’en pense :
Il est possible que ce soit l’absence d’effet de nouveauté, mais pour moi Les Amants de Spoutnik ne s’inscrit clairement pas parmi les meilleurs romans de Haruki Murakami. Sur la dizaine de ses oeuvres que j’ai lues, j’ai à la fois eu l’impression d’une expérience à chaque fois unique (alors que certains auteurs finissent par tourner en rond dans leur propre univers), tout en savourant le plaisir de retrouver ce style si caractéristique. C’est tout de même prodigieux. Le fait qu’il n'essaie pas de publier une nouveauté à chaque rentrée littéraire peut en partie l’expliquer. Il ne semble pas céder à la facilité des écrivains renommés, qui laissent de côté la qualité et ne prennent plus le temps de la réflexion, d’aller en profondeur et de peaufiner, avant d’inonder les librairies. Avec Les amants de Spoutnik, j’ai eu le sentiment de “rentrer à la maison”, de me glisser dans un bain chaud après une journée difficile, savourant cette écriture aussi captivante qu’agréable à lire. Quel plaisir de pouvoir naturellement suivre le flot des mots, sans devoir plonger dans la facilité d’un mauvais roman de gare. Car avec Haruki Murakami, les questions existentielles ne sont jamais loin, tandis qu’il devient logique que la plupart des questions soulevées restent sans réponse.

Conclusion :
Créer un îlot de quiétude au travers de personnages tourmentés, si ça ce n’est pas du génie...

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les grandes roues
les codes secrets
les coups de fil
la fatalité


4 mai 2014

Riff Reb's (d’après Jack London) : Le loup des mers (The Sea-Wolf)

Ce que l’éditeur nous dit :
Après un naufrage, Humphrey Van Weyden, un gentleman fluet, est recueilli puis enrôlé de force comme mousse par Loup Larsen, un terrifiant capitaine de goélette, buveur, violent mais très cultivé. Ce capitaine, athée, éprouve peu à peu une sorte d'estime teintée de mépris pour Humphrey, à l'inverse, très religieux : " si vous savez que quand vous mourrez, vous irez dans un monde meilleur, alors, pourquoi avez-vous peur de mourir ? " Ainsi naissent les premières joutes verbales - pleines d'humour et d'esprit - qui rythment ce passionnant récit d'aventure, et qui redoubleront à l'arrivée d'une jeune femme, un futur enjeu pour ces deux hommes.

Ce que j’en pense :
Normalement Jack London est un auteur que j’évite. Non pas que je remette en doute ses qualités d’écrivain, au contraire parce que je connais son habilité à nous faire prendre d’affection profonde pour ses personnages (humain ou non), pour ensuite leur faire endurer les pire tourments. C’est au-delà de ce que ma sensibilité est intentionnellement prête à subir.
C’est probablement le format bande-dessinée qui m’a poussé à mettre mon petit coeur en danger. Autant vous rassurer tout de suite (pour ceux que ça intéresse), celui-ci s’en est sorti indemne.
La particularité du Loup des mers, est que ses personnages ne sont pas à proprement des êtres attachants. Entre un pirate sans scrupule, violent et agressif, et un bourgeois faible, couard et prétentieux, pas d’amour au premier regard. Pourtant sous la plume de Jack London (et le crayon de Riff Reb’s qui a su capter et retranscrire les mots en d’incroyables planches), on finit par éprouver pour eux une sorte d’empathie, par les comprendre. Et pour décor, la mer, magnifique et impitoyable, qui achève de sceller l’emprise inéluctable de cette oeuvre sur son lecteur.

Conclusion :
Une très belle lecture, saisissante.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les migraines
- les destinées
- la fatalité
- les tempêtes


try

3 décembre 2013

Philip K. Dick : Minority Report

Ce que l’éditeur nous dit :
Washington, 2054. John Anderton est membre de Précrime, une unité gouvernementale utilisant les dons de prescience de trois mutants, les précogs, pour arrêter les criminels avant leur passage à l'acte. Avant même qu'ils aient imaginé de passer à l'acte.Anderton a une confiance aveugle dans les prédictions des précogs. Mais quand, chasseur devenu gibier, il se retrouvera lui-même accusé du meurtre d'un homme qu'il n'a jamais rencontré, il lui faudra découvrir les véritables rouages de Précrime pour prouver son innocence.

Ce que j’en pense :
Découvrir Philip K. Dick à travers la nouvelle, c'est comprendre en partie pourquoi je n'avais pas aimé Le Maître du Haut Château. Il me semble que le vrai point fort de l'auteur réside dans son imagination débordante. Minority Report qui part d'un concept tout à fait génial, offre une écriture plus que correcte, mais pas vraiment aboutie. On sent que l'auteur avait hâte de la terminer, pour aller exploiter l'idée suivante. Attention la nouvelle est quand même très sympa à lire, je ne dis pas le contraire, mais il y a un petit côté "vite fait, bien fait".
Afin de pouvoir écrire cette chronique dans les règles de l'art, je me suis payé le luxe de revoir l'adaptation cinématographique éponyme. C'est fou de voir la façon dont la machine hollywoodienne remanie le sujet à sa sauce. Certes pondre 2h15 de film à partir d’une histoire de 50 pages de littérature exige d’étoffer un peu son sujet, mais ici il s’agit presque d’une toute autre histoire. On retrouve l’existence de l’organisme “Précrime”, l'accusation de meurtre de John Anderton, mais c'est à peu près tout. Entre autre, le film nous transforme un scientifique saint d'esprit et questionnant la fidélité de son épouse, en homme drogué, hanté par la mort de son fils, avec une femme relayée en pot de fleur. Je ne parle même pas de l’issue finale, rien à voir. Oui c'est une formule qui a fait ses preuves auprès du public, mais je trouve dommage d'aseptiser/formater à ce point une oeuvre très originale au nom de la rentabilité. Les blockbusters, c’est vrai, c’est  très sympa, mais lorsque le spectateur n’a plus que le choix entre ça ou le "petit film d’auteur soudanais", bof. Steven Spielberg n'a tout simplement pris aucun risque.

Conclusion :
Une nouvelle étonnante, qui me réconcilie avec Philip K. Dick (mais me fâche un peu avec Steven Spielberg)

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- le libre arbitre
- la fatalité
- les secrétaires
- les prises de succession




14 juillet 2012

Grégoire Delacourt : La liste de mes envies

Ce que l’éditeur nous dit :
Jocelyne, dite Jo, rêvait d’être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n’a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c’est Jocelyn, dit Jo, qui s’est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange, et ce deuil a déréglé les choses entre eux. Jo (le mari) est devenu cruel et Jo (l’épouse) a courbé l’échine. Elle est restée. Son amour et sa patience ont eu raison de la méchanceté. Jusqu’au jour où, grâce aux voisines, les jolies jumelles de Coiff’Esthétique, 18.547.301€ lui tombent dessus. Ce jour-là, elle gagne beaucoup. Peut-être.

Ce que j’en pense :
A mon sens, un livre écrit strictement pour faire vendre, donc inutile. L’univers est celui de la ménagère de moins de 50 ans (sans nul doute le coeur de cible choisit par le marketeur/l’éditeur), tristounette mais qui se contente de ce qu’elle a, parce ce que c’est la vie, il faut pas trop en demander. De fait, l’ambiance est trop proche de l’univers de Katherine Pancol dans les Yeux jaunes des crocodiles and co. (qui ndlr est actuellement l’auteur qui fait le plus de ventes en France, pas étonnant qu’un travail proche est intéressé l’investisseur/l’éditeur). Sauf que Katherine, elle au moins nous offre de gros pavés certes, mais surtout une histoire qui se dévore avec plaisir (notamment grâce à quelques événements loufoque qui vienne casser le récit), avec un vrai désir d’aller vers le positivisme. Delacourt s’est lui contenté d’une centaine de pages, dans une écriture médiocre (franchement, il ne s’est pas trop foulé), qui tombent à plat. Et non, ce n’est pas parce que qu’on tire vers le fatalisme que cela donne une bonne histoire. Le vécut n’y est pas. On n’y croit pas. Ce récit est aussi pathétique que ses personnages.

Conclusion :
A éviter sans hésitation.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- le fatalisme
- l’abus de confiance
- le dépit


14 juin 2012

George Orwell : La ferme des animaux

Ce que l’éditeur nous dit :
Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Snowball et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement : " Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi. Tout ce qui est sur quatre jambes ou possède des ailes est un ami. Aucun animal ne portera de vêtements. Aucun animal ne dormira dans un lit. Aucun animal ne boira d'alcool. Aucun animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux. "Le temps passe. La pluie efface les commandements. L'âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer : " Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d'autres."

Ce que j’en pense :
Quelques jours à peine après avoir terminé Une histoire birmane, voilà que je tombe sur l’étagère d’un café sur un autre bouquin de George Orwell. L’écriture de ce dernier étant plutôt agréable, et s’agissant d’un cours roman (moins de 150 pages), je lui ai donc consacré une soirée.
Ce livre parait clairement être l’ébauche de 1984. Le thème est identique, c’est celui de la lutte des classes, de l’abus de pouvoir et des inégalités. Mais là où le roman phare de l’auteur aborde une société complexe et entre en détail dans les réactions des individus, la Ferme des animaux se contente d’être très caricaturale. Dès les premières pages, ont sait où cela va nous mener. Certes le chemin compte tout autant que la destination. Mais ici, celui ci n’a vraiment que peu d’intérêt tant tout est couru d’avance. Chaque page, chaque événement, conduit inéluctablement au suivant (mais aurait pu aussi bien conduire directement à la fin sans pour autant paraitre trop abrupte). Peut être qu’à l’époque ou elles ont été écrites, ces idées paraissaient être tres originales. Dans ce cas disons juste qu’elles ont mal vieillies.

Conclusion :
Sans grand intérêt

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la fatalité

27 juillet 2010

Patrick Modiano : Dans le café de la jeunesse perdue

Ce que l’éditeur nous dit :
Encore aujourd'hui, il m'arrive d'entendre, le soir, une voix qui m'appelle par mon prénom, dans la rue. Une voix rauque. Elle traîne un peu sur les syllabes et je la reconnais tout de suite : la voix de Louki. Je me retourne, mais il n'y a personne. Pas seulement le soir, mais au creux de ces après-midi d'été où vous ne savez plus très bien en quelle année vous êtes. Tout va recommencer comme avant. Les mêmes jours, les mêmes nuits, les mêmes lieux, les mêmes rencontres. L'Eternel Retour.

Ce que j’en pense :
Ce livre m’a chaudement été recommandé par une connaissance, sans même qu’elle ne soit capable de se souvenir des détails de l’histoire. Selon elle, cela importait peu, puisque tous les livres de Patrick Modiano se ressemblent. Des ombres y flottent toujours, cachées ça et là entre les pages. On aime ou on aime pas. Elle fait partie de la première catégorie, il semble que je sois rattachée à la seconde.
Certes l’écriture est plutôt bonne. Le principe de se focaliser sur un point autour duquel tournent tous les protagonistes, aurait pu être génial. Le personnage principal est raconté, chapitre après chapitre, par les autres, nous donnant le prétexte d’appréhender les secrets de chacun, mais surtout d’en savoir plus sur elle. Peut être de comprendre.
Mais l’ensemble est d’une platitude déconcertante. Il ne se passe rien, à par cette fatalité pessimiste que d’autres ont mieux décrit avant lui. On ne s’attache pas à eux. C’est une triste constatation de la réalité, dont la lecture n’est ni intéressante, ni distrayante. Pour moi en tout cas.

Conclusion :
A lire pour ceux qui font partie de la première catégorie

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- Les cafés
- Paris
- La fatalité