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2 décembre 2014

Peter Watts : Vision aveugle (Blindsight)

Ce que l’éditeur nous dit :
La Terre a été prise " en photo " depuis l'espace. Les mystérieux visiteurs sont-ils sur cet artefact découvert dans notre système solaire ? Le vaisseau Thésée part en mission. A son bord, cinq membres d'équipage recrutés avec soin : une linguiste aux personnalités multiples, un biologiste qui s'interface aux machines, une militaire pacifiste et un observateur, Siri Keeton, capable de déchiffrer à la perfection le langage corporel de ses interlocuteurs. Leur commandant est lui aussi bien étrange : c'est un homo vampiris, autrement dit, un vampire aux facultés intellectuelles remarquables. Pourtant, malgré leurs aptitudes exceptionnelles, rien ne peut les préparer à ce qu'ils vont découvrir lors de ce voyage terrifiant... 

Ce que j’en pense :
Comme dirait la personne qui m’a collé ce bouquin entre les mains “il faut un peu de temps pour digérer le morceau”. Tout à fait d’accord. Mais contrairement à lui qui l’a dévoré d’une traite, il m’a également fallu me forcer à prendre mon temps pour le parcourir, ralentir mon rythme de lecture, faire des pauses régulières pour consulter Wikipédia, réfléchir, relire plusieurs fois certains passages, poser des questions à “l’expert”, tout ça. Non pas que le style soit indigeste, loin de là, mais plutôt qu’il est extrêmement riche, avec des tournures de phrases inhabituelles, un vocabulaire vaste (la langue française recèle bien des mots inexploités par les auteurs) et surtout des termes techniques souvent méconnus de la novice que je suis. Cela peut paraître idiot mais ce fut pour moi un vrai exercice que de réaliser que les théories abordées se basaient toutes sur des faits scientifiques réels, et que donc non l’auteur n’allait pas me les expliquer (contrairement à la plupart des fictions qui élaborent leurs propres logiques). Ça, c’est pour la forme.
Et le fond maintenant. Ouais, très franchement, il se peut que je n’aie toujours pas “digéré le morceau”, et je suis à peu près certaine d’être passée à côté de plus d’une subtilité. Mais si l’on s’en tient à la partie que j’ai pu saisir : waow ! Des idées très intéressantes sur les égocentriques d’humains que nous sommes, notamment. Cela vaut vraiment l’effort de rentrer dedans et d’essayer de comprendre. Je ne sais pas si j’aurais envie de le relire un jour, en espérant mieux en apprécier les nuances, en attendant je compte bien en discuter encore un peu...

Conclusion :
Finalement ça passe très bien !

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
je
le langage
les tumeurs
les boites chinoises

24 août 2014

James Gunn (II) : Les Gardiens de la Galaxie (Guardians Of The Galaxy)

Ce que le synopsis nous dit :
Peter Quill est un aventurier traqué par tous les chasseurs de primes pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan, dont les agissements menacent l’univers tout entier. Lorsqu’il découvre le véritable pouvoir de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie, il conclut une alliance fragile avec quatre aliens disparates : Rocket, un raton laveur fin tireur, Groot, un humanoïde semblable à un arbre, l’énigmatique et mortelle Gamora, et Drax le Destructeur, qui ne rêve que de vengeance. En les ralliant à sa cause, il les convainc de livrer un ultime combat aussi désespéré soit-il pour sauver ce qui peut encore l’être …

Ce que j’en pense :
Marvel continue de nous livrer une par une, avec une assiduité et une régularité exemplaires, les pièces de l’immense puzzle que composent son univers. Il s’agit ici de nouveaux personnages, évoluant dans des mondes inédits, mais leur arrivée ayant été annoncée dans le précédent, on ne doute pas que les uns et les autres finiront par se croiser. A noter pour la première fois depuis le début de cette série que je vois une salle presque entière attendre le trailer post-générique, quand d’habitude ne restent qu’une dizaine de courageux.
On finirait presque par se lasser de ce défilé incessant de super-héros... Heureusement un ton qui se veut léger (après la trop sérieuse/ennuyeuse dernière intervention de Captain América ça fait plaisir), des protagonistes agréables (sans être fascinants non plus) et quelques reparties sont assez amusantes (attribuées à Rocket Raccoon le plus souvent), sont suffisants pour capter l’intérêt du spectateur.
Enfin, comme me l’avait fait remarquer ma soeur avant que je n’aille le voir, les maquillages sont quand même très réussis.

Conclusion :
Ça se laisse regarder...

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les accessoires pour tableau de bord
- les boutures
- l’évolution du langage Ni!
- les maîtres constructeurs


17 janvier 2011

Dai Sijie : Par une nuit où la lune ne s'est pas levée

Ce que l’éditeur nous en dit :
"Je vois dans votre regard, remarqua le professeur, le grand intérêt que vous portez à ce rouleau, et je tiens à vous mettre en garde, avant qu'il ne prenne une tournure plus passionnée, comme il en fut pour tous ceux qui s'en sont approchés. Chez moi aussi, je dois avouer, il a soulevé un fort enthousiasme. Il me semblait qu'en restituant son parcours, si sinueux fût-il, je pourrais mieux parler des empereurs défunts sur lesquels il avait laissé son empreinte, recomposer les fragments disparus de la vie de nobles déchus... " Les péripéties au cours des siècles d'un manuscrit sur rouleau de soie forment le fil conducteur de ce roman aux récits savamment emboîtés. Dai Sijie, revisitant l'histoire de la Chine et celle du bouddhisme, y rend un hommage fervent aux créations de l'esprit les plus subtiles - et notamment à la langue écrite ou calligraphiée, qui répand sur chaque page son mystère obsédant.

Ce que j’en pense :
Ce livre débute très bien. L’histoire réinventé du “dernier empereur” chinois nous plonge immédiatement dans un univers de légende fascinant, mais également dans celui des passions déchaînées par l’amour de l’écriture et des langues.
Hélas, dès le second chapitre, le ton change. La narratrice commence à nous décrire son quotidien dans un quartier de Pékin, prémisse d’une lente descente aux enfers qui sera la sienne. Car c’est également la méchanceté des hommes, la peur, le désespoir ou encore certaines horreurs du communisme chinois qui nous sont contés. Et au fur et à mesure que le récit avance, le lecteur s’enfonce dans une ambiance lourde et pesante, suivant l’héroïne sur l’inexorable chemin vers la dépression.
Mais le véritable point faible de ce roman est son style. Tout d’abord, les digressions sont très nombreuses. La narratrice rencontre un personnage, qui lui même relate une lecture que lui a faite un tiers, etc. S’il n’est pas si difficile de suivre “qui parle”, cela reste une sacré gymnastique pour le cerveau et alourdit la lecture au détriment de l’histoire. A cela s’ajoute la “trop grande érudition” de l’auteur. Il y a beaucoup, beaucoup de détails, dans lesquels nous sommes une fois de plus perdus. Dommage, car le tout est si maîtrisé qu’on pourrait sans peine croire à une histoire vrai.
Un passage du livre nous décrit un coup de rage vécu par la narratrice, lorsqu’on lui affirme que seul un esprit asiatique peut concevoir certains mécanismes de pensées. Elle qui baigne dans cet univers et l’étudie depuis des années, est vexé, trouve cela injuste. C’est vrai, c’est injuste. Mais c’est également ce que fait nous fait vivre Dai Sijie, à nous, les non initiés. L’auteur n’a pas su se mettre à la hauteur de son lectorat, ne permettant pas d’apprécier le contenu à sa juste valeur.
Quant à la fin, elle est belle, simple, légère et pleine d’espoir ; tout le contraire des 306 pages précédentes.

Conclusion :
Je ne le conseillerai pas, sauf pour ceux ayant déjà de bonnes connaissance du bouddhisme et de ses mécanismes de pensée.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les sutras
- les linguistes
- les camps chinois
- les légumes

8 novembre 2010

Serge Joncour : L'homme qui ne savait pas dire non

Ce que l’éditeur nous dit :
Parfois le soir, seul devant la glace, il avance ses lèvres pour dire le mot, il les rassemble comme pour une moue ou un demi-baiser, il tend la bouche vers l'avant et cale les incisives pour souffler la décisive consonne, mais là, le mot ne vient pas, il lui reste sur la langue comme un noyau de cerise, un chewing-gum qui refuserait de buller. " On n'imagine pas l'embarras de ne plus pouvoir prononcer ce simple mot: non. C'est pourtant ce qui arrive à Beaujour, employé modèle dans un institut de sondage. Grâce à un atelier d'écriture, il part à la recherche du mot perdu, quitte à remonter toute l'histoire. Avec la sensibilité qu'on lui connaît, Serge Joncour multiplie les scènes cocasses et compose un véritable roman des origines.

Ce que j’en pense :
Au premier abord, le titre du livre à lui seul laisse croire à de bons présages. Une très bonne idée de départ, mais qui se révèle mal exploitée dans les premiers chapitres. L’écriture est quelconque, l’histoire également. Il ne se passe pour ainsi dire pas grand-chose, tandis que nous suivons les péripéties d’un personnage très mou.
Et puis ce même protagoniste commence à prendre du poil de la bête, à se remuer, et la lecture devient plus intéressante, même agréable. Les pensées sur le travail, la place de cette activité à la fois imposée et indispensable à l’équilibre de nombreuses personnes, m’ont parues très justes. Les quelques essais glissés entre les chapitre concernant l’invention de la parole, les réflexions sur la valeur des mots, dévoilent le travail de recherche mené par l’auteur.
Si je n’irais pas jusqu’à recommander cet ouvrage, mais j’ai finalement passé en bon moment en sa compagnie.

Conclusion :
Un livre qui dévoile ses qualités à mesure que les pages se tournent, mais sans finalement réussir à décoller vraiment.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- Les statistiques
- L’invention du langage
- Les GPS
- Les ateliers d’écriture