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30 janvier 2016

Manu Larcenet : Blast (4 tomes)

Ce que l’éditeur nous dit :
Un homme seul, obèse et sale, est amené au commissariat. Ce qu'il a fait, pourquoi il est là, nous n'en saurons encore rien. Au cours de l'interrogatoire, confession impudique, il va livrer sa vie et expliquer au lecteur passionné comment il a, un jour, lâché prise, et est parti sur les routes à la recherche du Blast - cet instant magique où tout s'illumine et sa vie devient parfaite. Après Le Combat Ordinaire, le nouveau chef-d'oeuvre de Manu Larcenet est un pavé de 200 pages en noir et blanc d'une époustouflante beauté formelle.

Ce que j’en pense :
Difficile de parler de cette bande-dessinée, qui plus qu’une simple lecture est une véritable expérience. Il s’est d’ailleurs écoulé un bon moment avant que je ne puisse écrire cet article... Pourtant les sensations restent vives. L’histoire se situe au second plan, pour focaliser toute notre attention sur son personnage principal, Polza Mancini, sur lequel il est bien difficile de se forger une opinion : surprise, compréhension, empathie, dégoût, rejet, compassion...  telles sont les nombreuses sensations qu’il inspire. Il est à la fois compréhensible et répréhensible, en tout cas jamais définitif.
L’aspect graphique de Blast contribue très largement à provoquer ces sentiments. Un soin particulier a été apporté aux textures, alors que la plupart des dessins mélangent encre de Chine et aquarelle noire, créant ainsi une ambiance très particulière. Parfois, certaines cases viennent radicalement rompre avec ces codes, modifiant ainsi ponctuellement l’univers. Le résultat est impressionnant.
Ma seule réserve se situe dans les révélations finales, ou plutôt la forme que celles-ci prennent. Manu Larcenet nous en dit trop ou pas assez. Pour ma part j’aurais sans doute préféré un peu plus de mystère, ce qui m’aurait paru plus cohérent avec le reste de l’oeuvre.

Conclusion :
Une bande-dessinée tout à fait singulière

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
la tourmente
la plénitude
les odeurs



17 décembre 2014

Collectif : Les coups de coeur des Imaginales

Ce que l’éditeur nous dit :
Tous les ans, le festival des Imaginales à Épinal est le grand rendez-vous de tous les amateurs de fantasy. Et chaque année, le festival choisit un auteur « coup de cœur ». Dirigée par Stéphanie Nicot, cette anthologie rassemble les dix écrivains français distingués, depuis 2004. 
Un casting de rêve avec dix nouvelles inédites et superbes. L’occasion de découvrir ces plumes exceptionnelles et de se balader sur les terres de la fantasy, de la fantasy urbaine, du fantastique et de la science-fiction.
Retournez dans le Vieux Royaume avec Jean-Philippe Jaworski, alors que les morts semblent se relever sur les champs de bataille ; marchandez avec Sire Cédric et le père d’Eva Svärta, un commerçant albinos qui saura combler jusque vos plus étranges désirs ; plongez au cœur de Narthécia en compagnie de Samantha Bailly, une cité encerclée de forêts dangereuses où la justice passe par l’empathie ; accompagnez Jérôme Camut dans un petit village des Pyrénées où la vie semble s’être arrêtée à la fin du xixe siècle ou partez avec l’héroïne demi-elfe de Rachel Tanner au Kosovo enquêter sur un trafic d’organes...

Ce que j’en pense :
Pour un recueil censé réunir le meilleur des auteurs prometteurs, le niveau d’ensemble est assez décevant. Ma réaction vient principalement de la nouvelle proposée par Mélanie Fazi (c’est en voyant son nom que je me suis empressée d’acquérir cet ouvrage), dont bien que l’une des plus réussies de cette anthologie, m’a parue presque fade en comparaison de ce que je connais d’elle.
Pour le reste, certaines histoires moins parues parfaitement déplaisantes ou bien inutiles (Le chirurgien, d’Érik Wietzel et Sérana de Sire Cédric). Quelques-unes, heureusement, m’ont donné envie de me renseigner sur leurs auteurs, pour avoir apprécié leur originalité et/ou l’élégance de leur plume (Jérôme Camut, Rachel Tanner, Jean-Philippe Jaworski et Samantha Bailly). Les trois dernières nouvelles m’ont laissé indifférente. Dans l’ensemble, ça se lit bien tout de même.

Conclusion :
Un bilan mitigé, mais pas de regret non plus.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
l’immobilisme
la musique
la plénitude
le mauvaise foi