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4 avril 2016

Fernando León de Aranoa : A perfect day

Ce que le synopsis nous dit :
Un groupe d’humanitaires est en mission dans une zone en guerre : Sophie, nouvelle recrue, veut absolument aider ; Mambru, désabusé, veut juste rentrer chez lui ; Katya, voulait Mambru ; Damir veut que le conflit se termine ; et B ne sait pas ce qu'il veut.

Ce que j’en pense :
Un excellent casting, de beaux paysages, quelques bonnes répliques, et de bonnes intentions dans les messages... pourtant je ne suis pas ressortie réellement convaincue de l’expérience A perfect day. Pourquoi donc ?
Tout d’abord à cause de sa mise en scène trop américanisée, chose que je pensais éviter en allant voir un réalisateur espagnol. C’est peut-être une question de goût ou un ras le bol de tous ces films semblant sortis du même moule, mais en allant voir un long métrage sur la guerre dans les balkans j'espérais autre chose qu’une réalisation toute lissée. Dommage, car la multiculturalité des acteurs et des langues, mieux utilisée, aurait pu lui donner une tout autre dimension.
Mais surtout il semble que Fernando León de Aranoa n’ait pas vraiment su quel parti prendre, alors qu’il effleure plusieurs sujets sans vraiment les traiter. Ça se veut cynique et désabusé sans être suffisamment drôle, ça se veut triste et tragique sans être véritablement touchant, etc. Et cela se sent durant la séance, tandis qu’on ne voit pas vraiment où tout cela nous mène, avec pour conséquence de trouver parfois le temps long. Sans avoir passé un mauvais moment, il faut admettre que je n’en ai pas passé un excellent non plus.

Conclusion :
De bons ingrédients mais un résultat décevant.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les vaches
les cordes
les jurons français
les photographies dans les portefeuilles




6 février 2012

Jules Verne : Une fantaisie du docteur Ox

Ce que l’éditeur nous dit :
Il ne se passe jamais rien à Quiquendone, petit village des Flandres, jusqu'à l'arrivée d'un étrange savant, le docteur Ox. Celui-ci propose d'installer un éclairage révolutionnaire. Mais ce n'est qu'un prétexte pour tester un gaz qui a le pouvoir de modifier le caractère et le tempérament des habitants. Une sorte de folie s'empare alors de ce village, si calme d'ordinaire.

Ce que j’en pense :
Ca y est j’ai lu une œuvre de Jules Verne. Comme chaque fois que je tente de lire un auteur « classique », je m’attendais à passer par les étapes habituelles : l’enthousiasme de lire enfin ce fameux auteur, démarrer la lecture et avoir du mal à accrocher (parce que bien souvent les écritures sont si dissemblables des œuvres modernes auxquelles je suis habituée, et que le style ancien est si particulier), me forcer un peu, pour finalement aimer ou détester, parfois pour finalement abandonner. Et bien là pas du tout ! Dès le départ, j’ai trouvé que l’écriture de Jules Verne, autant que son style étaient merveilleux de fluidité. Sans parler de l’originalité dont il fait preuve, j’ai tout de suite accroché. Une fantaisie du docteur Ox est un peu grotesque, souvent absurde, et au final il ne se passe pas grand-chose. Mais cela ne l’empêche pas d’être fort divertissant. Tout se joue dans la narration. Le choix des mots est juste fabuleux, ne serais-ce que pour les titres de chapitre, c’est tout un programme. Ils font partie intégrante du roman, et ce sont eux qui m’auront le plus amusé.  Je ne sais pas si ce livre, plus court et moins connu que d’autres, est représentatif de l’œuvre de Jules Verne, mais je n’ai pas l’intention de me priver plus longtemps d’un tel divertissement.

Conclusion :
Très drôle et sans prétention.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
-    Les vaches
-    Les fiançailles
-    Les panoramas
-    L’opéra

24 janvier 2011

Katarina Mazetti : Le mec de la tombe d'à côté

Ce que l’éditeur nous en dit :
Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire de métier, et citadine pragmatique, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance. Au cimetière, elle rencontre le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence l'agace autant que la tombe avec sa stèle tape-à-l'œil. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, de façon assez rustique, et grâce à une bonne dose d'humour et d'autodérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il s'énerve contre la "Crevette" qui occupe le banc au cimetière avec lui, avec son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Rien, a priori, ne rapproche ces deux-là, et pourtant, il suffira d'un sourire qui éclate simultanément sur leurs lèvres, pour qu'ils soient tous deux éblouis. C'est le début d'une histoire d'amour assez cocasse. Ils sont tout le contraire l'un de l'autre. Elle ne sait pas cuisiner, il lit tout au plus un livre par an. Elle veut aller à l'opéra, lui doit traire les vaches. Il traîne avec lui une odeur d'étable, elle vit dans un appartement aseptisé. Mais leur passion amoureuse est sans bornes. Roman d'amour drôle, tendre, à l'humour décapant, Le mec de la tombe d'à côté touche pourtant là où ça fait mal : ce fossé qui sépare les catégories sociales. On ne peut plus contemporain..

Ce que j’en pense :
Forte de son succès et des nombreuses éloges entendues sur les auteurs suédois, c'est avec confiance que j'ai entamé la lecture du Mec de la Tombe d'à côté. Mes espérance n'ont pas vraiment été atteintes.
Sa popularité peut s'expliquer par son accessibilité. A la façon d'un Larc Levy, le style est pauvre, l'histoire peu recherchée, le contexte peu travaillé. Mais, toujours comme un Marc Levy, il est également plaisant de se laisser plonger dans ce texte finalement agréable, qui ne demande aucune réflexion particulière. Les pages s'enchaînent, distraient.
Et puis la fin s'approche. C'est là que le bât blesse. Cette fin est nulle, complètement immorale, laissant un mauvais goût sur la langue. Le livre passe alors du statut de roman facile à celui navet.
[Attention spoiler à suivre]
Comment peut on envisager d’avoir un enfant dans de si médiocres conditions ? Car si ses parents sont si différents dans leur mode de vie, comment imaginer un seul instant qu'ils s'entendront mieux sur une méthode d'éducation ? Tout cela pour satisfaire des ovaires trop pressant ! La Suède a t-elle a ce point besoin d'être repeuplée ? Ou l'auteur essaye t-elle de nous faire comprendre que l'égoïsme prime avant toute chose, même si cela doit être au détriment des autres ?

Conclusion :
Mieux vaut lire un Guillaume Musso.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les vaches
- les bibliothèques
- les clichés vie rurale/vie urbaine
- les napperons

18 août 2010

Stephen Frears : Tamara Drewe

Ce que le synopsis nous dit :
Avec son nez refait, ses jambes interminables, son job dans la presse people, ses aspirations à la célébrité et sa facilité à briser les cœurs, Tamara Drewe est l'Amazone londonienne du XXIe siècle.
Son retour au village où vécut sa mère est un choc pour la petite communauté qui y prospère en paix.
Hommes et femmes, bobos et ruraux, auteur de best-sellers, universitaire frustré, rock star au rancart ou fils du pays, tous sont attirés par Tamara dont la beauté pyromane et les divagations amoureuses éveillent d'obscures passions et vont provoquer un enchaînement de circonstances aussi absurdes que poignantes.

Ce que j’en pense :
Concernant le rythme et l’ambiance, Tamara Drewe rappelle ceux d’une série télévisée. Quatre saisons, ou quatre épisodes où les relations entre protagonistes évoluent lentement mais sûrement.
L’humour, les personnages, les paysages et surtout la chute finale sont tout à fait anglais. Aucun véritable éclat de rire, mais un ensemble plutôt agréable. Les personnages sont attachants et tout à fait crédibles. Chapeau bas en particulier à l’adolescente excentrique plus vraie que nature.
Mais la vraie originalité de ce film réside dans la capacité de dissimuler des sujets sérieux par le prétexte d’une comédie. Car se sont avant tout les relations humaines qui sont décrites, les peurs et les difficultés de chacun de prendre les bonnes décisions, de mener sa vie au mieux. Les erreurs font partie des étapes nécessaires pour avancer dans la vie, mais si certains savent en tirer des conclusions et avancer, pour d’autre il faudra tomber plusieurs fois pour savoir se relever. Et ça, ce n’est pas toujours drôle.

Conclusion :
Un film plaisant, dans un style inattendu.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- La chirurgie esthétique
- Les écrivains
- Les magasines people
- Les vaches