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4 avril 2016

Fernando León de Aranoa : A perfect day

Ce que le synopsis nous dit :
Un groupe d’humanitaires est en mission dans une zone en guerre : Sophie, nouvelle recrue, veut absolument aider ; Mambru, désabusé, veut juste rentrer chez lui ; Katya, voulait Mambru ; Damir veut que le conflit se termine ; et B ne sait pas ce qu'il veut.

Ce que j’en pense :
Un excellent casting, de beaux paysages, quelques bonnes répliques, et de bonnes intentions dans les messages... pourtant je ne suis pas ressortie réellement convaincue de l’expérience A perfect day. Pourquoi donc ?
Tout d’abord à cause de sa mise en scène trop américanisée, chose que je pensais éviter en allant voir un réalisateur espagnol. C’est peut-être une question de goût ou un ras le bol de tous ces films semblant sortis du même moule, mais en allant voir un long métrage sur la guerre dans les balkans j'espérais autre chose qu’une réalisation toute lissée. Dommage, car la multiculturalité des acteurs et des langues, mieux utilisée, aurait pu lui donner une tout autre dimension.
Mais surtout il semble que Fernando León de Aranoa n’ait pas vraiment su quel parti prendre, alors qu’il effleure plusieurs sujets sans vraiment les traiter. Ça se veut cynique et désabusé sans être suffisamment drôle, ça se veut triste et tragique sans être véritablement touchant, etc. Et cela se sent durant la séance, tandis qu’on ne voit pas vraiment où tout cela nous mène, avec pour conséquence de trouver parfois le temps long. Sans avoir passé un mauvais moment, il faut admettre que je n’en ai pas passé un excellent non plus.

Conclusion :
De bons ingrédients mais un résultat décevant.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les vaches
les cordes
les jurons français
les photographies dans les portefeuilles




3 décembre 2015

Kheiron : Nous trois ou rien

Ce que le synopsis nous dit :
D’un petit village du sud de l’Iran aux cités parisiennes, Kheiron nous raconte le destin hors du commun de ses parents Hibat et Fereshteh, éternels optimistes, dans une comédie aux airs de conte universel qui évoque l’amour familial, le don de soi et surtout l’idéal d’un vivre-ensemble.

Ce que j’en pense :
Un film utile, engagé, touchant, drôle, émouvant, qui fait vraiment du bien. Oui il s’agit d’un sentiment général de positivisme que saupoudre Nous trois ou rien. Si j’aurais bien aimé entendre parler persan, la qualité du casting compense largement cette omission. A ce niveau d’implication, plus encore qu'un hommage, il s’agit d’un véritable cadeau de la part de Kheiron envers ses parents, envers son pays d’origine, envers l’humanité en général et les spectateurs en particulier.Il montre, en parlant de sujet difficiles mais sans jamais tomber dans le pathos, que des alternatives sont possibles ; un joli message plein d’espoir, à diffuser largement.

Conclusion :
A voir absolument, n’importe quand, et surtout maintenant

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les barbes
les messages non verbaux
les photograhies mentales
les photographies murales




7 septembre 2014

Delphine de Vigan : Rien ne s'oppose à la nuit

Ce que l’éditeur nous dit :
Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l'écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre.
Aujourd'hui je sais aussi qu'elle illustre, comme tant d'autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence.

Ce que j’en pense :
Ma première expérience avec Delphine de Vigan fut épouvantable. Pourtant je n’ai pas su résister à l’attraction que ce livre-là exerçait sur moi. Une fois la première page lue, j’ai été complètement happée, avec l’envie furieuse (à défaut du temps) de le lire d’une traite. Ce qui m’a peut-être le plus plu est la manière dont l’auteur s’est totalement impliquée dans le récit, nous faisant part de ses doutes, de l’évolution de son état d’esprit tandis que les mots prennent place sur les pages blanches. J'adhère complètement à cette manière de contextualiser, qui donne une dimension supérieure à celle d'une simple histoire contée. C’est également ce qui me rend quasi inconditionnelle d’un Emmanuel Carrère. Si je rencontrais l’une de ses deux personnes dans la vie réelle, passant son temps à ramener tout à elle, il est possible que cela m’insupporterait. Mais par écrit, j’adore (n’est-ce pas d’ailleurs précisément ce que je suis en train de faire cet instant).
J'ai aimé, aidé par ce contexte, mais aussi parce que je me suis identifiée à certains des personnages, que les phrases sont bien tournées, que tout est maîtrisé jusqu'au point final, que le découpage des parties est excellent, que ces vies sont belles et déchirantes à la fois, que même lorsque l’on ne comprend pas on peut compatir, que chacun a sa part d’ombre et de lumière, qu’elle a essayé, que ce n’est pas si grave.

Conclusion :
Bouleversant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les maisons de vacances
- la peinture sur murs
- les séances de photographie
- les présents



6 octobre 2013

Amélie Nothomb : La nostalgie heureuse

Ce que l’éditeur nous dit :
Tout ce que l’on aime devient une fiction.

Ce que j’en pense :
Pour apprécier La Nostalgie Heureuse, il faut au préalable avoir lu et surtout aimé les deux oeuvres précédentes d’Amélie Nothomb au pays du soleil levant. Cela tombe bien car c’est précisément mon cas.
S’il faut avouer que ce livre ne brille pas par sa longueur, la qualité est là, de bout en bout (ce qui n’est pas toujours le cas avec cet auteur). Amélie Nothomb nous y raconte sa vie, ou plutôt un moment de sa vie, qui sous de très banales apparences déclenche chez elle mille émotions. J’ai pour ma part été très touchée, émue même. Amélie Nothomb est une femme singulière, atteinte de douce folie, mais aussi tellement attachante. J’ai particulièrement savouré la dernière partie de la lecture, alors qu’elle fait le bilan de son voyage, le nez collé au hublot et l’esprit dérivant. Les mots sont justes, magnifiquement bien choisis. Si je comprend parfaitement tous les reproches qui peuvent être adressés à l'auteur, rien ne pourrait remettre en cause son âme d’écrivain. Cela reviendrait à nier effrontément l’indéniable qualité de certains phrasés, et surtout une incroyable capacité à imager les émotions. Amélie est liée à sa plume.

Conclusion :
Un vrai régal.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les séances photos
- le linge
- l’Everest
- les prénoms


4 avril 2013

Gianni Amelio : Le premier homme

Ce que le synopsis nous dit :
Août 1957. Un écrivain célèbre d’une quarantaine d’années, Jacques Cormery, rend visite à sa mère qui demeure à Alger. La ville est en état de guerre. Il se souvient de ses années d’écolier, de ses amis européens et algériens et de M. Bernard, cet instituteur qui l’a projeté vers une vie inconcevable pour un enfant né dans une famille pauvre et analphabète. Fidèle à son passé, que peut-il faire pour réconcilier ceux qui comme lui, pieds-noirs et algériens, sont nés sur le même sol, mais que le mouvement de l’histoire a transformés en ennemis héréditaires ?

Ce que j’en pense :
Un beau film, très instructif à plusieurs niveaux. Il permet d’appréhender la fin de la colonisation Algérienne, sujet qui touche particulièrement mes origines familiales. Le premier homme m’a permis de visiter une Alger une n’existe plus, mais dans laquelle j’ai tout de même reconnu les blouses que portait mon arrière grand-mère.
La position est intéressante car elle présente différent points de vue, sans juger. A ce titre il s’agit également d’une fenêtre ouverte sur une époque durant laquelle éducation et enfance n’avaient pas la même signification qu’aujourd’hui (avec tous les aspects positifs et négatifs qui peuvent en être retirés, encore une fois il ne s’agit pas de juger).
Enfin, il s’agit de la biographie d’un grand auteur, son amour pour sa famille (sa mère en particulier), l’un de ses professeur et surtout pour son pays. Autant d’éléments qui permettent comprendre un peu mieux ses idées et ses écrits.
Si j’ai réalisé aujourd’hui que roman inachevé ne signifiait pas forcément roman sans fin (parce qu’après tout rien n’oblige à écrire de façon linéaire), je dois tout de même dire que le rideau est tombé trop abruptement sur ce film. Mais quand un tel projet est porté par des acteurs d’exception, que demander des plus ?

Conclusion :
Une page de l’histoire de France que l’on devrait ouvrir plus souvent.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les punitions
- la plage
- les photos de classe
- les cigarettes


21 mai 2012

Kate Atkinson : Dans les coulisses du musée

Ce que l’éditeur nous dit :
Dès l'instant précis de sa conception, une nuit de 1951, la petite Ruby Lennox a commencé à voir, à comprendre, à sentir. En particulier, elle sait qu'on se serait bien passé d'elle... Et la voilà qui entreprend de nous raconter, avec un humour et une lucidité féroces, dévastateurs, son histoire, celle de ses parents George et Bunty, petits boutiquiers d'York, de ses soeurs, de toute une famille anglaise moyenne - mais assurément pas ordinaire. Mieux encore : Ruby remonte dans le passé. Si bien qu'à l'Angleterre des années cinquante et soixante se mêlent les images de tout le siècle, de deux guerres mondiales qui ont bouleversé des destinées. Dès sa parution en Angleterre, ce premier roman de Kate Atkinson a été salué comme un chef-d'oeuvre, pour la subtilité de sa construction, la verve irrésistible de son écriture. Il a obtenu le prix Whitbread 1996, battant au dernier tour Salman Rushdie. En France, la rédaction de Lire l'a élu meilleur livre de l'année.

Ce que j’en pense :
Dès les premiers mots, le style happe le lecteur. D’une part, grâce à sa singularité littéraire, mais surtout au ton employé. Le point de vue de la narratrice (pourtant protagoniste bien concerné) semble détaché, annonçant le pire comme le meilleur d’un point de vue neutre. Par exemple dans les premières pages, alors qu’elle nous présente sa soeur, une parenthèse égarée en milieu de phrase nous annonce que bon façon ladite soeur n’a plus que quelques années à vivre. Tandis que l’histoire/les années avancent, on sait donc irrémédiablement que cet événement va arriver, ce qui ne semble pas vraiment perturber notre héroïne. Par ailleurs, sous couvert d’expliquer l’histoire de certains objets, les chapitres sont entrecoupés d’annexes qui nous content l’histoire des générations précédentes (les périodes de guerres y sont notamment extrêmement bien écrites).
Malheureusement, passer les premiers chapitres, l’effet de surprise s’estompe, pour pointer les défauts du style. Tout d’abord le nombre incroyable de personnages, plus les aller-retours dans le temps, rendent la lecture assez complexe et obligent souvent des retours arrière pour garder le fil. Ensuite, le fait de tout divulguer “en avance” à pour conséquence de ne plus vraiment être intéresser par le détail de l’histoire de trucs ou machins. On en sait déjà assez. Cela est d’ailleurs accentuer par le fait que les premières “annexes” sont très longues, tandis que les derniers se résument à quelques pages. On sent que l’auteur s'essouffle. Enfin, il manque peut être une certaine morale, ou du moins en épilogue. Des fait, c’est bien. Mais tout ça pour quoi ?

Conclusion :
Beaucoup de potentiel, mais aussi de promesses pas vraiment tenues. On a raté le chef d’oeuvre.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les lapins
- les boutons
- les photos
- les vélos