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19 juin 2013

Alain Guiraudie : L’inconnu du lac

Ce que le synopsis nous dit :
L'été. Un lieu de drague pour hommes, caché au bord d'un lac. Franck tombe amoureux de Michel. Un homme beau, puissant et mortellement dangereux. Franck le sait, mais il veut vivre cette passion.

Ce que j’en pense :
Passer son temps au cinéma c'est bien. Mais n’alterner qu’entre blockbuster américain et comédies françaises, c’est un peu réducteur. Alors pour bien assumer mon rôle de bobo parisienne jusqu'au bout, je suis allée voir un “film d’auteur” (bon d’accord ce n’est pas moi qui ai choisi le film, mais j’ai accepté d’aller le voir, ça compte). C’était... hum... original.
Les images tournées autour du Lac de Sainte-Croix-De-Verdon sont globalement belles, bien que parfois déroutantes, de par des plans qui reviennent sans cesse. Le problème vient peut être d’une volonté trop forte de marquer le temps qui passe. Chaque jour les mêmes rituels (le plan de la voiture qui se gare à l’ombre d’un arbre, l’arrivée sur la plage, la bise aux habitués, etc.), encore et encore, oui c’est bon on a comprit.
Et puis les scènes érotiques, nombreuses, très nombreuses... Incroyable que le film ne soit pas interdit aux moins de 18 ans. D’accord on nous montre une plage nudiste et un lieu de rencontre (et de consommation), mais était il vraiment nécessaire d’en montrer autant ? Par ailleurs certains éléments (le policier, la moustache à la Tom Selleck) sont saugrenus au possible (est ce voulu ?).
Malgré tout ça, et contre toute attente, je n’ai pas détesté, car en soit ce film est une véritable expérience. Certaines scènes sont très drôles, de cet humour qui ne peut naître que des situations les plus décalées. Et il nous fait découvrir un milieu, une manière de penser et de vivre, soulève certaines questions sur l’amour, la mort, la solitude, le besoin de tendresse vs. les besoins physiques. Mais ces réflexions auraient pu être plus poussées.

Conclusion :
Je n’irais pas jusqu’à le recommander mais une expérience intéressante.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les serviettes
- les baskets
- les parking
- les consentements


5 juin 2012

David Cronenberg : Cosmopolis

Ce que le synopsis dit :
Dans un New York en ébullition, l'ère du capitalisme touche à sa fin. Eric Packer, golden boy de la haute finance, s’engouffre dans sa limousine blanche. Alors que la visite du président des Etats-Unis paralyse Manhattan, Eric Packer n’a qu’une seule obsession : une coupe de cheveux chez son coiffeur à l’autre bout de la ville. Au fur et à mesure de la journée, le chaos s’installe, et il assiste, impuissant, à l’effondrement de son empire. Il est aussi certain qu’on va l’assassiner. Quand ? Où ? Il s’apprête à vivre les 24 heures les plus importantes de sa vie.

Ce que j’en pense :
De son excellent précédent film, A dangerous Method, on retrouve deux éléments : Sarah Gadon (qui y joue un rôle strictement identique) et une certaine fascination pour le sexe (mais cette fois la valeur psychologique est beaucoup plus difficile à cernée, résumant la question à des scènes inutiles). On note également deux scènes pas totalement intéressantes : celle avec la théoricienne et celle avec le meurtrier, qui reposent entièrement sur la prestation des deux acteurs qui les interprètent.
Pour tout le reste, hum. Bande originale : nulle. Scénario : nul. Performance de Robbert Pattinson : exécrable (elle se résume à un regard abruti - pas très plausible pour un petit génie -  que quelques soubresauts malsains viennent parfois ponctuer). Perte de crédibilité de nos acteurs français qui veulent à tout prix jouer dans des films en anglais : réussie. Ennui du spectateur : important. Capacité à tenir un discours cohérent, faire passer un message, dénoncer un système : nulle (ou comment couper des cheveux en quatre et se prendre trop au sérieux en jouant la carte “intellectuelle” pour au fond ne pas avoir grand chose à dire).

Conclusion :
Temps perdu : 1h48

A voir si vous voulez en savoir plus sur :

- les lampes torches
- les serviettes
- les tags
- les tablettes à écran fixe


30 mai 2011

Armistead Maupin : Chroniques de San Francisco

Ce que l'éditeur nous dit :
San Francisco et sa fameuse baie, ses tramways cahotant dans les rues en pente, son pont du Golden Gate, compte désormais un monument de plus : le 28, Barbary Lane, une pension de famille tenue par la pittoresque Anna Madrigal qui materne ses locataires avec une inépuisable gentillesse. Et ils en ont tous bien besoin, car "s'il ne pleut jamais en Californie, les larmes en revanche peuvent y couler à flots". Ils le savent bien, Mary Ann, venue de Cleveland dans cette ville qui a le don de décoincer les gens, Mona qui vient de perdre son emploi, Michael qui cherche vainement l'homme de sa vie...
Ce que j’en pense :
De passage dans la mythique San Francisco, j'avais donc emporté cette lecture dans mes bagages, espérant comprendre un peu mieux la ville. Quelle déception ! Là où j'attendais un portait sociologique, j'ai trouvé un extrait des Feux de l'amour.
Si vraiment ces personnages sont représentatif de la cité de l'époque, on affirmer qu’elle était peuplé de gens désespérés, tous obsédés et désespérés de trouver "le grand amour", mettant tous les moyens stupides possibles et imaginables en œuvre pour y arriver (sauf bien sûr se remettre en question, la maturité ne devait pas être de mode à l'époque). Plus le roman avance, et plus c'est débile. Tout le monde couche avec tout le monde. Pas un couple n'est durable ou fidèle, et surtout tout les personnages se révèlent tôt ou tard avoir des penchants bisexuels (c'est pratique, cela multiplie les combinaisons possibles, et retarde ainsi de quelques pages de "tourner en rond"). Quand aux situations, elles sont du même acabit, banales au départ, puis rapidement invraisemblables.
Une fois passée la fureur de la déception, je peux comprendre que cette saga ait pu en convaincre plus d'un. Le niveau d'intrigue s'adapte par exemple tout à fait aux rythme des vacances : des chapitres courts qui ne laissent aucun scrupule à abandonner la lecture en cours pour un saut dans la piscine.

Conclusion :
Vite consommé, vite oublié. A noyer dans la piscine à la fin des vacances.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la marijuana
- les cures
- la drague
- le tombé de serviette