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27 septembre 2015

Eduardo Mendoza : Sans nouvelles de Gurb (Sin noticias de Gurb)

Ce que l’éditeur nous dit :
Gurb a disparu dans Barcelone, dissimulé sous les traits de Madonna. Précision: Gurb est un extraterrestre. Parti à sa recherche sous une apparence moins voyante, son coéquipier tient scrupuleusement le journal de ses observations. Une satire délirante et désopilante de notre monde moderne.

Ce que j’en pense :
En 70 pages et principalement des dialogues/monologues (il n’est pas rare qu’un paragraphe se compose d’une ligne unique), Eduardo Mendoza propose une divertissement de très bonne facture, où l’absurde est roi. Il pourra être décortiqué, analysé sous tous les angles, pour comprendre les différents aspects de la société (et leur absurdité donc) que l’auteur aura voulu pointer du doigt. Mais il pourra aussi être apprécié dans toute sa simplicité, à l’image de son personnage principal, si naïf, si dévastateur pour son entourage et si attachant. C’est animée de ce second état d’esprit que j’ai souri, parfois même franchement ri, au fil des pages de ce roman sans prétention.

Conclusion :
Rafraîchissant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les beignets
les scorpions
l’alcool
l’agitation de la mer


2 juillet 2013

Manuela Fresil : Entrée du personnel

Ce que le synopsis nous dit :
L'abattoir est loin de tout, tout au bout de la zone industrielle.
Au début, on pense qu'on ne va pas rester.
Mais on change seulement de poste, de service.
On veut une vie normale.
Une maison a été achetée, des enfants sont nés.
On s'obstine, on s'arc-boute.
On a mal le jour, on a mal la nuit, on a mal tout le temps.
On tient quand même, jusqu'au jour où l'on ne tient plus.
C'est les articulations qui lâchent. Les nerfs qui lâchent.
Alors l'usine vous licencie.
A moins qu'entre temps on ne soit passé chef, et que l'on impose maintenant aux autres ce que l'on ne supportait plus soi-même. Mais on peut aussi choisir de refuser cela.

Ce que j’en pense :
Un documentaire très intéressant, ouvrant à de nombreuses questions. J’ai eu la chance de le voir en la présence de la réalisatrice, qui nous a ainsi expliqué ses intentions (tel que son choix de focaliser son film sur les hommes plutôt que sur les bêtes). Un jour, un employé assigné à la découpe des épaules lui a raconté que c’était précisément à l’épaule qu’il avait développé des problèmes de cartilage (notamment dûs à la répétition abusives de certains gestes). Elle a ensuite constaté que cet effet miroir entre partie de l’animal manipulée et développement de problèmes musculaires/osseux était loin d’être unique. Au sein du monde industriel, ce sont dans les abattoirs que le nombre d’arrêts maladie, l'absentéisme et l'espérance de vie obtiennent les plus mauvais scores.
L’homme peut s’habituer à tout, le pire comme le meilleur, c’est vrai. Mais face à des emplois aussi pénibles, aussi éprouvants moralement, si les barrières psychologiques se mettent en place efficacement, c’est le corps qui prend.
C’est toute l'aberration d’un système qui ne fonctionne pas qui est dénoncé. L’industrie carnée produit des animaux à la chaîne et épuise ses employés parce qu’il faut produire toujours plus, à des coûts toujours plus faibles, pour un rendement dérisoire. Tout le monde est perdant.

Conclusion :
En tant que consommateur, quelle est notre part de responsabilité dans tout cela ?

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les mimes
- les scies
- la mer
- les temps modernes

7 mai 2012

Isaac Asimov : L’homme bicentenaire

Ce que l’éditeur nous dit :
Andrew est un robot comme les autres. Comme les autres, vraiment ? Pas tout à fait. Il est même si singulier qu’il a décidé de devenir libre, malgré les Trois Lois de la Robotique et contre l’opinion de la majorité des êtres humains. Andrew ne sait pas qu’il vient de s’engager dans une lutte qui va changer l’histoire de la robotique, des robots et de l’humanité elle-même.  

Ce que j’en pense :
Un jour j’ai commencé à lire le cycle Fondation. Et puis les sauts dans le temps répétés m’ont agacés, surtout par le caractère très géopolitique de l’histoire, alors que je préfère généralement le spécifique, et j’ai arrêté. Mais comme je ne pouvais pas passer toute ma vie à côté de cet auteur, et il a bien fallu lui donner une seconde chance.
Niveau spécifique, cette fois, j’ai été servie. Un peu trop même. Le début est très emballant. Les idées sont là. Le style d’écriture est agréable et capte rapidement. L’univers et son évolution sont très intéressants, et il n’est pas surprenant que cette histoire ai fait l’objet d’une adaptation cinématographique. Le problème est que l’idée de départ est un peu trop poussée, voire étirée et proche de casser. Passées les 150 pages, on voit clairement où veut en venir l’auteur, et tout ce qui suit est trop prévisible et surtout répétitif, devenant presque pénible à lire. De même l'aspect philosophique et les questions soulevées quand à "la condition humaine", au départ très bien amenées, sont par la suite perdue dans cette course inéxorable vers ce qui doit arriver. L'homme bicentenaire, ne comptant pourtant que 284 pages, aurait largement gagné à être raccourci.

Conclusion :
Asimov remonte dans mon estime, mais pas tant que ça.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la mer
- le droit
- le bois
- les voyages

17 décembre 2011

Claire Ubac : Le fruit du dragon

Ce que l’éditeur nous dit :
Ils vont regretter de m'avoir emmenée. Foi de Margaux. Il v a de quoi pester ! Depuis des mois, Margaux rêvait de ce périple en Asie avec son père. Mais pour cause de dépression paternelle, elle se retrouve à voyager seule avec ces étrangers, cette famille de location au rabais à qui elle a été confiée : il y. a Ralf le père, Aline la mère possessive, et Jesse leur fille de treize ans, rebaptisée illico Supernigaude. Si mal accompagnée, Margaux est bien décidée à n'apprécier sous aucun prétexte les charmes de l'Orient. Elle a beau freiner des quatre fers, les parfums de l'Asie lui chatouillent les narines et les rues vivantes et colorées lui font de l'œil. Le Vietnam l'appelle. Comment résister quand on a la curiosité chevillée au corps et le goût pour l'exploration tous azimuts. De virées en échappées solitaires, Margaux succombe à ce pays si étrangement familier. Elle va y découvrir sa propre histoire.

Ce que j’en pense :
Bon, je dois avouer que la seule raison pour laquelle j’ai emprunté ce livre, c’est que son auteur a un patronyme qui commence par la lettre “U” et je suis sacrément en retard pour terminer mon challenge ABC... Enfin voilà, je me suis dit qu’en parcourant le rayon jeunesse ce serait plus rapide, et que comme ce livre parle d’un voyage en Asie (sujet qui m’intéresse hautement en ce moment), il ferait l’affaire. Et bien bonne surprise au final, puisque l’écriture de Claire Ubac s’est révélé très agréable (pour de la jeunesse, et malgré la volonté discutable de glisser des mots “jeunes et cool” ici et là). L’histoire est sympathique et permet réellement de donner une idée des contrées traversées, des sites à visiter et des coutumes locales, sans pour autant perdre de vue le sujet principal. Représentative de l’adolescence dans toute sa splendeur, Il s’agit également d’une bonne démonstration du proverbe “les voyages forment la jeunesse”. Le seul défaut serait la petite “énigme” de fin de roman, qui m’a paru inutile et pourrait donner une fausse impression de ce qu’il faut pour apprécier un pays.

Conclusion :
Un livre tout en fraîcheur qui fait voyager son lecteur (et dont l'auteur commence par “U”, que demander de plus !).

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- le marché
- les motos
- les chapeaux
- la mer

6 octobre 2011

Jean-Christophe Ruffin : Rouge Brésil et Le parfum d’Adam

Ce que l’éditeur nous dit :
Rouge Brésil :
La conquête du Brésil par les Français est un des épisodes les plus extraordinaires et les plus méconnus de la Renaissance. "Rouge Brésil" raconte cette histoire à travers deux enfants, Just et Colombe, embarqués de force dans cette expédition pour servir d'interprètes auprès des tribus indiennes. Tout est démesuré dans cette aventure. Le cadre : cette baie sauvage de Rio, encore livrée aux jungles et aux Indiens cannibales. Les personnages, et d'abord le Chevalier de Villegagnon, chef de cette expédition, nostalgique des croisades, pétri de culture antique, précurseur de Cyrano ou de d'Artagnan. Les événements : le huis clos dramatique de cette France des Tropiques sera une répétition générale, avec dix ans d'avance, des guerres de religion.
Le parfum d’Adam :
Pologne, printemps 2005. Juliette, jeune française, libère des animaux de laboratoire. Cette action militante va l'entraîner au coeur de l'écologie radicale... Des territoires indiens d'Amérique aux ghettos pour milliardaires du Lac Léman, ce roman explore le monde de l'écologie radicale consitutant selon le FBI la deuxième source de terrorisme mondial.

Ce que j’en pense :
Intriguée par cet auteur Lauréat du prix Goncourt, je lui ai donné sa première chance avec Le Parfum d’Adam. Arrivée à la 151ème page, je n’avais rien de spécial à repprocher à ce bouqin (style correct, sujet original, etc.), mais j’étais à la limite de l’ennui. Or il me semble que tout l’intérêt d’un polar est de captiver son lecteur. J’ai donc fermé ce livre, pour ne plus jamais l’ouvrir.
Quelques semaines plus tard, contrariée par cet échec, j’ai laissé une seconde chance à Jean-Christophe Ruffin avec Rouge Brésil, à l’origine de son fameux prix. En effet, s’agissant là d’un roman “normal”, qui plus est sur un thème historique peu exploité, il semblait être le parfait candidat pour rétablir mon opinion sur l’écrivain. Raté. Si le style était tout aussi correct que la première fois, l’histoire était banale, les personnages caricaturaux et l’histoire traînait en longueurs. Quand une personne me voyant lire Rouge Brésil, m’a conseillé "d'abandonner ce navet", toute ma culpabilité s’est envolée. On ne m’y reprendra plus.

Conclusion :
Je n’aime pas Jean-Christophe Ruffin.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- l’absence de suspense
- les voyages en mer
- les faux virus

12 septembre 2011

Valérie Donzelli : La guerre est déclarée

Ce que le synopsis nous dit :
Un couple, Roméo et Juliette. Un enfant, Adam. Un combat, la maladie. Et surtout, une grande histoire d'amour, la leur...

Ce que j’en pense :
Une histoire de couple ou comment être à deux, face aux épreuves de la vie : telle est la question posée par Valérie Donzelli (et Jérémie Elkaïm), à laquelle elle apporte une réponse absolument magnifique. Certes, pas de surprises particulières dans ce film, mais juste une tranche de vie, le partage d’une expérience.  A l’écran, le spectateur découvre un couple hyper complice, soudé, dont chaque membre est rendu plus fort par l’autre malgré toutes les difficultés mises sur leur chemin. Rien que pour la beauté de cette relation, se rappeler que le rapport aux autres peut ressembler à ça, que l’espèce humaine est capable de choses bien (à condition que chacun est le recul nécessaire sur sa façon d’être et sache se remettre en question) ce film vaut la peine d’être vu.
Et la conclusion, d’autant plus cruelle qu’elle fut la même pour les deux acteurs dans la vraie vie, est tout simplement horrible. Comment peut on avoir été si proche et tout de même en arriver là ? Même aujourd’hui en interview, le lien très fort qui existe entre ses deux personnes est flagrant. Reste une très belle amitié, qui vaut largement nombre de relations, mais quand même c’est bien dommage.

Conclusion :
Beau et énervant

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les hôpitaux
- les scooters
- le Figaro
- la mer