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10 octobre 2014

Nicole Krauss : L’histoire de l’amour

Ce que l’éditeur nous dit :
A New-York, la jeune Alma ne sait comment surmonter la mort de son père. Elle croit trouver la solution dans un livre que sa mère traduit de l'espagnol, et dont l'héroïne porte le même prénom qu'elle.
Non loin de là, un très vieil homme se remet à écrire, ressuscitant la Pologne de sa jeunesse, son amour perdu, le fils qui a grandit sans lui.
Et au Chili, bien des années plus tôt, un exilé compose un roman...
Trois solitaires qu'unit pourtant, à leur insu, le plus intime des liens : un livre unique,"L'histoire de l'amour", dont ils vont devoir, chacun à sa manière, écrire la fin.
Cet admirable roman, hanté par la Shoah, offre une méditation déchirante sur la mémoire et le deuil. Mais c'est avant tout un hymne à la vie, écrit dans une langue chatoyante et allègre, l'affirmation d'un amour plus fort que la perte, et une célébration, dans la lignée de Borges, des pouvoirs magiques de la littérature.

Ce que j’en pense :
Une fois que l’on sait que Nicole Krauss est l’épouse de Jonathan Safran Foer, difficile de ne pas comparer les deux styles d’écriture. On sent déjà très clairement l’influence de New-York, domicile réel des deux écrivains, et lieu d’action systématique de leurs protagonistes respectifs. Au-delà d’un emplacement géographique, cela se transmet surtout dans un état d’esprit. Idem avec la présence répétée du judaïsme en trame de fond, ou le choix pour héros d’un enfant obsédé par les conditions de survie en milieu naturel (alors qu’ils habitent en ville). C’est peut-être aussi inhérent au fait qu’à partager sa vie avec une personne, on finit toujours par s’influencer l’un l’autre. Dans ce cas cela se transmet par une vision à la fois pleine d’espoir et pessimiste sur la vie, avec une grosse part accordée aux émotions, aux gens et aux interactions en particulier (destins croisés). A noter que, de ce que j’en ai lu, les personnages de Nicole Krauss sont légèrement moins dépressifs que ceux de son compagnon et il m’a semblé être bien plus entrée dans ce roman, que j’ai dévoré en peu de temps. Dernier point commun un peu moins positif, malgré tout l’intérêt porté à cette lecture sur le moment, j’avoue qu’elle ne me laissera rien de plus qu’un vague souvenir.

Conclusion :
Une lecture intéressante. Sur le moment en tout cas.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les traductions
l’écriture
les bancs
les manuels de secours

15 mars 2014

Jaume Collet-Serra : Non-Stop

Ce que le synopsis nous dit :
Alors qu'il est en plein vol, un agent de la police de l’air reçoit des SMS d’un inconnu qui dit être à bord et vouloir assassiner un passager toutes les 20 minutes s'il ne reçoit pas 150 millions de dollars.

Ce que j’en pense :
Avant toute chose je tiens à souligner le travail tout pourri fait par la communication sur ce film, dont on dirait presque qu’il fait tout pour ne pas se faire remarquer. Cela commence par le titre, on ne peut plus générique, peu accrocheur, n’indiquant rien sur le contenu et surtout si facile à oublier. Cette même volonté de passer inaperçu se retrouve dans l’affiche, devant laquelle je suis pourtant passée des dizaine de fois sans même réaliser qu’un avion se trouvait en fond. Tout ce que j’ai vu c’est Liam Neeson avec un pistolet, ouais comme n’importe quel autre film avec Liam Neeson quoi, mais rien qui ne m’ai accroché (alors que je suis plutôt attentive à ce sujet). Il a fallu qu’une amie ayant des places gratuites me propose de l’accompagner pour que je réalise l’existence de ce film...
La mise en scène est assez mouvante sur le début (pour bien montrer que c’est un film d’action sûrement), mais s’améliore ensuite. Certaines personnes pourront être gênées par l’incrustation de texte fréquente, mais comme il aurait été malvenu de le lire systématiquement, cela n’est pas une mauvaise solution. Je suis bien entrée dans l’histoire et n’ai pas vu le temps passer. A ce propos, on m’a dit que le film était tourné en temps-réel, c’est à dire qu’une minute dans le film correspond à une vraie minute. Je n’ai pas pu vérifier la véracité de cette information, mais cela m’a paru possible (pour toutes les scènes dans l’avion) et j’aime bien cette idée.

Conclusion :
Un scénario ultra-bateau et une promotion fantomatique, pour un divertissement correct.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- l’écriture sur écran
- les rubans
- les turbulences

8 novembre 2010

Serge Joncour : L'homme qui ne savait pas dire non

Ce que l’éditeur nous dit :
Parfois le soir, seul devant la glace, il avance ses lèvres pour dire le mot, il les rassemble comme pour une moue ou un demi-baiser, il tend la bouche vers l'avant et cale les incisives pour souffler la décisive consonne, mais là, le mot ne vient pas, il lui reste sur la langue comme un noyau de cerise, un chewing-gum qui refuserait de buller. " On n'imagine pas l'embarras de ne plus pouvoir prononcer ce simple mot: non. C'est pourtant ce qui arrive à Beaujour, employé modèle dans un institut de sondage. Grâce à un atelier d'écriture, il part à la recherche du mot perdu, quitte à remonter toute l'histoire. Avec la sensibilité qu'on lui connaît, Serge Joncour multiplie les scènes cocasses et compose un véritable roman des origines.

Ce que j’en pense :
Au premier abord, le titre du livre à lui seul laisse croire à de bons présages. Une très bonne idée de départ, mais qui se révèle mal exploitée dans les premiers chapitres. L’écriture est quelconque, l’histoire également. Il ne se passe pour ainsi dire pas grand-chose, tandis que nous suivons les péripéties d’un personnage très mou.
Et puis ce même protagoniste commence à prendre du poil de la bête, à se remuer, et la lecture devient plus intéressante, même agréable. Les pensées sur le travail, la place de cette activité à la fois imposée et indispensable à l’équilibre de nombreuses personnes, m’ont parues très justes. Les quelques essais glissés entre les chapitre concernant l’invention de la parole, les réflexions sur la valeur des mots, dévoilent le travail de recherche mené par l’auteur.
Si je n’irais pas jusqu’à recommander cet ouvrage, mais j’ai finalement passé en bon moment en sa compagnie.

Conclusion :
Un livre qui dévoile ses qualités à mesure que les pages se tournent, mais sans finalement réussir à décoller vraiment.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- Les statistiques
- L’invention du langage
- Les GPS
- Les ateliers d’écriture