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22 mars 2016

Raymond Queneau : Exercices de style

Ce que l’éditeur nous dit :
Le narrateur rencontre, dans un autobus, un jeune homme au cou long, coiffé d’un chapeau orné d’une tresse au lieu de ruban. Le jeune voyageur échange quelques mots assez vifs avec un autre voyageur, puis va s’asseoir à une place devenue libre. Un peu plus tard, le narrateur rencontre le même jeune homme en grande conversation avec un ami qui lui conseille de faire remonter le bouton supérieur de son pardessus. Cette brève histoire est racontée quatre-vingt-dix-neuf fois, de quatre-vingt-dix-neuf manières différentes. Mise en images, portée sur la scène des cabarets, elle a connu une fortune extraordinaire. Exercices de style est un des livres les plus populaires de Queneau.

Ce que j’en pense :
Si j’étais ressortie offusquée (oui oui) de la lecture de Zazie dans le métro, je ne doutais pas de la capacité de son auteur à manipuler les mots à sa guise. Et avec le présent ouvrage, cette impression se confirme au-delà de toute espérance. J’ai été subjuguée par ce recueil qui, partant d’une histoire simpliste, parvient à nous emporter dans le monde fascinant de la figure de style (un sacré tour de force). Raymond Queneau a ici non seulement fait preuve d’une grande habileté d’écriture, mais également d’une large imagination, lui permettant de se réinventer pas moins de 99 fois (et je le soupçonne avoir été apte à dépasser ce nombre). Il s’impose des contraintes, préceptes grammaticaux existants ou façonnés pour l’occasion, qu’il suit à la lettre mais pour finalement mieux s’en affranchir, jouant avec les règles et la langue au gré de ses envies. C’est maîtrisé, et c’est surtout très amusant pour peu que l’on apprécie la magie des mots : on se délecte de la multiplicité des styles, on se félicite des énigmes déjouées, on savoure des tournures prononcées à voix hautes.  Dire qu’il se paye même le luxe d’un dénouement !

Conclusion :
Il est fort. Très fort.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les bus
la mode
les chapeaux
la lâcheté



7 juin 2013

Neil Gaiman : L'Etrange vie de Nobody Owens (The Graveyard Book)

Ce que l’éditeur nous dit :
Nobody Owens est un petit garçon parfaitement normal. Ou plutôt, il serait parfaitement normal s'il n'avait pas grandi dans un cimetière, élevé par un couple de fantômes, protégé par Silas, un être étrange ni vivant ni mort, et ami intime d'une sorcière brûlée vive autrefois.
Mais quelqu'un va attirer Nobody au-delà de l'enceinte protectrice du cimetière: le meurtrier qui cherche à l'éliminer depuis qu'il est bébé.
Si tu savais, Nobody, comme le monde des vivants est dangeureux...

Ce que j’en pense :
Après tout le bien que j’avais entendu de cet auteur, j’avais hâte de le découvrir. Et effectivement, dès les premières ligne, The Graveyard Book se révèle fascinant.
Malheureusement la suite l’est un peu moins. Passée l'introduction, les premiers chapitres sont comme de courtes histoires que l’on pourrait lire indépendamment les unes des autres. Ils sont plaisants à lire, mais pas très captivants. Cela s’améliore par la suite, lorsque les pièces du puzzle se mettent en place.
L’univers est original, avec des personnages connus mais agréablement réinventés et des idées qui dénotent d’une imagination certaine de la part de l’auteur. Difficile de ne pas faire le rapprochement avec celui de Tim Burton, que pour ma part j’apprécie beaucoup, même si on ne saurait dire lequel a inspiré l’autre (peut être aucun des deux d’ailleurs). Parallèlement le cours des événements est terriblement prévisible. Neil Gaiman étale devant nous les cartes, qu’il utilise par la suite sans surprise. Alors je m’attendais à une ouvrage adulte, celui ci semble plutôt adapté à un public adolescent.
A noter que j’ai tout de même suffisamment apprécié pour vouloir approfondir davantage l’oeuvre de cet auteur.

Conclusion :
Très sympathique mais pas à la hauteur de mes espérances.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les broches
- les couches-culottes
- les bus
- le racket

21 mai 2013

Jason Moore : The hit girls (Pitch perfect)

Ce que le synopsis nous dit :
Beca est le genre de fille qui préfère écouter son lecteur MP3 que la personne assise en face d'elle. Fraîchement arrivée à la fac, elle a du mal à y trouver sa place. Elle intègre alors, plus ou moins contre son gré, une clique de filles qu'elle n'aurait jamais considérées abordables ou fréquentables : un mélange de pestes, de bonnes pâtes et d'originales dont le seul point commun est la perfection avec laquelle elles chantent a cappella. Et quand la nouvelle venue les initie, au-delà des arrangements traditionnels et des harmonies classiques, à des interprétations et des combinaisons musicales novatrices, toutes se rallient à son ambition d'accéder au sommet du podium dans cet univers impitoyable qu'est celui du chant a cappella à l'université, ce qui pourrait bien s'avérer la chose la plus cool qu'elles aient jamais faite, ou la plus folle.

Ce que j’en pense :
Que dire de Pitch perfect? Il s’agit du genre de film qui applique à la lettre la recette du succès commercial. Des acteurs beaux, jeunes et dynamiques, l’image d’une Amérique dans le vent et surtout la reprise de succès commerciaux (tout autant préformatés), autant d’éléments qui garantissent l’adhésion du public. On pourrait aussi bien le décrire comme une publicité pour la pop nord américaine (la seule représentée, comme par hasard). Ainsi, aucune surprise, mais on sait précisément pour quoi on a signé.
Si on pourra bien vite oublier son existence même, Pitch perfect permet de passer un bon moment et de sortir de sa projection de bonne humeur. Ce n’est déjà pas si mal !

Conclusion :

Sympa !

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les fins
- les remix
- les foulards
- les mini bus


3 novembre 2011

Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud : Poulet aux prunes

Ce que le synospis nous dit :
Téhéran, 1958. Depuis que son violon tant aimé a été brisé, Nasser Ali Khan, un des plus célèbres musiciens de son époque, a perdu le goût de vivre. Ne trouvant aucun instrument digne de le remplacer, il décide de se mettre au lit et d'attendre la mort. En espérant qu'elle vienne, il s'enfonce dans de profondes rêveries aussi mélancoliques que joyeuse, qui, tout à la fois, le ramènent à sa jeunesse, le conduisent à parler à Azraël, l'ange de la mort, et nous révèlent l'avenir de ses enfants... Au fur et à mesure que s'assemblent les pièces de ce puzzle, apparaît le secret bouleversant de sa vie : une magnifique histoire d'amour qui a nourri son génie et sa musique...

Ce que j’en pense :
Gardant un excellent souvenir de Persepolis, je m’attendais avec Poulet aux Prunes à en découvrir la “suite”. Il n’en fut rien car les deux histoires que peu de points communs (mais si l’origine auto-biographique et la présence de Téhéran figurent indéniablement de la patte de Marjane Satrapi).
Ici, la politique passe au second plan, pour se pencher plutôt sur la torture de l’artiste. En ce sens, on pourrait plutôt le comparer à Gainsbourg – vie héroïque, mais raconté à la manière d’un conte. D’ailleurs, le film commence comme un conte Persan. De ce type de “littérature”, se retrouvent également l’indispensable narrateur (avec la très belle voix d’Edouard Baer), la structure et surtout cette poésie si particulière. Nous sommes plongés dans un univers merveilleux, d’amour, de musique, de personnages imaginaires et mystérieux, retranscris par l’utilisation du dessin (sous de nombreuses formes). Mais la réalité est également bien présente, avec des être de chairs et d’os, avec leurs peines et leur triste réalité, noyés dans un nuage de fumée mélancolique. Finalement, il ne reste qu’à se laisser porter.

Conclusion :
Déroutant et poétique.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- la fumée
- les bus
- les cigarettes
- les commerçants