Ce que l’éditeur nous dit :
«Une fois dans la bibliothèque, il me fallut environ deux secondes pour mettre la main sur le Bartleby de Melville. Bartleby ! Herman Melville, Bartleby, parfaitement. Qui a lu cette longue nouvelle sait de quelle terreur peut se charger le mode conditionnel. Qui la lira le saura.» Daniel Pennac..
Ce que j’en pense :
Je n’aurais sans doute jamais lu Bartleby si sa version illustrée ne m’avait pas fait de l’oeil sur l’un des promontoires de la bibliothèque municipale. Il faut dire qu’il s’agit d’un très grand fortmat (du genre qui ne rentre dans aucun sac à main et qu’il est inenvisageable de balader dans le métro sans être dangereux), ça aide à se faire remarquer. Les illustrations de Stéphane Poulon sont de pures merveilles, avec une précision et une douceur d’aquarelle formidables (finalement on est content de pouvoir les admirer en grand). Les premières pages m’ont intriguées par leur style littéraire, posant le décors et les personnages de manière méticuleuse (tant de détails qui au final seront surtout utiles pour appréhender la personnalité du narrateur que pour comprendre les personnages qu’il introduit). Et puis entre en scène Bartleby. On s’imagine que c’est là que l’action commence. Bien au contraire. Car c’est l’absence d’action qui fait tout le génie de cette oeuvre. Quelques tournures grammaticales extrêmement fortes portent à elle seule l’ensemble de cette nouvelle. J’ai tourné la dernière page complètement déroutée (c’est tout ?), mais en fait à y repenser c’est juste fou. Manipulation et maîtrise des mots... Prise de force passive. Incompréhension et obsession. Voici les images qui me restent de cette expérience avec Heran Melville.
Conclusion :
Une nouvelle tout à fait déroutante, qui démontre le pouvoir de la grammaire.
A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les logements
les préférences
la grammaire
les personnalités
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5 novembre 2014
Patrick Pelloux : On ne meurt qu'une fois et c'est pour si longtemps
Ce que l’éditeur nous dit :
Délaissant momentanément les urgences de nos maux contemporains qui forment son quotidien, le Dr Pelloux se penche ici sur de curieux patients : quasi morts, et tous illustres. Et si leur agonie en disait plus sur l'époque que l'époque elle-même ? Partant de cette intuition, Patrick Pelloux s'est lancé dans une recherche inédite, à la fois médicale et historique : retracer, au plus près de la vérité clinique et du contexte politico-socioculturel, les derniers moments de ces personnalités qui ont fait l'Histoire. Le résultat en est trente chroniques – de Jésus à Churchill dans l'ordre chronologique –, écrites d'une plume aussi précise qu'un bistouri (pour la vérité des faits), mais également pleine de verve, d'empathie et, souvent, d'humour, voire d'une pointe d'ironie. On y croise des rois, bien sûr (Charles IX, Henri III, Henri IV, Louis XIV...), des révolutionnaires (Danton, Robespierre), des résistants (Jean Moulin), des savants (Marie Curie), mais aussi des soldats (à Waterloo ou le 6 juin 1944), des écrivains (La Fontaine, Voltaire, Balzac, Zola...), des saltimbanques (Molière, Fréhel, Laurel et Hardy), et même un canard (Satunin) et un faux philosophe (devinez son nom) ! À l'image de son titre emprunté à Molière, un livre très sérieux mais qui ne se prend pas au sérieux, dans lequel on se promène au gré des époques, des thèmes, des personnages, avec le plaisir rare d'apprendre en s'amusant.
Ce que j’en pense :
S’il y a une chose qu’on ne peut pas retirer à ce bouquin, c’est bien l’originalité de son sujet. A travers la manière (plus ou moins tragique, plus ou moins hygiénique, mais jamais d’un dernier soupir serein durant leur sommeil) dont ils passent de vie à trépas, Patrick Pelloux revient sur la vie (quelle ironie) de certains personnages ayant marqué l’histoire de France. Entre sarcasmes et descriptions méthodiques des symptômes, on nous parle beaucoup de saignées (et des anémies qui s’ensuivent), de nécroses ou de fluides corporels dont la présence n’inspire rien de très positif. Si on sent que Patrick Pelloux n’est pas écrivain de métier et maîtrise mal sa prose, notamment dans la répétition des termes (j’ai vu “agonie” trois fois en une seule page), mais pour ceux qui apprécient l’humour noir cela n'empêche pas certains passages d’être franchement drôles.
L’influence de la religion est aussi très présente : là où l’on découvre d’entre La Fontaine et Voltaire, lequel renoncera à ses principes de toute une vie face à la peur de l’inconnu, en faveur de la rassurante protection divine, et lequel inébranlable, refusera l’extrême onction jusqu'à son dernier souffle ? Quel suspense insoutenable, n’est-ce pas?
Conclusion :
Âmes sensibles s’abstenir, mais au moins ça se lit vite.
A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les progrès de la médecine
les accessoires religieux
le déni
l’absence de soin qui arrange bien
Délaissant momentanément les urgences de nos maux contemporains qui forment son quotidien, le Dr Pelloux se penche ici sur de curieux patients : quasi morts, et tous illustres. Et si leur agonie en disait plus sur l'époque que l'époque elle-même ? Partant de cette intuition, Patrick Pelloux s'est lancé dans une recherche inédite, à la fois médicale et historique : retracer, au plus près de la vérité clinique et du contexte politico-socioculturel, les derniers moments de ces personnalités qui ont fait l'Histoire. Le résultat en est trente chroniques – de Jésus à Churchill dans l'ordre chronologique –, écrites d'une plume aussi précise qu'un bistouri (pour la vérité des faits), mais également pleine de verve, d'empathie et, souvent, d'humour, voire d'une pointe d'ironie. On y croise des rois, bien sûr (Charles IX, Henri III, Henri IV, Louis XIV...), des révolutionnaires (Danton, Robespierre), des résistants (Jean Moulin), des savants (Marie Curie), mais aussi des soldats (à Waterloo ou le 6 juin 1944), des écrivains (La Fontaine, Voltaire, Balzac, Zola...), des saltimbanques (Molière, Fréhel, Laurel et Hardy), et même un canard (Satunin) et un faux philosophe (devinez son nom) ! À l'image de son titre emprunté à Molière, un livre très sérieux mais qui ne se prend pas au sérieux, dans lequel on se promène au gré des époques, des thèmes, des personnages, avec le plaisir rare d'apprendre en s'amusant.
Ce que j’en pense :
S’il y a une chose qu’on ne peut pas retirer à ce bouquin, c’est bien l’originalité de son sujet. A travers la manière (plus ou moins tragique, plus ou moins hygiénique, mais jamais d’un dernier soupir serein durant leur sommeil) dont ils passent de vie à trépas, Patrick Pelloux revient sur la vie (quelle ironie) de certains personnages ayant marqué l’histoire de France. Entre sarcasmes et descriptions méthodiques des symptômes, on nous parle beaucoup de saignées (et des anémies qui s’ensuivent), de nécroses ou de fluides corporels dont la présence n’inspire rien de très positif. Si on sent que Patrick Pelloux n’est pas écrivain de métier et maîtrise mal sa prose, notamment dans la répétition des termes (j’ai vu “agonie” trois fois en une seule page), mais pour ceux qui apprécient l’humour noir cela n'empêche pas certains passages d’être franchement drôles.
L’influence de la religion est aussi très présente : là où l’on découvre d’entre La Fontaine et Voltaire, lequel renoncera à ses principes de toute une vie face à la peur de l’inconnu, en faveur de la rassurante protection divine, et lequel inébranlable, refusera l’extrême onction jusqu'à son dernier souffle ? Quel suspense insoutenable, n’est-ce pas?
Conclusion :
Âmes sensibles s’abstenir, mais au moins ça se lit vite.
A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les progrès de la médecine
les accessoires religieux
le déni
l’absence de soin qui arrange bien
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