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22 mars 2016

Raymond Queneau : Exercices de style

Ce que l’éditeur nous dit :
Le narrateur rencontre, dans un autobus, un jeune homme au cou long, coiffé d’un chapeau orné d’une tresse au lieu de ruban. Le jeune voyageur échange quelques mots assez vifs avec un autre voyageur, puis va s’asseoir à une place devenue libre. Un peu plus tard, le narrateur rencontre le même jeune homme en grande conversation avec un ami qui lui conseille de faire remonter le bouton supérieur de son pardessus. Cette brève histoire est racontée quatre-vingt-dix-neuf fois, de quatre-vingt-dix-neuf manières différentes. Mise en images, portée sur la scène des cabarets, elle a connu une fortune extraordinaire. Exercices de style est un des livres les plus populaires de Queneau.

Ce que j’en pense :
Si j’étais ressortie offusquée (oui oui) de la lecture de Zazie dans le métro, je ne doutais pas de la capacité de son auteur à manipuler les mots à sa guise. Et avec le présent ouvrage, cette impression se confirme au-delà de toute espérance. J’ai été subjuguée par ce recueil qui, partant d’une histoire simpliste, parvient à nous emporter dans le monde fascinant de la figure de style (un sacré tour de force). Raymond Queneau a ici non seulement fait preuve d’une grande habileté d’écriture, mais également d’une large imagination, lui permettant de se réinventer pas moins de 99 fois (et je le soupçonne avoir été apte à dépasser ce nombre). Il s’impose des contraintes, préceptes grammaticaux existants ou façonnés pour l’occasion, qu’il suit à la lettre mais pour finalement mieux s’en affranchir, jouant avec les règles et la langue au gré de ses envies. C’est maîtrisé, et c’est surtout très amusant pour peu que l’on apprécie la magie des mots : on se délecte de la multiplicité des styles, on se félicite des énigmes déjouées, on savoure des tournures prononcées à voix hautes.  Dire qu’il se paye même le luxe d’un dénouement !

Conclusion :
Il est fort. Très fort.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les bus
la mode
les chapeaux
la lâcheté



4 février 2011

Michel Gondry : Green Hornet

Ce que le synopsis nous en dit :
Le directeur du journal Daily Sentinel se transforme la nuit en super-héros connu sous le nom de Frelon Vert. Il est secondé par Kato, l'expert en arts martiaux.

Ce que j’en pense :
Michel Gondry a pris les clichés des films de super héros (sans le collant), les a mis dans un sac et a secoué très fort. Il en est ressorti Green Hornet, bien joué.
C'est drôle, c'est énergique, c'est totalement improbable et surtout c'est sans prétention. Si certaines scènes sont attendues (celle de la “bagarre” par exemple), d'autres sont plus surprenantes (la scène du chantier), le tout à grand renfort d'effets spéciaux et de cascades.
Pour le casting, une Cameron Diaz inutile, mais qui ne gâche rien, tandis que Seth Rogen est sans surprise. Jay Chou représente très bien cette nouvelle mode qui consiste à ce que l'incarnation du génie vienne désormais du pays du soleil levant ; pourquoi pas. Enfin, un grand bravo à Christoph Waltz, dont le génie n'a pas pris une ride depuis Inglourious Basterds, qui nous offre notamment une délicieuse introduction au film. Un acteur dont j'aimerai voir d'autres interprétation.

Conclusion :
Très drôle.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- Le tuning
- La presse
- La mode
- Le bris de glace

30 août 2010

Jon Turteltaub : L'Apprenti Sorcier (The Sorcerer's Apprentice)

Ce que le synopsis nous dit :
Balthazar Blake est un grand sorcier vivant de nos jours à Manhattan. Il tente de défendre la ville contre son ennemi juré, Maxim Horvath. Balthazar ne pouvant y arriver seul, il engage alors - un peu malgré lui - Dave Stutler, un garçon apparemment ordinaire qui a pourtant un vrai potentiel, pour devenir son apprenti. Le sorcier donne à son apprenti réticent un cours express sur l’art et la science de la magie, et ensemble, ces deux associés improbables vont tenter de stopper les forces des ténèbres. Il faudra à Dave tout son courage, et même davantage, pour survivre à sa formation, sauver la ville et embrasser la fille qu’il aime…

Ce que j’en pense :
Un énième film dans lequel l’enjeu est de sauver « l’univers tel que nous le connaissons ». Un nouveau Disney avec Nicolas Cage, dans un style sans doute très gentillet. Je partais avec beaucoup d’a priori en allant voir L’apprenti Sorcier.
Finalement j’en suis ressortie de très bonne humeur, après avoir bien ri.
L’humour est évidemment bon enfant : beaucoup de comiques de situations et quelques répliques faciles. Mais le plus se situe dans le travail fait sur les personnages, notamment sur leurs costumes. Tout se joue sur le contraste entre antique et contemporain. La magie est un art ancestral, mais qui semble affecté par la mode puisque de nombreux sorts sont qualifiés de « vieux jeu ». Mais elle a su évoluer avec son temps, puisque la physique cantique moderne est également à son service. Balthazar et Orvath étant supposés appartenir à une autre époque, leurs looks sont à la fois désuets et intemporels. La coiffure de Nicolas Cage en particulier est tout à fait géniale !
Ce contraste correspond finalement parfaitement à Walt Disney, qui réussi encore à faire du classique moderne à partir de vieilles recettes.

Conclusion :

Une bonne surprise.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :

- La physique
- Les éclairs
- Le ménage
- La mode