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27 juin 2015

Robert Silverberg : L'oreille interne (Dying Inside)

Ce que l’éditeur nous dit :
David Selig, Juif new-yorkais d'une quarantaine d'années, se considère comme un raté. Il est pourtant télépathe et pourrait profiter de ce don pour faire fortune, conquérir - et garder ! - les plus belles femmes... Mais non, rien à faire, il estime être un monstre tout juste bon à faire le nègre sur des devoirs d'étudiants, incapable de réussir sa vie. La dernière preuve en date : ce talent qu'il déteste tant, mais qui est finalement son seul lien avec le reste de l'humanité, est en train de le quitter ! Apeuré à l'idée de se retrouver seul avec lui même, Selig nous conte sa misérable existence. Grand roman psychologique, plein d'humour et de mélancolie, L'oreille interne est peut-être le plus beau livre de Robert Silverberg et à coup sûr un chef-d'œuvre de la science-fiction.

Ce que j’en pense :
En lisant la quatrième de couverture je m’attendais à une oeuvre dans la veine de celles de Daniel Keyes, auteur qui s’est acharné à explorer les méandres du cerveau humain. Autant dire que mes attentes étaient hauts placées. Autant dire que j’ai été déçue. Peut-être cela aurait été différent si j'avais connu plus tôt le titre en version originale (que je découvre seulement au moment où j'écrit ces lignes).
L’angle de vue abordé est celui de la quête identitaire, le “pouvoir” de David Selig n’étant qu’une donnée parmi d’autres dans la constitution de sa personnalité. Il s’agit ici d’un personnage qui n’existe qu’à travers les autres : plus que ce que l’on pense de lui, c’est l’image de lui-même que les autres lui renvoient qui lui importe. Il n’est nul besoin de lire dans les pensées pour vivre ce type de problématique, qui touche n’importe qui vivant en société à échelle plus ou moins prononcée. Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans ce livre (ce qui pourrait être un avantage, mais dans ce cas ne l’est pas). Par exemple, Robert Silverbeg pousse la description de l’environnement de David jusqu’à contextualiser l’actualité de son époque : en soi il s’agit d’une excellente idée, mais la manière dont elle est concrétisée dans le roman est maladroite, presque irritante. Il faut dire que David est un personnage auquel il est difficile de s’attacher, très négatif,  très noir, manquant d’humanité (il ne semble avoir finalement ni qualité, ni défaut, il n’est que mal-être). Cependant, on finit tout de même par s’intéresser à son cas, par avoir envie d’aller jusqu'au bout de la lecture. Robert Silverberg ne m’a pas entièrement convaincue par son approche, mais j’ai eu le sentiment qu’au moins il expérimentait plutôt que de jouer la facilité, ce qui est tout à son honneur (car tout n’est pas à jeter, au contraire).

Conclusion :
Pas à la hauteur de mes attendes, mais une lecture que je ne regrette pas d’avoir faite.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les liens fraternels
la culpabilité
les drogues
l’acceptation de soi

17 février 2012

Didier Van Cauwelaert : Le journal intime d'un arbre

Ce que l’éditeur nous dit :
Il s appelait Tristan, il avait trois cents ans, il avait connu toute la gamme des passions humaines. Une tempête vient de l’abattre, et c est une nouvelle vie qui commence pour lui.
Planté sous Louis XV, ce poirier nous entraîne à la poursuite du terrible secret de ses origines. Des guerres de religion à la Révolution française, de l affaire Dreyfus à l Occupation, il revit les drames et les bonheurs dont il a été le témoin, le symbole ou la cause.
Mais, s il est prisonnier de sa mémoire, il n en reste pas moins lié au présent, à travers ce qui reste de lui : des racines, des bûches, une statue de femme sculptée dans son bois, et les deux êtres qui ont commencé à s aimer grâce à lui...
Comment « fonctionne » un arbre ? De quoi se compose sa conscience, de quelle manière agit-il sur son environnement ? Son récit posthume nous fait voir le monde, la nature et les hommes d une manière nouvelle, par le biais d une pensée végétale qui évolue au rythme d un véritable suspense.
Captivant, drôle et poignant, Le Journal intime d un arbre apporte une réponse inédite à une question universelle : quelle est, pour un arbre comme pour un être humain, la meilleure façon de ne pas mourir ?

Ce que j’en pense :
Adorant les trucs qui poussent, ce livre présent sur tous les étals a tout de suite attiré mon attention. Et j’ai justement eu la chance de le recevoir en cadeau de noël. Et puis finalement... tout ça pour ça. Vite lu, vite oublié, et probablement vite écrit.
Dès les premières pages, le style m’a paru bien trop fleur bleue et “se voulant” poétique pour être accrocheur. Puis l’histoire se construit un peu, devant plus intéressante. Et puis après c’est un peu n’importe quoi jusqu’à la fin. Les justifications notamment de la façon dont l’arbre peut “suivre” les aventures de tel ou tel protagoniste sont vraiment maladroites.
En fait, ce livre pourrait très bien avoir été écrit par Marc Levy. L’auteur a cru qu’il suffisait de prendre les ingrédients “qui font vendre”, tel que du romantisme, un faux suspense, de l’écologie (mais au sens sauvons la terre et les Bisounous), des personnages de différents catégories sociaux professionnelles et plein de bons sentiments. Il a donc sélectionné un minime quantité de chaque, il a tout jeté en vrac sur son ordinateur (ou son blog note en papier peut être j’espère recyclé - parce que sinon ce ne serait vraiment pas cohérent avec tout le blabla du livre), a touillé vite fait, ajouté un soupçon de phrases grandiloquentes et voilà ça fait un livre. Donc oui c’est facile à lire, donc abordable par tout le monde, mais la qualité est presque tout à fait absente.

Conclusion :
Si vous l’avez, utilisez le pour combler 2h de votre temps, mais surtout ne dépenser pas d’argent à l’acheter, ce serait encourager la publication des nullités.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- la sculpture
- la drogue
- les fourmis
- les sorcières