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21 octobre 2015

Simone de Beauvoir : La femme rompue

Ce que l’éditeur nous dit :
Quatrième de couverture:
«- Dis-moi pourquoi tu rentres si tard.
Il n'a rien répondu.
- Vous avez bu ? Joué au poker ? Vous êtes sortis ? Tu as oublié l'heure ?
Il continuait à se taire, avec une espèce d'insistance, en faisant tourner son verre entre ses doigts. J'ai jeté par hasard des mots absurdes pour le faire sortir de ses gonds et lui arracher une explication :
- Qu'est-ce qui se passe ? Il y a une femme dans ta vie ?
Sans me quitter des yeux, il a dit :
- Oui, Monique, il y a une femme dans ma vie.»

Ce que j’en pense :
Recueil de trois nouvelles consacrées à des femmes blessées, je retiendrai de ce livre l’incroyable capacité de l’auteur à adapter sa plume en fonction des émotions qu'elle veut communiquer.

Dans la première, elle y décrit une femme déçue par son mari, déçue par son fils, et finalement par elle-même. J’ai été très surprise de voir naître de la plume de Beauvoir un personnage ayant si peu de recul sur lui-même, rejetant toute responsabilité. Le processus était intéressant.

S’en suit un monologue, que je n’ai pas été capable de lire dans son intégralité tant le ton était violent et haineux, sans aucun filtre. La jeune fille rangée est bien loin de ce texte.

Mais c’est cette femme rompue qui m’aura le plus marquée. Au fil des pages, on ne sait s’il faut la condamner, la prendre en pitié, ou les deux. On est tantôt saisi de sympathie pour ce personnage trahi par l’homme de sa vie et malmené par les évènements, tantôt on le condamne pour se laisser ainsi berner et accepter si passivement les douleurs qui lui sont infligées. Constamment, Monique se ment à elle-même, tour à tour s’enfonce dans la culpabilité puis dans l'accusation. Pleine de courage, elle cherche désespérément la porte de sortie, sans avoir tout à fait la force de la franchir, face à ce mari plus lâche qu’elle encore. Maurice ne veut pas la blesser, Maurice ne veut pas la perdre, Maurice ne veut surtout pas prendre de décision et encore moins lui dire ce qu’il pense vraiment, car pour cela il lui faudrait déjà être franc avec lui-même. Alors Monique cherche des explications, fait des suppositions et harcèle de questions son entourage, alors que les réponses ne se trouvent que la tête de l’homme qu’elle aime et surtout en sa propre âme et conscience. Elle se morfond, elle souffre, elle se reprend en main et se fait la promesse d’être plus forte, elle craque, elle se ressaisi. Monique est tellement humaine.

Conclusion :
Une recueil saisissant, qui retranscrit admirablement les combats intérieurs.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les choix politiques
la maternité
les idées neuves
les idées ancrées



2 janvier 2012

David Cronenberg : A dangerous method

Ce que le synopsis nous dit :
Sabina Spielrein, une jeune femme souffrant d'hystérie, est soignée par le psychanalyste Carl Jung. Elle devient bientôt sa maîtresse en même temps que sa patiente. Leur relation est révélée lorsque Sabina rentre en contact avec Sigmund Freud...

Ce que j’en pense :
Étant l’une des référence professionnelle récurrente de mon père, j’avais déjà beaucoup entendu des travaux de Carl Jung. Cela semble ne pas être le cas de la majorité, Sigmund Freud étant largement plus connu en Europe et c’est justement l’occasion de découvrir (ou approfondir) le sujet.
Cronenberg signe un film tout à fait fascinant, parfois (très) dérangeant aussi (sujet oblige), sur les début de la psychanalyse. Cette réussite tient pour beaucoup au trio d’acteurs principaux, tous trois brillants, même si c’est sans contexte le jeu de Keira Knightley qui est le plus bluffant. Très loin de la pimbêche de Pirate des Caraïbes ou de la minette des publicité Chanel, elle est absolument époustouflante dans ce rôle sans doute difficile. Vincent Cassel par contre, on aurait pu trouver mieux.
Pour ce qui est du fond, difficile d’en parler sans entrer dans les milles détails, l’analyse des scènes et des dialogues. Très bien écrit et très bien mené, disons pour résumer, que tout cela est fort intéressant.

Conclusion :
Je me lancerait peut être dans le film de John Kerr qui a inspiré ce film. Bref cela donne envie d’en savoir plus.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- la boue
- la dentelle
- les associations d’idées
- l’encre