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4 mai 2014

Riff Reb's (d’après Jack London) : Le loup des mers (The Sea-Wolf)

Ce que l’éditeur nous dit :
Après un naufrage, Humphrey Van Weyden, un gentleman fluet, est recueilli puis enrôlé de force comme mousse par Loup Larsen, un terrifiant capitaine de goélette, buveur, violent mais très cultivé. Ce capitaine, athée, éprouve peu à peu une sorte d'estime teintée de mépris pour Humphrey, à l'inverse, très religieux : " si vous savez que quand vous mourrez, vous irez dans un monde meilleur, alors, pourquoi avez-vous peur de mourir ? " Ainsi naissent les premières joutes verbales - pleines d'humour et d'esprit - qui rythment ce passionnant récit d'aventure, et qui redoubleront à l'arrivée d'une jeune femme, un futur enjeu pour ces deux hommes.

Ce que j’en pense :
Normalement Jack London est un auteur que j’évite. Non pas que je remette en doute ses qualités d’écrivain, au contraire parce que je connais son habilité à nous faire prendre d’affection profonde pour ses personnages (humain ou non), pour ensuite leur faire endurer les pire tourments. C’est au-delà de ce que ma sensibilité est intentionnellement prête à subir.
C’est probablement le format bande-dessinée qui m’a poussé à mettre mon petit coeur en danger. Autant vous rassurer tout de suite (pour ceux que ça intéresse), celui-ci s’en est sorti indemne.
La particularité du Loup des mers, est que ses personnages ne sont pas à proprement des êtres attachants. Entre un pirate sans scrupule, violent et agressif, et un bourgeois faible, couard et prétentieux, pas d’amour au premier regard. Pourtant sous la plume de Jack London (et le crayon de Riff Reb’s qui a su capter et retranscrire les mots en d’incroyables planches), on finit par éprouver pour eux une sorte d’empathie, par les comprendre. Et pour décor, la mer, magnifique et impitoyable, qui achève de sceller l’emprise inéluctable de cette oeuvre sur son lecteur.

Conclusion :
Une très belle lecture, saisissante.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les migraines
- les destinées
- la fatalité
- les tempêtes


try

22 février 2013

Claude Ecken : En sa tour, Annabelle

Ce que l’éditeur nous dit :
« La matière joue à la marelle. »
« Perspective de sable engourdi ! Les variations des nuages aplatissent les demeures indiscrètes. »
Annabelle est folle. Annabelle dit n’importe quoi sans s’en rendre compte. Annabelle est atteinte d’une affection particulière, portant le nom de jargonaphasie…

Ce que j’en pense
Le douce folie, celle qui façonne les vrais artistes, celle qui donne toute sa poésie au monde.  C’est ce mal dont “souffre” Annabelle. Don du ciel ou malédiction ? Cela dépend des points de vue. Pour ce frère, le narrateur de ces quelques pages, il s’agit clairement d’une bénédiction, qui semble n’exister que pour lui. Ce texte est la démonstration de la force que peut recéler la nouvelle, toute l’intensité contenue en si peu de mots. La brièveté révèle toute la justesse du texte, tel ces quelques secondes de silence après une composition musicale. Le temps reste suspendu.

Conclusion :
A lire en écoutant du Quantz, c’est encore mieux :)

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- le destin
- la fraternité
- le sens





28 juillet 2011

Pierre Bottero : Les Mondes d'Ewilan (3 tomes)

Ce que l’éditeur nous dit :
Dans le premier tome de cette nouvelle trilogie, Ewilan a gagné en maturité. Après avoir été retenue prisonnière de l'Institution, un bâtiment dans lequel des chercheurs dévoyés testent les facultés extrasensorielles de cobayes humains dans un but de domination totale, et torturée par la Sentinelle félonne Eléa Ril' Morienval, qui en a pris la tête, Ewilan parvient à s'échapper grâce à l'aide de ses amis. Ayant récupéré avec difficulté ses forces physiques et mentales, elle part secourir les enfants demeurés prisonniers et aide à faire la lumière sur les affreux crimes commis par un étrange tueur en série, mi-homme, mi-insecte.

Ce que j’en pense :
Ayant passé un agréable moment à la lecture de la Quête d'Ewilan, j'ai repris le chemin dessiné par Pierre Bottero avec les Mondes d'Ewilan.
Dans l'ensemble j'ai eu le sentiment que le style littéraire s'était amélioré. Certes les personnages "éclatent de rire" un peu trop souvent (agaçant), mais l'auteur a tout de même enrichi son vocabulaire et ses tournures de phrases (ce qui n'est pas si facile lorsque l'on écrit pour la cible jeunesse). Il parvient même à créer un certain suspense, par l'utilisation judicieuse des "petites phrases" qui débutent chaque chapitre. Grâce à eux notamment, j'étais totalement plongée dans l'histoire au second tome. Dommage que les situations périlleuses se résolvent toujours finalement par un coup de baguette magique. Tout ça pour ça.
Le dernier opus est également un peu décevant par l'action qui redescend d'un cran. A noter que les personnages, toujours aussi caricaturaux et sans défaut, se révèlent a fortiori de parfaites machines à tuer. J'en suis venue à me demander dans quelle mesure cette lecture pouvait vraiment être mise entre les mains de jeunes enfants, car si elle est toujours adressée à des "méchants", la violence et son champs lexical sont omniprésents. Elle est décrite comme la solution à tout, sans que personne ne s'en offusque (par contre lorsqu'un "gentil se fait bobo» là c'est triste). Tout cela manque légèrement de demi-mesure...
Une impression générale un peu mitigée donc, mais qui ne m'empêchera pas de lire la trilogie consacrée à Ellana. Ce personnage semblant un peu plus complexe que les autres, il réserve peut être de bonnes surprises.

Conclusion :
Un cran au dessus de la trilogie précédente malgré quelques points négatifs.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les arènes
- le destin
- la volonté
- les éléphants

30 juin 2011

Maurice Druon : Les rois maudits (volume 1 à 6)

Ce que l’éditeur nous dit :
Le Roi de fer, premier volume du cycle, a pour figure centrale Philippe IV le Bel, roi d'une beauté légendaire qui régnait sur la France en maître absolu. Tout devait s'incliner, plier ou rompre devant l'autorité royale. Mais l'idée nationale logeait dans la tête de ce prince calme et cruel pour qui la raison d'État dominait toutes les autres. Sous son règne, la France était grande et les Français malheureux.

Ce que j’en pense :
Ces six premiers tomes des rois maudits nous content l'univers du royaume de France du 14ème siècle. A travers intrigues et anecdotes, Maurice Druon emporte complètement le lecteur, et ce malgré la difficulté du nombre de figures impliquées (et la multiplication des homonymes, certains prénoms étant fort prisés à l’époque). Il réussi à construire un récit historique que l’on n’a pas envie de refermer tant les personnages sont attachants et les situations palpitantes.  Ainsi, il est très tentant de faire abstraction de l’aspect romancé (et soumis à l’interprétation des historiens) et d’y croire tel quel.
Pour le fond également, cette lecture est incontournable, cette période de l’histoire qui précède la guerre de 100 ans étant fort étonnante. Décidément, le destin des hommes se joue parfois au détail près.
Certes, certains volumes sont plus intéressants que d’autres. Les premiers sont absolument géniaux, tandis que le rythme s’essouffle parfois dans les suivants. Mais cela vaut vraiment la peine de poursuivre jusqu’à terme, ne serait ce que pour un passage, qui pour ma part à été bouleversant, situé dans les dernières pages du Lis et le Lion (à ne pas lire avant cependant, sous peine d’en perdre tout l’effet).

Conclusion :
Absolument incontournable et vraiment merveilleux.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- l’art et la manière
- le pourquoi du comment
- la génétique
- le destin