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1 juillet 2015

Morwenna's List

Challenge réalisé du 07 juillet 2014 au 01 juillet 2015.

Voici une idée trop originale de Cornwall, qui nous propose de découvrir une partie des œuvres citées dans le bouquin Morwenna, de Jo Walton. Et cela en fait un sacré paquet, qui sont référencées dans le billet de présentation du challenge (avec des explications extrêmement précises et claires !).
Mais avant toute chose, il s'agit bien évidemment de découvrir Marwenna, dont la lecture est justement supposée susciter la curiosité.

Cela pourra bien sûr évoluer en cours d'année, mais je pars à ce jour sur le niveau Silverberg, soit 6 lectures à effectuer.

Les lectures :

Lues avant le challenge :

    27 juin 2015

    Robert Silverberg : L'oreille interne (Dying Inside)

    Ce que l’éditeur nous dit :
    David Selig, Juif new-yorkais d'une quarantaine d'années, se considère comme un raté. Il est pourtant télépathe et pourrait profiter de ce don pour faire fortune, conquérir - et garder ! - les plus belles femmes... Mais non, rien à faire, il estime être un monstre tout juste bon à faire le nègre sur des devoirs d'étudiants, incapable de réussir sa vie. La dernière preuve en date : ce talent qu'il déteste tant, mais qui est finalement son seul lien avec le reste de l'humanité, est en train de le quitter ! Apeuré à l'idée de se retrouver seul avec lui même, Selig nous conte sa misérable existence. Grand roman psychologique, plein d'humour et de mélancolie, L'oreille interne est peut-être le plus beau livre de Robert Silverberg et à coup sûr un chef-d'œuvre de la science-fiction.

    Ce que j’en pense :
    En lisant la quatrième de couverture je m’attendais à une oeuvre dans la veine de celles de Daniel Keyes, auteur qui s’est acharné à explorer les méandres du cerveau humain. Autant dire que mes attentes étaient hauts placées. Autant dire que j’ai été déçue. Peut-être cela aurait été différent si j'avais connu plus tôt le titre en version originale (que je découvre seulement au moment où j'écrit ces lignes).
    L’angle de vue abordé est celui de la quête identitaire, le “pouvoir” de David Selig n’étant qu’une donnée parmi d’autres dans la constitution de sa personnalité. Il s’agit ici d’un personnage qui n’existe qu’à travers les autres : plus que ce que l’on pense de lui, c’est l’image de lui-même que les autres lui renvoient qui lui importe. Il n’est nul besoin de lire dans les pensées pour vivre ce type de problématique, qui touche n’importe qui vivant en société à échelle plus ou moins prononcée. Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans ce livre (ce qui pourrait être un avantage, mais dans ce cas ne l’est pas). Par exemple, Robert Silverbeg pousse la description de l’environnement de David jusqu’à contextualiser l’actualité de son époque : en soi il s’agit d’une excellente idée, mais la manière dont elle est concrétisée dans le roman est maladroite, presque irritante. Il faut dire que David est un personnage auquel il est difficile de s’attacher, très négatif,  très noir, manquant d’humanité (il ne semble avoir finalement ni qualité, ni défaut, il n’est que mal-être). Cependant, on finit tout de même par s’intéresser à son cas, par avoir envie d’aller jusqu'au bout de la lecture. Robert Silverberg ne m’a pas entièrement convaincue par son approche, mais j’ai eu le sentiment qu’au moins il expérimentait plutôt que de jouer la facilité, ce qui est tout à son honneur (car tout n’est pas à jeter, au contraire).

    Conclusion :
    Pas à la hauteur de mes attendes, mais une lecture que je ne regrette pas d’avoir faite.

    A lire si vous voulez en savoir plus sur :
    les liens fraternels
    la culpabilité
    les drogues
    l’acceptation de soi

    25 mars 2015

    Douglas Adams : Le Guide galactique, tomes 1 à 3 (H2G2, The Hitchhiker's Guide to the Galaxy)

    Ce que l’éditeur nous dit :
    Comment garder tout son flegme quand on apprend dans la même journée : que sa maison va être abattue dans la minute pour laisser place à une déviation d'autoroute ; que la planète Terre va être détruite d'ici deux minutes, se trouvant, coïncidence malheureuse, sur le tracé d'une future voie express intergalactique ; que son meilleur ami, certes délicieusement décalé, est en fait un astro-stoppeur natif de Bételgeuse, et s'apprête à vous entraîner aux confins de la galaxie ?
    Pas de panique !
    Car Arthur Accroc, un Anglais extraordinairement moyen, pourra compter sur le fabuleux Guide galactique pour l'accompagner dans ses extraordinaires dérapages spatiaux moyennement contrôlés.

    Ce que j’en pense :
    Malheureusement, je ne connaîtrais jamais le secret de l’univers, ni la question dont la réponse est 42. Arrivée à ce troisième volume de H2G2, mon intérêt allant décroissant, je décide de m’arrêter là. Les deux premiers volumes recelaient pourtant d’excellentes idées, avec plus d’un élément amené avec sacrément d’intelligence, entre humour, absurde et questions existentielles. Je comprend sans peine le mouvement que cette série a pu initier, tout autant que la pérennité de toutes les références qui y sont faites dans l’univers geek. Le problème c’est que Douglas Adams finit par se perdre dans son “intergalacticité”, passant de décalé à complètement paumé, donnant l’impression de ne pas savoir lui-même où il veut en venir (mes  investigations internet m’ont permises d’arriver à la conclusion que cette tendance perdurait jusqu’à la fin du cycle). J’ai aussi trouvé dommage la manière dont certains personnages sont mis de côté, tandis qu’Arthur ne me semble pas du tout le plus intéressant d’entre eux...

    Conclusion :
    Excellent... jusqu’à un certain point.

    A lire si vous voulez en savoir plus sur :
    les auto-manipulation
    le centre de l’univers
    les erreurs administratives
    les attentes

    3 janvier 2015

    Aldous Huxley : Le meilleur des mondes (Brave new world)

    Ce que l’éditeur nous dit :
    Défi, réquisitoire, utopie, ce livre mondialement célèbre, chef-d’œuvre de la littérature d'anticipation, a fait d'Aldous Huxley l'un des témoins les plus lucides de notre temps.
    « Aujourd'hui, devait écrire l'auteur près de vingt ans après la parution de son livre, il semble pratiquement possible que cette horreur s'abatte sur nous dans le délai d'un siècle. Du moins, si nous nous abstenons d'ici là de nous faire sauter en miettes... Nous n'avons le choix qu'entre deux solutions : ou bien un certain nombre de totalitarismes nationaux, militarisés, ayant comme racine la terreur de la bombe atomique, et comme conséquence la destruction de la civilisation (ou, si la guerre est limitée, la perpétuation du militarisme) ; ou bien un seul totalitarisme supranational, suscité par le chaos social résultant du progrès technologique. »


    Ce que j’en pense :
    Un monde parfait, totalitairement parfait. Les premières pages sont délectables, avec la description de ce monde, la découverte de sa logique, le conditionnement du bonheur. Les idées sont là, on ne peut pas retirer ça à Aldous Huxley. Et puis, fatalement, on rencontre le (les) personnage(s) qui ne sont pas adaptés à cette société, qui la remette question. A partir de là mon enthousiasme a brutalement chuté, parce que c’est si inévitable dans un roman dystopique que ça en devient blasant (après je veux bien croire que Huxley ai été précurseur dans le genre, et que c’est tous les autres auteurs que j'ai lu avant lui qui ont piqué ses idées, mais c’est comme ça, tu arrives trop tard Aldous). Cette entrée dans l’inéluctable aurait pu se compenser par un style intéressant, malheureusement, ce n’est pas le fort de l’écrivain.
    Et puis finalement, non, pas de grosse révolution en perspective. Au final j’ai été surprise par la tournure prise par les évènements, et plus encore par la présence prépondérante de Shakespeare. Comme quoi j’ai été mauvaise langue (toutes mes excuses Aldous).
    Au final, je trouve que la perspective d’un tel monde ne me parait pas si facile à trancher qu’il n’y parait. Je ne connais pas l’intention réelle de l’auteur lors de la rédaction, mais tout cela ne paraît pas si noir ou blanc, comme le montre notamment la manière dont tout cela se finit pour les différents protagonistes. Je ne suis pas non plus en train de dire que je suis pour les dictatures, juste que ce monde là a un certain sens : il propose à l’ensemble de ses membres d’être heureux de leurs conditions respectives, ce n'est pas si mal. Et je ne vois pas en quoi la douleur et l’inquiétude et la flagellation seraient fondamentalement meilleures. Je crois que tout le monde n’est pas capable, ou n’a pas envie, de “se battre” dans la vie (moi par exemple, me trouver dans une situation Shakespearienne m'ennuierait profondément). Alors, dans une certaine mesure, pourquoi pas ? Le truc c’est précisément que l’une ou l’autre des solutions, ne convient pas à tous (sans compter les conséquences de cette surconsommation sur la planète, ce qui n’est pas abordé ici). Ça donne à réfléchir tout ça... ou pas ^^

    Conclusion :
    Une écriture tout juste correcte, et une histoire moyenne, mais beaucoup de très bonnes idées, qui explique sans peine le succès de ce roman.

    A lire si vous voulez en savoir plus sur :
    le sommeil
    les phrases toutes faites
    l’inadaptation
    l’embarras pour autrui

    13 décembre 2014

    Christopher Priest : Le monde inverti (The inverted world)

    Ce que l’éditeur nous dit :
    J'avais atteint l'âge de mille kilomètres. De l'autre côté de la parte, les membres de la guilde des Topographes du Futur s'assemblaient pour la cérémonie qui ferait de moi un apprenti. Au-delà de l'impatience et de l'appréhension de l'instant, en quelques minutes allait se jouer ma vie.
    Helward Mann est l'un des habitants de la cité Terre, une mégalopole progressant sur le sol inconnu d'une planète effrayante. Il ne sait rien de l'extérieur et doit maintenant jurer qu'il ne révélera jamais ce qu'il y découvrira. Mais le long des rails qui mènent à l'optimum, Helward découvrira un monde dominé par le chaos et la barbarie, des paysages déformés, éclairés par l'hyperbole du soleil. C'est avec ce roman, où se mêlent senne of wonder et spéculations scientifiques, que Christopher Priest s'imposa en 1974 comme l'un des plus talentueux auteurs de la science-fiction britannique.

    Ce que j’en pense :
    Exercice complexe que de donner un avis sur cette œuvre. J’ai pourtant laissé passer un peu de temps avant de m’y mettre, mais quand même. Une chose est certaine, c’est que je ne m’attendais pas à ça. D’une certaine manière j’ai été déçue par le chemin que le cours des événements ne prend pas, alors que l’on commence à s’intéresser à certains aspects de l’histoire, pour que ceux-ci deviennent brutalement obsolètes. Mais cette nouvelle direction n’en est pas moins fort exaltante, donnant une toute nouvelle dimension à l’ensemble et chamboulant complément la donne. S’il n’est pas rare que les romans soient divisés en plusieurs parties, Christopher Priest en a fait un véritable atout, en s’offrant le luxe de changer complètement de narration de l’une à l’autre. Celles-ci ne sont donc pas uniquement là pour marquer la fin d’un “moment” dans l’histoire, mais pour aussi pour servir à ce dessein de “rupture”.
    Au final le véritable défaut du Monde Inverti est qu’il laisse un sentiment d’inachevé. Je ne parle pas ici de la fin, mais bel et bien du contenu, comme si l’auteur n’était pas allé assez loin dans sa réflexion (en tout cas il ne nous en livre pas assez). Je crois que la seule solution reste à fouiller plus amplement la bibliographie de Christopher Priest.

    Conclusion :
    Parce que l’on voit forcément le monde à travers nos propres yeux.

    A lire si vous voulez en savoir plus sur :
    la relativité
    les ponts
    la perspective
    les rails

    7 août 2014

    Roger Zelazny : Le cycle des princes d'Ambre - The Chronicles of Amber (volumes 1 et 2)

    Ce que l’éditeur nous dit :
    Un amnésique se sauve d'un hôpital psychiatrique après avoir appris le nom de la personne qui l'a fait interner : sa propre sœur. Celle-ci lui révèle qu'il s'appelle Corwin et qu'il est l'un des neuf frères qui se disputent le royaume d'Ambre, le seul monde réel (les autres n'étant que ses reflets). Premier volume de la série des Princes d'Ambre où Zelazny a su éclairer l'étrange modernité des contes de fées.

    Ce que j’en pense :
    Que de hauts et de bas j’ai traversés au fil de ces deux tomes. Dès les premières lignes, j’ai adhéré à la prose de Roger Zelazny, voyant mon intérêt grandir tandis que Corwin part à la recherche de sa mémoire et que des éléments fantastiques commencent à prendre leur place dans le récit. Mais une fois cette phase passée, j’ai eu le sentiment de tomber dans une presque banale quête d’héroïc fantasy. C’est moche, parce que cette Ambre (et surtout ce qui s’y déroule) décrite comme le lieu par excellence ne me séduit pas du tout. De la même manière je me suis souvent ennuyée durant les diverses scènes de batailles. A coup de centaines d’hommes tués à la minute, de princes de toute manière invincibles et d’imbroglios d’alliances absurdes car au final c’est chacun pour soi, plus rien ne semble d’avoir d’importance, pas même l’avenir du personnage principal (dont il ne fait aucun doute qu’il s’en sortira d’une façon ou d’une autre). Difficile de ménager son suspense quand le lecteur se montre parfaitement indifférents quant à la suite des événements. Heureusement certaines scènes, des rencontres et dialogues, ravivent régulièrement le plaisir de lecture que laissaient présager les premières pages.
    A noter que j’ai globalement plus apprécié le premier tome que le second, que j’aurais été tentée d’abandonner plus d’une fois si je n’avais pas en tête de nombreux éloges (ceux de Morvenna en particulier) concernant cette série. C’est cool d’être influençable de temps en temps, raison pour laquelle je vais donner leur chance aux tomes suivants.

    Conclusion :
    Une lecture à l’intérêt en forme de montagne russe, mais à qui je suis prête à accorder le bénéfice du doute pour la suite.

    A lire si vous voulez en savoir plus sur :
    - les tiroirs
    - les peintures murales
    - la généalogie
    - les chutes

    29 juillet 2014

    Jo Walton : Morwenna (Among others)

    Ce que l’éditeur nous dit :
    Morwenna Phelps, qui préfère qu'on l'appelle Mori, est placée par son père dans l'école privée d'Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l'a laissée handicapée et l'a privée à jamais de sa soeur jumelle, Morganna. Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.
    Un jour, elle reçoit par la poste une photo qui la bouleverse, où sa silhouette a été brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est une sorcière, sa propre mère qui plus est ? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre.
    Ode à la différence, journal intime d'une adolescente qui parle aux fées, Morwenna est aussi une plongée inquiétante dans le folklore gallois. Ce roman touchant et bouleversant a été récompensé par les deux plus grands prix littéraires de la science-fiction : le prix Hugo et le prix Nebula. Il a en outre reçu le British Fantasy Award.

    Ce que j’en pense :
    Difficile de trouver les mots pour décrire ce roman hors norme. Je ne saurais même pas dire à quel point il m’a plu, même si je sais que j’aurais bien continué à le lire plus longtemps. Grosse pression d’ailleurs, alors que l’héroïne est capable de dévorer deux romans par jour, de ne pas être capable de finir cette lecture en moins d’une semaine (à ma décharge, j’ai nettement moins de temps qu’elle à consacrer à cette activité) !
    Toute l’originalité réside dans cette ligne intentionnellement floue entre fantasie et réalité, alors que la magie et la féerie semblent faire partie intégrante d’un Royaume-Uni tout à fait terre-à-terre outre mesure. Au final on ne sait jamais vraiment ce qu’il en est, si ces éléments surnaturels existent ailleurs que dans l’imagination de Morwenna, mais au final cela pas vraiment d’importance. Au contraire, cette dernière doit faire face à des situations pas très drôles, à un âge où la recherche de son identité et de sa place dans la société suffisent déjà amplement à occuper le quotidien. On sent toutes les difficultés émotionnelles par lesquelles elle passe, sans pour autant tomber dans le plaintif gratuit ou l’accablement.
    Ajoutons à cela un référentiel incroyablement dense à la littérature en général et à la Fantasy en particulier, qui invite à découvrir bien des auteurs. Celui-ci est complètement intégré au roman, tandis que l’héroïne nous parle du Mordor ou de son Karass comme si ces termes faisaient partie du vocabulaire courant ou nous fait partager les réflexions que lui inspirent ses lectures.
    Enfin, j’ai trouvé bien maîtrisé et bien utilisé le format de base  (sans qu’il ne soit omniprésent non plus), consistant à nous décrire les évènements sous la forme d’un journal intime.

    Conclusion :
    Un roman unique.

    A lire si vous voulez en savoir plus sur :
    - les ruines
    - l’argent de secours
    - les boucles d’oreilles
    - le vrai café