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13 mai 2016

Lisa Tuttle : Ainsi naissent les fantômes

Ce que l’éditeur nous dit :
Recueil de six textes fantastique inédits en France. Lisa Tuttle explore des thèmes, utilise des ambiances variées qui plongent le lecteur tour à tour dans la stupéfaction, la fascination, l’horreur, voire même, peut-être pour les plus sensibles, le malaise. Le lecteur trouvera dans l’interview qui clôt le recueil, réalisée à l’occasion de la présente publication, des éléments supplémentaires pour appréhender un auteur dont l’écriture et l’imagination ont fait parler d’elles et pourraient bien devraient, même recommencer à le faire.

Ce que j’en pense :
Sélectionnées et transposées en français par la prodigieuse Mélanie Fazi, ces six nouvelles m’ont complètement transportée. La traductrice nous raconte l’influence que Lisa Tuttle a eu sur son parcours d'écrivain et en effet  les univers de ces deux auteurs présentent de nombreuses similitudes. Toutes deux favorisent la présence de protagonistes féminins, des ambiances légèrement angoissantes, étranges, mais toujours empreintes de poésie et sans jamais tomber dans le glauque. Il m’a semblé que la française entrait plus pleinement dans le fantastique, mais toute deux se jouent avec beaucoup de subtilité de cette mince frontière entre la réalité et le surnaturel. Et le plus fou, c’est que les sujets traités par Lisa Tuttle sont finalement très réalistes, au travers de ses personnages si charnels, si imprévisibles, si complexes et si ... humains. Avec elle le dénouement n’est jamais couru d’avance.

Conclusion :
Étrange, poétique et saisissant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les grottes
les déboires d’écrivain
la manipulation
le pouvoir de l’imagination

SFFF & D. : item19



18 août 2010

Stephen Frears : Tamara Drewe

Ce que le synopsis nous dit :
Avec son nez refait, ses jambes interminables, son job dans la presse people, ses aspirations à la célébrité et sa facilité à briser les cœurs, Tamara Drewe est l'Amazone londonienne du XXIe siècle.
Son retour au village où vécut sa mère est un choc pour la petite communauté qui y prospère en paix.
Hommes et femmes, bobos et ruraux, auteur de best-sellers, universitaire frustré, rock star au rancart ou fils du pays, tous sont attirés par Tamara dont la beauté pyromane et les divagations amoureuses éveillent d'obscures passions et vont provoquer un enchaînement de circonstances aussi absurdes que poignantes.

Ce que j’en pense :
Concernant le rythme et l’ambiance, Tamara Drewe rappelle ceux d’une série télévisée. Quatre saisons, ou quatre épisodes où les relations entre protagonistes évoluent lentement mais sûrement.
L’humour, les personnages, les paysages et surtout la chute finale sont tout à fait anglais. Aucun véritable éclat de rire, mais un ensemble plutôt agréable. Les personnages sont attachants et tout à fait crédibles. Chapeau bas en particulier à l’adolescente excentrique plus vraie que nature.
Mais la vraie originalité de ce film réside dans la capacité de dissimuler des sujets sérieux par le prétexte d’une comédie. Car se sont avant tout les relations humaines qui sont décrites, les peurs et les difficultés de chacun de prendre les bonnes décisions, de mener sa vie au mieux. Les erreurs font partie des étapes nécessaires pour avancer dans la vie, mais si certains savent en tirer des conclusions et avancer, pour d’autre il faudra tomber plusieurs fois pour savoir se relever. Et ça, ce n’est pas toujours drôle.

Conclusion :
Un film plaisant, dans un style inattendu.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- La chirurgie esthétique
- Les écrivains
- Les magasines people
- Les vaches

28 mai 2010

Amélie Nothomb : Péplum

Ce que l’éditeur nous dit :
Est-il possible que l'ensevelissement de Pompéi ait été un hasard, alors qu'il a été " le plus beau cadeau qui ait été offert aux archéologues " ? Selon la romancière, il s'agit d'un coup monté par les archéologues du futur. Cette supposition lui vaut justement d'être enlevée de sa chambre d'hôpital où elle vient de subir une opération. Lorsqu'elle se réveille, elle est en l'an... 2580. Elle consigne soigneusement son dialogue houleux avec le savant Celsius.
Entre cet homme fâché d'avoir été deviné et cette jeune femme énergique et furieuse contre ses ravisseurs s'instaure une vive et stimulante discussion sur le réel, le virtuel, le voyage dans le temps, la grande guerre du 26e siècle. Les devisants abordent aussi des questions de morale, de philosophie et d'art.


Ce que j’en pense :
Si le style court et incisif d’Amélie Nothomb m’a toujours plu, il en va différemment pour l’abus de dialogue. Malheureusement pour moi, si Péplum porte le qualificatif de « roman », il aurait aussi bien pu se classer parmi les « pièce de théâtre ». Quelques didascalies ponctuent l’échange interminable entre les deux protagonistes.
L’auteur a sûrement pris du plaisir à l’écriture. Thèse et antithèse. Elaborer des arguments allant à l’encontre de son propre raisonnement doit être un exercice intéressant. Mais cela ne signifie pas que cela puisses intéresser autrui.
Bien sûr dans ce flot de mots sont cachés quelques idées plaisantes, quelques phrases qui font sourire. Mais dans l’ensemble, Amélie Nothomb nous perd. Elle va d’une théorie à l’autre, sans réel fil conducteur, sans but précis. L’impression est celle d’assister à une conversation entre deux personnes de longue connaissance, qui auraient leur propre humour, leurs propres références incompréhensibles du commun des mortels : long et agaçant.

Conclusion :
A lire pour « compléter sa collection d’Amélie Nothomb » ou passer le temps. Sans grand intérêt au demeurant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- Pompéi
- L’archéologie
- Le futur
- Les écrivains