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3 novembre 2015

Amélie Nothomb : Le comte de Neville

Ce que l’éditeur nous dit :
Cette année, Amélie Nothomb fait sa rentrée avec un conte de fées virant à la tragédie grecque. "Le crime du comte Neville" raconte l'histoire d'une jeune châtelaine mal dans sa peau, qui cherche à se faire assassiner par son père, pour aider ce dernier à réaliser sans dommages la prédiction d'une voyante rencontrée à l'issue d'une fugue qui n'en est pas une.

Ce que j’en pense :
Un Amélie Nothomb parmi tant d’autres : farfelu, décalé, court. D’ailleurs il s’agirait plus d’une nouvelle que d’un roman, le prix de vente affiché pour la version broché ne se justifiant que très difficilement malgré le nom affiché sur la couverture (j’ai eu la chance de pouvoir l’emprunter, donc je rouspète mais en vrai je ne suis pas concernée). Rien de particulier à dire sur l’histoire, qui encore une fois est exactement ce à quoi l’on peut s’attendre de son auteur, qui objectivement sait écrire et sait raconter. Ainsi j’ai passé un bon moment de lecture, pas plus, pas moins. Je ne lui jette pas la pierre, on ne peut décemment pas écrire un chef-d’oeuvre chaque année.

Conclusion :
A lire pour les inconditionnels de l’auteur, superflu pour les autres.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
l’art de la réception
les preuves d’amour
les ressentis
les châtelains


3 octobre 2015

Xavier Giannoli : Marguerite

Ce que le synopsis nous dit :
Le Paris des années 20. Marguerite Dumont est une femme fortunée passionnée de musique et d’opéra. Depuis des années elle chante régulièrement devant son cercle d’habitués. Mais Marguerite chante tragiquement faux et personne ne le lui a jamais dit. Son mari et ses proches l’ont toujours entretenue dans ses illusions. Tout se complique le jour où elle se met en tête de se produire devant un vrai public à l’Opéra.

Ce que j’en pense :
Drôle ou triste selon sous quel angle on choisit de se placer, sans doute les deux à la fois, l’histoire de cette Marguerite Dumont est touchante. Convaincue depuis longtemps du talent d’interprète de Catherine Frot, je n’ai pas été surprise de voir la palette d’émotion qu’elle parvient à faire passer à l’écran. On la trouve ridicule, on la prend en pitié, on s’attache à elle, tout comme les protagonistes qui l’entourent, tentés de l’utiliser pour finalement succomber à sa naïveté. Bien souvient les intentions sont floues, la frontière entre abus et bienveillance semblant bien mince. Ces personnages secondaires d’ailleurs, qui peinent à trouver leur place. Leurs histoires sont abordées, sans être réellement traités, pour finalement sembler tomber là comme un cheveux sur la soupe.
L’univers des années 20 est pour sa part rès réussi, telle une version plus sage de Gatsby le magnifique où l’argent coule à flot et la réalité semble oin des considérations de chacun. Je soulignerai en particulier l’utilisation intelligente de l'élément photographique.

Conclusion :
Une jolie mélodie.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les souffleurs
les barbes
la fumée
les éléments de décor



6 septembre 2015

Jaco van Dormael : Le tout nouveau testament

Ce que le synopsis nous dit :
Dieu existe. Il habite à Bruxelles. Il est odieux avec sa femme et sa fille. On a beaucoup parlé de son fils, mais très peu de sa fille. Sa fille c’est moi. Je m’appelle Ea et j’ai dix ans. Pour me venger j’ai balancé par SMS les dates de décès de tout le monde…

Ce que j’en pense :
Que sont loin la colorimétrie et la luminosité de Mr. Nobody, que Jaco van Dormal a ici laissé de côté en faveur d'une image plus contrastée, plus sombre. On se croirait presque dans un film de Jean-Pierre Jeunet. A été conservé un certain amour de la vie, des gens, au-delà des blessures et de la tristesse. Des métaphores inattendues et magnifiques, des messages de tolérance et une certaine forme d’espoir, mais la perfection n’est pas envisageable. Même dans les situations de bonheur, le glauque semble caché dans un coin, prêt à resurgir à tout instant. A l’heure où le cinéma ne cesse de sublimer, même les plus beaux paysages apparaissent ici ternes. Je ne suis pas certaine de l’intention réelle du réalisateur mais, contrairement à son précédent long métrage, je ne qualifierais pas Le tout nouveau testament de feel good movie. Dommage, car la matière y était, seulement je n’ai pas été plus emballée que ça. J’ai tout de même passé un bon moment, j’ai été surprise, j’ai apprécié les références, j’ai souris, j’ai froncé les sourcils.

Conclusion :
Un moment de cinéma original mais pas à la hauteur de mes attentes.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
la fraternité
la tolérance
les broderies
les canoës




6 octobre 2013

Amélie Nothomb : La nostalgie heureuse

Ce que l’éditeur nous dit :
Tout ce que l’on aime devient une fiction.

Ce que j’en pense :
Pour apprécier La Nostalgie Heureuse, il faut au préalable avoir lu et surtout aimé les deux oeuvres précédentes d’Amélie Nothomb au pays du soleil levant. Cela tombe bien car c’est précisément mon cas.
S’il faut avouer que ce livre ne brille pas par sa longueur, la qualité est là, de bout en bout (ce qui n’est pas toujours le cas avec cet auteur). Amélie Nothomb nous y raconte sa vie, ou plutôt un moment de sa vie, qui sous de très banales apparences déclenche chez elle mille émotions. J’ai pour ma part été très touchée, émue même. Amélie Nothomb est une femme singulière, atteinte de douce folie, mais aussi tellement attachante. J’ai particulièrement savouré la dernière partie de la lecture, alors qu’elle fait le bilan de son voyage, le nez collé au hublot et l’esprit dérivant. Les mots sont justes, magnifiquement bien choisis. Si je comprend parfaitement tous les reproches qui peuvent être adressés à l'auteur, rien ne pourrait remettre en cause son âme d’écrivain. Cela reviendrait à nier effrontément l’indéniable qualité de certains phrasés, et surtout une incroyable capacité à imager les émotions. Amélie est liée à sa plume.

Conclusion :
Un vrai régal.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les séances photos
- le linge
- l’Everest
- les prénoms


16 janvier 2013

Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier : Ernest et Célestine

Ce que le synopsis nous dit :
Dans le monde conventionnel des ours, il est mal vu de se lier d’amitié avec une souris. Et pourtant, Ernest, gros ours marginal, clown et musicien, va accueillir chez lui la petite Célestine, une orpheline qui a fui le monde souterrain des rongeurs. Ces deux solitaires vont se soutenir et se réconforter, et bousculer ainsi l’ordre établi.

Ce que j’en pense :
Daniel Pennac aux dialogues, Thomas Fersen aux paroles ou encore Lambert Wilson à la voix, quel casting sonore hors du commun ! D’ailleurs la bande originale se réécoute avec plaisir.
Mais le visuel n’est pas en reste, avec de magnifiques aquarelles qui renouent complètement avec le dessin animé “à l’ancienne”. Un pur régal. Les deux se marient très bien, avec un réel travail sur le mélange des sons et des couleurs. Des sons graves et doux, sobres et subtiles, qui dansent au rythme des coups de pinceau. J’ai en particulier apprécié les nombreuses utilisations du basson en solo ou allié au piano et violon. Sans oublier le violoncelle... L’intégration de ces arts dans le conte est un vrai délice.
Quand à l’histoire, ce n’est peut être pas son originalité que l’on retiendra, mais elle prête souvent au sourire.

Conclusion :
La douceur du miel sur grand écran

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les agents de police
- les chamallows
- les parapluies
- les moineaux

24 août 2012

Amélie Nothomb : Acide sulfurique

Ce que l’éditeur nous dit :
Concentration : la dernière-née des émissions télévisées. On enlève des gens, on recrute des kapos, on filme… Tout de suite, le plus haut score de téléspectateurs, l’audimat absolu qui se nourrit autant de la cruauté filmée que de l’horreur dénoncée.
Etudiante à la beauté stupéfiante, Pannonique est devenue CKZ 114 dans le camp de concentration télévisé. Le premier sévice étant la perte de son nom, partant de son identité. Zdena, chômeuse devenue la kapo Zdena, découvre en Pannonique son double inversé et se met à l’aimer éperdument. Le bien et le mal en couple fatal, la victime et le bourreau, la belle et la bête aussi. Quand les organisateurs du jeu, pour stimuler encore l’audience, décident de faire voter le public pour désigner les prisonniers à abattre, un tollé médiatique s’élève mais personne ne s’abstient de voter et Pannonique joue sa vie…

Ce que j’en pense :
Il y a deux types d’Amélie Nothomb : les géniaux et les autres. Celui-ci appartient clairement à la seconde catégorie. Mêler beauté et cruauté, dans un univers où l’horreur et perversité font légions, voici un thème en or pour l’auteur. Mais justement parce que c’est si attendu, l’effet de surprise n’est pas là. Ici l’écriture d’Amélie Nothomb ne se distingue pas, elle colle au texte. On dirait qu’elle a tout simplement suivi le pan de la mode, parlant de la télé réalité parce que c’est un sujet d'actualité. Comme tout le monde. Quelle déception de sa part, quelle prise de facilité. Au final, bien évidemment cela donne un livre qui se lit facilement, mais qui contrairement à ce que l’on aurait pu en espérer ne pousse pas spécialement à la réflexion. Vite lu, vite oublié.

Conclusion :
Acceptable mais sans plus.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- le mystère
- le marchandage
- la contradiction


23 juillet 2012

Ken Loach : La part des anges (The angel’s share)

Ce que le synopsis nous dit :
A Glasgow, Robbie, tout jeune père de famille, est constamment rattrapé par son passé de délinquant. Il croise la route de Rhino, Albert et la jeune Mo lorsque, comme eux, il échappe de justesse à la prison mais écope d’une peine de travaux d’intérêts généraux. Henri, l’éducateur qu’on leur a assigné, devient alors leur nouveau mentor en les initiant secrètement… à l’art du whisky ! De distilleries en séances de dégustation huppées, Robbie se découvre un réel talent de dégustateur, bientôt capable d’identifier les cuvées les plus exceptionnelles, les plus chères. Avec ses trois compères, Robbie va-t-il se contenter de transformer ce don en arnaque - une étape de plus dans sa vie de petits délits et de violence ? Ou en avenir nouveau, plein de promesses ? Seuls les anges le savent…

Ce que j’en pense :
Fidèle à son habitude des causes perdues, Ken Loath nous parle ici de ces personnes pour qui la vie a décidément bien mal démarrée, dont la longue déchéance vers la violence et l’inadéquation sociale semble inévitable. Mais c’est sans compter sur la magie d’un bon verre de whisky ! Si vous aimez les kilts, les paysages et surtout l’accent écossais, ce film est fait pour vous, une véritable ôde à la culture de cette région. Mais une ôde un peu particulière, puisque dotée d’une morale vacillante. Mais finalement pourquoi pas; car la vie n’est pas toujours toute rose et chacun a bien le droit à une seconde chance. A l’écran cela donne une petite histoire bien sympathique, avec des personnages atypiques et attachants.

Conclusion :
Cela manque un peu de moutons, mais sinon l’essentiel est là.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- le prix psychologique
- le camping
- les mignonettes
- la capillarité

12 mars 2012

Amélie Nothomb : Biographie de la faim

Ce que l’éditeur nous dit :
L'auteur de Stupeur et tremblements (Grand Prix du roman de l'Académie française 1999) et de Métaphysique des tubes fait revivre ses souvenirs de petite enfance au Japon mais aussi à Pékin, à New York, au Bangladesh et autres lieux où l'a conduite la carrière d'un père diplomate. Au cœur du kaléidoscope : sa faim. Le mystère de la faim, la faim goinfre, joyeuse ou tragique et angoissante,
quête perpétuelle d'un accomplissement inaccessible, qui explique autant l'histoire des peuples que celle des individus. Les figures du père, d'une nourrice japonaise, d'une sœur tendrement aimée se dessinent aussi dans ce récit pudique et sincère, maniant l'humour noir et la provocation.

Ce que j’en pense :
Décidément, c’est bien dans l’autobiographie que je préfère Amélie Nothomb. Sa façon si particulière de voir le monde, si délicieusement folle de penser, ne sont que preuves flagrantes de sont génie. Je ne suis pas certaine qu’il soit très agréable tous les jours de se trouver dans sa peau, peut être même loin de là, mais diable que cela doit être intéressant.
Ce roman peut se lire (ou se relire de multiple façon). Entre les analyses psychologiques et comportementales (ses faits et gestes à elle), sociologiques (les réactions des autres), ou encore anthropologiques (au travers des pays visités et comparés), il y a largement de quoi s’occuper. On peut aussi le dévorer sans réflexion, juste pour le plaisir de l’aventure et des mots, au rythme des surprises laissées par l’auteur à notre attention.

Conclusion :
Il est très probable que je le relise tôt ou tard.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les nounous
- l’eau
- la Bulgarie
- les laveries

3 octobre 2011

Sylvain Estibal : Le Cochon de Gaza

Ce que le synospis nous dit :
Après une tempête, Jafaar, un pêcheur palestinien de Gaza, remonte par hasard dans ses filets un cochon tombé d’un cargo. Bien décidé a se débarrasser de cet animal impur, il décide toutefois d’essayer de le vendre afin d’améliorer son existence misérable. Le pauvre Jafaar se lance alors dans un commerce rocambolesque et bien peu recommandable…
Dans cette tragi-comédie, l’ensemble du petit peuple de Gaza, coincé entre sa misère absolue au quotidien, les contraintes des militaires Israéliens et le diktat des barbus aux commandes, est représenté par ce pauvre pêcheur dont l’unique souci est de survivre au jour le jour et qui, pour cela, est prêt a tout. Jafaar, dans une permanente dérision de lui-même, même dans les moments tragiques, évolue dans cette histoire a l’humour mordant… et nous laissera espérer que si l’on peut s’entendre, malgré toutes les différences, à l’échelle individuelle, on peut s’entendre in fine, à l’échelle collective.

Ce que j’en pense :
Comment réussir m'attirer dans un cinéma sur un film dont le sujet est le conflit israélo-palestinien ? En utilisant le langage universel (et décalé) de l'humour. Et justement, Le Cochon de Gaza est drôle. Certes on ne rit pas à gorge déployée, mais largement assez pour nous faire ressortir de la salle avec le sourire.
Le personnage principal, qui sait se rendre attachant dès les premières, le temps de quelques expressions seulement, est interprété par un excellent acteur. Le casting est d'ailleurs dans l'ensemble très réussi. Ajoutons à cela le large panel de langues différentes employées au cours du film, tout à fait délicieux.
Quand à l'histoire, un peu loufoque parfois, elle est toujours inattendue, et menée sans faux raccords de bout en bout. Certes, il existe une forte part d'utopie dans le Cochon de Gaza. Mais il est parfois bon de rêver à ce qui pourrait être, car, on ne sait jamais...

Conclusion :
Un très bon film, à la fois léger et profond.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les olives
- les remèdes de grand-mère
- le recyclage
- la pêche

5 novembre 2010

Marguerite Yourcenar : Mémoires d'Hadrien

Ce que l’éditeur nous en dit :
Marguerite Yourcenar trouva un jour cette phrase, dans la Correspondance de Flaubert : " Les dieux n'étant plus, et le Christ n'étant pas encore, il y a eu, de Cicéron à Marc, Aurèle, un moment unique où l'homme seul a été. " Et l'auteur de Mémoires d'Hadrien ajoute : " Une grande partie de ma vie allait se passer à essayer de définir, puis à peindre, cet homme seul et d'ailleurs relié à tout. " Traduit dans seize langues, salué par la presse du monde entier, Mémoires d'Hadrien n'a jamais cessé, depuis sa publication en 1951, d'entraîner de nouveaux lecteurs vers cet empereur du IIe siècle, " cet homme presque sage " qui fut, en même temps qu'un initiateur des temps nouveaux, l'un des derniers libres esprits de l'Antiquité.

Ce que j’en pense :
J'ai arrêté cette lecture aux environs du quart du livre. Non pas parce que je ne l''ai pas aimée, bien au contraire, mais tout simplement parce que je me sens pas prête à l'apprécier à sa juste valeur.
Ce livre est une véritable réflexion philosophique sur la vie, ce qu'elle apporte, ce qu'elle retire. Hadrien, écrit à la 1ère personne, à la veille de sa mort, et repense à tous ceux qu'il a été. Car au cours de sa vie, une personne change et évolue. Sa vision de soi et des autres, ses opinions également, en fonctions des rencontres, des expériences, etc.
Et c'est exactement ce que Marguerite Yourcenar écrit, dans un style particulièrement soutenu.
Je m'attendais à découvrir l'histoire (romancée) de cet empereur romain, à la manière d'un Max Gallo ou d'un Maurice Druon.
Mais ici les éléments sont survolés, ne sont que prétextes. Il faudrait s'arrêter et réfléchir à la fin de chaque page, ce que je n'ai pas réussi à faire.
J'ai donc choisi de refermer le livre. Mais je pense que je l'ouvrirai à nouveau dans quelques années...

En conclusion :
Rendez vous dans 30 ans.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
-  La jeunesse
-  La vieillesse
-  Le latin

28 mai 2010

Amélie Nothomb : Péplum

Ce que l’éditeur nous dit :
Est-il possible que l'ensevelissement de Pompéi ait été un hasard, alors qu'il a été " le plus beau cadeau qui ait été offert aux archéologues " ? Selon la romancière, il s'agit d'un coup monté par les archéologues du futur. Cette supposition lui vaut justement d'être enlevée de sa chambre d'hôpital où elle vient de subir une opération. Lorsqu'elle se réveille, elle est en l'an... 2580. Elle consigne soigneusement son dialogue houleux avec le savant Celsius.
Entre cet homme fâché d'avoir été deviné et cette jeune femme énergique et furieuse contre ses ravisseurs s'instaure une vive et stimulante discussion sur le réel, le virtuel, le voyage dans le temps, la grande guerre du 26e siècle. Les devisants abordent aussi des questions de morale, de philosophie et d'art.


Ce que j’en pense :
Si le style court et incisif d’Amélie Nothomb m’a toujours plu, il en va différemment pour l’abus de dialogue. Malheureusement pour moi, si Péplum porte le qualificatif de « roman », il aurait aussi bien pu se classer parmi les « pièce de théâtre ». Quelques didascalies ponctuent l’échange interminable entre les deux protagonistes.
L’auteur a sûrement pris du plaisir à l’écriture. Thèse et antithèse. Elaborer des arguments allant à l’encontre de son propre raisonnement doit être un exercice intéressant. Mais cela ne signifie pas que cela puisses intéresser autrui.
Bien sûr dans ce flot de mots sont cachés quelques idées plaisantes, quelques phrases qui font sourire. Mais dans l’ensemble, Amélie Nothomb nous perd. Elle va d’une théorie à l’autre, sans réel fil conducteur, sans but précis. L’impression est celle d’assister à une conversation entre deux personnes de longue connaissance, qui auraient leur propre humour, leurs propres références incompréhensibles du commun des mortels : long et agaçant.

Conclusion :
A lire pour « compléter sa collection d’Amélie Nothomb » ou passer le temps. Sans grand intérêt au demeurant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- Pompéi
- L’archéologie
- Le futur
- Les écrivains


6 janvier 2010

Amélie Nothomb : Le fait du Prince

Ce que l’éditeur nous en dit :
Un homme vole l’identité d’un inconnu.
« Il y a un instant, entre la 15ème et la 16eme gorgée de champagne où tout homme est un aristocrate ».

Ce que j’en pense :
J’ai commencé cette lecture avec en tête le commentaire suivant « les deux premiers tiers sont géniaux, le dernier est nul », que je suis heureuse d’avoir écouté.
Fidèle à son habitude, l’auteur entre sans préambule dans le vif du sujet, nous plongeant immédiatement dans cet univers si particulier qui est le sien. Les personnages principaux sont décalés, avec des idées et des manières de penser plus farfelues les une que les autres.
Ici, tout commence par une simple conversation entre deux hommes qui ne se connaissent pas. Le premier explique au second que la meilleure réaction face à une mort impromptue chez soi est de conduire innocemment le défunt à l’hôpital, où le décès sera constaté. Pur hasard, le lendemain un inconnu sonne chez notre personnage principal, pour y mourir quelques minutes plus tard. Après maintes hésitations, il décide finalement de prendre l’identité et la vie du mort. Et on finirait presque par trouver cette réaction naturelle. C’est là toute la magie d’Amélie Nothomb, qui se poursuit au fil du roman.
L’intrigue se construit, une énigme se pose. Le lecteur avide de connaître le fin mot de l’histoire, tourne frénétiquement les pages.
Et plouf. C’est la fin, certes, mais Amélie oublie de nous révéler le pot aux roses. Les délais d’éditions ont-ils joués contre elle, ou n’y avait elle juste pas pensé ? Un sentiment de bâclé en tout cas.

En conclusion :
Une lecture sympathique et la joie de retrouver ce style si particulier.
Cet opus ne marquera probablement pas la carrière de l’auteur, et mieux vaut s’attendre à être déçu pour apprécier pleinement ces 169 pages.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- le champagne