TRY ME
Affichage des articles dont le libellé est 5f. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 5f. Afficher tous les articles

2 mai 2016

Leena Yadav : La saison des femmes (Parched)

Ce que le synopsis nous dit :
Inde, Etat du Gujarat, de nos jours. Dans un petit village, quatre femmes osent s'opposer aux hommes et aux traditions ancestrales qui les asservissent. Portées par leur amitié et leur désir de liberté, elles affrontent leurs démons, et rêvent d'amour et d'ailleurs.

Ce que j’en pense :
S’agissant des événements, mais surtout de la scénographie et des tenues, la Saison des femmes est un film haut en couleurs, durant lequel on rit, on tremble, on s’étonne... Sans conteste hautement féministe, il nous présente le quotidien d’une poignée de femmes, mais également d’hommes, pris entre envies de liberté et poids des traditions dans un village reculé d’Inde. A la fois compréhensible et insensé, il est fou de constater la façon dont les individus perpétuent les comportements dont ils ont eux-mêmes soufferts, tout simplement parce qu’aucune alternative ne semble exister. Le jeu impeccable des actrices (et des acteurs), la mise en scène, et bien sûr l’histoire, l'alternance entre rires et moments tragiques, tous les éléments sont là pour nous rendre attachants ces personnages. Citons par exemple ce plan magnifique mettant en miroir Janaki et Lajjo, deux femmes qu’une génération sépare mais soumissent aux mêmes épreuves par la vie, ou bien cette escapade dans les collines qui marque le début du changement. La Saison des femmes est décidément rempli de beaux moments.

Conclusion :
Un très beau film, à voir pour son contenu et à soutenir pour le message qu'il conduit.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
le *** de son père
la *** de son cousin
son frère le ***


28 avril 2016

Delphine de Vigan : D'après une histoire vraie

Ce que l’éditeur nous dit :
« Tu sais parfois, je me demande s'il n y a pas quelqu'un qui prend possession de toi. »

Ce que j’en pense :
J’ai été complètement bluffée par ce bouquin ! Plusieurs jours après l’avoir terminé, les émotions qu’il m’a procurées restent très vives. Cela vient d’abord du plaisir de retrouver Delphine de Vigan, qui nous conte ici la reprise de sa vie après le succès de Rien ne s’oppose à la nuit, roman qui m’avait déjà bouleversée. La manière dont elle met en scène ses faiblesses, sans jamais provoquer la pitié, est très touchante, embarquant le lecteur dès les premières pages. Puis entre en scène le second personnage : L., charismatique et mystérieuse, qui se veut l’ardente défenseuse de la sincérité et du vrai, si pleine de « bonnes » intentions. Les ficelles sont parfois grosses, l’auteur jouant beaucoup sur les indices que « le pire est à venir ». Mais cela fonctionne à merveille, au point qu’une boule au ventre m’a accompagnée durant une bonne partie de la lecture, malaise provoqué par cette femme qui resserre inéluctablement son emprise. Mais c’est dans la conclusion que tout se joue, complètement inattendue, scotchante. J’aimerais en dire plus, parler de tous ces détails qui relèvent du génie, mais je vais m’en abstenir, soucieuse de ne pas ruiner la chute pour les futurs lecteurs.  Je vous laisse découvrir cela par vous-même. ;)

Conclusion :
Waouh ! Saisissant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
la hauteur de la barre
l'après
la rédaction
la télé-réalité



7 janvier 2016

Cyril Dion et Mélanie Laurent : Demain

Ce que le synopsis nous dit :
Et si montrer des solutions, raconter une histoire qui fait du bien, était la meilleure façon de résoudre les crises écologiques, économiques et sociales, que traversent nos pays ? Suite à la publication d’une étude qui annonce la possible disparition d’une partie de l’humanité d’ici 2100, Cyril Dion et Mélanie Laurent sont partis avec une équipe de quatre personnes enquêter dans dix pays pour comprendre ce qui pourrait provoquer cette catastrophe et surtout comment l'éviter. Durant leur voyage, ils ont rencontré les pionniers qui réinventent l’agriculture, l’énergie, l’économie, la démocratie et l’éducation. En mettant bout à bout ces initiatives positives et concrètes qui fonctionnent déjà, ils commencent à voir émerger ce que pourrait être le monde de demain…

Ce que j’en pense :
Cet article sera en peu particulier, car au lieu de simplement donner mon avis, je vais tenter de vous convaincre d’aller voir ce film (mais je ne vous le dirai pas car en général les gens aiment bien avoir l’esprit de contradiction, je devrai donc faire dans la subtilité). Car oui, ce film est indispensable, et pour bien des raisons. Il démarre par le postulat que la terre va mal (ça on le savait déjà) et souligne l’incroyable capacité de l’humanité à imaginer sa propre déchéance (films catastrophes, histoires de zombies ou attaques extra-terrestres, le journal de 20h). Par contre quand il s’agit d’être positif et de faire concrètement quelque chose, il n’y a plus grand monde. Et justement Demain propose des solutions, des vraies, testées et approuvées qui plus est (message subliminal mal dissimulé : tu as envie de voir ce film). Et surtout Demain le fait de manière intelligente. Par sa forme d’abord (tu décides de voir ce film), qui à travers cinq piliers présentés de manière logique, simple, et efficace, nous expose clairement la situation, nous donne envie d’agir (tu as hâte d’aller voir ce film). Mais surtout sa grande force réside dans tout l’espoir, la sincérité et l’humanisme qui s’en dégage (sérieux, tu seras content de l’avoir vu). On en ressort avec le sourire, motivé, voire dans mon cas avec l’envie de changer le monde et la conviction que oui c’est possible, ne serait-ce qu’un tout petit peu (et ensuite tu diras à tout le monde autour de toi d’en faire de même). Parce que cela nous concerne, tous autant que nous sommes.

Conclusion :
Un film merveilleusement construit, sur un sujet incontournable.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
l’agriculture
l’énergie
l’économie
la démocratie
l’éducation

Pour aller plus loin :
Demain, le film - site internet




3 décembre 2015

Kheiron : Nous trois ou rien

Ce que le synopsis nous dit :
D’un petit village du sud de l’Iran aux cités parisiennes, Kheiron nous raconte le destin hors du commun de ses parents Hibat et Fereshteh, éternels optimistes, dans une comédie aux airs de conte universel qui évoque l’amour familial, le don de soi et surtout l’idéal d’un vivre-ensemble.

Ce que j’en pense :
Un film utile, engagé, touchant, drôle, émouvant, qui fait vraiment du bien. Oui il s’agit d’un sentiment général de positivisme que saupoudre Nous trois ou rien. Si j’aurais bien aimé entendre parler persan, la qualité du casting compense largement cette omission. A ce niveau d’implication, plus encore qu'un hommage, il s’agit d’un véritable cadeau de la part de Kheiron envers ses parents, envers son pays d’origine, envers l’humanité en général et les spectateurs en particulier.Il montre, en parlant de sujet difficiles mais sans jamais tomber dans le pathos, que des alternatives sont possibles ; un joli message plein d’espoir, à diffuser largement.

Conclusion :
A voir absolument, n’importe quand, et surtout maintenant

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les barbes
les messages non verbaux
les photograhies mentales
les photographies murales




20 avril 2015

Uberto Pasolini : Une belle fin (Still Life)

Ce que le synopsis nous dit :
Modeste fonctionnaire dans une banlieue de Londres, John May se passionne pour son travail. Quand une personne décède sans famille connue, c’est à lui de retrouver des proches. Malgré sa bonne volonté, il est toujours seul aux funérailles, à rédiger méticuleu- sement les éloges des disparus… Jusqu'au jour où atterrit sur son bureau un dossier qui va bouleverser sa vie : celui de Billy Stoke, son propre voisin.

Ce que j’en pense :
Difficile de parler de ce film, que l’on pourrait percevoir comme plein d’espoir, aussi bien que carrément pessimiste. Ce qui est certain, c’est qu’il ne laissera personne de marbre. J’ai pour ma part versé de grosses larmes, à la fois sur la beauté et la tristesse de certaines scènes, ce qui ne m’étais pas arrivé depuis fort longtemps au cinéma (à ce point, depuis la mort de Mufasa peut-être ?). Si vous êtes d’humeur dépressive, je vous invite donc à passer votre chemin. Et pourtant... Que de choses sont mises en exergue dans ce film, dont au départ on à l’impression qu’il ne s’y passe pas grand chose. Et c’est là que la véritable magie opère, avec une humilité incroyable sur un si grand sujet. Que de points sensibles sont pointés du doigt, relatifs à notre société au sens large, mais également à l’individualité profonde de chaque individu et à sa place au sein de cette vaste humanité. Si futile, et tellement important. Quelle que soit votre situation personnelle actuelle, la qualité de votre relationnel, il est impossible de ne pas se sentir concerné.
C’est magnifique et c’est tragique, parce que oui ça existe.

Conclusion :
Un film qui prend aux tripes, parce qu’il aborde en toute simplicité l’une des questions les plus fondamentales de l’humanité.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
la vie




16 novembre 2014

Christopher Nolan : Interstellar

Ce que le synopsis nous dit :
Le film raconte les aventures d’un groupe d’explorateurs qui utilisent une faille récemment découverte dans l’espace-temps afin de repousser les limites humaines et partir à la conquête des distances astronomiques dans un voyage interstellaire.

Ce que j’en pense :
Christopher Nolan et des vaisseaux spatiaux... Sans surprise, j’attendais la sortie d’Interstellar avec une impatience grandissante. C’est sans compter sur l’un de mes amis qui a réussi, à grand renfort de bouquins qui ont l’air géniaux que je ne comprends pas et de visites à la cité des sciences, à me plonger dans le vaste sujet qu’est l’univers. Il faut dire que le terrain avait déjà été bien travaillé par Alexandre Astier (❤) (son Exoconférence est une véritable merveille, durant laquelle j’ai littéralement pleuré de rire) et une récente visite au Futuroscope (le film Mission Huble en particulier). Bref maintenant je suis obligée de lire des trucs sur la résonance orbitale, les pouponnières d'étoiles ou le test de Turing et Interstellar tombait à pic.
Si les prémices de mon exploration ne me permettent pas vraiment de juger de la véracité des données scientifiques prodiguées par le film (et d’ailleurs au fond on s’en fiche), celui-ci a plus que satisfait mon envie de “voir les étoiles”. Toutes les scènes dans l’espaces sont absolument magnifiques, avec de belles mises en perspectives sur les échelles de grandeur. Pour le scénario par contre de grandes inégalités dans la durée, avec des scènes trop en longueur et d’autres saisissantes (même en sachant qu’il est rare de tuer le personnage principal en milieu de séance, j’ai à plusieurs reprises eu “peur” pour lui). La carte sentimentale aurait également gagné à être un peu moins utilisée vers la fin du film, gâchant presque la beauté de certaines séquences antérieures (la plupart de celles entre Murphy enfant et son père, ou celle dans laquelle Cooper découvre les vidéos de ses enfants qui sont tout simplement poignantes).

Conclusion :
Un film plein d’imperfections, à l’image de notre savoir et de la beauté de notre monde.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
La fin du monde
La relativité
Les équations
La gravité

18 octobre 2014

Xavier Dolan : Mommy

Ce que le synopsis nous dit :
Une veuve mono-parentale hérite de la garde de son fils, un adolescent TDAH impulsif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide inattendue de l’énigmatique voisine d’en face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d’équilibre et, bientôt, d’espoir.

Ce que j’en pense :
Oui effectivement, je comprend pourquoi on crie au prodige lorsque l’on parle de Xavier Dolan, qui nous offre ici un film tout à fait marquant. Je retiendrais notamment ces scènes à couper le souffle, ces paroxysmes d’émotions, de violence, de folie, d’une intensité incroyable. Elles s’entrelassent avec d’autres dans lesquelles prévaut une ironie douce-amère, des sourires à peine esquissés, certains détails qui en deviennent drôles. De fait, même les moment emprunts de joie et de libertés, bien que pleinement vécus, prennent une dimension particulière, une gravité de calme avant la tempête.
Un autre point d'exception est la manière dont fonctionnent les personnages entre eux, avec un dynamique très spécifique et très différente lorsque les deux femmes sont seules ensemble, par rapport aux moments où les trois sont réunis par exemple. Travaillés et présentés par des approches très différentes chacun d’entre eux n’en revêt pas une importance moindre au récit comparé aux deux autres. Kayla par exemple, parait tout aussi prépondérante à l’écran que Diane et Steve, alors qu’elle s’exprime peu et ne révèle quasiment rien de son histoire. Et ça c’est fort.
Enfin une approche très originale est proposée au niveau musical, avec beaucoup de morceaux à la fois connus et désuets (on alterne entre Céline Dion et Eiffel 65). Et surtout Xavier Dolan multiplie les doubles lectures, en passant deux musiques en même temps, et ce à plusieurs reprise. Déstabilisant et étonnant.

Conclusion :
Nuances et intensité, un film prenant.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les grossièretés québécoises
les provisions
les chariots
la maîtrise de soi


12 octobre 2014

David Fincher : Gone Girl

Ce que le synopsis nous dit :
A l’occasion de son cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle commence à s’effriter. Très vite, les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à se poser la même question : a-t-il tué sa femme ?

Ce que j’en pense :
Comment parler de cet excellent film sans le spoiler ? Exercice difficile, alors tournons autour du pot. Pour l’état d’esprit d’avant séance, je ne m’attendais pas à grand chose, uniquement prête à lui donner une chance pour l’excellente note sur allocine (oui je suis influençable) et la présence de Ben Affleck (que je suis loin de trouver irrésistible en tant qu’homme ou acteur, mais qui me semble avoir bien choisi ses rôles ces dernières années). Autant dire que j’ai pris une grosse claque, et qu’il m’a fallu un petit moment avant de retrouver mes esprit une fois le générique achevé. Le jeu des acteurs (principaux) est irréprochable, tout comme la gestion et le choix de la bande sonore. Le rythme très bien géré, avec beaucoup de tension, mais les petits éléments qui vont bien pour relâcher la bride quand il faut (le personnage de l’avocat y participant à plus d’un titre). Gone girl comporte bien quelques longueurs, mais qui sont très pardonnables, voire totalement justifiables.

Conclusion :
Allez le voir. Tout de suite.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les chasse au trésor
les carnets secrets
les jeux de société
les bougies

22 août 2014

Zach Braff : Le rôle de ma vie (Wish I was here)

Ce que le synopsis nous dit :
Pour sauver son couple, renouer avec son frère et rassembler toute sa famille autour de son père qui vient de tomber malade, Aidan devra tour à tour changer de mode de vie, délaisser son rêve de comédien et partir à l’aventure de la vie d’adulte. Entre Los Angeles, le désert californien et ses propres rêves, saura-t-il trouver le véritable rôle de sa vie ?

Ce que j’en pense :
Garden State est de loin un de mes films préférés, l’un des rares dont j’ai le DVD, à regarder en cas d’urgence, qui a chaque visionnage m’a permis de respirer un peu mieux. De même depuis 10 ans, je ne me lasse pas d’écouter en boucle sa bande sonore, “Let Go” de Frou Frou en particulier n’ayant jamais perdu une miette de son effet magique sur moi.
Quand j’ai vu que Zach Braff reprenait la caméra, je n’ai pas hésité une seconde, sans même lire le synopsis. Si l’effet n’a pas été aussi grandiose que celui de son premier film (il paraît que peut-être avons-nous grandi), on y retrouve tout de même ces éléments enchanteurs, cet humour absolument unique, ces personnages tellement touchants, cette ambiance toute douce, aucun drame inutile mais tant d’émotions, ce sentiment de grandeur et d’intimité à la fois, cette manière si belle de raconter la vie qu’on est heureux de rire et de pleurer, parce que ça fait du bien.

Conclusion :
J’ai un nouvel album dans ma discothèque.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les dépliants
- les poèmes de circonstance
- l’importance de le dire
- les trucs fluffy (oui je sais, encore, mais j’adore ce mot)


19 août 2014

Luc Besson : Lucy

Ce que le synopsis nous dit :
A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune étudiante voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle « colonise » son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités.

Ce que j’en pense :
Il semble que les avis soient très partagés concernant Lucy. Pour ma part, à une période durant laquelle je lis du Greg Egan, je découvre qu’en fait la danse contemporaine ça peut être très bien et j’écoute en boucle du Sigur Rós, cela ne pouvait que me plaire. Et c’est peu dire que j’ai adoré.
Luc Beson nous propose un film certes très mégalo et avec un parti-pris tout à fait contestable, mais au moins il exploite vraiment son matériau de base. Il nous entraîne ainsi dans l’origine même de la vie, le tout et le rien, l’infiniment petit et l’immense, l’ultra-spécifique et l’universel. Rien que ça. Pour cela il s’appuie sur le jeu incroyable d’une Scarlett Johannson, qui crève l’écran tout du long (si certains acteurs tels que Mink-sik Choi ou Amr Waked ne s’en sortent pas si mal, j’ai trouvé la prestation de Morgan Freeman tout à fait inutile).
Que dire d’autre à part que j’ai été subjuguée, que je ne me suis pas ennuyée une seule minute, que la mise en scène est bien dosée, que c’est beau, et qu’en plus on a même droit à une course poursuite (il fallait bien la caser celle-là).

Conclusion :
Après tous les navets qui se prennent pour des chefs d’oeuvres, un vrai retour aux sources qui fait du bien.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les clés USB nouvelle génération
- la médecine moderne
- là où le personnel navigant oublie qu’en fait il peut ouvrir de l’extérieur
- les métaphores du monde animal


9 août 2014

Richard Linklater : Boyhood

Ce que le synopsis nous dit :
Chaque année, durant 12 ans, le réalisateur Richard Linklater a réuni les mêmes comédiens pour un film unique sur la famille et le temps qui passe. On y suit le jeune Mason de l’âge de six ans jusqu’ à sa majorité, vivant avec sa sœur et sa mère, séparée de son père. Les déménagements, les amis, les rentrées des classes, les premiers émois, les petits riens et les grandes décisions qui rythment sa jeunesse et le préparent à devenir adulte...

Ce que j’en pense :
A mon sens c’est ça du vrai cinéma. Au même titre qu’un Gravity (dans une catégorie très différente), Boyhood nous permet de vivre une expérience unique.
C’est juste fou de voir condensé en quelques heures ces personnes grandir, vieillir, adopter un nouveau style vestimentaire ou coupe de cheveux. L’évolution est bien sûr d’autant plus hallucinante chez les enfants, qui d’une année sur l’autre peuvent avoir pris seulement quelques centimètres ou avoir carrément changé du statut, passant de bébé à petit garçon/petite fille, puis un beau jour adolescents, avant de se diriger doucement vers les adultes qu’ils seront. L’histoire en soi n’a rien d’exceptionnelle, puisque c’est celle de la vie (et de ses inévitables questions existentielles), mais elle est ici sacrément bien racontée. Mille détails rendent le récit touchant et surtout très réaliste, dans les éléments que l’on retrouve, ou au contraire ceux qui se perdent, avec une mention spéciale sur les spécificités américaines (la taille des gobelets ou la présence d’armes à feu pour ne citer qu’elles).
Si certaines longueurs auraient pu être évitées (dans la dernière heure en particulier), elles seront bien vite oubliées, en faveur de ses personnages décidément très attachants.

Conclusion :
C’est fou la vie.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les voitures d’occasion
- les études
- comment répondre à la question “quoi de neuf”
- la religion


22 avril 2014

Spike Jonze : Her

Ce que le synopsis nous dit :
Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l'acquisition d'un programme informatique ultramoderne, capable de s'adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de 'Samantha', une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux…

Ce que j’en pense :
Plus qu’un film, une expérience, un véritable ovni sur lequel il m’est difficile de placer des mots. Sans surprise puisque Her se veut être un véritable concentré de sentiments. Le mot “feeling” (et ses déclinaisons) doit d’ailleurs être prononcé plus d’une centaine de fois. Spike Jonze tente de définir l’amour, celui des autres mais aussi l’amour de soi, qui ne vont pas l’un sans l’autre. Peut-on jamais être émotionnellement prêt à s’ouvrir totalement aux autres, si oui comment, et plus encore est-on jamais prêt à véritablement essayer de comprendre et d’accepter les autres (et cet Autre en particulier) tels qu’ils sont, sans réserve ? Que de questions liées, à la saveur impalpable, mais passionnantes, qui peuvent obséder toute une vie. Sensible mais jamais puéril, entier et parfois dérangeant, mais surtout toujours prenant, Her n’oublie pas de souligner cette possibilité, de choisir d’arrêter de se poser des questions et de vivre, tout simplement.

Conclusion :
J’irais peut-être le revoir.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- la nostalgie
- l’expression
- le partage
- les autres


15 février 2014

Ben Stiller : La vie rêvée de Walter Mitty (The Secret Life of Walter Mitty)

Ce que le synopsis nous dit :
Walter Mitty est un homme ordinaire, enfermé dans son quotidien, qui n’ose s’évader qu’à travers des rêves à la fois drôles et extravagants. Mais confronté à une difficulté dans sa vie professionnelle, Walter doit trouver le courage de passer à l'action dans le monde réel. Il embarque alors dans un périple incroyable, pour vivre une aventure bien plus riche que tout ce qu'il aurait pu imaginer jusqu’ici. Et qui devrait changer sa vie à jamais.

Ce que j’en pense :
Si l’Islande faisait déjà partie de mon top 10 de destinations prioritaires, depuis elle est presque devenue une urgence. Il y avait déjà eu ces documentaires montrant des paysages tous plus magiques les uns que les autres, ou tous ces récits de connaissances revenues ravies de leur voyage ; avec Walter Mitty s’y ajoute une part de rêve et surtout une super bande sonore à emporter.
Le film démarre par le personnage principal, qui sans crier gare « décroche » de la réalité pour en imaginer une autre, beaucoup plus… originale. Heureuse surprise, le réalisateur n’abuse pas du procédé, pour bien vite nous embarquer dans la « véritable aventure » du héro. Bien sûr c’est un loufoque, mais pas tant que ça. Sur un coup de tête et surtout un peu de culot, tout est possible.
Un autre détail qui m’a énormément touché dans ce film est la vraie beauté qui émanait des protagonistes. Qu’il s’agisse de Sean Penn en photographe de l’extrême, Ben Stiller marqué par les éléments ou tout simplement les rides d’expression de Kristen Wiig, autant de visages que la vie a marqués. Non seulement La vie rêvée de Mitty Walter sublime toutes ces marques du temps, mais il invite également à profiter de chaque instant.

Conclusion :
Un film qui met du baume au cœur.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les barbes
- les accents
- les routes en lacet
- les plongeons


30 octobre 2013

Alfonso Cuarón : Gravity

Ce que le synopsis nous dit :
Pour sa première expédition à bord d'une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l'astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu'il s'agit apparemment d'une banale sortie dans l'espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l'univers. Le silence assourdissant autour d'eux leur indique qu'ils ont perdu tout contact avec la Terre - et la moindre chance d'être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d'autant plus qu'à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d'oxygène qu'il leur reste.
Mais c'est peut-être en s'enfonçant plus loin encore dans l'immensité terrifiante de l'espace qu'ils trouveront le moyen de rentrer sur Terre...


Ce que j’en pense :
Le scénario de Gravity pourrait être résumé en quelques mots, au point que si on l’adaptait en roman il aurait peu d’intérêt à être lu. Car Gravity est avant tout un spectacle pensé et conçu pour le cinéma, exploitant au maximum les possibilités offertes par ce média (ce qui est plutôt rare, avouons le). Il permet au spectateur de vivre une expérience unique, lui donnant presque l’impression de véritablement accompagner les protagonistes dans l’espace. Le visuel est impeccable, époustouflant même, de part les effets de mouvements en apesanteur, les jeux de luminosité ou encore les très belles images de la planète terre, et il serait fort dommage de découvrir ce film autrement que dans une salle grand écran avec la 3D.
Quelques micros défauts de forme pourraient être relevés, mais ils sont le lot commun des réalisateurs américains contemporains et quantités négligeable comparée à la qualité globale du film. Car le fond n’est pas en reste, Gravity étant bourré de métaphores sur les origines, les liens entre les hommes, l’importance de l’individu, mais également son insignifiance, la vie, la mort, et l’espoir.

Conclusion :
Une expérience à vivre absolument.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les manuels d’instruction
- les sas
- la gestion des déchets
- les radios

29 avril 2013

Shane Black : Iron Man 3

Ce que le synopsis nous dit :
Tony Stark, l’industriel flamboyant qui est aussi Iron Man, est confronté cette fois à un ennemi qui va attaquer sur tous les fronts. Lorsque son univers personnel est détruit, Stark se lance dans une quête acharnée pour retrouver les coupables. Plus que jamais, son courage va être mis à l’épreuve, à chaque instant. Dos au mur, il ne peut plus compter que sur ses inventions, son ingéniosité, et son instinct pour protéger ses proches. Alors qu’il se jette dans la bataille, Stark va enfin découvrir la réponse à la question qui le hante secrètement depuis si longtemps : est-ce l’homme qui fait le costume ou bien le costume qui fait l’homme ?

Ce que j’en pense :
Mon enthousiasme est si difficile à décrire avec des mots que je dirais juste que je suis sortie de cette séance complément euphorique, avec une seule envie, le revoir (hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!)

Conclusion :
Aussi génial et bien dans la même trempe que le second opus !


A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les objets en série
- les dédoublements
- le bricolage
- la fluorescence




16 janvier 2013

Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier : Ernest et Célestine

Ce que le synopsis nous dit :
Dans le monde conventionnel des ours, il est mal vu de se lier d’amitié avec une souris. Et pourtant, Ernest, gros ours marginal, clown et musicien, va accueillir chez lui la petite Célestine, une orpheline qui a fui le monde souterrain des rongeurs. Ces deux solitaires vont se soutenir et se réconforter, et bousculer ainsi l’ordre établi.

Ce que j’en pense :
Daniel Pennac aux dialogues, Thomas Fersen aux paroles ou encore Lambert Wilson à la voix, quel casting sonore hors du commun ! D’ailleurs la bande originale se réécoute avec plaisir.
Mais le visuel n’est pas en reste, avec de magnifiques aquarelles qui renouent complètement avec le dessin animé “à l’ancienne”. Un pur régal. Les deux se marient très bien, avec un réel travail sur le mélange des sons et des couleurs. Des sons graves et doux, sobres et subtiles, qui dansent au rythme des coups de pinceau. J’ai en particulier apprécié les nombreuses utilisations du basson en solo ou allié au piano et violon. Sans oublier le violoncelle... L’intégration de ces arts dans le conte est un vrai délice.
Quand à l’histoire, ce n’est peut être pas son originalité que l’on retiendra, mais elle prête souvent au sourire.

Conclusion :
La douceur du miel sur grand écran

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les agents de police
- les chamallows
- les parapluies
- les moineaux

17 août 2012

Ken Scott : Starbuck

Ce que le synopsis nous dit :
Alors qu’il s’apprête à être père, David Wosniak, éternel adolescent de 42 ans, découvre être le géniteur anonyme de 533 enfants déterminés à le retrouver.

Ce que j’en pense :
Un thème pour le moins original, qu’on aurait pu craindre un peu lourd, mais se révélant bien au contraire mené tout en finesse. L’histoire est vraiment drôle et prenant, avec juste ce qu’il faut d’émotion. En ce sens on peut la comparer au film Little miss Sunshine, tout deux extrêmement réussis ils tentent de décrire la vie de gens ordinaires, un peu ratés mais touchant car essayant de faire de leur mieux. Starbuck traite quand à lui d’un sujet tout à fait contemporain, celui de la Paternité avec un grand P ; d’ailleurs, les femmes sont très peu présentes, laissant aux hommes toute la place qui leur est due.
Enfin, il faut bien avouer que les expressions de nos cousins canadiens concourent en partie à créer le sourire. Dotée d’une bonne écoute et ayant déjà séjourné au Canada je me suis amusée de voir apparaître les premiers sous-titres à l’écran (à certains moments seulement), mais finalement ils se sont révélés bien utiles.

Conclusion :
Immanquable, ne serait ce que pour le délicieux accent québécois.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les bacs à sable
- le tofu
- la livraison
- les piles de papiers


14 février 2012

Alexander Payne : The Descendants

Ce que le synopsis nous dit :
A Hawaii, la vie d’une famille bascule. Parce que sa femme vient d’être hospitalisée suite à un accident de bateau, Matt King tente maladroitement de se rapprocher de ses deux filles, Scottie, une gamine de dix ans vive et précoce, et Alexandra, une adolescente rebelle de dix-sept ans. Il se demande aussi s’il doit vendre les terres familiales, les dernières plages tropicales vierges des îles, héritées de ses ancêtres hawaiiens. Quand Alexandra lui révèle que sa mère avait une liaison, le monde de Matt vacille. Avec ses deux filles, il part à la recherche de l’amant de sa femme. Durant une semaine essentielle, au fil de rencontres tour à tour drôles, perturbantes et révélatrices, il va finalement prendre conscience que sa principale préoccupation est de reconstruire sa vie et sa famille…

Ce que j’en pense :
On se sent bien, lorsque l’on sort de la séance de The descendants. Pas euphorique, loin de là, mais apaisé. Le film est très juste, abordant des sujets lourds (les déchirements familiaux, l’affrontement avec la mort, etc.) tout en plaçant savamment des notes d’humour ici et là, créant immédiatement l’empathie du spectateur. Pas de gentils contre des méchants, mais juste des gens comme les autres, avec leurs défauts et leurs qualités, qui essaient de vivre au mieux leur vie. Oui, décidément très attachants.
Ce sentiment vient aussi notamment de la merveilleuse interprétation de George Clooney, pourtant loin de ses rôles en costume sur mesure habituels, et de la pourtant très jeune Shailene Woodley.

Et puis, vision pas si paradisiaque mais tout de même d’une beauté à couper le souffle de cette nature Hawaïenne est pour le moins originale.

Conclusion :
Un très beau film, à la fois simple et très puissant.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les tongues
- l’avion
- les crèmes glacées
- l’espionnage



12 décembre 2011

Sarah Smith : Mission Noël - Les aventures de la famille Noël (Arthur Christmas)

Ce que le synopsis nous dit :
Comment le Père Noël fait-il pour apporter tous les cadeaux, à tous les enfants du monde, en une seule nuit ?
Qui ne s’est jamais posé cette question ? Voici la réponse : il s’agit d’une opération secrète impliquant une technologie de pointe, soigneusement préparée dans une région secrète du pôle Nord… Pourtant, cette fois, un grain de sable va mettre la magie en danger. Un enfant a été oublié ! Et pour couronner le tout, c’est Arthur, le plus jeune fils du Père Noël et le moins doué de la famille, qui va tenter de sauver la situation avec son drôle de grand-père et une lutine obsédée par l’emballage des cadeaux… La mission s’annonce pleine d’aventures !

Ce que j’en pense :
J’ai bien du mal à comprendre pourquoi, en région parisienne du moins, ce film est si peu diffusé. A peine le trouve t-on dans quelques salles, et encore pas tous les jours, en journée et en version française uniquement. Pourtant, au même titre qu’un Shrek, Mission noël connaît cette double lecture qui permet de plaire aux adultes, autant qu’aux plus petits.
Avec le sujet des fêtes de fin d’année, il aurait pourtant été facile de tomber dans le déjà vu ou pire, le kitsh. Il n’en ai rien, au contraire Sarah Smith a su allier à merveille modernité à “l’esprit de noël”, réussissant un divertissement très amusant et évitant de nombreux cliché du cinéma (enfin un film intéressant qui ne comporte pas forcément un vilain méchant et une histoire d’amour). Le souci de précision est également au rendez vous, au point qu’on aurait presque envie de faire un arrêt image sur chaque scène pour pouvoir en profiter. Autant par le fourmillement de détails au niveau visuel, que dans la justesse du scénario (enfin si l’on exclu les paramètres de “vitesse” peut être, mais dont le manque de crédibilité est justifiable). Et mention spéciale par la bande annonce, qui ne spolie pas, mais au contraire s’ajoute à l’ensemble. Par étonnant qu’il y fallu si longtemps pour aboutir à ce petit bijou.

Conclusion :
Vive noël !

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- l’emballage
- les tablettes
- la logistique
- le plomb


28 octobre 2011

Michel Hazanavicius : The Artist

Ce que le synospis nous dit :
Hollywood 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L'arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l'oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va elle, être propulsée au firmament des stars. Ce film raconte l'histoire de leurs destins croisés, ou comment la célébrité, l'orgueil et l'argent peuvent être autant d'obstacles à leur histoire d'amour.

Ce que j’en pense :
Alors que la 3D s’installe comme la norme, Michel Hazanavicius décide de se lancer dans un film non seulement “plat”, mais en plus sans paroles ! Drôle de pari, mais qu’il remporte haut là main. Voici enfin un film adulé par la presse et les critiques, dont les éloges me paraissent méritées.
En effet, les acteurs sont fabuleux, la retranscription de l’univers prodigieux, les images magnifiques et pas une seule seconde ne laisse place à l’ennui, notamment à une utilisation époustouflante... du son ! La liste d’adjectifs pourrait encore être étoffée, mais le principe est là.
Le plus épantant est là manière dont le sujet a été traité, s’agissant d’un film muet sur l’arrivée du cinéma parlant dans les studios Hollywoodiens. En ressortant de la séance, le sentiment est que l’on aurait pas pu faire mieux, que tout ce qui présente un intérêt a été exploité. Toutes les bonnes idées ont été réunies et subtilement assemblée. Impossible d’imaginer un élément supplémentaire qui aurait pu y trouver sa place, c’est juste parfait.

Conclusion :
Épatant. A voir absolument.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les queues de pies
- les claps
- les pellicules
- les majordomes