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8 décembre 2015

Sarah Gavron : Les suffragettes (Suffragette)

Ce que le synopsis nous dit :
Au début du siècle dernier, en Angleterre, des femmes de toutes conditions décident de se battre pour obtenir le droit de vote. Face à leurs revendications, les réactions du gouvernement sont de plus en plus brutales et les obligent à entrer dans la clandestinité pour une lutte de plus en plus radicale. Puisque les manifestations pacifiques n’ont rien donné, celles que l’on appelle les suffragettes finissent par avoir recours à la violence pour se faire entendre. Dans ce combat pour l’égalité, elles sont prêtes à tout risquer: leur travail, leur maison, leurs enfants, et même leur vie. Maud est l’une de ces femmes. Jeune, mariée, mère, elle va se jeter dans le tourbillon d’une histoire que plus rien n’arrêtera…

Ce que j’en pense :
Au beau milieu des élections régionales, il est bon de se souvenir qu’en France les femmes ne peuvent voter que depuis 1944, ou qu’en Arabie Saoudite, ce privilège commence seulement à se mettre en place. Le film se focalise ici sur les actions mises en place par la population "féministe" britannique pour obtenir ce droit. Si certains personnages emblématiques du mouvement sont représentés, l’héroïne est  la Mme Toulemonde de l’époque, une illustre inconnue aux conditions de vie éprouvantes, issue de la population ouvrière. Les inégalités mises en lumière vont bien au-delà du simple accès aux urnes : les femmes étaient tout simplement soumises au bon vouloir de la gent masculine (vis-à-vis de l’argent, du travail, des enfants...) et n’avaient presque aucun autre choix que celui de devenir de bonnes épouses. Si je déplore le fait qu’il semble que le changement ne puisse se faire que dans la violence, je m’étonne pas de la virulence dont la société a alors fait preuve pour tenter d’enrayer le changement. Britanniques, françaises ou autres, je suis reconnaissante envers toutes ces personnes avant moi qui ont oeuvrées pour me donner les droits dont je bénéficie aujourd’hui. Ici ou ailleurs, la marche vers l’égalité (homme/femme ou autre) est loin d’être terminée, mais j’espère sincèrement que nous continuions à aller dans le bon sens.

Conclusion :
Une page de l’histoire intéressante et bien racontée.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les sentences
les témoignages
l’impuissance
la moitié de la population terrestre




27 mai 2013

Mona Chollet : Beauté fatale

Ce que l’éditeur nous dit :
Soutiens-gorge rembourrés pour fillettes, obsession de la minceur, banalisation de la chirurgie esthétique, prescription insistante du port de la jupe comme symbole de libération : la « tyrannie du look » affirme aujourd'hui son emprise pour imposer la féminité la plus stéréotypée. Décortiquant presse féminine, discours publicitaires, blogs, séries télévisées, témoignages de mannequins et enquêtes sociologiques, Mona Chollet montre dans ce livre comment les industries du « complexe mode-beauté» travaillent à maintenir, sur un mode insidieux et séduisant, la logique sexiste au coeur de la sphère culturelle.
Sous le prétendu culte de la beauté prospère une haine de soi et de son corps, entretenue par le matraquage de normes inatteignables. Un processus d'auto-dévalorisation qui alimente une anxiété constante au sujet du physique en même temps qu'il condamne les femmes à ne pas savoir exister autrement que par la séduction, les enfermant dans un état de subordination permanente. En ce sens, la question du corps pourrait bien constituer la clé d'une avancée des droits des femmes sur tous les autres plans, de la lutte contre les violences à celle contre les inégalités au travail.

Ce que j’en pense :
Un certain nombre de reproches peuvent être faits à cet essai. Tout d’abord le ton et une certaine tendance à voir toujours “le verre à moitié vide”, à “chercher la petite bête”, peuvent remettre en cause l’objectivité de Mona Chollet. Est ce qu’elle n’en fait pas un peu trop ? De plus, j’ai trouvé qu’il manquait un certain point de vue masculin. Est ce que toutes ces situations subies par les femmes ne touchent pas également certains hommes (telle que les mannequins traités comme des objets) ? Enfin, on notera une densité d’informations assez importante, qui peut noyer le lecteur.
Une fois cela admit, il faut bien avouer que le point de vue de Mona Chollet a au moins le mérite d’exister et de soulever des questions. Ensuite, libre à chacun de prendre ce qui l’intéresse, de déterminer ce qui est “acceptable” ou non. Car on ne peut pas dire qu’elle ait complètement tord non plus, au contraire. Ce qui m’a le plus marqué en m'intéressant à des sujets féministes est de découvrir que ce sont nous les femmes (et je ne fais pas exception), qui les premières promouvons ces comportements et modes de pensées machistes. Et là je me suis dit que quand même il y avait un problème.

Conclusion :
Indispensable pour s’ouvrir l’esprit et prendre conscience de certaines choses

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- le magasines
- les publicités
- les jupes
- la pression

6 août 2012

Elisabeth Vonarburg : Chroniques du pays des mères

Ce que l’éditeur nous dit :
Au Pays des Mères, quelque part sur une Terre dévastée du futur en train de se remettre lentement, les hommes sont très rares. Seules les Captes des Familles – les Mères – font leurs enfantes avec les Mâles. Les autres femmes doivent utiliser une forme hasardeuse d’insémination artificielle.
Lisbeï et Tula ne s’en soucient pas trop : filles de la Mère de Béthély, elles grandissent ensemble, sœurs et amies. Mais Lisbeï se révèle stérile ; ne pouvant être la Mère comme elle en avait rêvé, elle doit quitter Béthély, et Tula. Devenue “exploratrice”, elle accomplira un autre de ses rêves : découvrir les secrets du lointain passé du Pays des Mères. Mais certains rêves sont difficiles à vivre…

Ce que j’en pense :
Le Pays des mères comporte un univers tout à fait unique, aux règles complexes et très recherchées : une société matriarcale avec un fonctionnement et une religion propres, dont les habitudes et les niveaux de croyances divergent en fonction des régions et des individus. L’originalité réside également dans le fait que cette société est en paix (et le restera jusqu’à la dernière page), montrant qu’il n’est pas obligatoire de décrire la guerre pour captiver le lecteur.
Mais malgré tous ces points positifs, je n’ai pas été complétement emballée. Tout d’abord parce que passé un certain niveau, la description de cet univers ne m’a que modérément intéressée : trop complexe, trop de détails, trop de questions posées pour trop peu de réponses.  Et puis j’ai trouvé le thème principal mal défini, celui ci changeant d’une partie à l’autre. Les questionnements existentiels de Lisbeï, très riches au départ, se sont brusquement arrêtés (à mon grand désespoir), tout comme la quête initiatique du personnage, qui fini par tout bonnement stagner. J’ai trouvé globalement la gestion des personnages dans l’avancement du bouquin très moyenne, qu’il s’agisse de leurs histoires personnelles ou de leurs places à proprement parler. Passé les cinq premier chapitres, la relation entre Lisbeï et Tula en particulier est à se cogner la tête contre les murs par l’idiotie même de son “évolution”.
De même, si bien de pan de l’écriture sont intéressants, les changement de tons et de sources en cours de route sont eux parfaitement inutiles.
Enfin, je dois dire que certaines mœurs de cette société, comme par exemple l’inceste, m’ont beaucoup dérangés.

Conclusion :
Un univers riche, peut être trop.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- le féminisme
- les accords
- les pelles
- les félins