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8 mai 2016

Cyril Gelblat : Tout pour être heureux

Ce que le synopsis nous dit :
Antoine, bientôt quarantenaire, dilettante, égoïste et insatisfait ne s’est jamais réellement senti investi d’une mission pour s’occuper de ses filles, âgées de 5 et 9 ans.
Infantilisé par sa femme Alice, Antoine n’arrive pas à trouver sa place dans son foyer et décide subitement de la quitter pour une histoire sans lendemain.
Lorsqu’Alice lui confie leurs filles quelques jours par surprise, Antoine va se retrouver sur un continent inconnu. Et alors qu’il était incapable d’assumer son rôle de père à l’intérieur du noyau familial, il va finir par devenir une véritable « mère juive ».
Après avoir quitté sa femme par nostalgie de sa liberté d’antan, le nouvel Antoine va se retrouver confronté à une nouvelle nostalgie, celle de sa vie de famille.

Ce que j’en pense :
Une sympathique petite comédie française, qui contrairement à ce que j’avais imaginé ne se noie pas dans les clichés du genre. L'originalité se situe dans le fait que l’histoire ne soit pas centrée sur le couple, mais bien sur la situation d’Antoine en tant que père, vis à vis de ses filles, et en tant qu’homme vis à vis de ses propres remises en questions. Nous observons ainsi cet homme évoluer, non sans l’aide de ses proches, qui n’hésitent pas à lui remettre les points sur les i à de nombreuses reprises. La relation avec la sœur est intéressante, même si le personnage de Aure Atika parait en décalage total avec le reste du film (au final cet univers dans l’univers ne fonctionne pas si mal, alors pourquoi pas). La bande-originale, qui occupe une place centrale dans le film en mettant en scène la chanteuse Joe Bel, se révèle mignonne. Enfin, si le sujet de “ce qui compte vraiment” n’est pas traité très en profondeur, quelques idées sont là qui permettent déjà un début de réflexion.

Conclusion :
Un joli petit film sur la vie de famille.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les poupées
l’intervention de l’armée
les lits
les candy’up



25 octobre 2015

Guillermo del Toro : Crimson Peak

Ce que le synopsis nous dit :
Au début du siècle dernier, Edith Cushing, une jeune romancière en herbe, vit avec son père Carter Cushing à Buffalo, dans l’État de New York. La jeune femme est hantée, au sens propre, par la mort de sa mère. Elle possède le don de communiquer avec les âmes des défunts et reçoit un étrange message de l’au-delà : "Prends garde à Crimson Peak". Une marginale dans la bonne société de la ville de par sa fâcheuse "imagination", Edith est tiraillée entre deux prétendants: son ami d’enfance et le docteur Alan McMichael.

Ce que j’en pense :
En général, j’évite soigneusement toute oeuvre classée en épouvante-horreur, car je n’aime pas avoir peur. Ici, la curiosité envers l’univers fantastique de Guillermo del Toro m’a amenée à faire une exception. Alors certes je me suis plusieurs fois cachée derrière mes mains (ce mode de protection étant largement reconnu pour son efficacité face au danger des images), mais je suis contente de dire que je n’ai pas fait de cauchemars depuis (efficace je vous dis). D’ailleurs dans l’ensemble rien de bien effrayant... les fantômes ne faisant que pâle (transparente ?) figure face à l’imaginaire de certains réalisateurs coréens.
Pour en revenir à notre sujet principal, Crimson Peak, oui c’est vrai que la qualité de la mise en scène, le jeu sur les couleurs en particulier, est fort louable. L’association de la neige et de l’argile, la maison hantée aux murs papillonnés ou encore la danse des feuilles mortes au milieu du salon, font leur effet. Et les costumes aussi, oui. Si ces belles images en enchanteront plus d’un, en ce qui me concerne une jolie esthétique ne suffit pas à conserver mon attention durant 120 minutes. Et l’histoire... bof. Et si moi j’ai trouvé cela terriblement banal et convenu, je n’ose pas imaginer ce que les adeptes du genre (pour qui le joli ne suffit pas non plus) ont pu ressentir. Autour de moi j’ai entendu de nombreuses louanges sur la prestation de Jessica Chastain, qui m’aura pourtant laissée de marbre. Peut-être que je confonds épouvante-horreur avec thriller, car j’avais espéré être un peu plus surprise et happée que cela.

Conclusion :
Une jolie esthétique qui ne suffit pas à combler le conventionnel du scénario.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les courants d’air
les inventions
les collections
les entreprises familiales


15 août 2015

Claire North (Catherine Webb) : Les quinze premières vies d'Harry August (The First Fifteen Lives of Harry August)

Ce que l’éditeur nous dit :
Harry August se retrouve sur son lit de mort.
Une fois de plus.
Chaque fois qu’Harry décède, il naît de nouveau, au lieu et à la date exacts auxquels il est venu au monde la première fois, possédant tous les souvenirs des vies qu’il a déjà vécues. Peu importent ses actions ou ses choix, le processus est toujours le même. Harry ne sait comment ni pourquoi, seulement qu’il en existe d’autres comme lui.
Alors qu’arrive la fin de sa onzième vie, une petite fille apparaît à son chevet. « J’ai bien failli vous rater, Docteur August, dit-elle. Je dois vous transmettre un message, passé d’enfant à adulte, d’enfant à adulte, à travers des générations depuis mille ans dans le futur. Le voici : « Le monde se meurt, et nous ne pouvons rien y faire. À vous de jouer. » »
Voici l’incroyable histoire d’Harry August, de ce qu’il a fait, de ce qu’il va faire, et comment il va essayer de sauver un passé qu’il ne peut changer, et un futur qu’il ne peut accepter.

Ce que j’en pense :
Un excellente idée de départ, qui démarre plutôt bien. Revivre sa vie à l’infini, tout en conservant les souvenirs des essais précédents : cela signifie vivre à nouveau son enfance en tant qu’adulte, avoir la possibilité de faire des choix différents, apprendre et voyager énormément, devenir une “personne meilleure” peut-être...
Le problème c’est qu’il faut bien un début et une fin au roman, donc un fil conducteur. Malheureusement Claire Webb n’a rien trouvé de mieux que de nous embarquer dans une pseudo enquête inter-temporelle qui ne m’a personnellement que très peu intéressée. Les personnages qu’elle à créés, par leur immortalité, semblent inatteignables, rendant difficile la moindre empathie à leur égard. C’est sans compter sur une certain lourdeur dans l’ambiance (la retranscription de la lassitude du narrateur ?), qui vient finir de plomber le texte. Et la pseudo tentative de créer du suspense en faisant quelques aller-retour dans les différentes vies au lieu de traiter le sujet de façon chronologique n'aura certainement pas arrangé les choses (ça aurait pu, mais non). Si j’ai réussi à parvenir jusqu’à la dernière page, à mon sens ce livre est tout de même un beau ratage.

Conclusion :
Une bonne idée que son auteur n’a pas su exploiter. Raté.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :

les traumatismes
les chasses au trésor
l’amitié
la famille



13 juillet 2015

Brigid Schulte : Overwhelmed - Work, Love, and Play When No One Has the Time

Ce que l'éditeur nous dit :
Journalist Schulte manages to take a fairly pedestrian topic, the value of leisure in modern American society, and turn it into a compelling narrative on work, play, and personal achievement. Liberally peppered with her own experiences as a wife, mother, and Washington Post reporter, this artful blend of memoir and cultural exploration asks hard questions about how to create a well-lived life. Is leisure a waste of time, or the only time to “live fully present”? Are we more concerned about a purpose-driven experience, or bogged down in “banal busyness”? Schulte, juggling the demands of children and work while facing conflicts with her spouse over familial responsibilities, realizes that she is mired in busyness. Her discussions with a wide range of experts clarify her concerns and open her mind to the manufactured madness of a competitive culture and the false promise of the ruthlessly dedicated “ideal worker.” Schulte follows every lead to uncover why Americans are so determined to exhaust themselves for work and what has been lost in the process. For Lean In (2013) fans, and everyone who feels overwhelmed.

Ce que j’en pense :
Alors qu’il me semblait avoir complètement perdu le contrôle sur mon emploi du temps (et mon sommeil en particulier - quantitativement et qualitativement), j’ai cherché la solution dans les bouquins (logique). Nombres d’oeuvres existent sur le sujet, entre le mode Getting Things Done de David Allen (s’organiser), Fat, Forty and Fired de Nigel Marsh (faire une crise existentielle) ou en le Be Excellent at Anything de Tony Swartz (bien manger, bien dormir, faire de l’exercice et bien manager). Je n’avais que l’embarras du choix.
Ce qui m’a fait choisir Brigid Schulte au milieu de cette foule, c’est avant tout son approche féminine. Parce qu’il faut reconnaître que nos problématiques et notre façon d’aborder le monde ne sont pas identiques à celles des hommes, et parce que cela augurait d’un regard neuf sur le sujet. Une autre particularité est que, contrairement à ses confrères qui sont penchés sur les détails de notre quotidien, Brigid Schulte a d’abord étudié la question au niveau de la société. Parce qu’on aura beau faire tous les efforts possibles, ils seront toujours vains si l’on ignore les “contraintes inconscientes”. L’idée n’est pas de monter une révolution à l’issu de la lecture, mais de réaliser certains mécanismes pour être capable de s’en détacher, de modifier son approche, et oui peut-être de changer modestement le monde à son échelle.
A noter que cela concernera aussi bien les hommes que les femmes, car ce que la communauté impose aux femmes (inégalité professionnelle, culpabilisation par rapport aux enfants...) se retrouve en reflet dans ce qu’elle impose aux hommes (obligation de faire passer le travail avant la famille, impossibilité d’exprimer des sentiments...). Le monde ne sera jamais parfait, mais chacun devrait pouvoir trouver un certain équilibre en fonction de ses propres envies. A noter que toute cette vision est très américaine, mais certains travers de cette nation permettront également d’apprécier les qualités des nôtres.
Au fur et à mesure que j’avançais dans le livre, je craignais ne jamais voir les solutions venir. L’auteur persistait à faire état de bien des travers, tandis que j’attendais impatiemment savoir que faire de tout cela, concrètement. Et bien non, pas d’exercices journaliers, aucune méthodologie révolutionnaire ne seront révélés. Mais au final cela n’a pas d’importance (et pour ça, il y a toujours d’autres bouquins qui existent), car le but est véritablement une prise de conscience, presque une réflexion philosophique. C’est un bouquin que j’ai lu lentement, le posant et le reprenant, prenant le temps d’ingurgiter les informations et de les traduire sur ce qu’elles signifient pour moi. A l’issu du bouquin, si je n’ai pas radicalement changé mon mode de vie, je me sens plus apaisée, déculpabilisée de certains sujets, j’essaie de voir les choses différemment. Il y a du chemin à parcourir, mais c’est une porte très intéressante qui a été ouverte.

Conclusion :
Une approche différente et décidément très intéressante sur le sujet de la gestion du temps.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
le regard de la profession sur la femme sans enfant
le regard de la profession sur la mère de famille
le regard de la profession sur l’homme sans enfant
le regard de la profession sur le père de famille


22 mars 2015

Robert Schwentke : Divergente 2, l'insurrection (Insurgent)

Ce que le synopsis nous dit :
Dans un monde post apocalyptique où la société a été réorganisée autour de 5 factions (Audacieux, Érudits, Altruistes, Sincères et Fraternels), Tris a mis au jour un complot mené par la faction dominante, les Érudits, dirigés par Jeanine. Abandonnant une ville à feu et à sang, à la recherche d’alliés, Tris et Quatre sont désormais traqués par les autorités. Jeanine décrète la loi martiale pour anéantir les Divergents, tandis que la guerre entre les factions prend de l’ampleur. Pourquoi les Divergents sont-ils une menace pour la société ? La découverte d’un objet mystérieux, hérité du passé, pourrait bien bouleverser l’équilibre des forces…

Ce que j’en pense :
Quand on a passé un bon moment devant le premier film, c’est tout naturellement que l’on se rend voir la suite... quelle arnaque. Côté scénario, toujours aussi peu de surprise, au point que ça en devient lassant, à l'exception de quelques personnages aux changements de position inexplicables. N’ayant pas lu le roman, je suppose ici que soit celui-ci ne fournissait qu’un matériau de base trop léger, ou au contraire que certains éléments d’éclaircissement ont été supprimés du script. Niveau image j’ai beaucoup apprécié toutes les vues tournées en aérien, beaucoup moins les balayages latéraux rendus complètement flous par la 3D. Si cette dernière est souvent superflue (les films n’étant pas conçus pour en exploiter le potentiel), c’est la première fois qu’elle est carrément dommageable à mon expérience cinématographique. Je noterai aussi beaucoup de scènes où l’usage du numérique a été mal intégré, perdant le spectateur dans des considérations techniques : désormais dubitatif, ce dernier ne profite plus du tout de l’histoire qui lui est contée. Et non, même la carrure / belle gueule / performance de Theo James ne suffisent pas à rattraper le coup...

Conclusion :
Mouais.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les paradoxes
les mensonges
la famille
les cauchemars





27 avril 2014

Orson Scott Card : Ender, l'exil (Ender in exile)

Ce que l’éditeur nous dit :
À douze ans, Ender Wiggin a sauvé l'humanité de la menace extraterrestre des « doryphores », mais il n aura pas droit à un retour triomphal sur Terre : les rivalités nationales ont repris et les jeunes prodiges de l'école de guerre suscitent convoitises et craintes. On lui propose l'exil vers la première colonie humaine sur une planète prise aux doryphores, dont il deviendra le gouverneur. Mais pour cela il devra s imposer face à un amiral à l'ancienne qui n est pas prêt à s en laisser conter par un gamin. Cependant Ender reste rongé par son crime, le génocide de toute une espèce. Il n'a de cesse que de la comprendre et de la réhabiliter. Pour cela, il découvrira le dernier uf de reine et cherchera désormais la planète qui saura tolérer la réapparition de la plus grande menace envers l'humanité... C'est le début d'un long périple qui durera plus de trois mille ans et s'achèvera dans La voix des morts.

Ce que j’en pense :
J’ai beau largement critiqué les défauts du cycle Ender, cela ne m’a pas moins empêché de sauter de joie, lorsque j’ai découvert qu’il y avait plus ! L’auteur a par la suite écrit ce volume supplémentaire, qui en réalité se déroule entre le premier et le second tome. Cela est peut-être dû à la prise d’expérience d’Orson-Scott Card, mais je l’ai trouvé plus équilibré que ses prédécesseurs. On retrouve un peu de l’esprit de découverte, une sorte de légèreté (quoi qu’Ender est déjà bien amoché mentalement, cela vient peut-être de l’évolution des liens avec les membres de sa famille), tout en posant déjà fortement les bases des questions existentielles qui seront largement débattues dans le reste de la saga. J’ai en tout cas été ravie de retrouver ces personnages, cet univers, et l’écriture d’Orson-Scott Card, et ne manquerais pas de continuer à explorer son oeuvre. L’auteur fait beaucoup d’appels du pied envers le personnage de Bean, invitant fortement à découvrir la saga qui lui est consacré (dont le sixième tome est actuellement en cours d’écriture, ndlr). Il est probable que lu isolément Ender, l’exil, ne présente que peu d’intêret. Lu dans son contexte, il fait tout à fait sens.

Conclusion :
Une nostalgie constructive dans l’univers d’Ender.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les correspondances
- la sagesse
- les annales
- la famille




19 février 2014

J. Courtney Sullivan : Les débutantes (Commencement)

Ce que l’éditeur nous dit :
"Bree, Celia, April et Sally avaient quitté leurs chambres de bonne et emménagé à l'étage principal. Elles laissaient leurs portes ouvertes pendant la journée et criaient simplement pour se parler. Elles se vautraient sur les divans du salon après un repas du soir, se racontant des ragots et se lisant à voix haute des passages de New Yorker et de Vogue."
Elles se sont connues et aimées à l'université de Smith, haut leu de la culture féministe. Le temps, le mariage, la vie d'adulte les ont séparées, jusqu'à la disparition de l'une d'entre elles.
Face aux déceptions de l'existence, rien n'est plus précieux que les souvenirs et les amies des années de fac. Bree, Celia, April et Sally vont s'en rendre compte.

Ce que j’en pense :
Une couverture très girly, un prix décerné par un magasine féminin, et la perspective des déboires sentimentaux de quatre étudiantes en herbes... non très franchement je n’aurais jamais ouvert ce gros pavé si on ne me l’avait pas mis d’office entre les mains (à noter que le titre original sonnait déjà nettement moins niais).
Bonne surprise donc que de découvrir une histoire avec de vrais moments de vie (presque trop en fait), et surtout un livre bourré de références à la société américaine contemporaine, avec la volonté marquée de l’auteur de nous faire passer certains messages. Résolument tourné vers le féminisme, Les Débutantes nous indique ce long chemin restant à parcourir pour atteindre la véritable intégrité des femmes, y compris dans des pays “développés” tels que les États-Unis.
Concernant l’écriture à proprement parler et le détail de l’histoire, je ne décrirais pas non plus J. Courtney comme une grande écrivaine, qui cède souvent à certaines facilités stylistiques. Mais il faut avouer que l’ensemble se lit très bien, et finalement très vite, alors pourquoi pas.

Conclusion :
Certainement pas le coup de cœur de l’année, mais un roman plus qu’honorable et instructif.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les reportages
- la pression familiale
- les belles-mères
- les histoires sans lendemain


1 octobre 2012

Duong Thu Huong : Terre des oublis

Ce que l’éditeur nous dit :
Alors qu'elle rentre d'une journée en forêt, Miên, une jeune femme vietnamienne, se heurte à un attroupement : l'homme qu'elle avait épousé quatorze ans auparavant et qu'on croyait mort en héros est revenu. Entre-temps Miên s'est remariée avec un riche propriétaire terrien, Hoan, qu'elle aime et avec qui elle a un enfant. Mais Bôn, le vétéran communiste,
réclame sa femme. Sous la pression de la communauté, Miên retourne vivre avec son premier mari. Au fil d'une narration éblouissante, l'auteur plonge dans le passé de ces trois personnages, victimes d'une société pétrie de principes moraux et politiques, tout en évoquant avec bonheur la vie quotidienne de son pays, ses sons, ses odeurs, ses couleurs... Terre des oublis, roman de l'après-guerre du Viêt-Nam, est un livre magistral.

Ce que j’en pense :
J’avais déjà tenté la lecture de ce livre il y a quelques années, mais stoppée après une vingtaine de pages car trop gênée par l’écriture au présent. Après avoir visité le Viêt Nam j’ai donné une seconde chance à Terre des Oublis. Cette fois l’écriture s’est plutôt montrée un atout qu’une faiblesse insurmontable. La lumière est portée tour à tour sur les trois protagonistes. Tous sont pris dans ce tourbillon infernal de la vie, à la fois bourreaux et victimes des deux autres malgré eux. Ce principe permet de comprendre le point de vue de chacun, rendant toute prise de partie impossible. Chaque personnage est à la fois comprehensible et coupable.
Ajoutons à cela un portrait de différents aspects du Viet Nam, les différences villes et campagnes, les divergences de situations économiques, les oscillations entre pressions sociales muettes et pensés individuelles, le contraste entre les régions touchées par la guerre et les autres, etc. On compense ainsi un peu ce manque de nos scolarités françaises, durant lesquelles je pense qu’on ne nous a pas suffisamment parler de tous ces conflits qui ont touchés le sud est de l’Asie au siècle dernier.

Conclusion :
Un livre touchant et très juste.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la cuisine
- les petites rues
- les hammacs
- la famille