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3 novembre 2015

Amélie Nothomb : Le comte de Neville

Ce que l’éditeur nous dit :
Cette année, Amélie Nothomb fait sa rentrée avec un conte de fées virant à la tragédie grecque. "Le crime du comte Neville" raconte l'histoire d'une jeune châtelaine mal dans sa peau, qui cherche à se faire assassiner par son père, pour aider ce dernier à réaliser sans dommages la prédiction d'une voyante rencontrée à l'issue d'une fugue qui n'en est pas une.

Ce que j’en pense :
Un Amélie Nothomb parmi tant d’autres : farfelu, décalé, court. D’ailleurs il s’agirait plus d’une nouvelle que d’un roman, le prix de vente affiché pour la version broché ne se justifiant que très difficilement malgré le nom affiché sur la couverture (j’ai eu la chance de pouvoir l’emprunter, donc je rouspète mais en vrai je ne suis pas concernée). Rien de particulier à dire sur l’histoire, qui encore une fois est exactement ce à quoi l’on peut s’attendre de son auteur, qui objectivement sait écrire et sait raconter. Ainsi j’ai passé un bon moment de lecture, pas plus, pas moins. Je ne lui jette pas la pierre, on ne peut décemment pas écrire un chef-d’oeuvre chaque année.

Conclusion :
A lire pour les inconditionnels de l’auteur, superflu pour les autres.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
l’art de la réception
les preuves d’amour
les ressentis
les châtelains


16 juillet 2013

Nicolas Charlet et Bruno Lavaine : Le grand méchant loup

Ce que le synopsis nous dit :
Il était une fois trois frères qui vivaient heureux. Du moins le pensaient-ils. Un jour leur maman eut un accident. Alors Henri, Philippe et Louis se mirent à se questionner sur le sens de leur vie. Une grande vague de doutes pour ces quarantenaires versaillais sans histoire, qui suffit à leur faire entrouvrir la porte à l'inédit, à l'interdit, à l'aventure... au Grand Méchant Loup!  De maison de paille en maison de bois, le loup aussi sexy soit-il délogera-t-il nos trois frères ? Et l'hôtel particulier en pierre de taille de l'aîné, est-il vraiment si solide ? Et si au bout du compte la vie d'adulte n'était pas complètement un conte pour enfant ?

Ce que j’en pense :
Si cette version est semble t-il moins "trash" (entendre par là contenant bienp moins de scènes de batifolage) que son homologue canadienne, Le grand méchant loup reste un film assez déroutant, qui pourra mettre mal à l'aise plus d'un spectateur. Pour ma part je suis toujours abasourdie par un certain retournement de situation vers la du film. Disons que c'est un point de vue, qui en vaut d'autres, sur le rapport des hommes à la fidélité (qui serait impossible à tenir sur le long terme).
Si le casting excellent, le film manque d'équilibre dans son ensemble, avec de nombreuses longueurs dans la dernière heure. J'ai également trouvé que trop de temps était consacrée à l'histoire de Benoit Pooldorve, au dépend de celles des autres frères.
Mais il s'agit aussi d'un vrai questionnement sur le sens de la vie, sur les attentes et les rêves non réalisés, sur le fondement du bonheur. Peut on se contenter de ce que l'on a, pour avoir à un moment penser que cela nous correspondait, ou pour avoir céder à la facilité ? A quel point la remise en question est elle utile ? L'herbe est elle vraiment toujours plus verte dans le jardin du voisin ?

Conclusion :
Intéressant mais déroutant.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- les carrelages
- les châteaux
- les échafaudages
- les menteries


14 mai 2012

Michel Houellebecq : La carte et le territoire

Ce que l’éditeur nous dit :
ATTENTION, SPOILER, C’EST PRESQUE UNE SYNTHÈSE DU LIVRE !!!!
Si Jed Martin, le personnage principal de ce roman, devait vous en raconter l'histoire, il commencerait peut-être par vous parler d'une panne de chauffe-eau, un certain 15 décembre. Ou de son père, architecte connu et engagé, avec qui il passa seul de nombreux réveillons de Noël.
Il évoquerait certainement Olga, une très jolie Russe rencontrée au début de sa carrière, lors d'une première exposition de son travail photographique à partir de cartes routières Michelin. C'était avant que le succès mondial n'arrive avec la série des « métiers », ces portraits de personnalités de tous milieux (dont l'écrivain Michel Houellebecq), saisis dans l'exercice de leur profession.
Il devrait dire aussi comment il aida le commissaire Jasselin à élucider une atroce affaire criminelle, dont la terrifiante mise en scène marqua durablement les équipes de police.
Sur la fin de sa vie il accédera à une certaine sérénité, et n'émettra plus que des murmures.
L'art, l'argent, l'amour, le rapport au père, la mort, le travail, la France devenue un paradis touristique sont quelques-uns des thèmes de ce roman, résolument classique et ouvertement moderne.

Ce que j’en pense :
De Michel Houellebecq, j’avais lu La Possibilité d'une île, dont j’étais miraculeusement parvenue à bout. Je garde un souvenir de glauque, vulgaire et surtout très malsain. Autrement dit, répugnant et sans intérêt.
Il a fallu l’obtention du prix Goncourt et surtout l’assurance de proches l’ayant lu et approuvé, avant que je me résigne à revenir à cet auteur. Et ils avaient raison. C’est très bien.
Cette fois, le lugubre est oublié (quasiment) et Michel Houellebecq nous convie dans le monde de l’art. Pas celui des âmes blessés et des drogués, juste un milieu professionnel “comme les autres”. L’utilisation de personnages réels (Steve Jobs, Jean-Pierre Pernault, Frédéric Begbeider, etc.) donne une impression de crédibilité au roman. Et après tout, à quoi bon tenter de démêler le vrai du faux, lorsque le récit est suffisamment prenant ? Surtout lorsque les descriptions des objets et des procédés artistiques sont particulièrement réussis.
Par son caractère solitaire et presque détaché de sa propre histoire, le personnage principal aurait pu être inventé par Haruki Murakami (il aurait fallu lu attribuer un chat pour bien faire). Et si les univers des deux auteurs sont radicalement différents, on tous deux savent se montrer fascinants sans jamais être explosifs.

Conclusion :
Une excellente surprise.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les châteaux
- les autoportraits
- la presse
- le mécénat