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8 mai 2016

Cyril Gelblat : Tout pour être heureux

Ce que le synopsis nous dit :
Antoine, bientôt quarantenaire, dilettante, égoïste et insatisfait ne s’est jamais réellement senti investi d’une mission pour s’occuper de ses filles, âgées de 5 et 9 ans.
Infantilisé par sa femme Alice, Antoine n’arrive pas à trouver sa place dans son foyer et décide subitement de la quitter pour une histoire sans lendemain.
Lorsqu’Alice lui confie leurs filles quelques jours par surprise, Antoine va se retrouver sur un continent inconnu. Et alors qu’il était incapable d’assumer son rôle de père à l’intérieur du noyau familial, il va finir par devenir une véritable « mère juive ».
Après avoir quitté sa femme par nostalgie de sa liberté d’antan, le nouvel Antoine va se retrouver confronté à une nouvelle nostalgie, celle de sa vie de famille.

Ce que j’en pense :
Une sympathique petite comédie française, qui contrairement à ce que j’avais imaginé ne se noie pas dans les clichés du genre. L'originalité se situe dans le fait que l’histoire ne soit pas centrée sur le couple, mais bien sur la situation d’Antoine en tant que père, vis à vis de ses filles, et en tant qu’homme vis à vis de ses propres remises en questions. Nous observons ainsi cet homme évoluer, non sans l’aide de ses proches, qui n’hésitent pas à lui remettre les points sur les i à de nombreuses reprises. La relation avec la sœur est intéressante, même si le personnage de Aure Atika parait en décalage total avec le reste du film (au final cet univers dans l’univers ne fonctionne pas si mal, alors pourquoi pas). La bande-originale, qui occupe une place centrale dans le film en mettant en scène la chanteuse Joe Bel, se révèle mignonne. Enfin, si le sujet de “ce qui compte vraiment” n’est pas traité très en profondeur, quelques idées sont là qui permettent déjà un début de réflexion.

Conclusion :
Un joli petit film sur la vie de famille.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les poupées
l’intervention de l’armée
les lits
les candy’up



24 avril 2014

Destin Cretton : States of Grace (Short term 12)

Ce que le synopsis nous dit :
Sensible et déterminée, Grace est à la tête d'un foyer pour adolescents en difficulté. Parmi les jeunes membres de son équipe, diversement expérimentés, la solidarité et le bon esprit sont de mise. Jusqu’à l’arrivée soudaine d’une fille tourmentée qui ignore les règles du centre et renvoie Grace à sa propre adolescence… pas si lointaine.

Ce que j’en pense :
Malgré un sujet qui s’annonce difficile, Destin Cretton nous propose un film facile à regarder, très équilibré quant à l’attachement aux personnages mais ne tombant jamais dans le pathos. Certes tout n’est pas rose dans le quotidien de cette institution, loin de là, mais les difficultés permettent aussi de mieux apprécier les bons moments. Au-delà du contexte particulier présenté, States of Grave nous raconte avant tout des histoires d’individus, avec leurs joies, leurs peines, leurs espoirs, et les liens fragiles mais indispensables qui les relient les uns aux autres. Les personnages semblent à la fois faciles à comprendre et terriblement complexes. Tous éprouvent ce besoin irrépressible des autres, d’être aimés et acceptés, prêts à payer n’importe quel prix pour un semblant d’affection. Sans être si spécifique, le film s’attarde plus spécifiquement sur la relation parentale, avec ces enfants (même l’arrivée à l’âge adulte ne libérant pas de ce statut) prêts à tout pour recevoir un peu d’amour de parents pas toujours capables d’en donner, ou au contraire tentant de fuir un amour toxique qui les hantera toute leur vie (on reste toujours les enfants de ses parents, quoi qu’on en dise ou quoi qu’on y fasse). Mais encore une fois si le sujet peut paraître lourd, la manière de l’aborder ne l’est pas, et il serait dommage de se passer de cet excellent moment de cinéma.

Conclusion :
Une vraie réussite.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les poupées
- les poulpes
- les requins
- les portraits


20 janvier 2011

Hiromasa Yonebayashi : Arrietty le petit monde des chapardeurs (Karigurashi no Arriett)

Ce que le synopsis nous en dit :
Dans la banlieue de Tokyo, sous le plancher d’une vieille maison perdue au cœur d’un immense jardin, la minuscule Arrietty vit en secret avec sa famille. Ce sont des Chapardeurs.
Arrietty connaît les règles : on n’emprunte que ce dont on a besoin, en tellement petite quantité que les habitants de la maison ne s’en aperçoivent pas. Plus important encore, on se méfie du chat, des rats, et interdiction absolue d’être vus par les humains sous peine d’être obligés de déménager et de perdre cet univers miniature fascinant fait d’objets détournés.
Arrietty sait tout cela. Pourtant, lorsqu’un jeune garçon, Sho, arrive à la maison pour se reposer avant une grave opération, elle sent que tout sera différent. Entre la jeune fille et celui qu’elle voit comme un géant, commence une aventure et une amitié que personne ne pourra oublier…


Ce que j’en pense :

Il semble que la réputation des studios Ghibli joue parfois en sa défaveur. Car finalement, non, tout ce qui en sort n'est pas excellent, comme par exemple Arietty.
Concernant l'histoire, copie conforme d'un épisode des mini-pouces, elle peut être appréciable mais ne surprendra personne. Elle est d'ailleurs moins bien qu'un épisode des mini-pouces. Car les 1h34 que durent le film n'auront pas suffit à développer les personnages, ni les liens sensés s’installer entre eux. Tout reste très superficiel, comme s'il s'agissait d'une trop longue bande-annonce. Les réactions des uns et des autres sont donc soient trop prévisibles, soit juste débiles. La fin en particulier est très mauvaise. Après la mode des happy-endind, a suivi celle des bad-ending. Nous entrons dans l'ère de "pas de fin et débrouillez-vous". Et la morale dans tout ça ? Car toutes ces absurdités auraient pu se justifier par la volonté de faire passer un message fort. Pour ma part, j'aurais seulement retenu : ne déroge pas à la tradition, aussi peu en phase avec l’époque soit-elle. Un conte d’Andersen aurait été plus instructif.
Pour ce qui est du visuel et de l'ambiance sonore par contre, rien à redire. De ce côté, Hiromasa Yonebayashi sauve les meubles, notamment par le choix de l'étonnante Cécile Corbel pour la bande originale. Les textures et les dessins sont soyeux, et colorés, les éléments "naturels" vraiment beaux. Mais cela a t-il vraiment à voir avec le talent du réalisateur ?

Conclusion :
Joli mais décevant. On se consolera en écoutant la bande sonore.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- le sucre
- le thé
- l’alpinisme
- les maisons de poupée