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22 mai 2014

Joël Dicker : La vérité sur l'Affaire Harry Quebert

Ce que l’éditeur nous dit :
À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ? Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

Ce que j’en pense :
Difficile de décrire La vérité du l’Affaire Harry Quebert, qui réinvente le roman policier (enfin je crois, ma base de référence en la matière étant très sommaire). Tout d’abord parce que si policiers il y a, ils ne sont que personnages secondaires. Ensuite parce qu’à aucun moment le livre ne se place dans le gore, le monstrueux ou l’effrayant. Au contraire, on nous parle d’amour, allant jusqu’à un sentimentalisme niaiseux à grand renfort de mauvaise poésie (le talon d’Achille du roman qui insiste parfois sur le Grand Amour de manière si puérile, alors que l’auteur sait parfaitement le décrire pour d’autres personnages). Le suspense est là, tangible (il faut bien cela pour tenir un lecteur en haleine sur près de 700 pages), mais pas prédominant non plus. Joël Dicker prend le temps de nous faire découvrir l’histoire personnelle de la plupart des protagonistes et c’est précisément cet aspect qui est fascinant, alors qu’il démultiplie les points de vue et les interconnexions avec une parfaite maîtrise de l’ensemble.
Pour terminer, si je me doutais que certaines révélations réservaient encore des surprises (facile à deviner quand il reste 200 pages à lire), à aucun moment je n’ai été capable de concevoir toute seule le fin mot de l’histoire.

Conclusion :
Un thriller hors du commun.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les clients habitués
- les tableaux
- les carnets secrets
- les mouettes

25 février 2013

Markus Imhoof : Des abeilles et des hommes (More than honey)

Ce que le synopsis nous dit :
Entre 50 et 90% des abeilles ont disparu depuis quinze ans. Cette épidémie, d’une violence et d’une ampleur phénoménale, est en train de se propager de ruche en ruche sur toute la planète. Partout, le même scénario : par milliards, les abeilles quittent leurs ruches pour ne plus y revenir. Aucun cadavre à proximité. Aucun prédateur visible.
Arrivée sur Terre 60 millions d’années avant l’homme, l’Apis mellifera (l’abeille à miel) est aussi indispensable à notre économie qu’à notre survie.
Aujourd’hui, nous avons tous de quoi être préoccupés : 80 % des espèces végétales ont besoin des abeilles pour être fécondées. Sans elles, pas de pollinisation, donc pratiquement plus de fruits, ni légumes.
Il y a soixante ans, Einstein avait déjà insisté sur la relation de dépendance qui lie les butineuses à l’homme : « Si l’abeille disparaissait du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre. »

Ce que j’en pense :
Si j’avais déjà à l’esprit bien des problèmes concernant les abeilles, cela est autre chose de les voir mis bouts à bouts. Comment se nourrir sans abuser de la planète ? Après avoir vu ce reportage, je me demande si cela est seulement possible. A noter que si le bilan est alarmant, Markus Imhoof ne dresse pas ici un portrait catastrophe, ni n'emploie un ton moralisateur, mais établit des faits. Il présente différentes protagonistes et différentes manières de “traiter les abeilles”. C’est au spectateur de se faire son point de vue, de considérer que tout cela est normal, inéluctable, ou alors de refuser le constat qui est fait et tenter d’y remédier (chacun à son niveau). Les portraits de ces différents apiculteurs sont en très intéressants, en particulier leurs manières de faire face à certaines situations, certains semblant habité des sentiments contradictoires. Les images transcendent alors les mots.
Avec ma tendance naturelle à l’empathie, le sort de toutes ces petites butineuses m’a bien évidemment touché. Mais j’ai aussi été surprise par donc la manière dont sont récoltées les amandes en Californie. Cela n’est il vraiment pas dommageable pour un arbre d’être secoué comme ça ?? Même en suivant le principe économiste, l’utilisation à outrance de toutes ces “ressources” animales ou végétales est elle vraiment rentable sur le long terme ? Par besoin d’y réfléchir bien longtemps pour réaliser que non. Alors pourquoi s’obstine t-on à se mettre des bâtons dans les roues ? Un mystère de plus de la nature humaine...

Conclusion :
Mangez des pommes.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les cotons tiges
- les camions
- les pures race
- les immigrants


20 juillet 2012

Albert Cohen : Belle du seigneur

Ce que l’éditeur nous dit :
Ariane, jeune aristocrate protestante, a épousé Adrien, un petit bourgeois dont Solal, juif séducteur, est le responsable hiérarchique. Solal voudrait qu'elle l'aime vieux et laid. C'est sous l'apparence d'un vieillard édenté qu'il essaie de la séduire. Pour satisfaire son ambition, Adrien va tout faire inconsciemment pour favoriser leurs amours. Irrésistible, Solal l'est et Ariane succombe.

Ce que j’en pense :
Intemporel, Belle du Seigneur traite d’un thème abordé dans une précédente lecture, celui des conventions sociales. Dans un contexte de recherche d’emploi, alors que pour bien des recruteur “entretien d’embauche” rime avec “faire bonne figure”, c’est un sujet par lequel je me sens particulièrement concernée.
Loin de mes petites préoccupations quotidiennes, Albert Cohen pousse avec génie le sujet à son paroxysme. Au travail, avec ses supérieurs ou ses collèges, sa famille ou ses amis, son époux ou son amoureux, toute les situations sont évoquées, le paraître sous toutes ses formes, qui semble être la seule force faisant tourner la terre. Tout est exagéré (quoi que), chaque idée étant développée sur des pages et des pages (pour notre plus grand ravissement). Tandis que l'auteur nous entraîne dans un torrent de mots, négligeant parfois toute ponctuation pour mieux nous plonger dans le flot de pensées de ses personnages, le lecteur peine à reprendre sa respiration mais en redemande. Car oui cette écriture est sans fin, mais elle est fabuleuse. Elle sait se différencier selon les protagonistes, se renouveler sans cesse malgré les répétitions, décrire aussi bien le pire que le meilleur. Surtout le pire, la lecture devenant presque douloureuse tandis que l’inexorable se profile et la fin approchant.

Conclusion :
Une lecture dont on ne sort pas indemne.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les rapports
- les dossiers
- la hiérarchie
- la pudeur


2 janvier 2012

David Cronenberg : A dangerous method

Ce que le synopsis nous dit :
Sabina Spielrein, une jeune femme souffrant d'hystérie, est soignée par le psychanalyste Carl Jung. Elle devient bientôt sa maîtresse en même temps que sa patiente. Leur relation est révélée lorsque Sabina rentre en contact avec Sigmund Freud...

Ce que j’en pense :
Étant l’une des référence professionnelle récurrente de mon père, j’avais déjà beaucoup entendu des travaux de Carl Jung. Cela semble ne pas être le cas de la majorité, Sigmund Freud étant largement plus connu en Europe et c’est justement l’occasion de découvrir (ou approfondir) le sujet.
Cronenberg signe un film tout à fait fascinant, parfois (très) dérangeant aussi (sujet oblige), sur les début de la psychanalyse. Cette réussite tient pour beaucoup au trio d’acteurs principaux, tous trois brillants, même si c’est sans contexte le jeu de Keira Knightley qui est le plus bluffant. Très loin de la pimbêche de Pirate des Caraïbes ou de la minette des publicité Chanel, elle est absolument époustouflante dans ce rôle sans doute difficile. Vincent Cassel par contre, on aurait pu trouver mieux.
Pour ce qui est du fond, difficile d’en parler sans entrer dans les milles détails, l’analyse des scènes et des dialogues. Très bien écrit et très bien mené, disons pour résumer, que tout cela est fort intéressant.

Conclusion :
Je me lancerait peut être dans le film de John Kerr qui a inspiré ce film. Bref cela donne envie d’en savoir plus.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- la boue
- la dentelle
- les associations d’idées
- l’encre