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19 octobre 2015

Nabil Ayouch : Much Loved

Ce que le synopsis nous dit :
Marrakech, aujourd'hui. Noha, Randa, Soukaina et Hlima vivent d'amours tarifées. Ce sont des prostituées, des objets de désir. Vivantes et complices, dignes et émancipées, elles surmontent au quotidien la violence d’une société qui les utilise tout en les condamnant.

Ce que j’en pense :
Un film sur la prostitution, au Maroc, on se doute qu’il y aura des moments pénibles, que tôt ou tard cela va tourner au vinaigre. Heureusement, Nabil Ayouch a su éviter les stéréotypes et nous proposer une oeuvre fort subtile. L’accent principal n’est pas tant mis sur les difficultés quotidiennes rencontrées par ces femmes, que sur la force et le courage avec lesquels elles savent y faire face. Elles font tout leur possible pour ne pas se comporter comme des victimes, mais pour vivre, restées fières, soudées, malgré le peu de considération et d’estime que la société leur prête.
A la suite de cette séance, la lecture d’une interview de Loubna Abidar, Noha à l’écran, m’aura fait prendre conscience également du courage qu’il aura fallu aux actrices pour accepter ces rôles : provocation, nudité, sexualité... si l’intention de Much Loved est de dénoncer, il est facile de penser que la représentation publique de ces éléments va à l’encontre d'une certain bienséance. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour aller vers un monde plus tolérant, plus égalitaire, pour les femmes et pour les hommes.

Conclusion :
Une invitation à prendre conscience, mais aussi à apprécier sa propre chance.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les taxis
les robes
le Coca-cola
le prix de la vie




31 juillet 2015

Matteo Garrone : Tale of tales (Il racconto dei racconti)

Ce que le synopsis nous dit :
Il était une fois trois royaumes voisins où dans de merveilleux châteaux régnaient rois et reines, princes et princesses : un roi fornicateur et libertin, un autre captivé par un étrange animal, une reine obsédée par son désir d'enfant... Sorciers et fées, monstres redoutables, ogre et vieilles lavandières, saltimbanques et courtisans sont les héros de cette libre interprétation des célèbres contes de Giambattista Basile.

Ce que j’en pense :
Les critiques disaient que ce film était “différent”. Elles n’avaient pas menti. Loin de la magie Disney (très loin), tout se résume au fait que l’approche de Matteo Garrone est crue, quelque part réaliste. Les contes se situent dans une période moyenâgeuse, où la beauté des vêtements et le luxe des châteaux se confrontent à la crasse des villageois, à l'obscénité des garde-manger où pendent les cadavres, et surtout à la monstruosité des mœurs. Un contraste permanent se fait entre sublime et horreur. Cela m’a particulièrement frappée vers la fin, lorsque les robes salies, les coiffures défaites restent tout de même le reflet du sublime qu’elles étaient. Les univers qui ont été imaginés pour les trois royaumes sont prodigieux.
Mais c’est gore, c’est répugnant, c’est très dérangeant, et en même temps ça a du sens. Si sa lecture est une expérience beaucoup moins sanglante, j’imagine que l’on aurait pu mettre en scène de manière similaire Le livre des choses perdues de John Connolly. C’est tout simplement que l’on ne nous épargne rien.
Si au sortir de la séance j’étais surtout dégoûtée (probablement sur la défensive), le recul m’a permis d’apprécier tous les détails qui font l”intérêt de ce film : la centralisation sur les femmes, la critique de l’égoïsme des ces rois qui font passer leurs plaisirs avant leur royaume, la superficialité, la méchanceté, la luxure, la recherche de beauté à tout prix... tant de thèmes immuables (les contes qui sont à la source de cette production sont plus anciens que ceux de Grimm ou Andersen).
Au final j’aurais passé beaucoup de temps après coup à chercher, comprendre, discuter de film si marquant. Si j’espère bien ne plus jamais avoir à le revoir un jour (en fait ce n’est pas négociable, il n’y a aucune chance que ça arrive), je ne regrette pas du tout cette expérience.

Conclusion :
Un moment de cinéma dérangeant, voire pénible, mais pas inutile pour autant.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
la chirurgie esthétique
les princes charmant
l’ambition
le prix à payer




15 avril 2013

Frédéric Mars : Le livre qui rend dingue

Ce que l’éditeur nous dit :
C'est le plus grand best-seller de tous les temps. Le livre raz-de-marée. En quelques semaines, il se vend à des centaines de millions d’exemplaires, le monde entier est subjugué. Mais bientôt d’étranges phénomènes frappent les lecteurs…

Ce que j’en pense :
J’ai gagné un truc !!! Et lendemain de mon anniversaire en plus, j’étais rudement contente. Merci bien à Lune (et StoryLab) pour l’organisation de ce concours.
Pour ce qui du contenu, disons que le style de Frédéric Mars n’est pas vraiment ma tasse de tête. Sa plume a ce je ne sais quoi de trop agressif que j’ai toujours du mal à apprécier. L’humour, très présent, en séduira sûrement plus d’un, même si pour ma part j’y suis restée insensible. L’idée est originale, abordant à contre-courant le monde du livre et de l’édition en général, mais une fois le principe acquis tout le reste n’est qu’une longue fuite en avant, sans grande surprise.

Conclusion :
Il y a des auteurs avec lesquels le courant ne passe pas. Pour moi Frédéric Mars fait partie de ceux là.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
- les canards
- les prix
- le prestige




18 mars 2013

Steven Spielberg : Lincoln

Ce que le synopsis nous dit :
Les derniers mois tumultueux du mandat du 16e Président des États-Unis. Dans une nation déchirée par la guerre civile et secouée par le vent du changement, Abraham Lincoln met tout en œuvre pour résoudre le conflit, unifier le pays et abolir l'esclavage. Cet homme doté d'une détermination et d'un courage moral exceptionnels va devoir faire des choix qui bouleverseront le destin des générations à venir.

Ce que j’en pense :
Oui le thème est intéressant. Surtout en tant que française, si je voyais vaguement à quoi faisait référence la guerre de sécession (je ne m’étais presque pas endormie devant Autant en emporte le vent), le détail restait flou. Desquels entre les démocrates et les républicains défendaient quoi et pour quelles raisons, quel était alors le statut de Lincoln ou même l’époque exacte, tout cela je ne le savais pas et j’ai pu l’apprendre (ou tout au moins le deviner) grâce à ce dernier Spielberg. Pour tout le reste, il y a wikipédia.
En effet, le film donne très peu d’explication, jetant sans ménagement le spectateur dans un flots d’intrigues politiques qu’il n’a pas les moyens de comprendre. Il faudrait aller voir le film en connaissant déjà les noms de tous les membres du parlement de l’époque (j’ai du mal à croire que l’américain moyen les connaisse, alors des français n’en parlons pas). En cela de nombreuses scènes sont impossibles à suivre et l’ensemble est assez long.

Conclusion :
Utile pour la culture générale même si insuffisant

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- le juste prix
- les histoires
- les télégrammes
- les feux de bois


23 juillet 2012

Ken Loach : La part des anges (The angel’s share)

Ce que le synopsis nous dit :
A Glasgow, Robbie, tout jeune père de famille, est constamment rattrapé par son passé de délinquant. Il croise la route de Rhino, Albert et la jeune Mo lorsque, comme eux, il échappe de justesse à la prison mais écope d’une peine de travaux d’intérêts généraux. Henri, l’éducateur qu’on leur a assigné, devient alors leur nouveau mentor en les initiant secrètement… à l’art du whisky ! De distilleries en séances de dégustation huppées, Robbie se découvre un réel talent de dégustateur, bientôt capable d’identifier les cuvées les plus exceptionnelles, les plus chères. Avec ses trois compères, Robbie va-t-il se contenter de transformer ce don en arnaque - une étape de plus dans sa vie de petits délits et de violence ? Ou en avenir nouveau, plein de promesses ? Seuls les anges le savent…

Ce que j’en pense :
Fidèle à son habitude des causes perdues, Ken Loath nous parle ici de ces personnes pour qui la vie a décidément bien mal démarrée, dont la longue déchéance vers la violence et l’inadéquation sociale semble inévitable. Mais c’est sans compter sur la magie d’un bon verre de whisky ! Si vous aimez les kilts, les paysages et surtout l’accent écossais, ce film est fait pour vous, une véritable ôde à la culture de cette région. Mais une ôde un peu particulière, puisque dotée d’une morale vacillante. Mais finalement pourquoi pas; car la vie n’est pas toujours toute rose et chacun a bien le droit à une seconde chance. A l’écran cela donne une petite histoire bien sympathique, avec des personnages atypiques et attachants.

Conclusion :
Cela manque un peu de moutons, mais sinon l’essentiel est là.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
- le prix psychologique
- le camping
- les mignonettes
- la capillarité