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20 novembre 2014

Damián Szifron : Les nouveaux sauvages (Relatos Salvajes)

Ce que le synopsis nous dit :
Vulnérables face à une réalité trouble et imprévisible, les personnages de Relatos salvajes, traversent la frontière qui sépare la civilisation de la barbarie. Une trahison amoureuse, le retour du passé, une tragédie ou même la violence d’un détail du quotidien sont les détonateurs qui poussent ces personnages vers le vertige que procure la sensation de perdre les étriers, vers l’indéniable plaisir de perdre le contrôle.




Este ano se acabo poner la otra mejilla : Cette année je vais tendre l'autre joue

Ce que j’en pense :
Ne regardez PAS la bande-annonce ! Je ne le redirais jamais assez, mais c’est d’autant plus vrai dans ce film argentin dont l’un des piliers majeurs est l’effet de surprise qu’il provoque, la découverte de jusqu’où Damián Szifron osera emmener ses personnages. Car si le style est très différent, par certains aspects on est pas loin du “sadisme” d’un Tarantino. En ce sens je l’ai vu dans des conditions idéales, puisque dans le cadre du Label UGC spectateurs (je n’avais donc aucune idée de ce qui m’attendait jusqu’au démarrage de la pellicule). Il y est quasi certain que l’idée de voir ce film ne m’aurait jamais traversé l’esprit autrement, et j’avoue que lors du questionnaire que l’on m’a remis, j’ai coché que je ne le recommanderais probablement pas. Sauf que depuis je l’ai déjà conseillé à deux personnes. Parce qu’en fait il était quand même sacrément bien fichu, avec plus d’une scène qui vaut le détour. Si j’ai parfois trouvé que cela allait trop loin, il y a toujours eu un détail derrière pour me rattraper. Si bien que mon enthousiasme est resté quasi intact tout au long de la séance, cela tenant notamment au fait que l’ordre dans lequel sont placées les séquences est juste parfait. J’ai ouvert de grands yeux ébahis, j’ai protesté, j’ai clos mes paupières pour ne pas regarder, j’ai désapprouvé, j’ai ris, et ris encore, j’ai cru halluciner, j’ai jubilé. Si cela ne plaira pas à tout monde, loin de là, je me suis personnellement régalée.

Conclusion :
Bon en fait il était vraiment bien ce film...

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les pneus
le verre
les frites
les négociations


12 septembre 2014

Charles Bukowski : Contes de la folie ordinaire

Ce que l’éditeur nous dit :
C'est le moment de s'embarquer dans le bateau ivre de Bukowski, l'écrivain poète, né Allemand, citoyen américain par adoption des rues et des bars, témoin des clameurs urbaines... Virons donc du côté d'une folie ordinaire, celle qui sommeille en chaque individu, celle qui vous prend aux tripes un beau matin et fait du corps une marionnette dont on tire les fils, celle qui s'immisce, reptilienne et ne se tait qu'à la mort.
Bukowski délivre aux lecteurs qui veulent bien le suivre dans sa démarche, les contes quelques peu exubérants de cette lente conquête de la déchéance. D'abord abrupte, trash, la folie se coule peu à peu dans la vie et se fait plus mature. Elle gagne en âge et arrondit les angles, estompe sa vulgarité, s'intériorise, pour finir par adopter le corps physique qu'elle habite. Sexe, alcool, et courses de chevaux sont son lot quotidien: Bukowski parle de Bukowski ; ou plutôt de son double, son extension littéraire au prénom poussif : Hank. Le barfly jubile de son petit tour d'auto-parodie. Il en rajoute avec quelques portraits taillés serrés: des ouvriers alcooliques, des jeunes auteurs déjà accomplis dont l’œuvre le révulse et qui lui renvoient l'image insupportable de son parcours d'écrivain à succès. Car Bukoswki vomit à la face de ses contemporains. Il vomit aussi ses pages, et vous somme de prendre son parti ou de le fustiger.
Certes, l'auteur ne laisse pas indifférent, à la première lecture assurément... à la seconde, on se surprend à trouver les limites de ce trash qui apparaît finalement presque désuet. Et pourtant, cette thématique poursuit sa route, se charge d'une iconographie nouvelle, s'enrichit, s'épanouit, se modèle à l'image du monde moderne. Le trash est clean... il suffit de regarder du côté de la bande d'Irvine Welsh. Changement d'époque, mais même folie... Bukowski a fait des petits! -

Ce que j’en pense :
Première constatation : cette couverture est bien trop belle pour illustrer le contenu qu’elle introduit ! Ou peut-être heureusement qu’il y a cette jolie couverture à laquelle nous raccrocher, pour éviter à notre tour de tomber dans la folie. Les premières nouvelles de ce recueil sont un peu... brutes disons, mais inspirent tout de même une certaine empathie pour les personnages. Et puis les histoires s’enchaînent, toujours un peu les mêmes, décrivant cet immuable personnage qui boit, qui baise, qui boit, qui aime (et souvent bat) la nana du moment, qui le lui rend bien d’ailleurs car elle est tout aussi détraquée que lui. Certes Bukowski signe son univers, et le crade (voire très crade) qui le caractérise peut se justifier... jusqu’à un certain point, la répétition effaçant la notion.

Conclusion :
Pas inintéressant mais lassant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les placards
- les bars
- les chambres
- les verres