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9 juin 2012

Judy Fong Bates : China Dog (And Other Tales from a Chinese Laundry)

Ce que l’éditeur nous dit :
A chorus of immigrant voices populates Judy Fong Bates's graceful and poignant first collection. Denizens of the ubiquitous small towns around Ontario, as far from their native land as can be imagined yet united by their proximity to the local Chinese laundry, her characters have in common their driving desire to assimilate, to fit in, to belong to a "majority" culture. But they are also people trapped by a certain cultural pride in confronting a world that may feign acceptance while at the same time reminding them that they are "other." In the words of the Toronto Globe and Mail, Judy Fong Bates's "deceptively simple narratives expose the hopes and hardships that define her characters' lives." Her graceful writing is full of compassion, insight, and honesty; it opens our eyes to the commonality of what it is to be human.

Ce que j’en pense :
Découpé en petites nouvelles ayant toujours pour sujet central des émigrés chinois (venus de Hong-Kong plus particulièrement) au Canada, travaillant dans une laverie ou un restaurant. Selon l’auteur, ce sont les deux métiers pratiqués en priorité par la première génération lorsqu’elle s’installe à l’étranger.
Ce qui en ressort est la volonté très marquée de donner une chance à la génération suivante de pouvoir s’intégrer et obtenir un niveau de vie supérieur à celui des parents, même si cela implique que ces derniers devront travailler avec un acharnement bornés tout au long de leur existence. Que de notions et de questions de sociétés universelles, qui donnent long à réfléchir sur la chance que l’on a (ou celle que l’on voudrait obtenir), grâce peut être aux générations qui nous ont précédées, ou bien sur les étrangers qui arrivent aujourd’hui dans notre propre pays.
Mais également, au détour de ces milles petites anecdotes, l’auteur nous donne quelques bribes d’indications sur la complexe culture chinoise. Chaque geste semble avoir sa symbolique, la tradition, très fort, se portant tour à tour comme un poids et une fierté sans borne d’être chinois.

Conclusion :
Une lecture qui donne à réfléchir, tant du point de vue culturel que social.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- Les légendes
- Les oiseaux
- Les quantités
- Les fantômes





7 avril 2011

Sylvie Germain : Magnus

Ce que l’éditeur nous en dit :
Après une grave maladie qui l'a amputé de toute mémoire, Franz-Georg (cinq ans) doit tout réapprendre : qu'il est allemand, que son pays est en guerre, que son père médecin dirige un grand établissement et que sa mère l'aime autant que sa patrie. Il a aussi Magnus, son ours en peluche à l'oreille légèrement brûlée. Né juste avant la guerre, Franz a grandi dans le culte du héros nazi. Exilé à la fin de la guerre, livré au sentiment d'abandon, il ne peut malgré lui se défaire du passé allemand. Il mettra une grande partie de sa vie à s'extraire de cette légende maternelle, car tout est mensonge et affabulation.

Ce que j’en pense :
Soyez tout de suite rassurés, aucune peluche n’a été maltraitée durant l’écriture de ce livre.
Car si Magnus l’ourson en fait la couverture, c’est avant tout l’histoire de son “propriétaire” que Sylvie Germain nous fait suivre, de ses 5 ans à sa vie d’homme mûr.
Cette vie, c’est celle de la quête d’identité, ce fameux “qui suis-je”, question que tout individu se pose un jour et à laquelle il est parfois bien difficile de répondre. Sommes nous ce que sont nos actes ou bien les traits de notre personnalité ? Peut être ce que veut notre statut social ou encore ce que nos ancêtres nous ont légués ? Quand les secrets de familles et les rebondissements de la vie s’en mêlent, cette interrogation peut obséder toute une existence.
Hantés par les fantômes de ses questionnements, c’est ce que vit le personnage principal de Magnus. L’auteur a choisi de retranscrire cette atmosphère par une écriture un petit floue, vaporeuse, à l’image d’un état d’esprit.  Les références à d’autres ouvrages du genre et les poèmes qui ponctuent le récit renforcent encore cette impression. La contrepartie est qu’en tant que lecteur, on se sent également flotter, ce qui rend difficile de rentrer complètement dans le récit.

Conclusion :
Une lecture intéressante, mais qui frôle seulement le lecteur, ne parvenant pas totalement à l’emporter.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la quête d’identité
- les fantômes
- les linguistes
- les apiculteurs