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12 août 2014

Jean M. Auel : Les Enfants de la terre, La vallée des chevaux (Earth’s Children: The Valley of Horses)

Ce que l’éditeur nous dit :
Passé la surprise et l'émerveillement suscités par Ayla, la jeune étrangère aux cheveux blonds qu'ils ont recueillie, les hommes du "clan de l'ours" ont pris peur de ses dons extraordinaires. Parce qu'elle prétend chasser comme les hommes, parce qu'elle sait rire et pleurer, éprouve des sentiments inconnus d'eux, parce qu'elle voudrait garder son enfant pour elle seule enfin, Ayla sera maudite et exilée. "Pars à la recherche de ton peuple, lui a dit Iza la guérisseuse. Va vers le nord, retrouve ton clan et un compagnon." Un long voyage solitaire commence, au bout duquel Ayla rencontre deux jeunes gens insouciants et aventureux. L'un d'eux est Jondalar. Comme elle, il est blond et ses yeux sont bleus.

Ce que j’en pense :
Je garde un très fort souvenir de la première fois que j’ai lu ce tome, alors que la rencontre tant attendue entre les deux personnages principaux (tous deux trop parfaits pour être crédibles soit dit en passant) m’avait quasiment valu une nuit blanche dans la chambre d’un hôtel de Tokyo, adoptant toutes les positions imaginables pour éviter les fourmillements sur un futon par ailleurs très confortable mais pas du tout adapté à la lecture.
Aujourd’hui, le même bouquin m’aura également amenée à me couper du monde pendant quelques heures pour finir les 250 dernières pages, mais cette fois sur le canapé d’une amie à Rennes.
Si j’ai retrouvé tout l’entrain produit par certains passages, j’ai aussi compris pourquoi je n’étais pas allée au bout de la série la première fois. Car ce qui fait toute la qualité du récit conté par J.M. Auel fait aussi sa faiblesse, c’est à dire tout le travail de recherche. Car chaque activité entreprise par l’un des protagonistes, chaque espèce animale rencontrée, chaque événement survenant en général, est l’occasion de nous expliquer le pourquoi du comment, de manière très précise et très détaillée. L’auteur nous propose presque une encyclopédie de la préhistoire, de manière impressionnante. Mais j’ai beau être très curieuse, je ne peux pas ingurgiter d’une traite les habitudes de vie (habitat, nourriture, reproduction, placement dans la chaîne alimentaire, etc.) du glouton, suivi des techniques de fabrication d’un bateau (bois utilisé, taille, navigation, etc.), pour ensuite rester intéressée par Ayla qui repense à sa situation (où l’on nous explique pour la dixième fois comment elle a véçu la séparation d’avec son clan, ce que cela fait d’être seule mais si en fait elle ne l’est pas tout à fait, et comment elle va se préparer à chasser, etc.). Bref, être pédagogue c’est bien, mais trop c’est trop, et je dois avouer avoir fini par survoler certains passages, pour enfin reprendre (avec joie et intérêt) la suite de l’histoire.

Conclusion :
Un bouquin très dense, parfois trop détaillé, mais sacrément intéressant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :

- les gloutons
- la domestication
- la mémoire
- les découvertes

1 août 2014

Jack London: Avant Adam (Before Adam)

Ce que l’éditeur nous dit :
Le monde préhistorique aura inspiré au tournant du siècle passé, deux romans que tous ceux qui les ont lus s'accordent à qualifier d'inoubliables : La Guerre du feu de Rosny aîné (1911)... et Avant Adam de Jack London, publié quatre ans plus tôt.
La simple idée de résumer une saison entière, de l'histoire de l'humanité (les 20 000 ans du Paléolithique supérieur) sous la forme d'une fiction de moins de deux cents pages excitait London au plus haut point. A quoi répond, sans un temps mort, l'excitation du lecteur embarqué dans cette aventure à la suite de l'inventif Grande-Dent et de sa douce compagne la Véloce...

Ce que j’en pense :
Un point intéressant à démultiplier les lectures concernant la préhistoire est la manière dont cette période peut être interprétée de bien des manières par les écrivains. Après tout, on parle ici d'une ère qui s’est étalée sur plus de deux millions d’années, je ne devrais donc pas être surprise que les possibilités soient nombreuses.
Jack London a choisi de remonter aux toutes origines, à cette jonction entre un humanoïde arboricole et végétarien et un autre découvrant le carnisme et l’utilisation d’outils. Le récit est confié à un homme moderne confronté aux réminiscence de l’un de ses très lointains ancêtres, justifiant ainsi l’utilisation d’un langage et d’un certain recul sur les événements. Il est intéressant de voir que dans tous ses écrits (ceux que je connais tout du moins), Jack London aura entretenu un rapport très étroit avec le primitif, le sauvage, sans scrupule. Ses personnages ne sont pas “meilleurs” que d’autres, ils sont simplement bruts, humains, avec tout ce que cela implique en terme d'instinct et de violence, de bestial (et oui).
Si le sujet est intéressant et l’écriture maîtrisée, je dois avouer de pas m’être totalement passionnée par ce roman. Peut-être parce que, bien que je ne renie pas, je ne me reconnais pas tout à fait dans cet humain-là, qui existe mais ne me caractérise pas.

Conclusion :
Parce que le sauvage peut prendre bien des facettes.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les cavernes
- la navigation
- l’amitié
- les flèches

24 juillet 2014

Bertrand Fichou : Au secours, Crapounette !

Ce que le synopsis nous dit :
Aimé, premier de la classe à l’école préhistorique, est désespéré, il a eu la plus mauvaise note au contrôle de noeuds de lianes. Aimé a peur de la réaction de ses parents.

Ce que j’en pense :
Depuis quelques semaines, j’ai la chance de bénéficier sur mon lieu de travail, d’une bibliothèque d’échange de livres, où l’on peut prendre et déposer à volonté (une raison de plus pour laquelle j’adore mon boulot !). Et là surprise, parmi un tas de J’aime Lire, se cachait une nouvelle à caractère préhistorique ! Suivant l’exemple de Vert, j’ai donc fait un voyage dans le passé, redécouvrant cette collection qui a plus d’une fois fait le bonheur de l’enfant que j’étais. Le plus drôle est de constater qu’en plus de 15 ans le format est resté identique, tels que Tom-Tom et Nana, toujours fidèles au rendez-vous en dernière page !
Pour ce qui est de l’histoire à proprement parler, il m’est assez difficile de juger car cela m’aurait de toute façon amusée. J’ai cru comprendre que Crapounette et l’école préhistorique font l’objet d’apparitions récurrentes dans la collection. Pas vraiment de morale dans la conclusion, juste des “aventures” distrayantes, et un certaine idée de “l’intemporalité de l’apprentissage”. Et j’ai bien aimé le concept de la hyène de compagnie.

Conclusion :
Double voyage dans le passé.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les filets
- les marquages au sol
- les hyènes
- les arbres



20 juillet 2014

Timothée Rey : Les souffles ne laissent pas de traces (extraits)

Ce que l’éditeur nous dit :
Deux courtes nouvelles, une enquête de N’a-Qu’un-Œil, chamane-détective, et un conte autour du feu, dans l'univers du polar préhistorique Les Souffles ne laissent pas de traces de Timothée Rey.

Ce que j’en pense :
Les Griffes du Grogneur
Première des deux nouvelles que j’ai lues, c’est également celle qui présente le moins d’intérêt. Elle n’en est pas complètement exempte pour autant, trouvant son originalité dans ce Sherlock Holmes des temps anciens, qu’on imaginerait bien avec une pipe au bec si seulement celles-ci avaient déjà été inventées. Cela n’empêche pourtant pas l’utilisation de concepts tels que l’enquête ou la préméditation, qui paraissent déjà tenir de l’achronie (mais après tout on en sait rien du tout). Ajoutons à cela une flopée de prénoms en pagaille, tous plus farfelus, composés, et difficiles à cerner les uns que les autres. J’ai eu du mal à saisir les choix faits pour la plupart de ces derniers, mais cela reste amusant. Et malgré tout ça j’étais tout de même contente que la nouvelle s’achève au bout de 10 pages, longueur au –delà de laquelle j’aurais pu laisser cette lecture en plan.

Gros-Oeuf et Petit-Oeuf
Sur le principe, cette courte histoire paraît bien plus banale que sa consœur, avec une narration basée sur le principe du conte, avec métaphores et morale à la fin. Mais la manière dont elle est amenée, avec conceptualisation, permet d’intriguer le lecteur, qui s’imagine presque cette vieille femme blasée en faire la narration à un public l’écoutant bouche-bée. Tout de suite, cela met dans l’ambiance, les meilleurs contes n’étant pas ceux que l’ont lit mais ceux que l’on écoute. Le contenu en soi est loin de changer le cours d’une vie, mais il est finalement très plaisant à lire.

Conclusion :
Parce que les auteurs français aussi ont leur mot à dire sur la préhistoire

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les indices
- les parois
- les chemins
- les chutes

10 juillet 2014

Jean M. Auel : Les Enfants de la terre, Le clan de l'ours des Cavernes (Earth’s Children: The clan of the cave bear)

Ce que l’éditeur nous dit : Il y a 35 000 ans, une longue période glaciaire s'achève et la Terre commence à se réchauffer. Lentement, durant des millénaires, l'homme s'est peu à peu dégagé de la bête et il apparaît à peu près tel qu'il est aujourd'hui. Il connaît l'outil, le feu, le vêtement. Il fabrique des armes pour chasser, aménage des grottes pour s'abriter. Dans le chaos de la nature, il est parvenu à créer un peu d'harmonie. En ces premiers temps du monde, Ayla, une fillette de cinq ans, échappe à un tremblement de terre et se sort des griffes d'un lion pour se réfugier auprès d'un clan étranger. On l'adopte. Très vite, les gestes et les paroles d'Ayla suscitent l'étonnement et l'inquiétude. Car, venant d'une tribu plus évoluée que celle d'adoption, Alya diffère physiquement et psychologiquement : elle s'oppose souvent à leurs coutumes et à leurs règles. Le clan songe donc à la supprimer...

Ce que j’en pense :
Voici une seconde (re)lecture dans le cadre du challenge Rupestre Fiction. Ayant déjà entamé la série il y a quelques années, mais m’étant arrêtée en cours, je me suis dit que tant qu’à faire de s’y replonger autant repartir de zéro. Et pour la seconde fois je comprends le succès de cette série extrêmement bien écrite. L’auteur a su trouver un juste milieu entre les descriptions méthodiques du quotidien des hommes des cavernes et l’implication d’une dynamique spirituelle et sociale très forte qui permet de s’attacher aux personnages. Certes le ton est plus que modernisé, et le récit bourré d’anachronismes. Jean M. Auel n’hésite pas à prendre des libertés, par exemple en imaginant des rites dont il serait difficile de prouver la véracité, et allant jusqu’à contredire la communauté scientifique en imaginant un possible métissage entre Homo neanderthalensis et Homo sapiens. A noter que toute la base du roman réside entre la cohabitation entre ces deux espèces du genre humain, l’auteur nous proposant même une explication sur la disparation inéluctable de la première, tout en retirant certains jugements de valeurs sur ce qui est “mieux”.


Conclusion :
Un récit passionnant et vecteur de belles valeurs.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les genres
- la répartition des rôles
- la relativité de la beauté
- l’apprentissage

14 juin 2014

Roy Lewis : Pourquoi j’ai mangé mon père (The Evolution Man, What We Did to Father)

Ce que l’éditeur nous dit :
"Ta saloperie de feu va vous éteindre tous, toi et ton espèce, et en un rien de temps, crois-moi ! Yah ! Je remonte sur mon arbre, cette fois tu as passé les bornes, Edouard, et rappelle-toi, le brontosaure aussi avait passé les bornes, où est-il à présent ? Back to the trees ! clama-t-il en cri de ralliement. Retour aux arbres !" 

Ce que j’en pense :
Selon la préface, le succès de ce Roy Lewis aurait beaucoup à voir avec Théodore Monod, qui aurait dit que “C'est le livre le plus drôle de toutes ces années, mais ce n'en est pas moins l'ouvrage le plus documenté sur l'homme à ses origines”. Comme je ne me permettrais certainement pas de contredire un tel homme, je ne peux que m’incliner. Et c’est vrai que Pourquoi j’ai mangé mon père étonne par sa capacité à raconter une histoire, mais surtout la préhistoire, d’une manière à la fois géniale et synthétique (moins de  200 pages). Concernant l’humour, si je n’ai pas constamment ri aux éclats, j’ai tout de même largement apprécié cette relecture. Car pour la petite anecdote, il s’agit de ma seconde expérience avec cette oeuvre. Si j’avais déjà eu envie de la relire en assistant à l’enchantement au fil des pages, d’une personne à qui je l’avais prêté, c’est le challenge Rupestre Fiction qui a marqué le passage à l’action. Et pour la seconde fois j’ai savouré ce petit bijou, sa manière exceptionnelle et systématiquement farfelu de nous moderniser le passé.

Conclusion :
Un très bon livre, instructif, drôle et accessible, à mettre entre toutes les mains.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- le conservationnisme
- le soucis d’amélioration
- les découvertes
- les poursuites amoureuses




11 mai 2014

Rupestre fiction

Challenge réalisé entre le 11 mai et le 31 août 2014.

Et me voici repartie pour un nouveau challenge littéraire, qui sera cette fois consacré au thème de la préhistoire. Plus précisément il s'agit de toute la période avant l'invention de l'écriture.
Pour la seconde fois, je participe à un challenge organisé par Vert, qui n'a pas imposé de minimum de lectures, mais a ouvert à tous les supports. C'est parti !

Les lectures :


Vu avant le challenge :