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4 avril 2016

Fernando León de Aranoa : A perfect day

Ce que le synopsis nous dit :
Un groupe d’humanitaires est en mission dans une zone en guerre : Sophie, nouvelle recrue, veut absolument aider ; Mambru, désabusé, veut juste rentrer chez lui ; Katya, voulait Mambru ; Damir veut que le conflit se termine ; et B ne sait pas ce qu'il veut.

Ce que j’en pense :
Un excellent casting, de beaux paysages, quelques bonnes répliques, et de bonnes intentions dans les messages... pourtant je ne suis pas ressortie réellement convaincue de l’expérience A perfect day. Pourquoi donc ?
Tout d’abord à cause de sa mise en scène trop américanisée, chose que je pensais éviter en allant voir un réalisateur espagnol. C’est peut-être une question de goût ou un ras le bol de tous ces films semblant sortis du même moule, mais en allant voir un long métrage sur la guerre dans les balkans j'espérais autre chose qu’une réalisation toute lissée. Dommage, car la multiculturalité des acteurs et des langues, mieux utilisée, aurait pu lui donner une tout autre dimension.
Mais surtout il semble que Fernando León de Aranoa n’ait pas vraiment su quel parti prendre, alors qu’il effleure plusieurs sujets sans vraiment les traiter. Ça se veut cynique et désabusé sans être suffisamment drôle, ça se veut triste et tragique sans être véritablement touchant, etc. Et cela se sent durant la séance, tandis qu’on ne voit pas vraiment où tout cela nous mène, avec pour conséquence de trouver parfois le temps long. Sans avoir passé un mauvais moment, il faut admettre que je n’en ai pas passé un excellent non plus.

Conclusion :
De bons ingrédients mais un résultat décevant.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les vaches
les cordes
les jurons français
les photographies dans les portefeuilles




27 septembre 2015

Eduardo Mendoza : Sans nouvelles de Gurb (Sin noticias de Gurb)

Ce que l’éditeur nous dit :
Gurb a disparu dans Barcelone, dissimulé sous les traits de Madonna. Précision: Gurb est un extraterrestre. Parti à sa recherche sous une apparence moins voyante, son coéquipier tient scrupuleusement le journal de ses observations. Une satire délirante et désopilante de notre monde moderne.

Ce que j’en pense :
En 70 pages et principalement des dialogues/monologues (il n’est pas rare qu’un paragraphe se compose d’une ligne unique), Eduardo Mendoza propose une divertissement de très bonne facture, où l’absurde est roi. Il pourra être décortiqué, analysé sous tous les angles, pour comprendre les différents aspects de la société (et leur absurdité donc) que l’auteur aura voulu pointer du doigt. Mais il pourra aussi être apprécié dans toute sa simplicité, à l’image de son personnage principal, si naïf, si dévastateur pour son entourage et si attachant. C’est animée de ce second état d’esprit que j’ai souri, parfois même franchement ri, au fil des pages de ce roman sans prétention.

Conclusion :
Rafraîchissant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les beignets
les scorpions
l’alcool
l’agitation de la mer


31 août 2014

Denis Villeneuve : Enemy

Ce que le synopsis nous dit :
Adam, un professeur discret, mène une vie paisible avec sa fiancée Mary. Un jour qu'il découvre son sosie parfait en la personne d’Anthony, un acteur fantasque, il ressent un trouble profond. Il commence alors à observer à distance la vie de cet homme et de sa mystérieuse femme enceinte. Puis Adam se met à imaginer les plus stupéfiants scénarios... pour lui et pour son propre couple.

Ce que j’en pense :
Challenge ultime coincé dans une salle de cinéma avec Enemy diffusé sur l’écran : ne pas mourir d’ennui. I did it. But I am not proud of it.
Tous les ingrédients de la nullité sont ici réunis. Commençons par la base, avec une histoire dans laquelle il ne se passe rien, jamais. La mise en scène essaye tant bien que mal de disséminer des ”métaphores” (entendre par là qu’on nous plante régulièrement des mygales dans le décors, ok), mais également de jouer sur les contrastes ombres-lumières (en gros c’est sombre tout le temps, même quand il fait plein jour et qu’il suffit d’ouvrir les rideaux, sauf quand on voit l’une des deux femmes, elles blondes et lumineuses), mais les ficelles sont si grosses et mal intégrées dans le récit que ça en devient ridicule. La bande-sonore tente vainement de créer une ambiance angoissante en massacrant un pauvre violon pendant 90 minutes, dans un décalage tellement flagrant avec l’absence de suspense qu’elle est en énervante. Les personnages sont creux et incapables d’avoir une seule réaction à peu près logique, toujours dans la démesure et l'aberration (la scène de la rencontre dans la chambre d'hôtel atteint des sommets). Et la fin... Comment un humain normal a-t-il pu sérieusement choisir de filmer cette fin, à moins de compter sur le sentiment de libération du spectateur (chic, on peut enfin partir) pour lui donner le coup fatal l’air de rien (ouais en fait on aurait vraiment dû partir plus tôt).
P.S. : illumination au vue de l'affiche américaine, en fait il a une araignée au plafond, tout s'explique...

Conclusion :
Tout est super nul.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les clés
- les vêtements bien pliés
- les cicatrices
- les escarpins



18 janvier 2013

Felix J. Palma : La carte du temps

Ce que l’éditeur nous dit :
À Londres, en 1896, l’agence de voyages dans le temps Murray propose au public « las de voyager dans l’espace » de voyager « dans la quatrième dimension », précisément en l’an 2000. L’écrivain H. G. Wells, auteur de La Machine à remonter le temps, doute pourtant de la réalité d’un tel voyage, car il pense qu’on ne peut pas changer le passé. Andrew Harrington, jeune homme de bonne famille éperdument amoureux de Marie Kelly, la dernière prostituée assassinée par le sinistre Jack l’Éventreur, voit là une façon d’éviter ce crime odieux et se lance dans l’aventure, tandis que la jeune Claire se rêve un avenir passionné et échange de son côté une correspondance avec Derek, un homme du XXe siècle...

Ce que j’en pense :
J’ai eu vrai coup de coeur pour ce livre, un coup foudre même. Il m’a plu dès le premier regard. Plutôt fervente des emprunts à la bibliothèque, j’ai exceptionnellement craqué et l’ai mis dans mon papier sur le bon fondement d’une jolie couverture et d’un papier au touché agréable. De plus le thème avait l’air très sympathique. Dommage que la magie se soit envolée lorsque j’ai découvert le contenu.
Commençons l’écriture: pourtant pas mauvaise, loin de là, elle systématiquement provoqué chez moi d'irrépressibles bâillements. Il a fallu un grand acharnement pour passer outre cette contrainte. La faute à la traduction peut être.
J’ai trouvé le contenu quant à lui très inégal selon les moments. Rendre hommage à d’autres auteurs, c’est bien. Utiliser 10 pages pour faire synthétiser l’ouvrage de l’un d’entre eux de A à Z, cela commence à sentir le plagia et/ou le manque d’idées. Et puis j’avais déjà lu La Machine à explorer le temps, merci. Le récit en lui même s’est trouvé être très intéressante par moment, beaucoup moins à d’autres.
Mais ce qui a définitivement réduit à néant toute envie de poursuivre fut la fin de la première histoire. Vraiment exécrable. Elle gâche tout, laissant présager de semblables chutes pour les deux histoires suivantes. J’ai bien essayé de commencé la suivante, mais impossible, je n’y croyais plus. J’ai finis pas abandonner, presque avec soulagement.

Conclusion :
J’ai pourtant vraiment essayé.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les arnaques
- les entourloupes
- l’ennui





3 octobre 2012

Carlos Ruiz Zafon : L’ombre du vent


Ce que l’éditeur nous dit :
Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, " ville des prodiges " marquée par la défaite, la vie difficile, les haines qui rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon - Daniel Sempere, le narrateur - dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y " adopter " un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets " enterrés dans l'âme de la ville " : L'Ombre du vent. Avec ce tableau historique, roman d'apprentissage évoquant les émois de l'adolescence, récit fantastique dans la pure tradition du Fantôme de l'Opéra ou du Maître et Marguerite, énigme où les mystères s'emboîtent comme des poupées russes, Carlos Ruiz Zafon mêle inextricablement la littérature et la vie.

Ce que j’en pense :
J’avais lu ce livre une première fois à sa sortie et en gardant un souvenir excellent dans l’ensemble, mais flou dans les détails. Je ne sais pas trop pourquoi, j’ai eu envie de le relire. Je ne m’attendais pas à adorer à ce point, encore. Dès les premières pages, j’ai été plongée dans cet univers d’une Barcelone où les hordes de touristes venant festoyer ou visiter le palais Gaudí ne sont pas encore là. Cette ville là est un peu sombre, ne permettant à ce qui l’habite que d’y mener des vies difficiles. Ces derniers l’adorent ou la détestent, mais aucun n’est indifférent.
Carlos Ruiz Zafon emporte totalement sont lecteur, à mi chemin entre les joies, les désillusions de l’amour et le suspense, la curiosité de l’enquête dont on désire connaître l’issue. L’atmosphère est un peu difficile, mais pas déprimante pour autant. Les personnages a priori les moins attractifs pouvant être les plus attachants. C’est fascinant, les pages défilent, à bout de souffle jusqu’à la dernière ligne, vaincu.

Conclusion :
Un pur délice.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les montres
- les stylos
- les promesses
- le talent


19 décembre 2011

Roman Polanski : Carnage

Ce que le synopsis nous dit :
Dans un jardin public, deux enfants de 11 ans se bagarrent et se blessent. Les parents de la "victime" demandent à s'expliquer avec les parents du "coupable". Rapidement, les échanges cordiaux cèdent le pas à l'affrontement. Où s'arrêtera le carnage ?

Ce que j’en pense :
Quatre personnages, un décor fixe et une situation de départ somme toute assez banale. 80 min plus tard, contrairement à l’atmosphère, le contexte n’a pas changé et c’est déjà terminé. C’est toute la magie du huit clos, cette fascination que peut provoquer l’observation de l’espèce humaine... Et puis quitte à avoir un casting aussi réduit, autant bien choisir ses acteurs. De ce côté là Roman Polanski ne s’est rien refusé et sans surprise, les interprétations sont excellentes. Certaines scènes sont même vraiment drôles.
Cependant, quelques incohérences ponctues le scénario. Bien sûr, c’est la définition même de la nature humaine que d’être imprévisible, mais ici les enchaînements de situations se font parfois trop vite. En fait on aurait pu aller beaucoup plus loin dans le décorticage sociologique (peut être est ce dû à la nature théâtrale de l’oeuvre, qui ne peut se permettre de durer trop longtemps). S’il fallait comparer, disons que Carnage est loin d’atteindre le grandiose d’un Douze hommes en colère par exemple.

Conclusion :
Un très bon moment, même si dans le genre on a fait mieux.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les tulipes
- les téléphones portables
- les sèche-cheveux
- les cigares