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11 novembre 2013

Cléa : Veggie - Je sais cuisiner végétarien

Ce que l’éditeur nous dit :
Les raisons de réduire ou supprimer les produits d'origine animale de notre alimentation ne manquent pas : c'est bon pour la santé, pour le portefeuille, pour l'environnement, et pour les papilles ! Clea, la célèbre blogueuse, auteur de nombreux livres de cuisine bio, nous guide dans l'élaboration de repas sans viande ni poisson. Vous découvrirez que cuisiner végétarien, c'est s'ouvrir à un monde d'ingrédients qu'on ne soupçonnait pas forcément jusque-là. Grâce aux conseils nutritionnels du docteur Bernard-Pellet, vous apprendrez aussi à les associer dans des menus complets et équilibrés. Clea nous transmet de réels savoir-faire : composer des assiettes complètes, des plats uniques rapides pour toutes les occasions (du pique-nique au réveillon) et tous les publics, depuis les copines au régime jusqu'aux ados affamés. Des plats mythiques de la cuisine végétarienne, comme le tofu laqué au beurre de cacahuète, sont présentés pas à pas en photos ; faire aimer les légumes aux enfants ! Essayez la betterave sublimée dans des brioches roses, les coquillettes en gratin à la ratatouille et au sésame ; recevoir différemment, autour d'une raclette végétarienne, de veggie burgers ou d'un wok comme à Bali ; finir en beauté avec des desserts gourmands et équilibrés : mousse au chocolat végétale, pudding de tapioca à l'abricot et au lait d'amande...

Ce que j’en pense :
Objectivement, il y a peu de chance que quelqu’un peu habitué à cuisiner (végétarien), trouve dans son placard tous les éléments de bases nécessaires aux recettes de Cléa. Il faudra effectivement s’équiper en poudre d’amande, en farine d’épeautre ou encore en panais, qu’il sera plus probable de trouver en magasins bio qu’en supermarché lambda (encore que, les rayons commencent à s'étoffer). Mais quel plaisir de découvrir tous ces nouveaux produits, toutes ces nouvelles combinaisons, tous ces nouveaux goûts ! Véritable source d’inspiration et très bien présenté, comportant des recettes originales et faciles à réaliser, ce livre saura répondre aux envies les plus diverses et variées. C’est justement lorsque manque un ingrédient que sa propre créativité est mise en marche, très fier d’avoir remplacé le riz par du quinoa :) (oui, ça compte).
Je l’ai offert à plusieurs personnes, végétariens débutants, passionnés de cuisine/nutrition, ou encore proches paniqués à l’idée de concevoir un dîner sans viande (mais qu’est ce que je vais faire à manger !?). Toutes y ont trouvé leur bonheur.

Conclusion :
A must-have.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les oléagineux
- les légumes oubliés
- les algues
- les farines complètes


1 août 2011

Simonetta Greggio : Étoiles

Ce que l’éditeur nous dit :
Stella adorait quand Gaspard faisait fondre dans un gaspacho des glaçons aux feuilles de basilic. Et, quand elle avait de l'appétit, il lui composait des nourritures plus consistantes, jouant sur des associations de saveurs simples : des rondelles de pomme de terre tièdes sur lesquelles il avait amoureusement déposé des pétales de truffe, une noix de Saint-Jacques en carpaccio avec une larme d'oursin sur une feuille de roquette, arrosée de trois gouttes d'huile d'olive. " Fable moderne sous le soleil de Provence, ode à l'amour et à la gastronomie, Etoiles est suivi d'un carnet de recettes

Ce que j’en pense :

Étoiles nous parle de la séparation, et plus précisément de la fin de la vie telle qu’elle existe au sein du couple, de la nécessité de se reconstruire. Ce thème, qui n’aura de cesse de tourmenter certains esprits, est pour la plupart du temps abordé dans le sens du déchirement, de la haine et autres émotions négatives. Au contraire, Simonetta Greggio prend cette situation subie comme l’occasion d’un nouveau départ dans le sens le plus positif qu’il soit : réapprendre à s’étonner, à s’extasier, à profiter des petites joies quotidiennes et de la liberté retrouvée. Loin d’être un hymne au célibat, Étoiles est un ode à la joie de vivre.
Au final ce sont 147 pages de bonheur qui nous sont proposées, celui ci prenant tour à tour la forme de l’odeur du sud, celle de la saveur d’un plat harmonieusement composé, ou encore d’un simple sourire.
Si du point de vue strict de la romance, cette courte histoire n’a que très peu d’intérêt, c’est pour le sentiment de légèreté qu’elle procure qu’elle se dévore.

Conclusion :

Un bon interlude entre deux lectures, pour se mettre un peu de baume au cœur (et l’eau à la bouche).

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les fruits
- les légumes
- les sauces
- le subtil mélange des saveurs

17 janvier 2011

Dai Sijie : Par une nuit où la lune ne s'est pas levée

Ce que l’éditeur nous en dit :
"Je vois dans votre regard, remarqua le professeur, le grand intérêt que vous portez à ce rouleau, et je tiens à vous mettre en garde, avant qu'il ne prenne une tournure plus passionnée, comme il en fut pour tous ceux qui s'en sont approchés. Chez moi aussi, je dois avouer, il a soulevé un fort enthousiasme. Il me semblait qu'en restituant son parcours, si sinueux fût-il, je pourrais mieux parler des empereurs défunts sur lesquels il avait laissé son empreinte, recomposer les fragments disparus de la vie de nobles déchus... " Les péripéties au cours des siècles d'un manuscrit sur rouleau de soie forment le fil conducteur de ce roman aux récits savamment emboîtés. Dai Sijie, revisitant l'histoire de la Chine et celle du bouddhisme, y rend un hommage fervent aux créations de l'esprit les plus subtiles - et notamment à la langue écrite ou calligraphiée, qui répand sur chaque page son mystère obsédant.

Ce que j’en pense :
Ce livre débute très bien. L’histoire réinventé du “dernier empereur” chinois nous plonge immédiatement dans un univers de légende fascinant, mais également dans celui des passions déchaînées par l’amour de l’écriture et des langues.
Hélas, dès le second chapitre, le ton change. La narratrice commence à nous décrire son quotidien dans un quartier de Pékin, prémisse d’une lente descente aux enfers qui sera la sienne. Car c’est également la méchanceté des hommes, la peur, le désespoir ou encore certaines horreurs du communisme chinois qui nous sont contés. Et au fur et à mesure que le récit avance, le lecteur s’enfonce dans une ambiance lourde et pesante, suivant l’héroïne sur l’inexorable chemin vers la dépression.
Mais le véritable point faible de ce roman est son style. Tout d’abord, les digressions sont très nombreuses. La narratrice rencontre un personnage, qui lui même relate une lecture que lui a faite un tiers, etc. S’il n’est pas si difficile de suivre “qui parle”, cela reste une sacré gymnastique pour le cerveau et alourdit la lecture au détriment de l’histoire. A cela s’ajoute la “trop grande érudition” de l’auteur. Il y a beaucoup, beaucoup de détails, dans lesquels nous sommes une fois de plus perdus. Dommage, car le tout est si maîtrisé qu’on pourrait sans peine croire à une histoire vrai.
Un passage du livre nous décrit un coup de rage vécu par la narratrice, lorsqu’on lui affirme que seul un esprit asiatique peut concevoir certains mécanismes de pensées. Elle qui baigne dans cet univers et l’étudie depuis des années, est vexé, trouve cela injuste. C’est vrai, c’est injuste. Mais c’est également ce que fait nous fait vivre Dai Sijie, à nous, les non initiés. L’auteur n’a pas su se mettre à la hauteur de son lectorat, ne permettant pas d’apprécier le contenu à sa juste valeur.
Quant à la fin, elle est belle, simple, légère et pleine d’espoir ; tout le contraire des 306 pages précédentes.

Conclusion :
Je ne le conseillerai pas, sauf pour ceux ayant déjà de bonnes connaissance du bouddhisme et de ses mécanismes de pensée.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les sutras
- les linguistes
- les camps chinois
- les légumes

18 octobre 2010

Xinran : Baguettes chinoises

Ce que l’éditeur nous dit :
" Je vais leur montrer, moi, à tous ces villageois, qui est une baguette et qui est une poutre ! " C'est ce cri qui a donné envie à Xinran d'écrire cette histoire. Celle, lumineuse, chaleureuse, émouvante, de trois sœurs qui décident de fuir leur campagne et le mépris des autres, pour chercher fortune dans la grande ville. Sœurs Trois, Cinq et Six n'ont guère fait d'études, mais il y a une chose qu'on leur a apprise : leur mère est une ratée car elle n'a pas enfanté de fils, et elles-mêmes ne méritent qu'un numéro pour prénom. Les femmes, leur répète leur père, sont comme des baguettes : utilitaires et jetables. Les hommes, eux, sont les poutres solides qui soutiennent le toit d'une maison. Mais quand les trois sœurs quittent leur foyer pour chercher du travail à Nankin, leurs yeux s'ouvrent sur un monde totalement nouveau : les buildings et les livres, le trafic automobile, la liberté de mœurs et la sophistication des habitants... Trois, Cinq et Six vont faire la preuve de leur détermination et de leurs talents, et quand l'argent va arriver au village, leur père sera bien obligé de réviser sa vision du monde. C'est du cœur de la Chine que nous parle Xinran. De ces femmes qui luttent pour conquérir une place au soleil. De Nankin, sa ville natale, dont elle nous fait voir les vieilles douves ombragées de saules, savourer les plaisirs culinaires et la langue truculente de ses habitants. Et d'un pays, une Chine que nous découvrons par les yeux vifs et ingénus des trois sœurs, et qui nous étonne et nous passionne car nous ne l'avions jamais vue ainsi.

Ce que j’en pense :

Toute la force de Xinran réside ici dans sa capacité à mêler faits historique et culturels, témoignages et romance. Le livre participe réellement à nous informer sur le fossé actuel entre Chine urbaine et Chine rurale.
L’histoire, qui commence à la campagne, parait se dérouler à une autre époque tant la vie y est différente. Pourtant les scènes se déroulants en ville nous prouvent bel et bien qu’il s’agit d’une œuvre contemporaine. Le choix d’avoir placé le tout dans des lieux existants, avec des faits inspirés de personnages réels renforce la crédibilité de l’ensemble, permettant au lecteur de mieux se projeter dans cette société lointaine. Cela est également accentué par la sélection de trois protagonistes aux caractères, aux capacités et aux envies très différentes les unes des autres, mais qu’une envie commune rassemble : la volonté de faire de son mieux.
L’écriture est fluide, le rythme bien agencé. Le prologue trouve bien sa place, permettant d’entrer rapidement dans l’univers qui nous est présenté. L’épilogue est quand à lui un brusque retour à la réalité, rappelant qu’après tout il ne s’agit que d’un roman…

Conclusion :
Une très bonne lecture, plaisante et instructive

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les maisons thermales
- les légumes
- les cafés-lecture
- la campagne