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15 février 2016

Torey Hayden : Les enfants des autres (Somebody else's kids)

Ce que l’éditeur nous dit :
Ces gosses n'étaient pas tous attirants. Mais j'avais beau essayer de les voir comme ils étaient en réalité, ils me semblaient toujours indiciblement beaux. L'étaient-ils à ce point? Ou était-ce mon regard qui les transfigurait?"
Il y a Boo, âgé de 7 ans, avec ses yeux d'un vert étrange. Il ne parle pas, mais reste des heures en conversation avec un serpent.
Lori, du même âge, qui n'arrive pas à lire mais devine les cœurs.
Et Tomaso, 10 ans, qui ne sait plus s'adresser aux autres sans les insulter.
Enfin, Claudia, qui a 12 ans. Qui est enceinte.
Ensemble, ils forment une classe unique avec une singulière institutrice qui leur enseigne ce qui n'existe dans aucun manuel : l'amour.

Ce que j’en pense :
Livre déniché un jour dans la (vaste) bibliothèque de mes parents, emporté puis oublié, sur lequel je suis récemment retombée. En le démarrant, je pensais y lire une romance difficile, traitant d’enfants handicapés mentaux. Le résultat, tout autre, fut une excellente surprise : il s’agit en fait du partage d’expérience de Torey Hayden, institutrice spécialisée dans les élèves qui ne fonctionnent pas dans le système classique. L’autisme est ici l’un des facteurs pouvant nuire à l’intégration dans des classes “normales”, mais les raisons peuvent être très variées. L’auteur nous fait partager ses propres doutes et réflexions, la manière dont son métier affecte son quotidien, à titre professionnel et personnel, donnant une contextualisation bienvenue. L’intention n’est pas de dresser un portrait exhaustif du traitement de la différence en milieu scolaire, juste de nous faire partager une année de la vie de quelques personnes. Certes le tableau est teinté de gris, mais il est présenté dans tous ses aspects positifs, avec énormément d’espoir et surtout d’humanisme.

Conclusion :
Une jolie expérience, qui montre une manière de rester confiant face aux injustices de la vie.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les bulbes
les peluches
les placards



9 juin 2015

Alex Garland : Ex Machina

Ce que le synopsis nous dit :
Caleb, 24 ans, est programmateur de l’une des plus importantes entreprise d’informatique au monde. Lorsqu’il gagne un concours pour passer une semaine dans un lieu retiré en montagne appartenant à Nathan, le PDG solitaire de son entreprise, il découvre qu’il va en fait devoir participer à une étrange et fascinante expérience dans laquelle il devra interagir avec la première intelligence artificielle au monde qui prend la forme d’un superbe robot féminin.

Ce que j’en pense :
Quelques jours se sont écoulés depuis la séance d’Ex Machina, mais mon opinion à son sujet reste encore confuse. Un sentiment angoissant m’a hanté, sensation que je n’aime pas tellement ressentir au cinéma (et encore moins dans la vie), mais force est de constater qu’il été créé de toute pièce par le réalisateur. Et je comprend également que cette sensation floue, l’incapacité à décider véritablement ce qui est “bien” ou “mal”, dans les situations qui nous ont été présentées, était bel et bien l’objectif d’Alex Garland. Il a su choisir des acteurs remplissant brillamment le(s) rôle(s) qui leur étai(en)t attribué(s), portant à l’écran trois personnages d’une profonde complexité, tandis que la relation triangulaire qui se tisse en eux les révèlent peu à peu (tout en aiguisant toujours un peu plus le doute). Il serait intéressant de les analyser individuellement, ainsi que la pertinence des interprètes sélectionnés, mais il serait difficile de le faire en quelques lignes, et surtout sans spoiler. Personnellement je suis tout à fait convaincue par ce choix.
Au final, si je suis prête à accepter l’étrange et le dérangeant qui définissent ce film jusqu’à la dernière minute (mais pourquoi ai-je été surprise, alors que Sunshine, 28 jours plus tard ou Never let me go procuraient strictement les mêmes sensation dans sa propre catégorie), ma seule vraie critique sera sur la structure même du film. La découpe très systématique des scènes contribue certes à accentuer l’angoisse (qui aurait déjà très bien fonctionné sans cet ajout), mais elle a surtout  failli me faire décrocher du film pour cause d'ennui, ce qui aurait été dommage.

Conclusion :
Un film déstabilisant, qui semble atteindre les ambitions qui lui ont été données.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
Les collants
Les placards
L’observation
Les intérêts personnels

12 septembre 2014

Charles Bukowski : Contes de la folie ordinaire

Ce que l’éditeur nous dit :
C'est le moment de s'embarquer dans le bateau ivre de Bukowski, l'écrivain poète, né Allemand, citoyen américain par adoption des rues et des bars, témoin des clameurs urbaines... Virons donc du côté d'une folie ordinaire, celle qui sommeille en chaque individu, celle qui vous prend aux tripes un beau matin et fait du corps une marionnette dont on tire les fils, celle qui s'immisce, reptilienne et ne se tait qu'à la mort.
Bukowski délivre aux lecteurs qui veulent bien le suivre dans sa démarche, les contes quelques peu exubérants de cette lente conquête de la déchéance. D'abord abrupte, trash, la folie se coule peu à peu dans la vie et se fait plus mature. Elle gagne en âge et arrondit les angles, estompe sa vulgarité, s'intériorise, pour finir par adopter le corps physique qu'elle habite. Sexe, alcool, et courses de chevaux sont son lot quotidien: Bukowski parle de Bukowski ; ou plutôt de son double, son extension littéraire au prénom poussif : Hank. Le barfly jubile de son petit tour d'auto-parodie. Il en rajoute avec quelques portraits taillés serrés: des ouvriers alcooliques, des jeunes auteurs déjà accomplis dont l’œuvre le révulse et qui lui renvoient l'image insupportable de son parcours d'écrivain à succès. Car Bukoswki vomit à la face de ses contemporains. Il vomit aussi ses pages, et vous somme de prendre son parti ou de le fustiger.
Certes, l'auteur ne laisse pas indifférent, à la première lecture assurément... à la seconde, on se surprend à trouver les limites de ce trash qui apparaît finalement presque désuet. Et pourtant, cette thématique poursuit sa route, se charge d'une iconographie nouvelle, s'enrichit, s'épanouit, se modèle à l'image du monde moderne. Le trash est clean... il suffit de regarder du côté de la bande d'Irvine Welsh. Changement d'époque, mais même folie... Bukowski a fait des petits! -

Ce que j’en pense :
Première constatation : cette couverture est bien trop belle pour illustrer le contenu qu’elle introduit ! Ou peut-être heureusement qu’il y a cette jolie couverture à laquelle nous raccrocher, pour éviter à notre tour de tomber dans la folie. Les premières nouvelles de ce recueil sont un peu... brutes disons, mais inspirent tout de même une certaine empathie pour les personnages. Et puis les histoires s’enchaînent, toujours un peu les mêmes, décrivant cet immuable personnage qui boit, qui baise, qui boit, qui aime (et souvent bat) la nana du moment, qui le lui rend bien d’ailleurs car elle est tout aussi détraquée que lui. Certes Bukowski signe son univers, et le crade (voire très crade) qui le caractérise peut se justifier... jusqu’à un certain point, la répétition effaçant la notion.

Conclusion :
Pas inintéressant mais lassant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les placards
- les bars
- les chambres
- les verres


1 décembre 2013

Richard Curtis : Il était temps (About Time)

Ce que le synopsis nous dit :
À l’âge de 21 ans, Tim Lake découvre qu’il a la capacité de voyager dans le temps... Lors de la nuit d’un énième nouvel an particulièrement raté, le père de Tim apprend à son fils que depuis des générations tous les hommes de la famille maîtrisent le voyage intertemporel. Tim ne peut changer l’histoire, mais a le pouvoir d’interférer dans le cours de sa propre existence, qu’elle soit passée ou à venir... Il décide donc de rendre sa vie meilleure... en se trouvant une amoureuse. Malheureusement les choses s’avèrent plus compliquées que prévu. Tim quitte les côtes de la Cornouailles pour faire un stage de droit à Londres et rencontre la belle et fragile Mary. Alors qu’ils tombent amoureux l’un de l’autre, un voyage temporel malencontreux va effacer cette rencontre. C’est ainsi qu’au fil de ses innombrables voyages temporels il n’a de cesse de ruser avec le destin afin de la rencontrer pour la première fois, encore et encore, jusqu’à ce qu’il arrive à gagner son coeur. Tim se sert alors de son pouvoir afin de créer les conditions idéales pour la demande en mariage parfaite, pour sauver la cérémonie à venir du discours catastrophique du pire des garçons d’honneur imaginable mais aussi pour épargner à son meilleur ami un désastre professionnel. Mais alors que le cours de sa vie inhabituelle se déroule, Tim découvre que ce don exceptionnel ne lui épargne pas la peine et les chagrins qui sont communs à n’importe quelle autre famille partout ailleurs.

Ce que j’en pense :
Voilà un film délicieux, une touche de fraîcheur dans le flot des films habituels. Presque inclassable, Il était temps contient un peu fantastique mais parle surtout de la vie réelle ; il met l’amour au centre de tout mais sans tomber dans les stéréotypes de la comédie romantique (d’ailleurs il séduira tout autant un public masculin que féminin). Pendant une grande partie de la séance je m’attendais à ce que “quelque chose de trop affreux” se passe, probablement trop coutumière de l’abus de rebondissements du cinéma contemporain, avant de m'apercevoir que ce n’était pas une nécessité pour faire un bon film. Il était temps est tout simplement touchant (le doux regard de Domhnall Gleeson y étant pour beaucoup), et c’est déjà énorme.

Conclusion :
Une bouffée d’air frais

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les placards
- les premières premières rencontres
- le métro
- les déguisements


23 mai 2013

Andres Muschietti : Mamá

Ce que le synopsis nous dit :
Il y a cinq ans, deux sœurs, Victoria et Lily, ont mystérieusement disparu, le jour où leurs parents ont été tués. Depuis, leur oncle Lucas et sa petite amie Annabel les recherchent désespérément. Tandis que les petites filles sont retrouvées dans une cabane délabrée et partent habiter chez Lucas, Annabel tente de leur réapprendre à mener une vie normale. Mais elle est de plus en plus convaincue que les deux sœurs sont suivies par une présence maléfique…

Ce que j’en pense :
Très peu demandeuse de productions du genre, c’est pas le plus pur hasard et avec une certaine retenue, que je me suis laissée entraînée dans cette séance. Au final c’est la preuve qu’un film peut être classé en tant qu' épouvante/horreur et en réalité ne pas contenir la moindre once d'élément apeurant. Férus de sensations fortes s’abstenir, vous seriez déçus.
Concernant l’histoire, elle se laisse bien regardée, même s’il l’on comprend assez rapidement ce qu’il va se passer. Mamá ne fait pas dans l’originalité. Enfin presque. Car je dois dire que la dernière scène est plutôt inattendue, laissant finalement le spectateur avec une bonne impression.
A noter que ce film aura tout de même servit à ma culture générale, avec la découverte de Nikolaj Coster-Waldau dans un autre rôle que celui de Jaime Lanister (j’ai appris par la même occasion qu’il était danois !).

Conclusion :
Finalement cela pourrait presque valoir une bonne petite comédie romantique au niveau détente du cerveau.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les papillons
- les falaises
- l’art mural
- les placards