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2 avril 2016

Mathieu Gaborit : Les Chroniques des Crépusculaires

Ce que l’éditeur nous dit :
Le baron de Rochronde n'est plus. Et, selon la coutume, son fils Agone doit lui succéder. Or, peu enclin à suivre les traces de son père, guerrier sanguinaire impitoyable, celui-ci se destine à une vie d'érudit itinérant. Agone accepte néanmoins la dernière requête du défunt : passer une semaine au collège occulte du Souffre-jour, où d'éminents maîtres d'armes et de magie initient aux arcanes de puissants pouvoirs. Là, il va découvrir le sens de sa destinée... Alors que grandissent menaces extérieures et conspirations fomentées par les adeptes du Cryptogramme-magicien, l'héritier de Rochronde, armé de sa fidèle rapière Pénombre et rompu aux plus redoutables arts magiques, saura-t-il trouver son salut et délivrer les Royaumes Crépusculaires qui sombrent dans la tourmente ?

Ce que j’en pense :
Cette lecture commençait de manière assez prévisible : le jeune homme qui tente d’aller à l’encontre du destin auquel il ne pourra échapper, le passé douloureux, la quête initiatique, et même l’école de magie... bref que des choses vues par ailleurs. La suite cependant est bien moins convenue. Je dois dire que j’ai été troublée par cette lecture, au sein de laquelle les notions de bien et de mal sont brouillées (comme les œufs). En effet nous avons ici un personnage principal, a priori  “bon” et “gentil”, qui se bat pour les causes auxquelles il croit, qui défend les opprimés, qui s’attache et pense au bien être de ses proches. En même temps il emprunte des chemins tortueux, use de violence, accepte même la cruauté et l’horreur lorsque cela lui est utile, tout en déplorant qu’il doive tôt ou tard y avoir recours lui même. La frontière entre ce qui est acceptable et ne l’est pas n’existe plus. On pourrait penser que Matthieu Gaborit a réussi à nous dépeindre un personnage finalement humain, avec tous les travers que cela implique (comme Robin Hobb par exemple sait si bien le faire), mais il n’en est rien car cet Agone est avant tout hors normes. Au final je ne saurais même pas dire si c’est bien ou pas, même s’il me semble avoir apprécié cette lecture. Comme dans ma précédente rencontre avec l’auteur, j’ai trouvé l’écriture soignée, en particulier dans une utilisation variée du vocabulaire.
Deux défauts notables cependant : le manque de développement des autres protagonistes (Agone n’est presque entouré que de figurants), et une alternance maladroite entre les scènes centrées sur des personnages et les passages se voulant plus géopolitiques qui, surtout présents dans la dernière partie, semblent un peu tomber comme un cheveux sur la soupe.

Conclusion :
Une lecture perturbante et captivante.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les peintures
les arbres
les consciences
le funanbulisme



11 avril 2013

Agatha Christie : 10 petits nègres

Ce que l’éditeur nous dit :
L’île du Nègre ! Elle est au cœur des histoires les plus folles… Selon certains elle viendrait d’être achetée par une star de Hollywood, l’Amirauté britannique y conduirait des expériences classées secret-défense… Aussi quand les dix invités d’un hôte mystérieux y sont conviés pour passer des vacances, tous s’y précipitent ! Le sinistre compte à rebours peut alors commencer…

Ce que j’en pense :
Mise à part une brève période Mary Higgins-Clark à l’adolescence et plus récemment un Maxime Chattam, juste pour voir, je n’ai jamais été très friande de romans policiers. Pourtant, et sans raisons apparentes, ces derniers mois ont multipliés les fois où j'ai entendu faire référence aux 10 petits nègres. Au nom de la culture générale j’ai donc décidé de faire un effort.
S'agissant d’un roman référence et aux vue du nombres de choses ayant été écrites depuis, je pensais pouvoir déjouer sans peine les pièges tendus par Agatha Christie (car si j’évite le genre à la lecture, je me rattrape côté cinématographique). Les premières pages ont semblé me donner raison, avec une présentation des personnages classique au possible (l’éditeur aurait pu ajouter un tiret pour chaque figurant sans devoir déplacer un mot). La suite est un peu moins rigide mais reste tout de même très mathématique (les petits nègres en questions disparaissant un à un méthodologiquement). Et pourtant je dois avouer qu’à aucun moment je n’ai pu deviné qui était le coupable, ni comment tout cela allait se terminer. C’est peut être vieillot mais la maîtrise est bien là.

Conclusion :
Bluffée.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- le boites de conserve
- les motifs
- la conscience