Ce que l’éditeur nous dit :
C'est le moment de s'embarquer dans le bateau ivre de Bukowski, l'écrivain poète, né Allemand, citoyen américain par adoption des rues et des bars, témoin des clameurs urbaines... Virons donc du côté d'une folie ordinaire, celle qui sommeille en chaque individu, celle qui vous prend aux tripes un beau matin et fait du corps une marionnette dont on tire les fils, celle qui s'immisce, reptilienne et ne se tait qu'à la mort.
Bukowski délivre aux lecteurs qui veulent bien le suivre dans sa démarche, les contes quelques peu exubérants de cette lente conquête de la déchéance. D'abord abrupte, trash, la folie se coule peu à peu dans la vie et se fait plus mature. Elle gagne en âge et arrondit les angles, estompe sa vulgarité, s'intériorise, pour finir par adopter le corps physique qu'elle habite. Sexe, alcool, et courses de chevaux sont son lot quotidien: Bukowski parle de Bukowski ; ou plutôt de son double, son extension littéraire au prénom poussif : Hank. Le barfly jubile de son petit tour d'auto-parodie. Il en rajoute avec quelques portraits taillés serrés: des ouvriers alcooliques, des jeunes auteurs déjà accomplis dont l’œuvre le révulse et qui lui renvoient l'image insupportable de son parcours d'écrivain à succès. Car Bukoswki vomit à la face de ses contemporains. Il vomit aussi ses pages, et vous somme de prendre son parti ou de le fustiger.
Certes, l'auteur ne laisse pas indifférent, à la première lecture assurément... à la seconde, on se surprend à trouver les limites de ce trash qui apparaît finalement presque désuet. Et pourtant, cette thématique poursuit sa route, se charge d'une iconographie nouvelle, s'enrichit, s'épanouit, se modèle à l'image du monde moderne. Le trash est clean... il suffit de regarder du côté de la bande d'Irvine Welsh. Changement d'époque, mais même folie... Bukowski a fait des petits! -
Ce que j’en pense :
Première constatation : cette couverture est bien trop belle pour illustrer le contenu qu’elle introduit ! Ou peut-être heureusement qu’il y a cette jolie couverture à laquelle nous raccrocher, pour éviter à notre tour de tomber dans la folie. Les premières nouvelles de ce recueil sont un peu... brutes disons, mais inspirent tout de même une certaine empathie pour les personnages. Et puis les histoires s’enchaînent, toujours un peu les mêmes, décrivant cet immuable personnage qui boit, qui baise, qui boit, qui aime (et souvent bat) la nana du moment, qui le lui rend bien d’ailleurs car elle est tout aussi détraquée que lui. Certes Bukowski signe son univers, et le crade (voire très crade) qui le caractérise peut se justifier... jusqu’à un certain point, la répétition effaçant la notion.
Conclusion :
Pas inintéressant mais lassant.
A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les placards
- les bars
- les chambres
- les verres
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12 septembre 2014
22 août 2013
Alex D. Jestaire : Tourville
Ce que l’éditeur nous dit :
Délaissant Paris, Jean-Louis regagne son Tourville natal pour retrouver un ami d'enfance disparu. Son appartement déserté devient le QG d'une petite équipe de copains lancés dans une enquête surréaliste filmée à la manière secouée d'un Blair Witch Project monté par David Lynch.
« Si on pouvait mettre une ville en bouteille, on obtiendrait Tourville — petite ville de province bien française, soudain coupée du reste du monde pour des raisons on ne peut plus fumeuses et prise au piège de toutes les névroses de son époque. »
Ce que j’en pense :
Rien que pour l’originalité de l’écriture, cela vaut le coup de lire au moins quelques pages du roman de Alex D. Jestaire. Celui ci nous fait complétement entrer dans la tête de son héro, dont nous suivons les pensées pas toujours logiques. Pour cela il utilise la première personne bien sûr, mais surtout fait fi de la virgule, préférant l’utilisation de tirets pour distinguer les idées au sein de chaque phrase. Bel exercice. Cela est d’ailleurs assez perturbant car le contexte de l’écrit fait supposer d’une certaine intelligence du narrateur (l’expression est étonnante mais sans fautes), tandis que le personnage en lui même se révèle un crétin à bien des niveaux (conséquences du recours fréquent à l’alcool et autres médecines dures).
Par contre je n’ai pas du tout, mais alors pas du tout accroché à l’histoire. Ce n’est pas qu’il ne se passe rien, mais une fois que l’on s’est habitué au style une sorte de langueur monotone s’installe. N’en avoir toujours rien à faire de savoir ce qu’il va arriver au personnage après plus d’une centaine de pages lues pousse vite au découragement, surtout lorsque quasiment 700 de plus se profilent. J’ai fini par abandonner.
Conclusion :
A découvrir mais pas forcément à lire.
A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les ratés
- les inconscients
- les bars
- les enquêtes
Délaissant Paris, Jean-Louis regagne son Tourville natal pour retrouver un ami d'enfance disparu. Son appartement déserté devient le QG d'une petite équipe de copains lancés dans une enquête surréaliste filmée à la manière secouée d'un Blair Witch Project monté par David Lynch.
« Si on pouvait mettre une ville en bouteille, on obtiendrait Tourville — petite ville de province bien française, soudain coupée du reste du monde pour des raisons on ne peut plus fumeuses et prise au piège de toutes les névroses de son époque. »
Ce que j’en pense :
Rien que pour l’originalité de l’écriture, cela vaut le coup de lire au moins quelques pages du roman de Alex D. Jestaire. Celui ci nous fait complétement entrer dans la tête de son héro, dont nous suivons les pensées pas toujours logiques. Pour cela il utilise la première personne bien sûr, mais surtout fait fi de la virgule, préférant l’utilisation de tirets pour distinguer les idées au sein de chaque phrase. Bel exercice. Cela est d’ailleurs assez perturbant car le contexte de l’écrit fait supposer d’une certaine intelligence du narrateur (l’expression est étonnante mais sans fautes), tandis que le personnage en lui même se révèle un crétin à bien des niveaux (conséquences du recours fréquent à l’alcool et autres médecines dures).
Par contre je n’ai pas du tout, mais alors pas du tout accroché à l’histoire. Ce n’est pas qu’il ne se passe rien, mais une fois que l’on s’est habitué au style une sorte de langueur monotone s’installe. N’en avoir toujours rien à faire de savoir ce qu’il va arriver au personnage après plus d’une centaine de pages lues pousse vite au découragement, surtout lorsque quasiment 700 de plus se profilent. J’ai fini par abandonner.
Conclusion :
A découvrir mais pas forcément à lire.
A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les ratés
- les inconscients
- les bars
- les enquêtes
23 mars 2012
Akiko Itoyama : Le Jour de la Gratitude au Travail
Ce que l’éditeur nous dit :
Le Jour de la Gratitude au Travail réunit deux récits, mordants et drôles, sur le monde du travail, vu du côté féminin, au Japon. " Quel est votre but dans la vie ? " a-t-on demandé à Kyôko lors de son premier entretien d'embauche. " Vivre vieille ", a-t-elle répondu. Après avoir été virée pour avoir molesté son patron. la voilà qui accepte de rencontrer un homme infatué de lui-même et de la taille... de son entreprise. Dans le second récit, l'amitié qui unit la jeune Oikawa à son collègue de travail Futo est de nature assez spéciale. On a beau savoir que les liens qui se nouent au travail sont parfois très puissants, il est rare que le fantôme de votre collègue vous apparaisse, pris de hoquet, devant son appartement. Serait-ce parce qu'ils partagent un secret ? Ce secret que chacun de nous abrite, peut-être sans importance, mais que personne ne doit connaître. L'art d'Itoyama Akiko, c'est de savoir, dans le tableau d'ensemble, repérer le détail qui, soudain, bouleverse la perspective. Ses deux récits colorent la banale réalité du travail de la touche de l'imprévisible ; alors l'être humain révèle son excentricité cachée, et la lutte pour le pain quotidien, son ironique vacuité.
Ce que j’en pense :
Jusqu’à présent, j’ai pu distinguer trois types d’auteurs, ou plutôt de style, au cours de mes lectures nippones : les mal-être dérangeants (Akiyuki Nosaka), les combats intérieurs (Hiromi Kawakami, Yôko Ogawa ou Kyoichi Katayama) et Haruki Murakami. Si mon âme sensible ne permet pas vraiment d’apprécier la première catégorie, j’ai toujours passé de bons moments entre les deux suivantes. L’écriture japonaise exerce sur moi une fascination à la hauteur de celle que j’éprouve pour cette civilisation si différente de la notre.
Et bien voici l'exception venant confirmer la règle, car je n’ai pas du tout été fascinée par Le jour de la gratitude au travail. Certes il est toujours intéressant d’avoir un nouveau point de vue sur les conventions régissant cette société, ici celles du monde du travail et des femmes. Les deux histoires mises en parallèles montrent que l’entreprise peut autant se montrer cruelle que respectueuses envers elles. Ce n’est pas mauvais, mais bon, tant de mots pour pas grand chose. Heureusement le livre ne compte que 100 pages, ce qui nous sauve de l’ennui...
Conclusion :
Bof.
A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les chantiers
- les rendez-vous arrangés
- les bars
- les mutations
Le Jour de la Gratitude au Travail réunit deux récits, mordants et drôles, sur le monde du travail, vu du côté féminin, au Japon. " Quel est votre but dans la vie ? " a-t-on demandé à Kyôko lors de son premier entretien d'embauche. " Vivre vieille ", a-t-elle répondu. Après avoir été virée pour avoir molesté son patron. la voilà qui accepte de rencontrer un homme infatué de lui-même et de la taille... de son entreprise. Dans le second récit, l'amitié qui unit la jeune Oikawa à son collègue de travail Futo est de nature assez spéciale. On a beau savoir que les liens qui se nouent au travail sont parfois très puissants, il est rare que le fantôme de votre collègue vous apparaisse, pris de hoquet, devant son appartement. Serait-ce parce qu'ils partagent un secret ? Ce secret que chacun de nous abrite, peut-être sans importance, mais que personne ne doit connaître. L'art d'Itoyama Akiko, c'est de savoir, dans le tableau d'ensemble, repérer le détail qui, soudain, bouleverse la perspective. Ses deux récits colorent la banale réalité du travail de la touche de l'imprévisible ; alors l'être humain révèle son excentricité cachée, et la lutte pour le pain quotidien, son ironique vacuité.
Ce que j’en pense :
Jusqu’à présent, j’ai pu distinguer trois types d’auteurs, ou plutôt de style, au cours de mes lectures nippones : les mal-être dérangeants (Akiyuki Nosaka), les combats intérieurs (Hiromi Kawakami, Yôko Ogawa ou Kyoichi Katayama) et Haruki Murakami. Si mon âme sensible ne permet pas vraiment d’apprécier la première catégorie, j’ai toujours passé de bons moments entre les deux suivantes. L’écriture japonaise exerce sur moi une fascination à la hauteur de celle que j’éprouve pour cette civilisation si différente de la notre.
Et bien voici l'exception venant confirmer la règle, car je n’ai pas du tout été fascinée par Le jour de la gratitude au travail. Certes il est toujours intéressant d’avoir un nouveau point de vue sur les conventions régissant cette société, ici celles du monde du travail et des femmes. Les deux histoires mises en parallèles montrent que l’entreprise peut autant se montrer cruelle que respectueuses envers elles. Ce n’est pas mauvais, mais bon, tant de mots pour pas grand chose. Heureusement le livre ne compte que 100 pages, ce qui nous sauve de l’ennui...
Conclusion :
Bof.
A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les chantiers
- les rendez-vous arrangés
- les bars
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