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28 septembre 2012

Challenge réalisé entre le 27 septembre 2010 et le 27 févier 2012.

Voici le bilan du challenge ABC 2011 organisé sur le forum du site Babelio. 


Les lectures :

27 février 2012

Deborah Ellis : Parvana, Une enfance en Afghanistan

Ce que l’éditeur nous dit :
Ce roman raconte l'histoire de Parvana, jeune afghane de 11 ans. Elle et sa soeur Nooria vivent avec leurs parents et leurs deux bébés dans un appartement exigu à Kabul. Le père, lettré, est emprisonné par les talibans. Pour survivre, Parvana décide alors de se déguiser en garçon et de travailler dans les rues de Kabul. Un témoignage sur la condition des afghanes aujourd'hui, à travers le destin d'une jeune héroïne qui n'a jamais connu son pays autrement qu'en état de guerre.

Ce que j’en pense :
Lettre « e » lue ! Challenge ABC terminé (lu en janvier, achevant le défi avec seulement 2 mois de retard, hum hum) !
Rien qu’avec ce bouquin, je peux voir tout l’aspect positif d’avoir participé à ce défi : celui de découvrir des auteurs  auxquels on n’aurait jamais pensé autrement. Car figurez-vous que la lettre « e » ne présente que bien peu de choix, il faut donc bien faire sa sélection parmi ce qu’il y a. Et c’est ainsi que j’ai pu découvrir Déborah Ellis, et surtout une vie quotidienne en l’Afghanistan, pays qui fait régulièrement parler de lui dans la presse, mais ne m’avait jamais intéressé outre mesure.  Ce livre débute par une condition peu enviable pour l’héroïne. Elle et sa famille survivent comme ils le peuvent dans un quotidien que j’espère aucun d’entre nous n’aura jamais à connaître. Et puis la situation empire, parce que cela peut toujours être pire (et non pas juste parce qu’on vient de louper le RER et que le prochaine est dans 30 minutes ou que le train est encore en retard – les trucs énervants de mon quotidien sont souvent liés au transport, je crois qu’en fait j’ai de la chance). Bref c’est la guerre.
Ce petit livre sans prétention, fait réfléchir aux conséquences que la politique des « grands pays » peut avoir sur le quotidien des populations. Et puis bien sûr il a le ridicule des pires atrocités que les hommes peuvent accomplir sous couvert de la religion, la bêtise de ceux à qui l’on donne le moindre petit pouvoir et ne peuvent d’empêcher d’en abuser, et bien sur la sottise de ceux qui prennent beaucoup de pouvoir et ferait tout pour le conserver. Tout cela, tout le monde le sait, mais on n’y pense jamais. Certes ce livre, que j’oublierai peut être très vite, ne changera pas ma vie, mais je suis contente d’avoir pu penser à tout cela, au moins le temps de cette lecture.

Conclusion :
Ou comment consacrer deux petites heures à un sujet auquel on ne pense jamais.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
-    Les naans
-    Les os
-    Les grillages
-    Les crayons

6 février 2012

Jules Verne : Une fantaisie du docteur Ox

Ce que l’éditeur nous dit :
Il ne se passe jamais rien à Quiquendone, petit village des Flandres, jusqu'à l'arrivée d'un étrange savant, le docteur Ox. Celui-ci propose d'installer un éclairage révolutionnaire. Mais ce n'est qu'un prétexte pour tester un gaz qui a le pouvoir de modifier le caractère et le tempérament des habitants. Une sorte de folie s'empare alors de ce village, si calme d'ordinaire.

Ce que j’en pense :
Ca y est j’ai lu une œuvre de Jules Verne. Comme chaque fois que je tente de lire un auteur « classique », je m’attendais à passer par les étapes habituelles : l’enthousiasme de lire enfin ce fameux auteur, démarrer la lecture et avoir du mal à accrocher (parce que bien souvent les écritures sont si dissemblables des œuvres modernes auxquelles je suis habituée, et que le style ancien est si particulier), me forcer un peu, pour finalement aimer ou détester, parfois pour finalement abandonner. Et bien là pas du tout ! Dès le départ, j’ai trouvé que l’écriture de Jules Verne, autant que son style étaient merveilleux de fluidité. Sans parler de l’originalité dont il fait preuve, j’ai tout de suite accroché. Une fantaisie du docteur Ox est un peu grotesque, souvent absurde, et au final il ne se passe pas grand-chose. Mais cela ne l’empêche pas d’être fort divertissant. Tout se joue dans la narration. Le choix des mots est juste fabuleux, ne serais-ce que pour les titres de chapitre, c’est tout un programme. Ils font partie intégrante du roman, et ce sont eux qui m’auront le plus amusé.  Je ne sais pas si ce livre, plus court et moins connu que d’autres, est représentatif de l’œuvre de Jules Verne, mais je n’ai pas l’intention de me priver plus longtemps d’un tel divertissement.

Conclusion :
Très drôle et sans prétention.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
-    Les vaches
-    Les fiançailles
-    Les panoramas
-    L’opéra

27 janvier 2012

Raymond Queneau : Zazie dans le métro

Ce que l’éditeur nous dit :
Zazie débarque pour la première fois chez son tonton Gabriel. Le Panthéon, les Invalides et le tombeau du véritable Napoléon, elle s'en contrefiche. Mais kessqui l'intéresse alors, zazie, à part les bloudjinnzes? Le métro. Et quand elle apprend que les employés sont en grève, elle leur envoie une bordée d'injures? C'est qu'il vaut mieux pas la contrarier, la mouflette !

Ce que j’en pense :
Quelle déception, vraiment ! Avant d’ouvrir ce livre, son titre m’évoquait deux choses. Tout d’abord la chanteuse Zazie, qui aurait choisi son pseudonyme en hommage à cet ouvrage. Et puis le long couloir de tapis roulants de la station de métro Monparnasse-Bienvenü, qui distrait les passagers d’un alphabet mural et affiche fièrement cet ouvrage à la lettre “z”.
Pourtant j’écoute les chansons de Zazie. A t-elle vraiment lu le même livre que moi ? Et puis le choix de la RATP, n’en parlons pas. Encore un des grands mystères que laissera irrésolu cette société (car pour ceux qui ne le savent pas, Zazie l’héroïne ne mettra jamais les pieds dans une rame, grève oblige - la compagnie ferroviaire serait-elle fière de cet aspect de son image au point de l’afficher en grosses lettres ?!).
Ce qui m’a déçu c’est d’abord le style. Pur choix, c’est certain, car on sent bien que pour autant Raymond Queneau maîtrise parfaitement la langue française. Mais si c’est amusant deux minutes, c’est juste lassant au-delà. Et surtout ma face cachée de puritaine s'offusque que l’on puise disposer dans le rayon jeunesse des bibliothèques municipales une source si abondante de gros mots en tout genre... Et puis c’est aussi le fond. Car à dire vrai il ne se passe pas grand chose. J'ai clairement du louper quelque chose, notamment cet aspect quête initiatique qui revient si souvent dans les références à cet ouvrage. Le personnage principal n'évoluant pas du tout, je cherche encore de quoi il peu s'agir.

Conclusion :
Grosse déconvenue (dans l'édition que j'avais, c'était même le cas des illustrations). Si j’osais je tirerais la langue à l’auteur.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la bibine
- le spectacle
- le marché
- l’impolitesse

9 janvier 2012

Pauline Alphen : Les éveilleurs - livre 1

Ce que l’éditeur nous dit :
Claris a 12 ans et vit avec son père, Eben, et son frère jumeau, Jad, dans une vallée reculée et protégée par des montagnes d'accès difficile. Malgré la disparition précoce de leur mère et la mélancolie de leur père, malgré le handicap de son jumeau, Claris est une jeune fille enjouée, téméraire, qui rêve d'aventures. Des aventures comme celles qu'elle lit dans les livres de la tour interdite où s'est réfugié son père depuis la disparition de sa femme, des aventures comme celle que lui lisait sa mère, des aventures comme celles que son jumeau, handicapé, ne peut pas vivre. Mais Claris est persuadée que les aventures n'arrivent jamais aux filles. L'avenir va lui montrer qu'elle ne peut pas se tromper davantage...

Ce que j’en pense :
Tout commence avec une très jolie couverture qui appelle à la lecture. Puis les personnages sont posés, pas vraiment d’action, lentement la mise en place se fait. Quelques références sympathiques à la Littérature viennent ponctuer le récit, c’est un peu facile, mais cela attirer l’attention. Cependant la langueur continue, tout est paisible, trop paisible. Non pas qu’il ne faille forcément des batailles et du sang pour captiver l’attention, mais tout de même. Le point de non retour arrive alors que, par les biais des personnages, l’auteur nous rappelle à plusieurs reprises que “il s’est passé tellement de choses en si peu de temps” (depuis le temps du roman en somme). La patiente et la tolérance ont leurs limites et c’est précisement à ce moment que l’on se demande pourquoi continuer. Ce n’est pas  le sujet “post fin du monde moderne” et “vive la nature” bien trop cliché, qui suffira à retenir l’attention, ni des personnages insipides. Ajoutons à cela les phrases toutes faites, les conversations inutiles et une écriture très moyenne. C’est un peu dommage mais je crois que tout est dit.

Conclusion :
Passez votre chemin

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la méditation
- les bagues
- les moucherons
- les escaliers

17 décembre 2011

Claire Ubac : Le fruit du dragon

Ce que l’éditeur nous dit :
Ils vont regretter de m'avoir emmenée. Foi de Margaux. Il v a de quoi pester ! Depuis des mois, Margaux rêvait de ce périple en Asie avec son père. Mais pour cause de dépression paternelle, elle se retrouve à voyager seule avec ces étrangers, cette famille de location au rabais à qui elle a été confiée : il y. a Ralf le père, Aline la mère possessive, et Jesse leur fille de treize ans, rebaptisée illico Supernigaude. Si mal accompagnée, Margaux est bien décidée à n'apprécier sous aucun prétexte les charmes de l'Orient. Elle a beau freiner des quatre fers, les parfums de l'Asie lui chatouillent les narines et les rues vivantes et colorées lui font de l'œil. Le Vietnam l'appelle. Comment résister quand on a la curiosité chevillée au corps et le goût pour l'exploration tous azimuts. De virées en échappées solitaires, Margaux succombe à ce pays si étrangement familier. Elle va y découvrir sa propre histoire.

Ce que j’en pense :
Bon, je dois avouer que la seule raison pour laquelle j’ai emprunté ce livre, c’est que son auteur a un patronyme qui commence par la lettre “U” et je suis sacrément en retard pour terminer mon challenge ABC... Enfin voilà, je me suis dit qu’en parcourant le rayon jeunesse ce serait plus rapide, et que comme ce livre parle d’un voyage en Asie (sujet qui m’intéresse hautement en ce moment), il ferait l’affaire. Et bien bonne surprise au final, puisque l’écriture de Claire Ubac s’est révélé très agréable (pour de la jeunesse, et malgré la volonté discutable de glisser des mots “jeunes et cool” ici et là). L’histoire est sympathique et permet réellement de donner une idée des contrées traversées, des sites à visiter et des coutumes locales, sans pour autant perdre de vue le sujet principal. Représentative de l’adolescence dans toute sa splendeur, Il s’agit également d’une bonne démonstration du proverbe “les voyages forment la jeunesse”. Le seul défaut serait la petite “énigme” de fin de roman, qui m’a paru inutile et pourrait donner une fausse impression de ce qu’il faut pour apprécier un pays.

Conclusion :
Un livre tout en fraîcheur qui fait voyager son lecteur (et dont l'auteur commence par “U”, que demander de plus !).

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- le marché
- les motos
- les chapeaux
- la mer

2 septembre 2011

Ludovic Roubaudi : Les Baltringues

Ce que l’éditeur nous dit :
"Dans le monde du cirque, un sujet est un animal hors du commun, un animal qui prend plaisir à travailler et qui apprend tout seul. C'est très rare et nous avons eu la chance d'en rencontrer un. Grâce à ce chien, nous nous sommes dit que, peut-être, on pourrait monter notre propre cirque. Qu'enfin la chance nous souriait et qu'on allait devenir nos propres patrons. Vous comprenez, avec un chien pareil et le dresseur qu'on a avec nous, on a un numéro superbe. Hier on l'a montré à plein de gens du métier pour les convaincre de travailler avec nous. Ils ont tous été emballés et on va le monter notre cirque."

Ce que j’en pense :
Habituellement, lorsque l’on s'intéresse de plus près aux coulisses du cirque, on trouve les directeurs avide de pouvoir, les artistes désenchantés, ou encore les animaux maltraités. Mais personnes ne parle jamais de tous les autres, ces techniciens, mécaniciens et autres petites mains sans qui la roue ne pourrait pas tourner. Ludovic Roubaudi répare cet oublie et nous présente les Baltringues.
Il nous raconte l’histoire de cette bande de bras cassés, tous aussi attachants les uns que les autres, que l’on aurait pourtant tendance à éviter si on venait à les croiser dans la rue. Et surtout, il nous parle de Chaipas le mou, dont l’apparition fait prendre toute son envolée au roman. a partir de cet instant, attraction irrépressible s’exerce sur le lecteur, qui n’a d’autre choix que de poursuivre d’une traite jusqu’à qu’arrrivée à la fin du roman s’en suive.
Évidemment (et peut être malheureusement) la chute est à l’image des héros, triste et belle a la fois, mais inéluctable...

Conclusion :
Une jolie histoire.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- le recyclage
- la castagne
- les sapins
- le désordre organisé

25 juillet 2011

Kyoichi Katayama : Un cri d’amour au centre du monde

Ce que l’éditeur nous dit :
Qu'advient-il de l'amour quand l'être aimé disparaît ? Sakutaro et Aki se rencontrent au collège dans une ville provinciale du Japon. Leur relation évolue de l'amitié à l'amour lorsqu'ils se retrouvent ensemble au lycée. En classe de première, Aki tombe malade. Atteinte de leucémie, elle sera emportée en quelques semaines. Sakutaro se souvient de leur premier baiser, de leurs rendez-vous amoureux, du pèlerinage en Australie entrepris en sa mémoire. Quel sens donner à sa souffrance ? Comment pourrait-il aimer à nouveau ? Pour surmonter son deuil et son sentiment de révolte, Sakutaro trouvera appui auprès de son grand-père, qui a traversé une épreuve similaire et l'aidera à reprendre goût à la vie. A la fois puissant et pudique, chef-d'œuvre de poésie et de sensibilité, le roman de Kyoichi Katayama a bénéficié dès sa parution d'un extraordinaire bouche-à-oreille. Un cri d'amour au centre du monde est devenu au Japon un véritable phénomène de société. Adapté au cinéma, illustré sous forme de manga, il a été vendu à près de 3 500 000 exemplaires. Le plus grand best-seller japonais de tous les temps.

Ce que j’en pense :
Sans pointe de mièvrerie et tout en subtilités, Kyoichi Katayama nous conte l’amour à tous les âges. Si l’issue se dessine bien vite, c’est plutôt dans le plaisir des mots et leur finesse que se situe l’intérêt de cette lecture. J’imagine que beaucoup trouveront ce récit triste, ce qui est vrai, mais au final ce n’est pas le sentiment sur le lequel s’achève le roman. A la fois touchant et apaisant, sa palette de sentiments nous enveloppe dans une petite bulle intemporelle (tant par l'envoûtement de sa poésie que par le mode de son récit, qui ne respecte pas la chronologie). Le lecteur a alors le choix de simplement se laisser transporter ou bien de profiter de l'occasion pour se poser à son tour les éternelles questions sur le sens de la vie.
A tout cela j’ajouterai que je ne suis pas sûre d’avoir compris le sens de l’épilogue. Il n’est pas ce à quoi je m’attendais et maintenant encore ne n’arrive pas à déterminer s’il m’a finalement plu ou non. Peut être est ce parce qu’il ne correspond pas aux romans classiques, ce qui le rend finalement plus réaliste, ou alors convient il trop au mode de pensée japonais pour que je le comprenne.

Conclusion :
Un joli roman, à lire pour la douceur des mots.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les floraisons
- les cendres
- les voyages
- la vie

15 juillet 2011

Edward O. Wilson : Anthill

Ce que l’éditeur nous dit :
Starred Review. A Pulitzer Prize–winning nonfiction author and Harvard entomology professor, Wilson (The Ants) channels Huck Finn in his creative coming-of-age debut novel. Split into three parallel worlds—ants, humans, and the biosphere—the story follows young Raff Cody, who escapes the humid summers in Clayville, Ala., by exploring the remote Nokobee wilderness with his cousin, Junior. In one adventure, sneaking onto the property of a reputed multiple murderer to peek at his rumored 1,000-pound pet alligator, 15-year-old Raff faces down the barrel of a rifle. Raff's aversion to game hunting, ant fascination, Boy Scout achievements, and Harvard education all support his core need to remain a naturalist explorer. A remarkable center section meticulously details the life and death of an ant colony. Nearing 30, Raff's desire to preserve the Nokobee reserve from greedy real estate developers galvanizes an effort to protect the sacred land and a surprise violent ending brings everything full circle. Lush with organic details, Wilson's keen eye for the natural world and his acumen for environmental science is on brilliant display in this multifaceted story about human life and its connection to nature. 

Ce que j’en pense :
Nostalgique de la fabuleuse saga de Bernard Werber (Les fourmis), de plus en plus concernée par le sujet de l'environnement (comme tout le monde j'espère) et cherchant à lire plus souvent en anglais, c'est en achat impulsif que j'ai mis Anthill dans mon panier au détour d'un aéroport.
Si je ne l'ai pas regretté, cette expérience prouve tout de même qu'il ne faut pas se fier à la seule 4ème de couverture (vivent les avis lecteurs !), qui promet parfois trop.
Au final une lecture sans rapport avec l'ambiance annoncée, même si le résultat est tout de même sympathique. Le point négatif principal est justement la platitude du récit. Il ne se passe pas grand chose... Finalement le sujet n’est pas moins que la biographie du Raff Cody, sa vie, ses origines, ses études, etc. E les fourmis dans tout ça ? Elles font partie des multiples rétrospections et détours qui perdent un peu. le lecteur Edward O. Wilson nous fait languir sur un faux suspense. Mais comment Cody va t-il sauver la terre menacée ma les vilains entrepreneurs ? La réponse est assez décevante et finalement un peu frustrante.

Conclusion :
Pas un regret mais un livre que je ne recommanderait pas

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les sponsors
- les études
- les thèses
- la motivation



30 juin 2011

Maurice Druon : Les rois maudits (volume 1 à 6)

Ce que l’éditeur nous dit :
Le Roi de fer, premier volume du cycle, a pour figure centrale Philippe IV le Bel, roi d'une beauté légendaire qui régnait sur la France en maître absolu. Tout devait s'incliner, plier ou rompre devant l'autorité royale. Mais l'idée nationale logeait dans la tête de ce prince calme et cruel pour qui la raison d'État dominait toutes les autres. Sous son règne, la France était grande et les Français malheureux.

Ce que j’en pense :
Ces six premiers tomes des rois maudits nous content l'univers du royaume de France du 14ème siècle. A travers intrigues et anecdotes, Maurice Druon emporte complètement le lecteur, et ce malgré la difficulté du nombre de figures impliquées (et la multiplication des homonymes, certains prénoms étant fort prisés à l’époque). Il réussi à construire un récit historique que l’on n’a pas envie de refermer tant les personnages sont attachants et les situations palpitantes.  Ainsi, il est très tentant de faire abstraction de l’aspect romancé (et soumis à l’interprétation des historiens) et d’y croire tel quel.
Pour le fond également, cette lecture est incontournable, cette période de l’histoire qui précède la guerre de 100 ans étant fort étonnante. Décidément, le destin des hommes se joue parfois au détail près.
Certes, certains volumes sont plus intéressants que d’autres. Les premiers sont absolument géniaux, tandis que le rythme s’essouffle parfois dans les suivants. Mais cela vaut vraiment la peine de poursuivre jusqu’à terme, ne serait ce que pour un passage, qui pour ma part à été bouleversant, situé dans les dernières pages du Lis et le Lion (à ne pas lire avant cependant, sous peine d’en perdre tout l’effet).

Conclusion :
Absolument incontournable et vraiment merveilleux.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- l’art et la manière
- le pourquoi du comment
- la génétique
- le destin

23 juin 2011

Robin Hobb : Le soldat chamane (Soldier’s son trilogy)

Dans une société aux codes stricts, Nevare, 15 ans, est confié par son père à un guerrier nomade. Grâce à des drogues et une transe chamanique ce dernier projette le jeune homme dans un autre monde où une femme-arbre s'empare de son esprit. A son retour Nevare est devenu très sensible à la destruction des arbres et de la nature...
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Nevare Burvelle was destined from birth to be a soldier. The second son of a newly anointed nobleman, he must endure the rigors of military training at the elite King's Cavella Academy—and survive the hatred, cruelty, and derision of his aristocratic classmates—before joining the King of Gernia's brutal campaign of territorial expansion. The life chosen for him will be fraught with hardship, for he must ultimately face a forest-dwelling folk who will not submit easily to a king's tyranny. And they possess an ancient magic their would-be conquerors have long discounted—a powerful sorcery that threatens to claim Nevare Burvelle's soul and devastate his world once the Dark Evening brings the carnival to Old Thares.

Ce que j’en pense :
Deux quatrième de couvertures, donnent deux points de vues complémentaires sur la trologie de Soldier's son. Celle ci se partage clairement en deux parties (du point de vue intensité de l'action).
La première consiste en la construction de l'univers, la compréhension du personnages principal, et surtout la mise en place de ses valeurs. Celle ci est plaisante à lire, même si pas forcément des plus passionnantes, mais nécessaire pour la suite des évènements. Certains diront que trop de détails sont fournis, rendant le récit trop long. C'est vrai, mais c'est précisément ce qui fait tout le charme de l'écriture de Robin Hobb : presque chaque minute de la vie du héros est contée, nous laissant s'attacher malgré nous à Nevare...
La seconde partie débute alors que toute les malheurs du monde s'abattent sur notre cher protagoniste. Aussi difficile à admettre que cela soit, c'est à ce moment là que cela devient vraiment palpitant. Non pas par goût de cruauté, mais parce qu'il faut lire au plus vite pour espérer voir cesser tant d'injustices ! Pour ma part j'ai alors été happée jusqu'à la dernière page. Cela n’est pas sans rapports avec les nombreux thèmes abordés : la tradition, la pression familiale, l'environnement, la définition de la beauté, et bien d’autres encore.
La fin est curieusement rapide comparée au reste, et aurait bien méritée quelques pages de plus. Mais y à repenser, elle correspond bien à cette auteur. A chacun d'imaginer la suite.

Conclusion :
Peut être pas la plus belle composition de Robin Hobb, mais d’un niveau largement suffisant pour passer d'excellents moment en la compagnie de ce cher Nevare.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les trucs qui poussent
- l’art de la construction
- la schizophrénie
- le scoutisme

18 avril 2011

David Grossman : L’enfant zigzag

Ce que l’éditeur nous en dit :
Nono n'en fait qu'à sa tête et son départ à toute vapeur pour Haïfa va déraper en une suite rocambolesque d'aventures qui le transformeront pour toujours en homme. Au nez et à la barbe de son père, policier à Jérusalem, Nono, 13 ans, se retrouve aux commandes d'une locomotive puis dans une voiture volée aux côtés d'un gangster international. 'De quoi s'agit-il?' se demande Nono qui, pour être mordu d'inédit, n'en est pas moins taraudé par le respect de la loi. 'D' un voyage initiatique ni plus ni moins', lui répond l'homme coursé par la maréchaussée. Un voyage qui, sous ses dehors burlesques, amènera l'enfant à résoudre la question 'Qui suis-je?'.

Ce que j’en pense :
"Qui suis-je" ? Décidément, cette question n'a pas finit de faire couler de l'encre. Dans l'enfant zig-zag, c'est au tour du jeune Nono de se la poser. Il semble que pour David Grossman, elle soit synonyme de "qui sont mes parents, qui sont mes grands-parents, quel est le sang qui coule dans mes veines ?".
Pour trouver des réponses, rien de mieux qu'une quête initiatique, une petite course effrénée en Israël. L'auteur multiplie les rebondissements et les situations inattendues. Dans les premiers chapitres, cette méthode est à la fois agréable et un peu déstabilisante. L'action, qui se situe pourtant dans un cadre réaliste, semble ainsi basculer dans le fantastique à plusieurs reprises, la magie paraissant la seule explication possible ! Et hop, une cabriole et la situation est rétablit. Pas très crédible, mais sympathique.
Mais tandis que le récit avance, le trop vouloir en faire menace sérieusement de créer l'ennui. Ce qui est d'abord amusant par l'effet de surprise, se transforme en passages en longueurs.
Heureusement pour la suite, David Grossman réussi à trouver le bon équilibre, conduisant tranquillement le lecteur jusqu'à la fin du roman, avec de nouvelles bonnes surprises même si l'issue est prévisible.
Note : j'ai particulièrement apprécié le "chapitre sans nom".

Conclusion :
Un livre surprenant et bizarre, mais finalement sympathique.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les breloques
- les voitures
- les effets néfastes de la corrida (pratique qu’il serait plus simple pour tout le monde d’éradiquer totalement)
- les cheminots

17 janvier 2011

Dai Sijie : Par une nuit où la lune ne s'est pas levée

Ce que l’éditeur nous en dit :
"Je vois dans votre regard, remarqua le professeur, le grand intérêt que vous portez à ce rouleau, et je tiens à vous mettre en garde, avant qu'il ne prenne une tournure plus passionnée, comme il en fut pour tous ceux qui s'en sont approchés. Chez moi aussi, je dois avouer, il a soulevé un fort enthousiasme. Il me semblait qu'en restituant son parcours, si sinueux fût-il, je pourrais mieux parler des empereurs défunts sur lesquels il avait laissé son empreinte, recomposer les fragments disparus de la vie de nobles déchus... " Les péripéties au cours des siècles d'un manuscrit sur rouleau de soie forment le fil conducteur de ce roman aux récits savamment emboîtés. Dai Sijie, revisitant l'histoire de la Chine et celle du bouddhisme, y rend un hommage fervent aux créations de l'esprit les plus subtiles - et notamment à la langue écrite ou calligraphiée, qui répand sur chaque page son mystère obsédant.

Ce que j’en pense :
Ce livre débute très bien. L’histoire réinventé du “dernier empereur” chinois nous plonge immédiatement dans un univers de légende fascinant, mais également dans celui des passions déchaînées par l’amour de l’écriture et des langues.
Hélas, dès le second chapitre, le ton change. La narratrice commence à nous décrire son quotidien dans un quartier de Pékin, prémisse d’une lente descente aux enfers qui sera la sienne. Car c’est également la méchanceté des hommes, la peur, le désespoir ou encore certaines horreurs du communisme chinois qui nous sont contés. Et au fur et à mesure que le récit avance, le lecteur s’enfonce dans une ambiance lourde et pesante, suivant l’héroïne sur l’inexorable chemin vers la dépression.
Mais le véritable point faible de ce roman est son style. Tout d’abord, les digressions sont très nombreuses. La narratrice rencontre un personnage, qui lui même relate une lecture que lui a faite un tiers, etc. S’il n’est pas si difficile de suivre “qui parle”, cela reste une sacré gymnastique pour le cerveau et alourdit la lecture au détriment de l’histoire. A cela s’ajoute la “trop grande érudition” de l’auteur. Il y a beaucoup, beaucoup de détails, dans lesquels nous sommes une fois de plus perdus. Dommage, car le tout est si maîtrisé qu’on pourrait sans peine croire à une histoire vrai.
Un passage du livre nous décrit un coup de rage vécu par la narratrice, lorsqu’on lui affirme que seul un esprit asiatique peut concevoir certains mécanismes de pensées. Elle qui baigne dans cet univers et l’étudie depuis des années, est vexé, trouve cela injuste. C’est vrai, c’est injuste. Mais c’est également ce que fait nous fait vivre Dai Sijie, à nous, les non initiés. L’auteur n’a pas su se mettre à la hauteur de son lectorat, ne permettant pas d’apprécier le contenu à sa juste valeur.
Quant à la fin, elle est belle, simple, légère et pleine d’espoir ; tout le contraire des 306 pages précédentes.

Conclusion :
Je ne le conseillerai pas, sauf pour ceux ayant déjà de bonnes connaissance du bouddhisme et de ses mécanismes de pensée.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les sutras
- les linguistes
- les camps chinois
- les légumes

10 janvier 2011

Pierre Bottero : La quête d'Ewilan (3 tomes)

Ce que l’éditeur nous en dit :
Si rien ne distingue Camille des autres élèves de sa classe, l’adolescente est néanmoins très différente de ses semblables. Incroyablement surdouée, ignorée par ses parents adoptifs, elle se retrouve un beau jour propulsée dans un monde parallèle aux multiples dangers. En compagnie de son ami Salim, Camille apprend qu’elle se nomme Ewilan, qu’elle appartient à l’empire de Gwendalair et qu’elle a le pouvoir de le sauver… Du fantastique, du rêve et de l’amitié : cette saga sans défaut est une rareté.
"Quand Camille vit le poids lourd qui fonçait droit sur elle, elle se figea au milieu de la chaussée. Son irrépressible curiosité l'empêcha de fermer les yeux et elle n'eut pas le temps de crier... Non, elle se retrouva couchée à plat ventre dans une forêt inconnue plantée d'arbres immenses. Te voici donc, Ewilan. Nous t'avons longtemps cherchée, mes frères et moi, afin d'achever ce qui avait été commencé, mais tu étais introuvable... "


Ce que j’en pense :
Une série jeunesse parfaite, dans tous les sens du terme.
Parfaitement adaptée à son publique d’abord, elle nous laisse entrer dans un univers original et maîtrisé, dont l’auteur nous propose d’explorer les moindres recoins (carte à l’appui). L’idée d’une “magie” basée sur les capacités d’imagination de celui qui la pratique est intéressante et bien exploitée.
Tout aussi parfaits sont les personnages ; mais également peu élaborés. Les deux lignes de description proposées à la fin des volumes se révèlent exhaustives. Pour constituer une équipe, il y a besoin de réunir certaines qualités. Chaque personnage représente l’une de ces qualités et s’y maintien strictement. Noir ou blanc, gentil ou méchant. De plus, chacun n’est pas moins qu’ultra doué dans sa catégorie. Bref, une équipe de choc imparable.
Et comme de par hasard, chacun trouve sa chacune, tout le monde s’entend bien, au point de créer des liens plus forts que la famille avant la fin du premier épisode. Les quêtes présentent quelque difficultés, mais pas trop quand même (il faut bien qu’elles soient adaptées à des enfants de 11 ans).
Mais si tout cela est un peu trop parfait, ce mode de construction est répond très bien à la cible jeunesse. De plus, la lecture est agréable et constitue une bonne introduction à la fantasy. La seule chose que je n'ai pas apprécié est le style choisi pour les illustrations des couvertures. Malgré ce détail, c’est donc avec plaisir que je découvrirais la suite des aventures contées par Pierre Bottero.

Conclusion :
Une très bonne lecture dans sa catégorie.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les beaux arts
- l’adoption
- la télétransportation
- l’héritage génétique

18 décembre 2010

Mona Ouzouf : Composition Française

Ce que l'éditeur nous en dit :
La France a toujours vécu d'une tension entre l'esprit national et le génie des pays qui la composent, entre l'universel et le particulier. Mona Ozouf se souvient l'avoir ressentie et intériorisée au cours d'une enfance bretonne. Dans un territoire exigu et clos, entre école, église et maison, il fallait vivre avec trois lots de croyances disparates, souvent antagonistes. A la maison, tout parlait de l'appartenance à la Bretagne ? L'école, elle, au nom de l'universelle patrie des droits de l'homme professait l'indifférence aux identités locales. Quant à l'Eglise, la foi qu'elle enseignait contredisait celle de l'école comme celle de la maison. En faisant revivre ces croyances désaccordées, Mona Ozouf retrouve des questions qui n'ont rien perdu de leur acuité. Pourquoi la France s'est-elle montrée aussi rétive à accepter une pluralité toujours ressentie comme une menace ? Faut-il nécessairement opposer un républicanisme passionnément attaché à l'universel et des particularismes invariablement jugés rétrogrades ? A quelles conditions combiner les attachements particuliers et l'exigence de l'universel ? En d'autres termes, comment vivre heureusement la " composition française " ?

Ce que j’en pense :
J’ai reçu Composition Française dans le cadre de l’appel à lecteur de Blog-O-Book (Merci!). Si je trouve le concept fort, sympathique, il faut bien avouer que celui ci peut aboutir à de mauvaises surprises.
Ce fut le cas pour moi avec ce livre, car si le thème me semblais très intéressant, et que les éloges ne tarissent pas sur cet auteur, il y a une chose que je n’ai vu précisée nul part : il ne s’agit PAS d’un roman. Cela peut paraître idiot mais pour moi cela peut paraître idiot, mais pour moi cela fait toute la différence, car j’ai le plus grand mal à accrocher à ce type d’écriture. Et donc sans surprise donc, la lecture de Composition Française fut très laborieuse.
J’ai failli abandonner plus d’un fois, et avoue avoir seulement survolé quelques chapitres.
Ce que je lui reproche : beaucoup beaucoup trop de références inutiles. Mona Ozouf se perd dans les détails et les références inutiles. Je souhaitais en savoir plus sur la “culture bretonne”, et non pas être capable de vérifier la véracité des faits qu’elle énonces. De plus, l’auteur a choisit de dissocier ses chapitres selon les thèmes et les personnages abordés (plus ou moins, car on passe parfois d’une grand-mère à l’autre sans mise en garde), sans aucune considération pour la chronologie des événements, au point de perdre complètement le lecteur.
Cela dit, les anecdotes sont nombreuses et la réflexion est très présente, donnant malgré tout un intérêt à la lecture. Nul doute que le sujet tient à coeur celle qui l’a traité.

Conclusion :
A lire comme une thèse sur la “culture bretonne”

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- le papa de Mona Ozouf
- la maman de Mona Ozouf
- la grand-mère de Mona Ozouf
- la deuxième grand-mère de Mona Ozouf
- etc.

25 novembre 2010

Haruki Murakami : La Course au mouton sauvage (羊をめぐる冒険 - Hitsuji o meguru bôke)

Ce que l’éditeur nous en dit :
La vie du narrateur, jeune cadre publicitaire à Tokyo, n’a rien d’exceptionnel. Jusqu’au jour où, pour avoir utilisé une photographie où figure un mouton d’une espèce rare, il est approché par une puissante organisation d’extrême droite. Le voici contraint de retrouver l’animal – doué, il est vrai, de pouvoirs extraordinaires. Comme toujours chez Murakami, le réel repose sur des fondations délicieusement instables…

Ce que j’en pense :
Le chat, le divorce, le personnage héros malgré lui et les séances de cinémas : pas de doute, c’est un Murakami. Tout aussi caractéristique : au départ l’histoire  très banale d’un type banal, qui vire au fantastique l’air de rien, obligeant le lecteur à tenir fermement son livre jusqu’à ce que le dernier mot soit lu.
Pourtant je dois bien avouer que j’ai légèrement moins été emballée que par les lectures précédentes de cet auteur. Le fait que La Course au mouton sauvage ne contienne “que” 373 pages, laissant moins de temps à l’intrigue pour se développer ou pour entrer dans les profondeurs de l’esprit d'Haruki Murakami (les volumes précédents étant plus proches des 500 pages) peu l’expliquer en partie. D’ailleurs, le fait qu’une “suite” ai vue le jour confirme ce point de vue.
L’autre raison est précisément que j’ai commencé par lire Danse, danse, danse avant celui ci. La sensation de retrouver les personnages de cette façon est assez curieuse. Des noms qui avaient seulement été cités ci et là, se révèlent faisant partie intégrante de l’intrigue. Incroyable ! De fait, si les deux histoires peuvent être lues distinctement, je pense que respecter l’ordre d’écriture aurait été préférable.

Conclusion :
Pas l’oeuvre majeure de l’auteur, mais une valeur sure tout de même.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les chats
- les moutons
- la montagne
- le train

19 novembre 2010

Sylvie Testud : Gamines

Ce que l’éditeur nous en dit :
- Qu'est-ce que tu faisais dans la chambre de maman ? -J'ai volé une photo. Une toute petite photo. - Tu lui ressembles tellement, a dit ma sœur. J'ai mis la photo dans la poche de mon jean. Je me suis assise dessus pendant trente ans. - La photo est ressortie de ma poche !j'ai dit à mes sœurs. J'ai vu l'homme de la photo ! - Qui ? - Celui qui porte le même nom que nous, le même nom que moi. Ce n'est pas une photo, c'est un homme. J'ai donc un père. Que dois-je faire ? Trente ans que je réponds : 'Je n'ai pas de père. Je n'ai qu'une photo.' Devant les mines compatissantes, je réponds depuis trente ans :' Je n'ai pas de père, mais je m'en fiche, c'est comme ça.'

Ce que j’en pense :

A mon sens, tout livre devrait remplir une fonction, ne pas exister que pour le simple plaisir ou besoin de l’auteur de l’avoir écrit. Tous les livres devraient permettre d’apprendre quelque chose, de faire réfléchir, d’ouvrir de nouvelles perspectives sur le monde ou juste de se divertir.
Pour moi, Gamines ne remplit aucune de ces fonctions. Très clairement Sylvie Testud partage ici une part de sa vie, qui pourra intéresser ses fans. Mais il est difficile de croire que ce bouquin se serait aussi bien vendu si le nom d’une actrice connue n’était pas écrit sur la couverture.
Le narrateur est un garçon manqué. Le ton est celui de l’enfance certes, mais sans la fraicheur que l’on peut trouver à la lecture d’un Petit Nicolas ou d’un Marcel Pagnol. Comme la petite fille s’exprime mal, le texte est mal écrit. Logique, mais également très barbant à lire. Certes les mots défilent facilement, certaines répliques sont même intéressantes. Mais l’écriture est si fluide, si « langage parlé », qu’il est vite tentant de les survoler. Il aurait peut être été plus adapté d’en faire directement une pièce de théâtre. Peut être la version cinématographique est t-elle d’ailleurs plus réussie.

En conclusion :

Éventuellement pour les inconditionnels de Sylvie Testud

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
-   Les chaussures
-   Les colonies de vacances
-   Les coccinelles
-   Les curés

11 novembre 2010

John Connolly : Le livre des choses perdues

Ce que l’éditeur nous dit :
Il était une fois - car c'est ainsi que toutes les histoires devraient débuter - un garçon de 12 ans qui venait de perdre sa maman. Inconsolable, David a trouvé refuge dans les livres pour oublier le remariage de son père et la naissance de Georgie, son demi-frère. Une nuit, persuadé d'entendre sa mère l'appeler, David découvre un passage caché au fond du jardin. Il le franchit et se retrouve propulsé dans un monde fantastique, peuplé de personnages issus de ses lectures et de son imaginaire. Alors que la Seconde Guerre mondiale déferle sur l'Europe, David entame un périple à la recherche d'un vieux roi qui conserve ses secrets dans Le Livre des choses perdues, sésame qui permettrait au jeune garçon de quitter ce royaume. Mais le conseiller du souverain a pour lui d'autres desseins...

Ce que j’en pense :
Avant même d'ouvrir Le livre des choses perdues, je l'aimais déjà. Son titre, son thème, sa couverture et même le nom de son auteur (que je découvre ici pour la première fois) m'avaient séduite. Finalement si je n'ai pas été déçue, je dois dire que ce n'est pas du tout ce que j'espérais. Je ne sais pas pourquoi, j'ai même été surprise par la fin, qui est pourtant dans la parfaite lignée du reste du roman.
L'univers est celui du conte, du vrai conte, celui qui à l'image d'un Christian Andersen ne finit pas toujours bien, celui qui aboutit à une morale qui restera gravée dans la mémoire de son lecteur. Je ne pense pas que je puisse un jour oublier ce livre.
John Connolly séduit par sa plume d'abord, mais aussi par son érudition, à tel point qu'il s'offre de réécrire les fables populaires en les faisant apparaitre sous un jour totalement nouveau. Sans jamais tomber dans l'horreur, conte oblige, mais la frôlant de très près, force est de constater que l'abomination n'est pas loin. S'il fallait trouver un monde comparable, ce serait celui de Tim Burton. Toutes les peurs de notre enfance sont exhumées.

Conclusion :

Surprenant et saisissant. A ne pas faire lire aux plus petits.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :

- Les loups
- Les contes
- Le lierre
- Les souterrains

8 novembre 2010

Serge Joncour : L'homme qui ne savait pas dire non

Ce que l’éditeur nous dit :
Parfois le soir, seul devant la glace, il avance ses lèvres pour dire le mot, il les rassemble comme pour une moue ou un demi-baiser, il tend la bouche vers l'avant et cale les incisives pour souffler la décisive consonne, mais là, le mot ne vient pas, il lui reste sur la langue comme un noyau de cerise, un chewing-gum qui refuserait de buller. " On n'imagine pas l'embarras de ne plus pouvoir prononcer ce simple mot: non. C'est pourtant ce qui arrive à Beaujour, employé modèle dans un institut de sondage. Grâce à un atelier d'écriture, il part à la recherche du mot perdu, quitte à remonter toute l'histoire. Avec la sensibilité qu'on lui connaît, Serge Joncour multiplie les scènes cocasses et compose un véritable roman des origines.

Ce que j’en pense :
Au premier abord, le titre du livre à lui seul laisse croire à de bons présages. Une très bonne idée de départ, mais qui se révèle mal exploitée dans les premiers chapitres. L’écriture est quelconque, l’histoire également. Il ne se passe pour ainsi dire pas grand-chose, tandis que nous suivons les péripéties d’un personnage très mou.
Et puis ce même protagoniste commence à prendre du poil de la bête, à se remuer, et la lecture devient plus intéressante, même agréable. Les pensées sur le travail, la place de cette activité à la fois imposée et indispensable à l’équilibre de nombreuses personnes, m’ont parues très justes. Les quelques essais glissés entre les chapitre concernant l’invention de la parole, les réflexions sur la valeur des mots, dévoilent le travail de recherche mené par l’auteur.
Si je n’irais pas jusqu’à recommander cet ouvrage, mais j’ai finalement passé en bon moment en sa compagnie.

Conclusion :
Un livre qui dévoile ses qualités à mesure que les pages se tournent, mais sans finalement réussir à décoller vraiment.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- Les statistiques
- L’invention du langage
- Les GPS
- Les ateliers d’écriture

5 novembre 2010

Marguerite Yourcenar : Mémoires d'Hadrien

Ce que l’éditeur nous en dit :
Marguerite Yourcenar trouva un jour cette phrase, dans la Correspondance de Flaubert : " Les dieux n'étant plus, et le Christ n'étant pas encore, il y a eu, de Cicéron à Marc, Aurèle, un moment unique où l'homme seul a été. " Et l'auteur de Mémoires d'Hadrien ajoute : " Une grande partie de ma vie allait se passer à essayer de définir, puis à peindre, cet homme seul et d'ailleurs relié à tout. " Traduit dans seize langues, salué par la presse du monde entier, Mémoires d'Hadrien n'a jamais cessé, depuis sa publication en 1951, d'entraîner de nouveaux lecteurs vers cet empereur du IIe siècle, " cet homme presque sage " qui fut, en même temps qu'un initiateur des temps nouveaux, l'un des derniers libres esprits de l'Antiquité.

Ce que j’en pense :
J'ai arrêté cette lecture aux environs du quart du livre. Non pas parce que je ne l''ai pas aimée, bien au contraire, mais tout simplement parce que je me sens pas prête à l'apprécier à sa juste valeur.
Ce livre est une véritable réflexion philosophique sur la vie, ce qu'elle apporte, ce qu'elle retire. Hadrien, écrit à la 1ère personne, à la veille de sa mort, et repense à tous ceux qu'il a été. Car au cours de sa vie, une personne change et évolue. Sa vision de soi et des autres, ses opinions également, en fonctions des rencontres, des expériences, etc.
Et c'est exactement ce que Marguerite Yourcenar écrit, dans un style particulièrement soutenu.
Je m'attendais à découvrir l'histoire (romancée) de cet empereur romain, à la manière d'un Max Gallo ou d'un Maurice Druon.
Mais ici les éléments sont survolés, ne sont que prétextes. Il faudrait s'arrêter et réfléchir à la fin de chaque page, ce que je n'ai pas réussi à faire.
J'ai donc choisi de refermer le livre. Mais je pense que je l'ouvrirai à nouveau dans quelques années...

En conclusion :
Rendez vous dans 30 ans.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
-  La jeunesse
-  La vieillesse
-  Le latin